Commerce de détail non alimentaire

04 novembre 2021
Chutes, coupures, mal de dos, stress… Dans les petits commerces les risques sont variés. Que vous soyez chef d’entreprise, salarié ou travailleur indépendant, vous pouvez les limiter efficacement grâce à des solutions simples et peu coûteuses.
Infographie présentant les différents risques professionnels liés au secteur des métiers du commerce de détail non alimentaire

Les risques professionnels dans le secteur des métiers du commerce de détail non alimentaire

Dans ce secteur d'activité, 54 % des accidents sont liés aux manutentions manuelles et 16 % des accidents sont liés aux chutes.

On dénombre près de 1 000 000 journées de travail perdues par an.

En moyenne les professionnels du secteur des métiers du commerce de détail non alimentaire sont arrêtés 68 jours pour cause d'accident du travail et 332 jours pour cause de maladie professionnelle.

En 2019, la France compte 13 710 commerces de détail non alimentaires. Ces magasins de proximité représentent une grande diversité d’activités : antiquités, arts de la table, coutellerie, brocante, droguerie, équipement du foyer, instruments de musique, jouets, puériculture, maroquinerie…

Le secteur emploie 78 590 salariés dont plus de la moitié a moins de 35 ans et où les femmes sont majoritaires. Ces boutiques sont confrontées à de nombreux défis : longues journées de travail, mise en place de nouveaux services (relais colis ou livraison), concurrence accrue, contraintes réglementaires…

Malgré ce contexte, les professionnels du secteur doivent rester vigilants concernant la prévention des risques professionnels. Les accidents et maladies sont encore trop nombreux dans le secteur. Loin d’être une fatalité, ils peuvent être limités efficacement par des mesures simples et souvent peu coûteuses.

Commerce de détail non alimentaire : la liste des principaux risques professionnels

Dans une boutique de décoration ou de souvenir, chez un vendeur de guitares ou de petit électroménager, les risques d’accidents du travail et de maladies professionnelles peuvent paraître négligeables au premier abord.

Attention à ne pas les sous-estimer ! La réception de livraisons, le déballage des colis, la manutention de marchandise, la mise en rayon et même le contact parfois difficile avec la clientèle ne sont pas sans conséquences pour vos collaborateurs.

Pour prévenir efficacement les accidents et maladies professionnels, il faut d’abord bien les identifier. Le tableau ci-dessous présente les principales situations à risques pour les professionnels du secteur.

Principaux risques professionnels dans les métiers de la coiffure et conséquences sur la santé des salariés
Situations à risque Accidents du travail et maladies professionnelles
Manutentions manuelles, port de charges lourdes Mal de dos (lombalgie)
Postures contraignantes (à genoux, accroupies bras ou inclinées, bras en l’air) pour l’agencement des vitrines et des présentoirs, gestes répétitifs Douleurs aux articulations des membres supérieurs et inférieurs, troubles musculosquelettiques, risque vasculaire (jambes lourdes, varices)
Ouverture et déballage des colis, utilisation de ciseaux, cutters, agrafeuses… Coupures
Rayonnages en hauteur, sols glissants ou endommagés, zones de circulation encombrées Trébuchements, glissades, chutes de hauteur ou de plain-pied
Utilisation de produits chimiques (produits d’entretien ménagers, sprays déodorants, colles, solvants…) Intoxication, allergies, irritation de la peau, des yeux et des voies respiratoires
Volume musical excessif dans le magasin, horaires de travail importants, fractionnés ou décalés, relation avec la clientèle (violences verbales, agressions…), hold-up Risques psychosociaux, fatigue, stress

Un outil en ligne simple et gratuit pour évaluer les risques professionnels

Pour aider les employeurs à prévenir et évaluer efficacement les risques professionnels, l'Assurance Maladie – Risques professionnels et l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) ont créé un outil en ligne d’évaluation des risques dédié au commerce de détail non alimentaire (site externe).

Il vous permet :

L’outil inclut aussi un Plan d’actions Covid-19 pour vous aider à protéger vos salariés de la propagation du virus au sein de votre entreprise.

Limiter les risques avec des mesures simples

Les commerces de détail non-alimentaires sont majoritairement constitués de Très Petites Entreprises (TPE). Dans les magasins de vêtements, de jouets ou de meubles, dans les drogueries, les pharmacies ou les librairies, l’absence d’un salarié peut rapidement devenir problématique.

L’absentéisme consécutif à un accident du travail ou une maladie professionnelle entraîne une surcharge d’activité pour les autres collaborateurs. Il peut nuire durablement à l’ambiance générale au sein de votre équipe et désorganiser en profondeur le travail au quotidien.

En améliorant les conditions de travail au sein de votre commerce, vous contribuez à rendre votre métier attractif et à sécuriser votre activité. Les clients se sentent bien dans votre magasin et ont envie de revenir. Votre chiffre d’affaires s’en trouve renforcé.

Vendeur, responsable de magasin, magasinier, livreur… Au sein des commerces de détail, tous les collaborateurs ont un rôle à jouer pour limiter les accidents du travail et les maladies professionnelles.

