Industries du plastique et du caoutchouc

Employeurs, travailleurs indépendants avec ou sans salarié, l’amélioration des conditions de travail dans les entreprises de la plasturgie et du caoutchouc est essentielle pour préserver la santé de vos collaborateurs. C’est aussi un levier efficace pour optimiser la rentabilité de votre entreprise.
Infographie présentant les différents risques professionnels liés au secteur des métiers de l'industrie plastique et caoutchouc

Les risques professionnels dans le secteur des métiers de l'industrie plastique et caoutchouc

Dans ce secteur d'activité, 55 % des accidents sont liés aux manutentions manuelles et 15 % des accidents sont liés à l'outillage.

On dénombre près de 455 000 journées de travail perdues par an.

En moyenne les professionnels du secteur des métiers de l'industrie plastique et caoutchouc sont arrêtés 60 jours pour cause d'accident du travail et 240 jours pour cause de maladie professionnelle.

Les professionnels de la plasturgie et du caoutchouc transforment les matières plastiques pour alimenter un marché extrêmement vaste et diversifié, de l’industrie au particulier. En France, le secteur compte 120 000 salariés, répartis dans plus de 3 000 entreprises.

Dans les ateliers, la matière plastique est parfois portée à haute température. Les salariés manipulent des produits chimiques. Il leur faut transporter des sacs de matière première dans un environnement souvent bruyant, réaliser des tâches répétitives de contrôle, de montage et de conditionnement de pièces.

Face aux risques, les professionnels de la plasturgie et du caoutchouc doivent continuer leurs efforts. Les accidents du travail et les maladies professionnelles sont encore trop nombreux dans le secteur. Loin d’être une fatalité, ils peuvent être limités par une politique de prévention des risques simple et peu coûteuse.

Plasturgie et caoutchouc : la liste des principaux risques professionnels

Les professionnels de l’industrie du plastique et du caoutchouc sont particulièrement exposés aux accidents de travail et aux maladies professionnelles.

Certaines opérations nécessitent l’utilisation de produits chimiques potentiellement toxiques et inflammables. Les salariés peuvent être exposés aux fumées de dégradation des matières plastiques.

Les salariés utilisent des machines de transformation (presse à injecter, souffleuse, extrudeuse, …) et effectuent des opérations de manutention qui peuvent favoriser le mal de dos ou des troubles musculosquelettiques. Pour prévenir ces risques efficacement, il faut d’abord les identifier. Le tableau ci-dessous en présente les plus fréquents.

Principaux risques professionnels et conséquences sur la santé
Situations à risque Accidents du travail et maladies professionnelles
Mouvements répétés, vibrations Troubles musculosquelettiques : tendinites et douleurs au niveau des membres supérieurs (mains, poignets, coudes, épaules…)
Port de charges lourdes (sacs de granulés plastiques), postures contraignantes lors du nettoyage des machines de transformation, manutentions manuelles. Mal de dos (lombalgies)
Travail sur des machines thermiques de transformation de la matière plastique. Utilisation d’outils pour l’usinage des matières plastiques (sciage, découpage fraisage…). Manipulation de matériaux inflammables. Coupures, brûlures, écrasement
Sols glissants ou en mauvais état travaux en hauteur, zones de circulation sombres et encombrées… Chutes de hauteur et de plain-pied
Manipulation de produits chimiques (pigments, solvants, adjuvants…), inhalation de produits chimiques ou de fumées de dégradation des matières plastiques Intoxications, irritation de la peau (rougeurs, démangeaisons, brûlures, dessèchement, eczéma, psoriasis…), accidents pulmonaires, maladies graves (cancer, hémopathies…)
Bruit (broyeurs, centrales matière), pics d’activité, exigence de qualité... Risques psychosociaux (stress, troubles du sommeil, fatigue), surdité

Un outil en ligne gratuit pour réaliser son Document unique d'évaluation des risques (DUER)

Le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUER)  est obligatoire dans toutes les entreprises dès l'embauche du premier salarié. L'employeur consigne dans ce document le résultat de l'évaluation des risques pour la santé et la sécurité auxquels peuvent être exposés les salariés. Sa mise à jour, a minima annuelle, est également obligatoire.  

Pour faire votre évaluation des risques et télécharger votre DUER, l’Assurance Maladie – Risques professionnels et l’INRS proposent l’accès gratuit à l'outil en ligne d'évaluation des risques.

Vous aurez à répondre à un questionnaire, structuré à partir des principales situations à risques identifiées pour votre entreprise. Il vous permettra d’obtenir un Document unique d’évaluation des risques (DUER) sur mesure.

Le DUER n'est pas figé et devra évoluer en fonction d’informations supplémentaires concernant l'évaluation d'un risque. Par exemple, il doit  intégrer les risques d'exposition à la Covid 19.

Pourquoi utiliser cet outil en ligne ?

Parce qu'il est :

  • gratuit & anonyme : vous avez seulement à renseigner une adresse électronique (qui peut être anonyme) et définir un mot de passe ;
  • simple : vous faites votre évaluation facilement sur une plateforme web à partir d’un ordinateur connecté à Internet ;
  • interactif & personnalisé : vous répondez à un questionnaire adapté à votre secteur d’activité et à la situation de votre entreprise ;
  • une aide: vous êtes guidé dans l’évaluation des risques et la définition du plan d’actions;
  • utile : il permet de répondre à votre obligation légale sur l'évaluation des risques.

