Restauration rapide

14 avril 2021
Le coût humain et financier des accidents et maladies professionnelles dans le secteur de la restauration rapide est très élevé. Des mesures de prévention permettent pourtant de préserver la santé des salariés et la performance des entreprises.
Infographie présentant les différents risques professionnels liés au secteur de la restauration rapide

Les risques professionnels dans le secteur de la réparation et des commerces automobiles

Dans ce secteur d'activité, 40 % des accidents sont liés aux manutentions manuelles et 13 % sont liés au risque routier

On dénombre près de 600 000 journées de travail perdues par an.

En moyenne les professionnels du secteur de la restauration rapide sont arrêtés 60 jours pour cause d'accident du travail et 223 jours pour cause de maladie professionnelle.

Plus de 165 000 salariés travaillent dans la restauration rapide (hamburgers, sandwichs, livraison à domicile ou en entreprise), dont la moitié dans des TPE. Ce secteur se distingue des autres types de restauration (collective ou traditionnelle) par :

  • l'absence de service à table (même si les produits peuvent être consommés sur place ou emportés) ;
  • et l'utilisation d'accessoires jetables (vaisselle, boîtes de conditionnement).

Les risques professionnels en cuisine et salle de restaurant : un coût humain et financier important

Qu'il s'agisse de préparer des pizzas, des plateaux repas ou des muffins, la restauration rapide se caractérise par de nombreuses situations à risques. Tous les postes de travail sont concernés : réception des marchandises, préparation des plats, service, livraison, nettoyage...

Mal anticipés, ces risques entraînent des accidents du travail et des maladies professionnelles. Les plus fréquents d'entre eux apparaissent dans le tableau ci-dessous.

Risques et conséquences pour la santé des professionnels de la restauration rapide
Situations à risque Accidents du travail et maladies professionnelles
Déplacements sur sols humides ou gras, dans les réserves, caves, escaliers, etc. Chutes, glissades et traumatismes
Piétinement, postures contraignantes, gestes répétés, manutention manuelle, port de charges lourdes Mal de dos (lombalgies et dorsalgies), troubles musculosquettiques touchant notamment les épaules, les bras et poignets
Essuyage manuel et utilisation d'équipements de découpe ou de cuisson (couteaux, hachoirs, trancheuses, coupe-légumes, friteuse, four…) Blessures (coupures, brûlures…)
Pics d'activité et relation avec la clientèle (violences verbales, agressions…) Fatigue, stress, risques psychosociaux
Risque routier lors des livraisons (mauvaises conditions de circulation, véhicules mal entretenus…) Accidents et traumatismes corporels divers

Au-delà des conséquences sur la santé, les accidents et maladies professionnelles ont un coût indirect, qui pénalise la performance de l'entreprise : réparation du matériel endommagé, temps de formation des remplaçants, démotivation, baisse de productivité… 

Un outil en ligne gratuit et anonyme pour évaluer les risques professionnels

Bien évaluer les risques spécifiques à votre établissement vous permettra d'identifier les bonnes actions à mettre en œuvre. Cette phase d'évaluation doit prendre en compte :

  • les risques partagés par l'ensemble de vos collaborateurs et par les entreprises extérieures (chargées notamment de la livraison, et du déchargement des marchandises) ;
  • les situations particulières de l'établissement liées à la conception des locaux, aux équipements et à l'organisation du travail.

Pour identifier ces risques, vous pouvez vous appuyer sur l'outil en ligne d'évaluation des risques dédié à la restauration rapide (site externe). Proposé par l'Assurance Maladie – Risques professionnels et son Institut national de recherche et de sécurité (INRS), ce service destiné aux employeurs est gratuit et anonyme. Il vous permet de :

  • réaliser votre plan d'actions spécifique – téléchargeable en fin de parcours - à partir d'un questionnaire dédié ;
  • remplir vos obligations légales en téléchargeant votre document unique d'évaluation des risques (DUER), dont les modalités de consultation doivent être affichées dans vos locaux.
Covid-19 : évaluer les risques de contamination

L'outil « Plan d'action Covid-19 » est destiné aux entreprises souhaitant identifier les situations dans lesquelles les collaborateurs sont exposés à la Covid-19. Accessible gratuitement en ligne, il permet de connaître les mesures préventives à mettre en place dans votre établissement.

Agir de manière simple et efficace pour réduire les risques professionnels dans la restauration

En tant que chef d’entreprise, employeur ou travailleur indépendant, l’activité de votre restaurant dépend de votre santé et de celle de vos collaborateurs. Améliorer les conditions de travail au quotidien participe ainsi à la rentabilité de l’entreprise.

