Instituts de beauté et ongleries

22 juin 2021
Les risques des métiers des soins esthétiques (allergies, chutes, douleurs musculaires et articulaires…) ne sont pas une fatalité. Des solutions concrètes et économiques peuvent être mises en place. À la clé : de meilleures conditions de travail et une qualité de service optimale.
Infographie présentant les différents risques professionnels liés au secteur des soins esthétiques

Les risques professionnels dans le secteur des soins esthétiques

Pourcentage de causes d'accidents pour ce secteur d'activité :

  • 50 % des accidents sont liés aux chutes de hauteur ou de plain-pied ;
  • 40 % des accidents sont liés aux manutentions manuelles.

Dans ce secteur on dénombre près de 40 000 journées de travail perdues par an.

En moyenne les professionnels du secteur des soins esthétiques sont arrêtés 57 jours pour cause d'accident du travail et 182 jours pour cause de maladie professionnelle.

La plupart des accidents et maladies professionnelles rencontrés dans le secteur des soins esthétiques, dont la prothésie ongulaire, concernent des femmes, souvent jeunes (35 ans en moyenne) exerçant en tant que travailleuses indépendantes, salariés ou apprenties au sein d'instituts de beauté.

Produits dangereux, gestes et postures : quels sont les risques du métier des soins esthétiques ?

La liste ci-dessous présente les accidents du travail et maladies professionnelles rencontrés le plus fréquemment dans les instituts de beauté et salons de manucure.

Risques et conséquences pour la santé des professionnels de la prothésie ongulaire et des instituts de beauté
Situations à risque Accidents du travail et maladies professionnelles
Postures contraignantes ou inadaptées, mouvements répétitifs, piétinement Mal de dos (lombalgies), troubles musculosquelettiques (tendinites et douleurs des mains, poignets, épaules…), douleurs dans la nuque
Exposition aux produits chimiques utilisés lors des activités liées au travail des faux-ongles (dépose, façonnage, ponçage, polissage, remplissage, modelage, French manucure, décoration…) : résines, vernis, poussières, solvants, etc. Allergies, affections respiratoires et cutanées, maux de tête, asthme, intoxication, troubles de la fertilité, cancers
Sols glissants, escaliers non sécurisés, espaces de circulation encombrés Chutes de plain-pied
Horaires irréguliers, tâches répétitives ou interrompues, gestion des comportements agressifs de la clientèle Stress, troubles du sommeil, fatigue, risques psychosociaux

Pour les employeurs : un outil en ligne gratuit et anonyme d'évaluation des risques professionnels

L'identification des risques est une étape indispensable avant de prendre des mesures de prévention. Pour recenser les situations dangereuses dans votre établissement, les employeurs peuvent s'appuyer les outils en lignes proposés sur le site de l'INRS, et notamment sur un « outil d'évaluation des risques dans les métiers des soins esthétiques et de la prothésie ongulaire » (site externe).

Proposé par L'Assurance Maladie – Risques professionnels et l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), ce service est gratuit et anonyme. Il vous permet :

  • de débuter votre évaluation des risques ;
  • d'obtenir un plan d'actions spécifique à votre entreprise, conçu à partir d'un questionnaire ;
  • de respecter vos obligations légales en réalisant votre document unique d'évaluation des risques DUER (dont les modalités de consultation doivent être affichées dans votre institut de beauté), téléchargeable en ligne à la fin du parcours.
L’indispensable document unique d’évaluation des risques

L’élaboration d’un document unique d’évaluation des risques (DUER), en plus d’être une obligation réglementaire, fournit un cadre indispensable pour garantir un environnement de travail sain et sûr.

Il permet de définir des actions de prévention propres à son entreprise en fonction des risques identifiés, qui peuvent évoluer dans le temps. Parmi eux, figurent les risques d’exposition à la Covid 19, qui doivent faire l’objet d’un plan d’actions spécifique.

Agir simplement, à moindre coût, pour prévenir les risques

Des mesures simples permettent de prévenir les risques liés à la prothésie ongulaire et aux soins esthétiques. En tant qu'employeur, la première d'entre elles est de communiquer sur les bonnes pratiques de prévention à vos salariés.

Les autres actions à mettre en place doivent viser les risques identifiés. Elles peuvent se traduire par :

  • l'affichage des précautions à prendre pour les produits dangereux ;
  • l'achat d'équipements adaptés (gants, lunettes ou chaussures) ou de matériels ergonomiques ;
  • l'optimisation des locaux (aération, bruit, éclairage) ;
  • l'organisation du travail.

Ces mesures ne sont pas forcément coûteuses. Pour en savoir plus sur le type d'actions à mettre en œuvre, consultez :

La formation à la prévention permet à chacun de devenir acteur de sa santé :

  • en prenant mieux conscience des dangers liés à son métier ;
  • en connaissant les bonnes pratiques en matière de prévention des risques professionnels.

Sur le site de l’INRS, il est possible de bénéficier gratuitement d’une formation en ligne, apportant les bases en prévention des risques professionnels.

Le site propose également des informations pratiques (fiches pratiques, brochures, dépliants, etc.) sur les métiers des soins esthétiques et de la prothésie ongulaire.

Qu'ils soient stagiaires, nouveaux embauchés, intérimaires ou apprentis, les nouveaux arrivants sont particulièrement exposés aux risques professionnels. À cela, plusieurs raisons :

  • une conscience insuffisante des dangers liés à leur prise de poste ;
  • une méconnaissance des enjeux de prévention des risques ;
  • des difficultés à se projeter dans le futur en termes de santé, surtout pour les plus jeunes.

Pour accueillir une nouvelle recrue, il faut donc l'intégrer à l'entreprise, s'assurer de sa formation et ainsi la protéger des risques liés à son poste. La personne en charge de cet accueil doit être expérimentée, pédagogue et formée à la prévention. Le cahier de l'accueillant (PDF) présente les étapes à suivre pour mettre en œuvre cette démarche d'accueil de manière concrète.

Vous pouvez recevoir une aide financière pour acheter du matériel (fauteuils de soin, tables de massage, chaise d'esthétique, tabouret ergonomique, systèmes de ventilation et bras mobiles permettant un captage des polluants à la source, lampes individuelles, stérilisateurs, gel antiseptique…).

Pour lutter spécifiquement contre les troubles musculosquelettiques (TMS), les subventions TMS Pros Diagnostic et TMS Pros Action vous permettent :

  • de financer la formation, l'évaluation et la mise en place d'un plan d'actions contre les risques de TMS ;
  • d'acquérir du matériel et/ou des équipements ergonomiques ;
  • de réaliser des formations adaptées en direction des salariés concernés par les TMS.

Vous pouvez également bénéficier des subventions :

  •  Equip'mobil +, dont l'objectif est de réduire le port de charges lourdes grâce au financement d'équipements électriques ;
  • Propreté + qui permet de financer des équipements de nettoyage adaptés.

Pour en savoir plus, consultez la page des subventions Prévention pour les petites entreprises.

Le réseau d'experts de l'Assurance Maladie – Risques professionnels vous accompagne pour prévenir notamment les troubles musculosquelettiques, le mal de dos, les risques psychosociaux et les chutes. Pour en savoir plus, vous pouvez contacter votre caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat), votre caisse régionale d'assurance maladie d'Ile-de-France (CRAMIF), ou votre caisse générale de sécurité sociale (CGSS).