Le mal de dos dans les secteurs les plus touchés

14 novembre 2019
Certaines activités professionnelles sollicitent davantage le corps humain et notamment la région des lombaires. Des actions de prévention spécifiques aux activités de ces secteurs sont proposées afin de limiter les risques de mal de dos.

Des secteurs d’activité qui sollicitent le dos des salariés

Les risques de mal de dos sont accrus lorsque l’activité sollicite davantage le corps humain. Cinq secteurs sont particulièrement touchés par le mal de dos : l’aide et les soins à la personne, le transport et la logistique, le commerce, la gestion des déchets et le bâtiment.

Infographie : part de la lombalgie dans les accidents du travail et maladie professionnelles

 

Infographie présentant la fréquence des AT/MP ayant pour motif une lombalgie en fonction du secteur d’activité (cf. description détaillée ci-après)

Fréquence des AT/MP ayant pour motif une lombalgie

Sur 1000 salariés, tous secteurs confondus, 8,5 ont une lombalgie.

Le secteur des transports est le plus touché par les lombalgies. Sur 1000 salariés de ce secteur, 21 ont une lombalgie.

Sur 1000 salariés du secteur de l’aide et des soins à la personne, 19,3 ont une lombalgie.

Sur 1000 salariés du secteur du traitement des déchets, 16,2 ont une lombalgie.

Sur 1000 salariés du secteur du commerce, 15,2 ont une lombalgie.

Sur 1000 salariés du secteur du bâtiment, 13,3 ont une lombalgie.

Pour les entreprises de ces secteurs, il est nécessaire de mettre en place une démarche de prévention adaptée à la activité pour réduire l’exposition aux risques.

De fait, la lombalgie n’est pas inéluctable. Ainsi, de la plateforme logistique de Martin Brower dans le sud francilien, au supermarché Cora à Forbach, en passant par Eiffage Construction en Pays-de-la-Loire ou l’Hôpital Saint-Joseph à Paris, depuis plusieurs années, ces entreprises et organisations ont initié des démarches de prévention de lombalgie spécifique à leur activité mais reposant sur ces grands principes : formation, équipement et organisation du travail.

Les solutions pour le secteur aide et soins à la personne

En France, chaque année, le mal de dos est à l’origine de 2,3 millions de journées de travail perdues dans le secteur de l’aide et des soins à la personne soit l’équivalent de

10 800 emplois à temps plein. La première cause ? Le port ou transport de charges et de personnes dans 46 % des cas.

Le coût humain du mal de dos se double d’un coût économique élevé : 200 millions d’euros de cotisations accidents du travail / maladies professionnelles par an s’ajoutent des coûts indirects.

Découvrez nos solutions pour Prévenir le mal de dos dans le secteur de l'aide et des soins à la personne (PDF), disponible sur le site inrs.fr

Découvrez la vidéo témoignage "Agir contre le mal de dos : Aide et soins à la personne - Hôpital Saint-Joseph, Paris"

[Ce reportage de l'Assurance Maladie – Risques professionnels montre l’exemple du groupe hospitalier Saint-Joseph pour agir contre le mal de dos au travail. Il fait intervenir : Jean-Philippe Sabathé (responsable Département Prévention au sein de la Direction des ressources humaines), Kadija Bertin Aouzal (infirmière) et Michèle Bouchoucha (coordinatrice de pôle).]

Jean-Philippe Sabathé : Le groupe hospitalier Paris Saint-Joseph est un hôpital avec des activités médicales chirurgicales et obstétrique d'environ 600 lits pour 2500 salariés. En réponse à notre problématique, évidemment d'accidents du travail, nous avons mis en place une double démarche : une démarche de prévention sur le mal de dos, et globalement sur les TMS, associés en même temps à une démarche de soin que l'on a proposé à l'ensemble de nos soignants, qui était la population la plus exposée. Une démarche de prévention construite sur différentes actions : l'introduction dans tous les services d'outils d'aide à la manutention à disposition évidemment des soignants par rapport à la prise en charge des patients.

[Au sein de l'unité de soins intensifs de cardiologie, Mme Bertholot, une patiente âgée, est alitée. Kadija Bertin Aouzal, l'infirmière, l’aide à se lever de son lit à la fois en l'encourageant, en maintenant le contact par le regard et en évaluant ses capacités à réussir.]

Kadija Bertin Aouzal [s'adressant à Mme Bertholot, la patiente] : Voilà. Vous vous sentez un peu fatiguée ? Regardez bien droit devant. Vous tremblez un petit peu ? Je vous sens un petit peu fatiguée, il va falloir vous rallonger, je vais chercher ma collègue.

[La collègue de Kadija les rejoint dans la chambre.]

Kadija Bertin Aouzal [s'adressant à Mme Bertholot, la patiente] : Mme Bertholot ? Je vous présente Julie, ma collègue infirmière. Alors, on va positionner le harnais.

Kadija Bertin Aouzal : Il y avait beaucoup de moyens déployés sur l'hôpital Saint-Joseph. On a mis en place des outils tels que les lève-malades.

Jean-Philippe Sabathé : Cette démarche a été mise en place depuis plus de dix ans et les résultats sont très positifs vu la diminution très significative du nombre de jours d'arrêt de travail liés à la manutention des patients. Autre point très positif pour les patients : une prise en charge vraiment bienveillante, et qui les valorise en même temps.

