Lombalgie : comment prévenir le passage à la chronicité ?

27 octobre 2017

Motif de consultation fréquent, la lombalgie commune représente un enjeu de santé publique : malgré une évolution favorable spontanée de l’épisode aigu dans la majorité des cas, elle peut altérer fortement la qualité de vie du patient et entraîne des risques de désinsertion sociale et professionnelle dus à sa chronicisation. Un groupe de travail multidisciplinaire* a cherché les moyens d’améliorer le parcours de soins des patients lombalgiques et de prévenir le passage à la chronicité. Cette démarche a permis d’élaborer des repères et des outils pour accompagner les professionnels de santé et favoriser une meilleure prise en charge des patients lombalgiques.

Afin de faciliter le dialogue entre le médecin et son patient, l’Assurance Malade lancera une vaste campagne d’information en novembre.

Des repères pour prévenir le passage à la chronicité

Les lombalgies communes sont classées en fonction de leur durée d’évolution : aiguës (jusqu’à 4 à 6 semaines), subaiguës (entre 4/6 semaine et la fin du 3e mois) et chroniques (au-delà de 12 semaines).

La lombalgie commune est un diagnostic d’élimination. Devant toute lombalgie aiguë, il faut s’assurer qu’il n’existe pas d’affection sévère sous-jacente. Cette recherche repose sur l’identification des signes d'alerte ou « drapeaux rouges » dont la présence nécessite des examens complémentaires voire des gestes d’urgence.

En l’absence de drapeaux rouges, il est utile de :

  • rassurer le patient ;
  • maintenir, dans la mesure du possible, l’activité physique ou socio-professionnelle du patient ;
  • ne pas proposer systématiquement un examen d’imagerie. Il est utile de le réaliser lorsque le résultat attendu de l’examen est susceptible d’influencer la prise en charge ;
  • mettre en place un traitement médicamenteux de la douleur, adapté à son intensité, et qui peut aider au maintien de l’activité ;
  • envisager la mise en place d’une rééducation active si nécessaire dès la fin de la phase aigüe.

Même si une minorité de patients développera une limitation fonctionnelle persistante, il est important d’identifier ces patients dits « à risque » tout au long du parcours de soins, pour leur proposer une prise en charge spécifique. Cela passe par la recherche des indicateurs psychosociaux d’un risque accru de passage à la chronicité ou « drapeaux jaunes ».

Des messages clés pour les patients 

En cas de lombalgie aiguë, six messages clés sont essentiels pour les patients :

  1. Le mal de dos est fréquent mais il est rarement lié à une maladie grave. Le pronostic est bon.
  2. le mal de dos est très pénible mais, en général, cela ne veut pas dire que la colonne vertébrale est abimée. La persistance de la douleur ne signifie pas non plus aggravation.
  3. Le repos au lit n’est pas une solution thérapeutique.
  4. Rester actif permet d’aller mieux plus rapidement et évite d’autres problèmes de dos.
  5. Plus vite les activités sont reprises, plus vite l’amélioration surviendra.
  6. Des exercices réguliers et une bonne condition physique contribuent à prévenir le mal de dos.

Des outils d’aide à la pratique 

Pour accompagner au mieux les médecins dans leur pratique, deux outils ont été spécifiquement élaborés par le groupe de travail multidisciplinaire *:

  • un document d’information intitulé « Quelques éléments d’information destinés aux professionnels de santé concernant le patient adulte atteint de lombalgie commune », à destination de l’ensemble des professionnels de santé, précise les recommandations françaises et internationales et les éléments clés afin de prévenir le passage à la chronicité ;
  • une brochure intitulée « Je souffre de lombalgie : de quoi s’agit-il et que faire ? » à l’attention des patients, répond aux principales questions qu’ils peuvent se poser sur le mal de dos. Cette brochure pourra être remise par le médecin lors de la consultation.

Disponibles dans la rubrique médecins, ces outils seront également remis aux médecins généralistes par les délégués de l’Assurance Maladie lors de visites qui démarreront début novembre.

 

* Groupe composé de représentants du Collège de la médecine générale, de la Société française de rhumatologie, de la Société française de médecine physique et de réadaptation, de la Société française de médecine du travail, du Collège de la masso-kinésithérapie et de l’association française de lutte anti rhumatismale.

 

Une campagne pour (re)mettre le maintien de l’activité physique au cœur du parcours de soins

Une vaste campagne d'information grand public démarrera le 16 novembre 2017, dans le but d’accompagner le dialogue médecin-patient, de lutter contre les fausses croyances et d’éviter le passage à la chronicité. En cas de lombalgie commune aiguë, le maintien de l'activité physique et professionnelle est la meilleure voie vers la guérison.

La campagne s’articulera autour d’un spot publicitaire diffusé en télévision, d’une campagne d’affichage dans les réseaux de transports et d’une diffusion de contenus pédagogiques sur Internet.

Une application mobile, « Activ’dos », sera également téléchargeable gratuitement sur les stores dès novembre 2017 pour aider les patients à gérer leur mal de dos et les soutenir dans la poursuite ou la reprise d’une activité physique.