Traitement et revêtement des métaux

11 octobre 2021
Que vous soyez travailleur indépendant, salarié ou employeur, optimisez la rentabilité de votre entreprise de traitement et de revêtement des métaux en adoptant de bonnes pratiques de sécurité. Elles sont souvent simples et peu coûteuses.
Infographie présentant les différents risques professionnels liés au secteur du traitement et revêtement des métaux

Les risques professionnels dans le secteur du traitement et revêtement des métaux

Dans ce secteur d'activité, 58 % des accidents sont liés aux manutentions manuelles et 21 % des accidents sont liés aux chutes de hauteur et de plain-pied.

On dénombre près de 170 000 journées de travail perdues par an.

En moyenne les professionnels du secteur du traitement et revêtement des métaux sont arrêtés 65 jours pour cause d'accident du travail et 197 jours pour cause de maladie professionnelle.

Le traitement et le revêtement des surfaces métalliques est indissociable de nombreuses activités industrielles. Dans l’automobile et l’aéronautique, la quasi-totalité des pièces est traitée pour résister à l’usure, aux intempéries, au temps qui passe.

Dans le bâtiment, le procédé est utilisé sur les cadres de fenêtre, les bardages, les toitures, les charpentes métalliques, les ossatures secondaires… De nombreux objets de la vie quotidienne sont aussi soumis à ce traitement : boîtes de conserve, pièces de décoration et jusqu’aux composants métalliques des ordinateurs ou des smartphones.

Le traitement et le revêtement des métaux s’opère en trois phases :

  • la préparation par dégraissage (à l'aide de solvants organiques ou aqueux) ou décapage (sablage, grenaillage, bains à ultrasons …) ;
  • l’application d'un revêtement protecteur par trempage, pulvérisation, à l’aide de procédé électrochimique ou chimique ;
  • le nettoyage et le rinçage des pièces métalliques pour supprimer les traces des produits utilisés.

La grande diversité de ces opérations engendre des dangers tout aussi variés. Des solutions existent pour s’en prémunir efficacement. Elles sont souvent simples à mettre en place et peu coûteuses.

Traitement et revêtement des métaux : la liste des principaux risques professionnels

Le traitement et le revêtement des métaux nécessitent l’utilisation de nombreux produits chimiques et de procédés industriels dangereux : pulvérisation de métal en fusion, sablage, grenaillage…

Les professionnels du secteur doivent se prémunir de projections diverses, du dégagement de fumées et des émissions de poussières mais aussi limiter les gestes répétitifs et le port de charges lourdes, se protéger du bruit intense dans les ateliers, etc.

Pour prévenir efficacement les risques, il faut d’abord bien les identifier. Le tableau ci-dessous présente les principales situations dangereuses pour les professionnels du secteur.

Principaux risques professionnels et conséquences sur la santé des salariés
Situations à risque Accidents du travail et maladies professionnelles
Dégraissage : traitement de surfaces à l’aide de produits chimiques ou d’ultrasons Intoxication, migraines, nausées, vertiges, maladies des poumons, cancers, irritations des yeux, de la gorge et de la peau par les solvants.
Utilisation de produits chauffés (bains chimiques chauffés) Brûlures
Postures contraignantes (dos courbé, travail en force…), port de charges lourdes (pièces de métal, outillage...) Mal de dos (lombalgies), écrasement du pied
Utilisation d’outils portatifs non adaptés Blessures diverses (coupures…), TM
Sols souillés par des produits chimiques, espaces de circulation encombrés, travail en hauteur Chutes de hauteur et de plain-pied, glissades, entorses

Un outil en ligne simple, gratuit et anonyme pour évaluer les risques

Afin d'engager les actions appropriées, faites un état des lieux précis des risques dans votre atelier. L'Assurance Maladie – Risques professionnels et l'INRS ont créé un outil en ligne d’évaluation des risques dédié au secteur du traitement et du revêtement des métaux.

Anonyme et gratuit, ce questionnaire vous permet :

Ces deux documents sont téléchargeables. N’hésitez pas à les afficher dans vos locaux pour que tous vos collaborateurs en prennent connaissance.

L’outil prévoit aussi un module complémentaire : le Plan d’actions Covid-19. Il vous permet d’évaluer les risques liés à la pandémie et de mettre en place des mesures pour protéger vos salariés. À la fin du processus, elles sont synthétisées dans un document que vous pouvez télécharger.

Réduire les risques avec des actions simples et efficaces

Agir contre les risques dans les ateliers de traitement et de revêtement des métaux offre de nombreux avantages pour les professionnels du secteur : amélioration des conditions de travail, baisse de l’absentéisme, meilleure image, satisfaction des clients… Au final, c’est la rentabilité de l’entreprise qui s’en trouve renforcée.

