Métiers de la petite enfance

04 novembre 2021
La qualité d’accueil des enfants dépend fortement de votre santé et de celle de de vos collaborateurs. C’est pourquoi la mise en place d’une démarche de prévention des risques professionnels est incontournable.
Infographie présentant les différents risques professionnels liés au secteur des métiers de la petite enfance

Les risques professionnels dans le secteur des métiers de la petite enfance

Dans ce secteur d'activité, 50 % des accidents sont liés aux manutentions manuelles et 41 % des accidents sont liés aux chutes.

On dénombre près de 200 000 journées de travail perdues par an.

En moyenne les professionnels du secteur des métiers de la petite enfance sont arrêtés 66 jours pour cause d'accident du travail et 255 jours pour cause de maladie professionnelle.

Les politiques d’accueil du jeune enfant engendrent une forte dynamique des emplois dans le secteur de la petite enfance et de nombreux défis sont à relever pour les professionnels.

Ces métiers se caractérisent par de nombreuses situations à risques (postures contraignantes, port des enfants, chutes et glissades, stress, risques infectieux…), qui se traduisent par des accidents du travail et des maladies professionnelles dont la fréquence ne cesse d’augmenter.

Du point de vue de la prévention des risques, il s’agit de concilier les objectifs du projet pédagogique avec le niveau d’exigence des parents, l’aménagement et l’équipement des locaux. Un objectif : évaluer et réduire les risques et mettre en place des solutions simples grâce à la boîte à outils.

Métiers de la petite enfance : des risques professionnels bien identifiés

Qu’ils soient physiques, psychologiques, ou même infectieux, il existe de nombreux risques pour les professionnels de la petite enfance, générateurs d’accidents de travail ou à moyen terme de maladies professionnelles.

Ces accidents et maladies professionnelles pénalisent le fonctionnement, l’organisation du travail et entrainent des coûts : indemnisation des jours d’arrêt de travail, absence du professionnel, temps de traitement administratif du sinistre, recrutement et formation du remplaçant, désorganisation, poursuites judiciaires éventuelles, etc.

Principaux risques professionnels dans les métiers de la petite enfance et conséquences sur la santé des salariés
Situations à risque Accidents du travail et maladies professionnelles
Manutentions manuelles : port répété d’enfants, postures accroupi, à genoux, bras en extension… rangements des jeux, jouets, déplacements du mobilier, entretien du linge... Mal de dos (lombalgies et dorsalgies), troubles musculosquelettiques (TMS), touchant notamment les lombaires, les épaules, les bras et les poignets
Nuisances sonores :  cris, pleurs des enfants, déplacement du mobilier, chute de jouets Fatigue, stress, troubles de l'audition, surdité
Sols glissants ou encombrés par des jouets, stockage en hauteur entrainant des chutes (de plain-pied ou de hauteur), glissades, trébuchement... Contusions, foulure, entorse, fracture, commotion, conséquences particulièrement graves pouvant conduire au décès…
Risques psychosociaux, stress au travail (origines diverses : organisationnelles, relationnelles ou encore physiques) Burnout, dépression, troubles du sommeil, maladies psychosomatiques, troubles musculosquelettiques
Contacts quotidiens avec des enfants potentiellement malades, avec du linge ou des couches souillés

Infections bactériennes (tuberculose, otite, angine, listériose…), parasitaires (gale, toxoplasmose…) ou virales (gastro-entérites, grippe, varicelle…), allergies...

Utilisation de produits ménagers et de produits de toilette (risque chimique) Dermatite, allergie, brûlure, atteinte pulmonaire…

Encore trop nombreux dans le secteur, ces risques ont surtout un effet indirect sur l’équilibre des structures, alors même que beaucoup d’entre elles peinent à recruter et fidéliser des salariés, dans un contexte d’exigences croissantes de la part de la clientèle. 

Des outils en ligne gratuits pour évaluer les risques professionnels

Afin d'engager les actions appropriées, faites un état des lieux précis des risques dans votre entreprise. L'Assurance Maladie – Risques professionnels et l'INRS proposent aux employeurs un outil en ligne d’évaluation des risques dédié aux métiers de la petite enfance..

Cet outil gratuit et anonyme vous permet :

  • d’obtenir un plan d’actions spécifique à votre entreprise, construit à partir de vos réponses à un questionnaire relatif au cadre de travail ;
  • de respecter vos obligations légales, en téléchargeant le document unique d’évaluation des risques (DUER), dont les modalités de consultations doivent être affichées dans votre structure.

Les structures de moins de 50 salariés ont également accès à l'outil Faire le point RPS  pour le secteur sanitaire et social. Plus spécifique, cet outil permet d'identifier les facteurs de risques psychosociaux dans votre établissement, afin de les intégrer au document unique d'évaluation des risques professionnels, comme l'impose la réglementation.

Covid-19 : évaluer les risques de contamination

Utilisez l’outil « Plan d’action Covid-19 », pour préciser l’évaluation du risque de contamination au coronavirus. Conçu pour les entreprises souhaitant évaluer l’ensemble des situations à risque Covid-19, il propose des mesures de prévention et un plan d’actions.

Réduire les risques dans les métiers de la petite enfance : des solutions simples

Que vous soyez seul à domicile ou au sein d’une structure collective, les accidents et maladies professionnelles ne sont pas une fatalité. Il existe en effet des solutions adaptées à vos besoins et votre situation.

En limitant les risques professionnels, vous améliorez les conditions de travail et la sécurité dans votre quotidien. Vous contribuez ainsi à :

  • rendre votre métier plus attractif en améliorant la qualité du travail et des services ;
  • améliorer la satisfaction et la motivation de tous vos collaborateurs, ainsi que la performance de votre structure.