En agissant de manière concrète sur la prévention des risques professionnels, vous pouvez ainsi :

  • réduire l’exposition aux risques professionnels pour une meilleure qualité de vie au travail ;
  • améliorer l’organisation du travail mais aussi l’attractivité et l’image de votre restaurant.

Pour en savoir plus sur le type d'actions à mettre en œuvre dans le cadre d’une démarche de prévention, consultez :

Des mesures efficaces peuvent être mises en place simplement et à moindre coût. Il est par exemple indispensable d'afficher les principales règles d'hygiène et de sécurité dans vos locaux. Ce partage des bonnes pratiques de prévention avec votre équipe est essentiel.

Des mesures plus spécifiques doivent viser les risques identifiés avec les collaborateurs sur chaque poste de travail. Par exemple :

  • limiter les ports de charges lourdes et choisir des équipements adaptés, pour prévenir les troubles musculosquelettiques et le mal de dos ;
  • veiller à l'usage correct des équipements électriques et/ou tranchants, afin de réduire le risques de blessures ;
  • aménager les locaux pour réduire le risque de chutes et glissades, dans les escaliers, en cuisine ou en salle ;
  • organiser le travail et notamment les livraisons afin de sécuriser les déplacements ou de gérer le stress du « coup de feu ».

Pour réduire les maladies professionnelles et les accidents du travail, l'information et la formation sont incontournables. Cela fait d'ailleurs partie des obligations de l'employeur. Il doit ainsi s'assurer que ses collaborateurs sont formés aux règles d'hygiène et de sécurité, afin qu'ils puissent :

  • anticiper les risques ;
  • réagir en mettant en œuvre les bonnes pratiques en matière de prévention des risques professionnels.

Le programme d'autoformation « Acquérir les bases en prévention des risques professionnels » est proposé gratuitement sur le site de l'INRS. Ce dispositif interactif et modulaire est conçu pour permettre à chacun de maîtriser les principes généraux de la prévention, d'analyser les risques propres à une situation de travail, de les évaluer et de planifier des actions préventives.

PRAP : une formation pour prévenir les risques liés aux gestes et postures

Dédiée aux salariés dont le travail repose en grande partie sur l'activité physique (travaillant debout, effectuant des gestes répétés, port de charges lourdes…), la formation à la prévention des risques liés à l'activité physique (PRAP) est centrée sur l'apprentissage des bonnes pratiques en matière de gestes et postures.

Plus exposés que d'autres, certains profils doivent être particulièrement guidés dans leur prise de poste, afin de prévenir les risques d'accidents et de maladies professionnels. C'est le cas notamment des stagiaires, nouveaux embauchés, intérimaires, apprentis… Souvent jeunes, ces collaborateurs manquent en effet parfois de maitrise dans l'utilisation d'équipements dangereux. Ils peuvent aussi avoir tendance à minimiser les conséquences d'un accident ou d'une maladie professionnelle sur leur santé.

Cet accompagnement doit être apporté par une personne ayant de l'expérience et le sens de la pédagogie. Elle doit évidemment avoir été aussi formée à la prévention.

Découvrez les étapes à suivre pour mettre en œuvre cette démarche d'accueil de manière concrète, en consultant le cahier de l'accueillant (PDF).

Vous pouvez recevoir une aide financière pour réduire les risques de mal de dos, de chutes ou de TMS. La subvention Cuisine + sûre est ainsi destinée à réduire les risques liés aux déplacements, manutentions et efforts importants (notamment lors des opérations de nettoyage).

Les subventions TMS Pros Diagnostic et TMS Pros Action vous permettent elles aussi de recevoir un soutien financier pour:

  • mettre en œuvre des actions de formation, d'évaluation et de mise en place d'un plan d'actions contre les risques de TMS ;
  • acheter du matériel et/ou des équipements ergonomiques.

Vous pouvez ainsi financer l'acquisition et l'installation de matériels tels que des plans de cuisson, des meubles avec soubassements réfrigérés et tiroirs télescopiques, des arrière-bars, des polycuiseurs avec remplissage et vidange intégrés ; des monte-plats électriques etc.

Pour en bénéficier, consultez la liste des aides financières pour les TPE et PME.

N'hésitez pas à contacter votre caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat), votre caisse régionale d'assurance maladie (CRAM), ou votre caisse générale de sécurité sociale (CGSS). Vous pourrez bénéficier d'un accompagnement du réseau d'experts de l'Assurance Maladie – Risques professionnels, adapté aux besoins de votre entreprise.

Il vous sera alors possible d'initier une démarche de prévention afin de limiter par exemple les troubles musculosquelettiques, le mal de dos, les risques psychosociaux ou les chutes.