Les étapes de la prévention

21 décembre 2018
Identifier les risques, définir les priorités, mettre en place un plan d'actions et évaluer les résultats : découvrez les 4 étapes incontournables d'une démarche de prévention des risques professionnels.

Vous pensez peut être que les risques sont une fatalité, qu’ils « font partie du métier » mais il est possible d’agir !

La démarche 4 étapes fait appel à de multiples ressources présentes dans votre entreprise. Planifiée, suivie et évaluée, elle se pilote comme tous vos projets et vous permet de devenir autonome d’instaurer une démarche pérenne en prévention des risques professionnels dans votre entreprise.

Étape 1 : identifier si vos salariés sont exposés à des risques professionnels

L’étape 1 consiste à faire un état des lieux et à élaborer un tableau de bord qui vous aidera à piloter concrètement vos actions.

Pour commencer, collectez les informations qui vous permettront de construire vos indicateurs et d’évaluer régulièrement la progression de la démarche.

Exemples d’informations à collecter :

  • indicateurs sur des données de santé : nombre d’accidents du travail, nombre de maladies professionnelles reconnues ;
  • indicateurs relevant des RH (absentéisme, turnover…) ;
  • indicateurs de moyens et de risques (nombre d’actions de formation en prévention, nombre d’actions correctives mises en place, mesures de métrologie, d’ambiance,…) ;
  • indicateurs relevant de la productivité ou de la qualité : nombre de pannes, nombre de défauts, satisfaction des clients…

À noter

Cette liste d'indicateurs est à ajuster en fonction des métiers présents dans votre entreprise. Vous pouvez également enrichir votre tableau de bord au fur et à mesure.

Étape 2 : définir vos objectifs et vos priorités

Pour définir les objectifs de votre projet de prévention et mobiliser vos salariés, il vous faut d’abord identifier les postes, les situations ou les secteurs à risque dans votre entreprise.

Il peut s'agir de risques liés à l'utilisation d'un équipement spécifique ou à la manipulation d'un agent chimique ou biologique, ou encore des problèmes de santé que peuvent générer à long terme certaines organisations du travail (travail de nuit, horaires décalés…). C’est également à cette étape que sont repérés les facteurs de pénibilité.

Sur la base des résultats obtenus, définissez vos priorités et ciblez les postes de travail ou les secteurs d’activité pour lesquels un diagnostic plus approfondi est nécessaire.

À noter

Dès le début de cette étape 2 il est indispensable d'informer les salariés. Le succès des mesures de prévention repose en grande partie sur leur implication. Il est donc primordial qu'ils aient une parfaite connaissance des enjeux et soient associés à tous les travaux de mise en place de la démarche. Pour favoriser l’implication du plus grand nombre, vous pouvez organiser des réunions, diffuser des plaquettes, des affiches, des quizz…

À ce stade il sera probablement nécessaire de désigner une personne ou un groupe chargé de piloter la démarche et coordonner les différents acteurs.

Étape 3 : agir

Pour analyser les conditions d’exposition des salariés à des risques et aux différents facteurs de pénibilité dans l’entreprise, il est parfois nécessaire de mener des Certaines situations de travail nécessitent des diagnostics approfondis. Plusieurs méthodes d'analyse des risques peuvent être déployées :

Contrôles et vérifications

Ces approches dites « normatives » reposent sur l’utilisation d’un référentiel. On utilise notamment des questionnaires, des check-lists, des grilles ou encore des audits afin d'établir si les pratiques sont conformes aux critères de référence.

Analyse des postes

Ces approches dites « ergonomiques » se fondent sur l’observation du travail réellement réalisé par les personnels de l’entreprise, sur l'analyse de la documentation existante (statistiques des accidents du travail et des maladies professionnelles, fiches produits, fiches de données sécurité, notices de postes,…) et sur des entretiens. Elles peuvent être complétées si nécessaire par des mesures. Ces approches sont à privilégier dans le cadre de l’évaluation des risques.

Modélisations et calculs probabilistes

Ces approches dites de « sûreté des systèmes » sont appliquées principalement pour des systèmes techniques complexes.

À noter

Pour chaque risque identifié, proposez ensuite et formalisez un plan d'actions.

Il pourra concerner : la conception des outils, la conception des produits, le poste et l'espace de travail ou encore l'organisation de la production et du travail. Il pourra nécessiter d'intervenir : au niveau d'un poste de travail, d'une ligne de production, de l'entreprise dans son ensemble, voire chez vos sous-traitants.

Étape 4 : évaluer

L'étape 4 consiste à répondre à 2 questions :

  • Quelle est l’efficacité des actions ?
  • Comment pérenniser la démarche engagée ?

Déjà utilisé pour connaître l’état initial de votre entreprise, votre tableau de bord peut être enrichi de multiples indicateurs. Vous pourrez ainsi réaliser une veille pour chaque risque identifié au sein de votre entreprise. Vous pouvez également le présenter lors de réunions (comité de direction, CHSCT, revues de production…).

Pour évaluer votre progression et identifier les axes de progrès possibles, l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) propose des outils, comme la « Grille de positionnement en santé et sécurité au travail (GPSST) ».

À noter

Veillez à maintenir des compétences en prévention des risques dans l’entreprise et continuez à communiquer auprès de vos salariés (affichage, newsletter, baromètre social...).