Si vous êtes employeur, identifiez avec vos salariés les dangers auxquels ils sont confrontés. Définissez avec eux les mesures d’hygiène et de sécurité à mettre en place et affichez-les bien en évidence dans les vestiaires ou la salle de pause du magasin.

Limiter les risques au sein de votre commerce est simple mais nécessite de la constance et de la rigueur dans l’application de ces règles. Voici quelques exemples de bonnes pratiques :

  • Allégez les opérations de manutention en fournissant à vos collaborateurs des outils adaptés (diable, transpalette électrique, table ou roll à hauteur ou fonds variables...).
  • Aménagez la réserve du magasin de sorte à limiter les distances de déplacement des colis et des articles de vente.
  • Facilitez l’accès aux rayonnages et aux vitrines aussi bien en hauteur qu’en profondeur.
  • Stockez la marchandise à niveau d’homme et équipez vos collaborateurs de matériel adapté pour le travail en hauteur. Les espaces de circulation doivent toujours être propres, rangés et suffisamment éclairés.
  • Suivez les incidents avec les clients pour en comprendre les causes et éviter qu’ils ne se reproduisent.
  • Protégez vos salariés des produits toxiques (solvants, détergents) grâce à un matériel de protection adapté (masques, gants, lunettes). Choisissez des produits non dangereux quand c’est possible.

Pour en savoir plus, consultez la brochure ED 6259 Commerce de détail non alimentaire – Santé au travail : passez à l’action ! sur le site web de l’Inrs.

La formation constitue un des meilleurs moyens de prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles. Elle permet d’anticiper les risques, de prendre les bonnes mesures de prévention mais aussi de réagir efficacement en cas d’incident.

À titre d’exemple, les formations Prévention des risques liés à l’activité physique (PRAP) et Sauveteur secouriste au travail (SST) répondent à ces besoins.

Si vous êtes employeur, il est de votre responsabilité de former vos collaborateurs à la prévention des risques. Vous devez aussi les informer clairement sur les dangers auxquels ils peuvent être exposés. Ce sont des obligations légales et votre responsabilité peut être engagée en cas de manquement.

Formez-vous en ligne, gratuitement

Vous souhaitez vous former aux bonnes pratiques d’hygiène et sécurité mais vous avez un planning chargé ? L’INRS propose sur son site web un outil gratuit pour acquérir les bases en prévention des risques professionnels.

Il se compose de quatre modules interactifs de deux heures agrémentés de fictions animées, d’exercices d’auto-évaluation, de témoignages de professionnels… Vous pouvez suivre cette autoformation à votre rythme, en plusieurs étapes si nécessaire.

Débuter un nouveau travail dans un magasin commence toujours par une période d’adaptation pour vos collaborateurs. Ils découvrent un nouvel environnement, de nouveaux collègues, de nouveaux clients… Et de nouveaux dangers.

Qu’ils soient salariés permanents, intérimaires, apprentis ou stagiaires, vos collaborateurs sont plus vulnérables aux accidents et maladies professionnelles durant cette période. C’est d’autant plus vrai pour les débutants mais les professionnels expérimentés ne sont pas à l’abri des risques.

Pour les protéger durant cette phase délicate, identifiez parmi vos collaborateurs un volontaire pour les accompagner. Il pourra les aider à identifier les risques auxquels ils sont exposés et à connaître les bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité de votre commerce.

Il pourra s’appuyer dans sa tâche sur le cahier de l’accueillant (PDF) publié par l’Assurance Maladie – Risques professionnels. Ce document explique simplement la marche à suivre, étape par étape.

Les démarches que vous entreprenez pour protéger la santé de vos collaborateurs peuvent être en partie financées. Des subventions spécifiques à la prévention existent pour les entreprises de moins de 50 salariés :

  • TMS Pros Diagnostic et TMS Pros Action ciblent les troubles musculosquelettiques (TMS) en finançant la formation aux règles d’hygiène et de sécurité et l’acquisition de matériel adapté ;
  • Propreté + est une subvention destinée à réduire les risques liés aux ports de charges lourdes, aux gestes répétitifs, aux postures contraignantes et ceux liés aux chutes et à l’exposition aux produits chimiques.

Pour en savoir plus, consultez la page des subventions prévention pour les petites entreprises.

Les experts de l’Assurance Maladie – Risques professionnels vous accompagnent dans la mise en place de vos démarches de prévention des risques (troubles musculosquelettiques, mal de dos, risques psychosociaux et chutes).

Pour plus d’informations, contactez votre caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat), votre Cramif, ou votre caisse générale de sécurité sociale (CGSS).

L’INRS propose sur son site web un outil dédié à la prévention des risques psychosociaux (stress, troubles du sommeil, burn out…). « Faire le point RPS » vous permet d’intégrer ces risques à votre document unique d'évaluation des risques professionnels (DUER) et à répondre ainsi à vos obligations légales et réglementaires.

L’INRS propose sur son site web un outil pour vous aider à mettre en place les mesures correctives nécessaires pour évitez qu’un accident survenu dans votre magasin ne se reproduise.

Cet outil en ligne vous permet de préciser les causes spécifiques de l’accident et d’y associer des mesures de prévention adaptées. Elles pourront alimenter votre Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUER).