Travail de bureau

17 septembre 2021
Les accidents et maladies professionnelles liés au travail de bureau représentent un coût humain et financier important. Des solutions simples peuvent être mises en place face à des risques récurrents, liés principalement aux déplacements, aux manutentions et à l’ergonomie du poste de travail.

Risques professionnels et travail de bureau : un coût humain et financier important

Infographie présentant les différents risques professionnels liés au travail de bureau

Les risques professionnels dans le secteur du travail de bureau

  • 37 % des accidents du travail sont liés à des chutes ;
  • 36 % des accidents du travail sont liés à des manutentions manuelles (port de charge,...)

On recense près de 1 million de journées perdues par an.

Cela correspond en moyenne à :

  • 70 jours d'arrêt par accident du travail ;
  • 243 jours d'arrêt par maladie professionnelle.

Qu’ils soient indépendants ou salariés d'une entreprise (activités commerciales, industrielles, artisanales, libérales ou agricoles), plusieurs millions de professionnels sont exposés aux risques du travail de bureau. Tous partagent des conditions de travail propres au travail de bureau, caractérisées par un comportement sédentaire et l’utilisation quotidienne d’écrans. La place croissante des outils informatiques amène d’ailleurs à étendre progressivement le nombre de personnes concernées, au-delà des fonctions strictement administratives.

De manière indirecte, ces risques professionnels entraînent des coûts qui pèsent sur l’activité économique et la performance : détérioration de la santé, absentéisme et surcharge de travail, clients mécontents, difficultés de recrutement, pertes de compétences, mauvaise image…

Évaluer les risques du travail de bureau : une étape primordiale

Qu’il s’agisse de ranger des documents, de travailler toute la journée devant un écran, de répondre à une surcharge exceptionnelle de travail ou d’effectuer un déplacement professionnel, les activités liées au travail de bureau présentent d’autant plus de risques que l’organisation de travail est inadaptée. Une démarche de prévention efficace passe par le recensement et l’analyse de ces risques, afin de mettre en place les bonnes actions.

Évaluer les risques est d’ailleurs une obligation légale de l’employeur à travers la réalisation d’un « document unique d’évaluation des risques » (DUER). Au-delà du caractère obligatoire, cette évaluation lui permet d’identifier les actions à mener en fonction des activités propres à son entreprise.

La prévention des risques professionnels dans le cadre du travail de bureau – et du télétravail - doit viser en priorité la réduction :

Un outil d'évaluation des risques pour les employeurs

Anonyme et gratuit, l'outil Travail de bureau : évaluer les risques professionnels est proposé par l’Assurance Maladie – Risques professionnels et l’INRS. Il se présente sous la forme d’un questionnaire interactif et permet aux employeurs :

  • d’identifier les risques grâce à un questionnaire ;
  • de les évaluer en leur affectant un niveau de priorité ;
  • d’élaborer un plan d’action spécifique ;
  • d’établir et de tenir à jour le document unique d'évaluation des risques (DUER) et de remplir ainsi vos obligations légales.

Par ailleurs, compte-tenu de l’épidémie de Covid-19, l’outil « Plan d’action Covid-19 » permet à toute entreprise, quel que soit son secteur, d’identifier les mesures opérationnelles pour protéger ses salariés du Coronavirus, en complément de son évaluation des risques professionnels.

Prévenir les risques professionnels : conseils et solutions

 

Affiche présentant les solutions contre le mal de dos pour l'entreprise et les salariés

Chaque solution de prévention doit être adaptée au contexte de l’établissement ou de l'activité. Les conseils et solutions présentés ci-dessous s’appliquent toutefois aux principaux risques professionnels du travail de bureau, qu’il s’agisse d’un commercial, d’un consultant, d’une secrétaire, d’un comptable…

Retrouvez, dans le dépliant Travail de bureau, un récapitulatif des solutions de prévention pour passer à l'action.

Par ailleurs, des "fiches solutions" détaillent les actions essentielles et simples à mettre en place :

Ces fiches peuvent être affichées dans vos locaux et présentées aux professionnels pendant un temps dédié à la sensibilisation aux risques.

Vous pouvez également visionner le webinaire "Travail de bureau : comment prévenir les risques professionnels", proposé par l'Assurance Maladie - Risques professionnels.

 

Afin d’éviter l’apparition de douleurs au dos, les mesures doivent cibler les tâches nécessitant un port de charges ou d’objets lourds :

  • fournissez des équipements d’aide à la manutention (diable, chariots, tables roulantes, etc.) ;
  • définissez un emplacement de stockage à proximité des accès extérieurs et accessible par des aides à la manutention ;
  • organisez le rangement des produits en fonction de leur poids (les plus lourds à mi-hauteur) et leur rotation ;
  • incitez les salariés à remonter les difficultés qu’ils rencontrent lors de la réception des livraisons ;
  • formez les salariés concernés par la manutention (formations Prap, sur le site de l’INRS).

Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez la rubrique dédiée au mal du dos ainsi que le dépliant édité par l’INRS : Mal de dos au travail, les clés d'une prévention efficace.

