Groupe sanguin : le point sur les nouvelles règles de détermination

29 novembre 2018

Un arrêté du 15 mai 2018 (1) est venu fixer de nouvelles règles pour la réalisation des examens de biologie médicale d’immuno-hématologie érythrocytaire, qui permettent de déterminer le groupe sanguin.

Vérification de l’identité du patient

Première évolution : l’identité du patient doit être vérifiée par le prescripteur de l’analyse à partir d’un document officiel indiquant le nom de naissance, le premier prénom d’état civil, la date de naissance et le sexe et comportant une photographie. « En l’absence de concordance stricte entre les données d’identité, l’examen est arrêté jusqu’à la résolution de l’erreur », précise le texte. L’objectif de cette vérification est de s’assurer de la concordance entre ces éléments d’identité et la prescription. La présence d’une photographie sur le document officiel permet de lutter contre les cas d’usurpation d’identité pouvant entraîner des événements indésirables graves.

Un seul échantillon sanguin analysé

Autre changement : la détermination du phénotypage érythrocytaire est effectuée sur la base d’une seule réalisation sur un seul échantillon sanguin, contre deux précédemment.

Cependant, « par dérogation, dans le cadre d’un contexte transfusionnel avéré », une seconde détermination, prise en charge par l’Assurance Maladie, doit être faite. Le second prélèvement doit alors être réalisé par un professionnel différent de celui de la première détermination, ou, s’il s’agit du même professionnel, lors d’un acte indépendant du premier et avec une nouvelle vérification de l’identité du patient.

La Haute Autorité de santé a précisé dans un avis du 10 avril 2013 ce qu’est un contexte transfusionnel avéré :

  • anémie mal tolérée,
  • acte chirurgical à prévision hémorragique,
  • première transfusion dans un contexte d’urgence.

En dehors de ces cas, si deux déterminations ont été prescrites, le biologiste médical est autorisé, en lien avec le clinicien prescripteur et à partir d’éléments pertinents (détermination déjà réalisée, type d’intervention, risques spécifiques liés au patient concerné…), à prendre l’initiative de corriger la prescription.

Si un patient demande deux déterminations en dehors de ces contextes transfusionnels avérés, le clinicien prescripteur et les biologistes médicaux doivent informer le patient de l’intérêt de ne réaliser que les examens pertinents et d’éviter les examens inutiles.

Une foire aux questions élaborée par le ministère

A noter : la direction générale de la santé a élaboré une foire aux questions visant à éclairer les professionnels de santé sur la réalisation des examens de biologie médicale d’immuno-hématologie érythrocytaire. Elle apporte notamment des précisions sur les modalités de vérification de l’identité du patient dans des cas particuliers (en cas d’urgence, pour un patient mineur dépourvu de carte nationale d’identité ou de passeport, lors des prélèvements à domicile…), sur le « contexte transfusionnel avéré » ou encore sur les modalités de transmission électronique des données d’identification du patient et des résultats au site de délivrance des produits sanguins.

(1) Paru au Journal officiel le 23 mai 2018.