Réduire les risques avec des actions simples et efficaces

Au-delà de l’aspect humain, les accidents du travail et les maladies professionnelles représente un coût à la fois direct et indirect pour l’entreprise.

L’absentéisme peut avoir des conséquences négatives très concrètes : désorganisation du travail, charge supplémentaire d’activité pour les autres collaborateurs, retards de livraison, mécontentement des clients…

Les accidents du travail et les maladies professionnelles ne sont pas une fatalité. En améliorant les conditions de travail, vous préservez votre santé et celle de vos collaborateurs mais aussi les performances et la rentabilité de votre entreprise.

Les bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité sont souvent des règles de bon sens mais qui doivent être appliquées avec rigueur et régularité. Définissez-les en impliquant vos collaborateurs afin qu’ils se les approprient pleinement. En voici quelques exemples :

  • Équipez vos collaborateurs de protections efficaces (gants, masques, lunettes…) pour éviter les blessures ou les brulures lorsqu’ils sont au contact des machines.
  • Installez des systèmes d’aspiration des émanations de produits chimiques au sein des ateliers.
  • Étiquetez rigoureusement les produits chimiques. Remplacez-les par des alternatives moins dangereuses quand c’est possible.
  • Choisissez des machines et outils les moins bruyantes et les moins vibrantes possibles. Réduisez le volume sonore général de votre atelier en insonorisant les murs et les plafonds ;
  • Sécurisez l’environnement immédiat des machines avec des barrières et vérifiez qu’elles disposent d’un système d’arrêt d’urgence ;
  • Limitez les ports de charges lourdes et les gestes répétitifs grâce à des matériels adaptés : ponts roulants, chariots automoteurs, tapis convoyeurs, tables élévatrices…
  • Prévenez les chutes en privilégiant l’accès à l’approvisionnement des machines à niveau d’homme. Prévoyez des garde-corps et passerelles pour les interventions sur les machines. Veillez à ce que les espaces de circulation soient toujours dégagés, propres et en bon état.

Vous souhaitez en savoir plus ? Consultez la brochure Industries plastique et caoutchouc – Santé au travail : passez à l’action ! sur le site web de l’INRS.

Vous pouvez par ailleurs vous appuyer sur la fiche solution "Bien stocker les produits chimiques", disponible sur le site de l'INRS.

Stratifieur-drapeur, concepteur de pièces, technicien maintenance, monteur-régleur mais aussi technicien de la qualité, personnels des ressources humaines, de la comptabilité... Quelque soit leur fonction, les professionnels de la plasturgie et du caoutchouc sont exposés à des risques variés et parfois spécifiques.

La formation est un des moyens les plus efficaces pour prévenir les accidents et maladies professionnelles. C’est aussi une obligation légale pour les employeurs qui doivent informer clairement leurs collaborateurs des risques liés à leur activité. En cas de manquement, votre responsabilité de chef d’entreprise peut être engagée.

Une formation gratuite, en ligne

L’INRS propose sur son site web un outil gratuit d’autoformation aux bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité : bases en prévention des risques professionnels.

Quatre modules sont au programme pour :

  • s'initier à la prévention des risques professionnels ;
  • comprendre les liens entre travail et santé ;
  • comprendre l'accident de travail ;
  • participer à l'évaluation des risques professionnels.

Ces modules ont été conçus pour permettre aux professionnels ayant un planning chargé de se former à leur rythme, en plusieurs fois si nécessaire. Pédagogiques, ils sont agrémentés de fictions animées, d’exercices d’auto-évaluation, de témoignages de professionnels…

Qu’ils soient salariés, intérimaires, stagiaires ou apprentis, vos collaborateurs nouvellement embauchés sont vulnérables face aux accidents et maladies professionnelles.

En prenant leur poste, ils découvrent un environnement de travail qui comporte des risques qu’ils n’ont pas toujours eu le temps d’identifier. C’est particulièrement vrai pour les débutants mais les personnes expérimentées ne sont pas à l’abri des dangers.

Pour garantir au mieux leur santé, trouvez un volontaire au sein de votre équipe pour les accompagner et les conseiller. Il pourra s’appuyer dans cette démarche sur le cahier de l’accueillant (PDF) élaboré par l’Assurance Maladie – Risques professionnels. Ce guide détaille la marche à suivre, étape par étape.

Les entreprises de moins de 50 salariés peuvent bénéficier d’aides pour financer la prévention des risques professionnels.

Pour connaitre les aides financières relatives à votre secteur d’activité, cliquez ici.

Stress, fatigue, burn out, dépressions… Les risques psychosociaux (RPS) n’épargnent pas les métiers de la plasturgie et du caoutchouc. Pour mieux les identifier et les prévenir, l’INRS propose sur son site web l’outil « Faire le point ». Il vous aide à intégrer les RPS au document unique d'évaluation des risques professionnels et à vous conformer ainsi à la réglementation.

Un accident est survenu dans votre entreprise ? L’INRS propose sur son site web l’outil « Agir suite à un accident du travail ». Il vous aide à mettre en place les mesures correctives pour éviter qu’ils ne se reproduisent.

Il vous permet de décrire les circonstances de l’accident et d’y associer des mesures de prévention adaptées. Elles pourront alimenter votre Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUER).

Les experts de l’Assurance Maladie – Risques professionnels vous accompagnent dans vos démarches de prévention des risques (troubles musculosquelettiques, mal de dos, risques psychosociaux, chutes…).

Contactez votre caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat), votre caisse régionale d’assurance maladie (CRAM), ou votre caisse générale de sécurité sociale (CGSS).

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