Dialogue avec le patient

14 septembre 2017
Mieux comprendre et mieux communiquer avec son patient permet de favoriser l’acceptabilité de la prescription d’un médicament générique et donc l’observance thérapeutique. Dans ce contexte, il est essentiel de pouvoir s’appuyer sur des leviers de conviction accessibles à la compréhension des patients afin de lever leurs doutes et prévenir les effets nocebo.

Freins des patients : des leviers de conviction

Bien que de nombreuses idées reçues aient déjà pu être levées, des doutes peuvent subsister dans l’esprit de vos patients. Afin de faciliter l’observance des traitements génériques que vous leur prescrivez, voici quelques leviers de conviction sur lesquels vous pouvez fonder votre argumentation :

  • Rappeler que les médicaments génériques sont avant tout des médicaments, fabriqués dans les mêmes conditions (et souvent dans les mêmes usines) et soumis aux référentiels européens de Bonnes Pratiques de Fabrication.
  • Rassurer en indiquant que les médicaments génériques subissent les mêmes contrôles que tout autre médicament, en France, en Europe et hors d’Europe.
  • Expliquer que ce ne sont pas des médicaments « au rabais », que la différence de prix ne se fait pas au détriment de la qualité. Le fait qu’ils soient conçus à partir de molécules existantes permet de réduire les frais de recherche et développement et donc de proposer un prix plus bas.
  • Rappeler que tout médicament est susceptible de contenir un excipient à effet notoire pouvant provoquer une allergie chez une personne sensible à cet excipient.
  • Rassurer sur le fait que tous les médicaments génériques ne contiennent pas l’excipient ayant provoqué une allergie.
  • Montrer que la diversité des médicaments génériques augmente les possibilités de trouver un médicament qui ne contient pas l’excipient à effet notoire auquel cette personne est allergique.
  • Expliquer qu’il est important que le patient mentionne son allergie à cet excipient aux différents professionnels de santé qu’il rencontre pour éviter toute réaction indésirable.
  • Expliquer que tous les médicaments peuvent présenter des effets indésirables.
  • S’appuyer sur les études qui montrent que les médicaments génériques ne présentent pas plus d’effets indésirables.
  • Expliquer que, par définition, un médicament générique présente le même risque d’effets indésirables que le médicament d’origine correspondant.
  • Rassurer sur le fait que l’effet indésirable que le patient décrit est connu et répertorié, et qu’il aurait pu apparaître à tout moment, sous médicament d’origine comme sous médicament générique.
  • Rassurer sur le fait que médicaments générique et d’origine ont la même efficacité.
  • S’appuyer sur les études.
  • Expliquer que d’autres facteurs peuvent expliquer une baisse d’efficacité :
    • fluctuation de la maladie,
    • variabilité intra-individuelle,
    • facteurs de variabilité de la réponse au médicament : observance, respect des règles hygiéno-diététiques, etc.
  • En profiter pour questionner l’observance, les bonnes conditions de prise du médicament, la dette de sommeil, etc.
  • En aucun cas, essayer de convaincre à tout prix mais tenter de conduire le patient à réessayer dans de bonnes conditions.
  • Expliquer que la mention « Non Substituable » est réservée à certaines situations.
  • Expliquer que le patient est libre de refuser en pharmacie, qu’il sera remboursé malgré tout mais qu’il ne bénéficiera pas du tiers payant et devra envoyer son décompte maladie pour le remboursement.
  • Rassurer sur le fait que médicaments génériques et d’origine ont la même efficacité et la même sécurité d’emploi.
  • Rassurer sur le fait que médicaments générique et d’origine ont la même efficacité et la même sécurité d’emploi.
  • S’appuyer sur les études scientifiques comparant efficacité et/ou sécurité d’emploi des médicaments génériques et des médicaments d’origine : elles ne montrent globalement aucune différence, y compris pour les médicaments dits « à marge thérapeutique étroite ».
  • Expliquer que même s’il existe des différences infimes entre médicaments (entre 2 lots de princeps comme entre princeps et médicament générique), il y a une variabilité bien plus importante liée aux circonstances de la prise (horaire, prise concomitante d’alcool…) et à la variabilité naturelle de la maladie :
    • Par ex. dans le cas de l’épilepsie : la variation de principe actif lors du passage d’un médicament princeps à un générique est largement inférieure à la variabilité spontanée d’une épilepsie si la personne a une dette de sommeil ou a bu de l’alcool.
  • En profiter pour prescrire en génériques dès la première fois et ainsi éviter tout changement futur.