Pour lutter contre les TMS (troubles musculosquelettiques) et la fatigue visuelle, les mesures préventives doivent porter sur l’environnement de travail :

  • privilégiez les mobiliers réglables (chaises, bureaux, écrans) ;
  • formez les salariés aux réglages de leur mobilier ;
  • adaptez le positionnement de la souris, du clavier et de l’écran de façon à permettre aux salariés d’adopter des positions adéquates ;
  • agencez les bureaux de manière à éviter la réflexion de la lumière sur les écrans ;
  • réglez l’intensité des écrans à un niveau confortable et privilégiez un affichage sur fond clair.

Chaque solution de prévention doit être adaptée au contexte de l’établissement. Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez la rubrique dédiée aux TMS ainsi que les fiches pratiques de sécurité éditées par l’INRS :

Plusieurs facteurs de risques peuvent entrainer des chutes : des déplacements fréquents, un sol en mauvais état ou encombré, des dénivellations, une charge mentale importante… La prévention du risque de chutes suppose :

  • une conception des zones de travail permettant au personnel de se déplacer aisément ;
  • des sols propres, secs et dégagés ;
  • des escaliers antidérapants et munis de mains courantes ;
  • des zones de rangement facilement accessibles ;
  • de bonnes conditions d’éclairage ;
  • la suppression, le signalement ou la réduction de tout obstacle dans les aires de circulation ;
  • la signalisation des zones de travaux ou de nettoyage ;
  • des bureaux dimensionnés de façon à permettre au personnel de se déplacer et d’accéder à ses documents de travail.

Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez la rubrique dédiée aux chutes ainsi que la brochure éditée par l’INRS : Conception des lieux et des situations de travail.

Pour prévenir les nuisances – notamment sonores – liées à la configuration des locaux, mais aussi les risques psychosociaux et de burn-out, l’organisation du travail doit faire l’objet de mesures préventives :

  • équilibrez la charge de travail entre les salariés ;
  • anticipez les périodes de forte activité ;
  • suivez les incidents clients, identifiez et traitez les causes récurrentes ;
  • privilégiez les échanges entre collaborateurs plutôt que les échanges par courriel ;
  • isolez les espaces de travail des sources de bruit (espaces de circulation, de convivialité et de reprographie).

Pour en savoir plus, consultez la rubrique dédiée aux risques psychosociaux ainsi que les documents édités par l’INRS :

 

Elaboré par l'INRS et l'Assurance Maladie - Risques professionnels, l’outil « Agir suite à un accident » s'adresse aux entreprises de moins de 50 salariés. Il permet de mettre en place des actions correctives à la suite d'un accident du travail.

Concrètement, le chef d'entreprise :

  • sélectionne les causes de l'accident ;
  • identifie les mesures à mettre en place ;
  • bénéficie d'un plan d'actions.

 

Bien se former et bien accueillir les nouveaux embauchés

Outre son aspect obligatoire, la formation à la sécurité aide aussi à développer la conscience des risques, notamment chez les nouveaux embauchés, les stagiaires, alternants ou intérimaires. Les salariés de 18 à 24 ans ont en effet près de deux fois plus d’accidents du travail que l’ensemble des salariés. La démarche TutoPrév’ accueil Travail de bureau permet ainsi de s’assurer du niveau de connaissances des salariés en matière de sécurité. 

L’Assurance Maladie – Risques professionnels propose par ailleurs le cahier de l’accueillant. Guide complet, il aide les chefs d’entreprise à protéger efficacement leurs nouveaux collaborateurs.

Bénéficier d'aides financières

Les entreprises de moins de 50 salariés peuvent bénéficier d’aides pour financer la prévention des risques professionnels avec les subventions TMS Pros Action et TMS Pros Diagnostic. Ces aides ciblent la réduction des troubles musculosquelettiques en finançant la formation, l'évaluation et la mise en place d'un plan d'action dédié et l’achat de matériel spécifique.

Sur le terrain, des services Prévention aux côté des entreprises

Les services prévention des caisses régionales de l’Assurance Maladie – Risques professionnels peuvent vous accompagner pour évaluer les risques et identifier les actions à mettre en place :

  • pour les entreprises en région, ce sont les Carsat (caisses d’assurance retraite et de la santé au travail) qui peuvent vous accompagner ;
  • pour les entreprises situées en Île-de-France, votre interlocuteur est la Cramif (caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France) ;
  • en outre-mer, ce sont les CGSS (caisses générales de sécurité sociale).

L’Assurance Maladie – Risques professionnels publie un cahier de l’accueillant (PDF) pour aider les chefs d’entreprise à protéger efficacement leurs nouveaux collaborateurs des risques professionnels.

Méconnaissance de leur environnement de travail, des dangers liés à l’activité, faible intégration dans un collectif de travail susceptible de leur transmettre des savoir-faire de prudence, les nouveaux embauchés, intérimaires, apprentis ou stagiaires sont ainsi plus vulnérables.

Pour les accompagner, désignez une personne expérimentée et volontaire au sein de votre équipe. Elle pourra s’appuyer sur ce guide pour connaître la marche à suivre.