Les mesures de protection de la santé des collaborateurs sont souvent simples à mettre en place et nécessite rarement des investissements spécifiques. En voici quelques exemples :

  • Remplacez les produits toxiques utilisés pour le traitement des surfaces métalliques par des alternatives moins dangereuses quand c’est possible.
  • Stockez les produits chimiques dans une zone dédiée et sécurisée, intégrant des bacs de rétention.
  • Protégez vos collaborateurs des projections de métal en fusion ou de produits chimiques grâce à des vêtements adaptés : habits couvrants et ignifugés, tablier, gants et masque.
  • Équipez vos collaborateurs de moyens d’assistance pour le transport de charges lourdes : tables élévatrices, transpalettes, portiques et systèmes automatiques de mise au bain.
  • Choisissez un outillage de découpage des métaux le moins bruyant et le moins vibrant possible. Il doit être équipé de système de sécurité contre les blessures ou les électrocutions.
  • Ventilez suffisamment votre atelier pour limiter la présence de fumées et des poussières.
  • Stockez les pièces à traiter à niveau d’homme et limitez globalement le travail en hauteur.
  • Réduisez les distances de transport des pièces et veillez à ce que les espaces de circulation restent propres et bien dégagés.

Pour en savoir plus sur le type d'actions à mettre en œuvre, consultez la brochure de l’INRS ED 6425 – Traitement et revêtement des métaux – Santé au travail : passez à l’action !

La formation à la prévention joue un rôle primordial dans la réduction des accidents du travail et maladies professionnelles. Si vous êtes employeur, cette obligation de formation s’impose à vous. En cas de manquement, votre responsabilité peut être engagée.

Qu’ils soient opérateur en traitement de surface, technicien de laboratoire métallurgique, polisseur ou sableur, vos collaborateurs doivent être formés à l’utilisation en toute sécurité des outils de traitement des métaux et les équipements de protection.

La formation à la prévention des risques liés à l’activité physique (PRAP) permet également d’approfondir les bonnes pratiques de manutentions manuelles.

La formation aux premiers secours et incendie de Sauveteur secouriste au travail (SST) apparaît aussi nécessaire pour réagir rapidement et avec efficacité en cas d’accident au sein de l’atelier.

Formez-vous en ligne à la santé et la sécurité au travail

Le programme d’autoformation « Acquérir les bases en prévention des risques professionnels », est proposé gratuitement sur le site de l’INRS.

Divisé en quatre modules interactifs de deux heures, cet outil anonyme est conçu pour vous permettre de :

  • connaître les principes généraux de la prévention ;
  • analyser les risques liés à une situation de travail ;
  • évaluer les risques et planifier des actions préventives.

Ce dispositif est particulièrement adaptée aux professionnels du traitement et du revêtement des métaux qui doivent composer avec un planning chargé : vous pouvez la suivre à votre rythme, en plusieurs fois si nécessaire.

Victimes de plus nombreux accidents, les stagiaires, nouveaux embauchés, intérimaires et apprentis ont particulièrement besoin d’être guidés dans leur prise de poste.

Souvent jeunes, ils manquent parfois de maitrise dans certaines opérations potentiellement dangereuses. Ils peuvent aussi avoir tendance à minimiser les conséquences d’un accident ou d’une maladie professionnelle sur leur santé.

Accompagnez-les dans leur prise de poste en vous appuyant sur le cahier de l’accueillant (PDF). Ce guide publié par l’Assurance Maladie – Risques professionnels vous explique la marche à suivre, étape par étape.

Les entreprises de moins de 50 salariés peuvent bénéficier de subventions spécifiques pour réduire les risques de mal de dos et de troubles musculosquelettique ainsi que les chutes : Équip’mobile +, TMS Pros Action et TMS Pros Diagnostic.

Risques Chimiques Pros Equipements cible les risques liés aux agents chimiques dangereux dont les cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction (CMR). Elle permet aux entreprises d’investir dans l’installation d’équipements de captage des polluants et d’équipements réduisant les risques d’exposition.

Pour obtenir plus d’informations sur les modalités d’obtention de ces financements, consultez la page des subventions prévention pour les petites entreprises.

Lorsqu’un accident s’est produit au sein de votre atelier, il est important :

  • d’en analyser les causes spécifiques ;
  • de mettre en place les mesures adéquates pour éviter qu’il ne se reproduise. Elles pourront alimenter votre Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUER).

Pour vous accompagner dans cette démarche, l’INRS propose sur son site web un outil pour limiter la récidive des accidents du travail au sein de votre entreprise.

Sur le site web de l’INRS, l’outil « Faire le point RPS » vous accompagne dans l’évaluation des risques psychosociaux au sein de votre entreprise : anxiété, burn out, dépressions… Il vous aide à les intégrer à votre document unique d'évaluation des risques professionnels (DUER) et à répondre ainsi à vos obligations réglementaires.

Vous souhaitez approfondir les moyens de lutte contre un risque spécifique ? Vous avez besoin d’être guidé dans la mise en place d’une démarche de prévention ?

Qu’il s’agisse de troubles musculosquelettiques, de mal de dos, de risques psychosociaux ou de chutes, nos experts sont à vos côtés pour vous conseiller.

Contactez votre caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat), votre caisse régionale d’assurance maladie d’Ile-de-France (CRAMIF), ou votre caisse générale de sécurité sociale (CGSS).