Pour en connaître davantage sur les mesures à mettre en place, vous pouvez consulter les documents présents sur la page Métiers de la petite enfance du site de l’INRS, en particulier la brochure « ED 6426 – Métiers de la petite enfance – Santé au travail : passez à l’action ! ».

Des mesures simples permettent de prévenir les risques liés aux métiers de la petite enfance. En tant que chef d’entreprise, partagez les bonnes pratiques de prévention avec vos collaborateurs. L’affichage des principales règles d’hygiène et de sécurité dans les locaux est un bon moyen de les impliquer dans cette démarche, sans oublier d’informer les parents des risques auxquels les salariés sont exposés.

Les actions à mettre en place doivent également viser les risques identifiés lors de la phase d’évaluation. Idéalement, cette étape doit être réalisée avec vos collaborateurs. Il s’agit principalement de veiller à :

  • organiser les espaces de travail afin de mettre en cohérence les exigences des activités avec le projet pédagogique et l’accueil du public ;
  • aménager des espaces pour ranger tout ce qui pourrait entraîner des chutes (étagères, placard, rayonnages, réserve…) ;
  • investir dans des équipements ergonomiques afin d’éviter les manutentions inutiles, d’encourager l’autonomie de l’enfant (couchages, plans de change…) et de disposer de matériels adaptés à la taille de l’adulte (fauteuil biberon, assise cale-dos, tabouret réglable à roulettes…);
  • agir sur l’acoustique, l’aération et l’éclairage des locaux pour améliorer les conditions de travail.
  • Consulter la fiche solution "Utiliser en sécurité les produits d'entretien" disponible sur le site de l'Inrs.
Être à jour dans vos vaccinations

Les professionnels travaillant dans des collectivités d’enfants sont soumis à certaines exigences, en termes de vaccinations. Certaines ne sont que recommandées mais d’autres peuvent être obligatoires. En plus des précautions d’hygiènes à respecter, elles vous permettent de réduire efficacement les risques de transmission.

Pour en savoir plus, consultez notre page dédiée aux vaccinations.

Pour permettre à chacun d’être acteur de sa santé, la formation reste l’un des meilleurs outils. C’est une obligation légale pour les employeurs, qui doivent informer leur équipe des principales règles d’hygiène et de sécurité. La formation a ainsi pour but :

  • de prendre conscience des dangers liés à votre métier ;
  • de réagir efficacement avec les bonnes pratiques de prévention.

Pour vous aider dans vos démarches, vous pouvez consulter le programme d’autoformation « Acquérir les bases en prévention des risques professionnels », proposé gratuitement sur le site de l’INRS. Conçu sur plusieurs modules, il vous fournit les compétences de base en prévention.

Divisé en quatre modules interactifs de deux heures, ce dispositif est conçu pour vous permettre de :

  • maîtriser les principes généraux de la prévention ;
  • analyser les risques propres à une situation de travail ;
  • évaluer les risques et de planifier des actions préventives.

 

PRAP : une formation pour adapter les situation de travail et prévenir les risques liés aux gestes et postures

Pour les personnes dont le travail repose beaucoup sur l’activité physique (port d’enfants, rangement d’équipements en hauteur, manutention manuelle…), la formation à la prévention des risques liés à l’activité physique (PRAP) vous permet d’adapter vos situations de travail et d’identifier les bonnes règles en matière de gestes et de postures.

Qu’il s’agisse de stagiaires, d’apprentis, de nouveaux embauchés ou d'intérimaires, les nouveaux arrivants sont plus vulnérables face aux accidents et maladies professionnelles. Moins expérimentés, ils sont généralement moins réceptifs à l’information sur les risques professionnels et relativisent parfois l’importance de la prévention pour leur santé à long terme.

C’est pourquoi il est très important que ces nouvelles recrues soient accompagnées dans leur prise de poste.

Pour vous aider à mettre en œuvre cette démarche d’accueil, consultez le cahier de l’accueillant (PDF) et identifiez un collaborateur expérimenté et pédagogue pour assurer cet accompagnement.

Elaboré par l'INRS et l'Assurance Maladie - Risques professionnels, l’outil « Agir suite à un accident » s'adresse aux entreprises de moins de 50 salariés. Il permet de mettre en place des actions correctives à la suite d'un accident du travail.

Concrètement, le chef d'entreprise :

  • sélectionne les causes de l'accident ;
  • identifie les mesures à mettre en place ;
  • bénéficie d'un plan d'actions.

Des subventions aident les entreprises de moins de 50 salariés à financer vos démarches de prévention :

  • TMS Pros Diagnostic et TMS Pros Action ciblent plus particulièrement les troubles musculosquelettiques (TMS), à travers le financement de matériel, ou de prestations d’accompagnement à la mise en place d’un plan de prévention ou de formation ;
  • Propreté + est destinée à l’achat d’équipements adaptés pour limiter les répercussions des manutentions manuelles, des gestes répétitifs, des postures contraignantes, l’exposition aux produits chimiques ou pour prévenir les chutes.

Pour en savoir plus sur les modalités d’obtention de ces aides, consultez la liste des aides financières pour les TPE et PME.

Vous souhaitez être guidé dans la mise en place d’une démarche de prévention, ou approfondir les moyens de lutte contre un risque spécifique, qu’il s’agisse de troubles musculosquelettiques, de mal de dos, de risques psychosociaux ou de chutes ?

Pour bénéficier d’un accompagnement du réseau d’experts de l’Assurance Maladie – Risques professionnels adapté aux besoins de votre structure, contactez votre caisse d'assurance retraite et de santé au travail (Carsat), votre caisse régionale d’assurance maladie (CRAMIF), ou votre caisse générale de sécurité sociale (CGSS) dans les DOM.