[Kadija et sa collègue Julie positionnent le harnais sous Mme Bertholot, alitée. Puis, elles fixent les éléments du harnais, l'actionnent afin de soulever la patiente et la déplacent.]

Kadija Bertin Aouzal : On a, à notre disposition, des lits qui permettent de déplacer le patient qui sont beaucoup plus faciles à mobiliser. On a des fauteuils et vraiment la plus grande partie, c'est la formation qui est indispensable et obligatoire.

Jean-Philippe Sabathé : 100 % de nos soignants doivent être formés à cette démarche singulière, sans oublier en même temps d’y associer l'ensemble de nos étudiants dans nos différentes écoles que nous avons en même temps sur le groupe hospitalier.

[Grâce au harnais, Kadija et sa collègue Julie ont déplacé Mme Bertholot dans un fauteuil. On comprend qu’elles l’ont fait sans se blesser et en prévenant tout risque de chute de la patiente.]

Michèle Bouchoucha : On implique vraiment tout le monde dans cette démarche, c'est pour ça qu'il y a des formations. Nos soignants doivent venir travailler dans de bonnes conditions, donc on doit mettre les moyens appropriés. Le mal de dos est quelque chose connu et grâce à cette démarche de soins, on peut reprendre son travail, même pour les femmes enceintes. Je suis très positive car ce sont des choses faciles à mettre en place et donnant des résultats très rapidement.

Les solutions pour le secteur transport et logistique

En France, chaque année, le mal de dos est à l’origine de 1,1 million de journées de travail perdues dans le secteur du transport et de la logistique soit l’équivalent de 5 000 emplois à temps plein.

La première cause ? Le port ou transport de charges dans 43 % des cas.

Le coût humain du mal de dos se double d’un coût économique élevé : 90 millions d’euros de cotisations accidents du travail / maladies professionnelles auxquels s’ajoutent des coûts indirects.

Découvrez nos solutions pour Prévenir le mal de dos dans le secteur du transport et de la logistique (PDF), disponible sur le site inrs.fr

Découvrez la vidéo témoignage "Agir contre le mal de dos : l'exemple de Martin Brower, Ile de France"

 

[Ce reportage de l'Assurance Maladie – Risques professionnels montre l’exemple de la société Martin Brower pour agir contre le mal de dos au travail. Il fait intervenir : Bruno Boutet (directeur des ressources humaines), Alain Ferrere (tuteur référent) et Gil Dasilva (adjoint au directeur d’entreprôt).]

Bruno Boutet : Martin Brower est, en France, le prestataire logistique du leader mondial de la restauration rapide. L'entreprise travaille, depuis une vingtaine d'années, sur le risque lié au mal de dos. Nous avons une approche articulée autour de trois axes. Le premier est la constitution d'une école de formation au sein de l'entreprise.

[Dans l’entrepôt, un employé dispose des colis sur une palette sans se baisser. Un second employé actionne l’outil de filmage de palette.]

Alain Ferrere : Chaque collaborateur qui arrive, va pouvoir expérimenter le montage et le filmage de palettes... Analyser son environnement de travail, analyser son outil : « J'ai un outil mis à ma disposition, comment vais-je l'utiliser de la meilleure façon possible pour me préserver ». On leur apporte des techniques que nous n’inventons pas forcément nous-même. En fait, c'est du partage d'expérience.

[Dans un autre secteur de l’entrepôt, un employé commande un engin permettant de soulever et transporter des colis. Un bras articulé mécanique vient prendre et déposer les colis sur une plateforme.]

Bruno Boutet : Le deuxième axe concerne le matériel. Cela passe par des outils de préhension, qui viennent aider le collaborateur à porter ses colis. Ce sont aussi des solutions plus complexes de robotisation. Le troisième axe est plutôt un axe managérial, de façon à instaurer une culture sécurité.

[Des employés réalisent des exercices musculaires d’échauffement avant de commencer à travailler.]

Gil Dasilva : À chaque prise de service, un brief va permettre aux gens de s'équiper par rapport au secteur où ils vont travailler, de mettre leurs équipements de protection individuelle (EPI). On va faire un atelier, qui s'appelle Steam Core et qui est un éveil musculaire. On va, deux fois par semaine, évoquer un sujet d'alerte accident qui se sont produits sur les sites Martin Brower en France.

Bruno Boutet : L'approche qui a été mise en place a eu des effets extrêmement positifs puisqu'on a eu une baisse de l'accidentologie. Je ne peux qu'inciter les autres entreprises à tester ces dispositifs. C'est l'élément de base pour permettre d'avoir des résultats concluants.

Les solutions pour le secteur du commerce

En France, chaque année, le mal de dos est à l’origine de 1,1 million de journées de travail perdues dans le secteur du commerce (notamment la grande distribution et le commerce de gros et d’équipements de foyer) soit l’équivalent de 5 000 emplois à temps plein.

La première cause ? Le port ou transport de charges dans 48 % des cas.

Le coût humain du mal de dos se double d’un coût économique élevé : 90 millions d’euros de cotisations accidents du travail / maladies professionnelles auxquels s’ajoutent des coûts indirects.

Découvrez nos solutions pour Prévenir le mal de dos dans le secteur du commerce (PDF), disponible sur le site inrs.fr

Découvrez la vidéo témoignage "Agir contre le mal de dos : l'exemple du supermarché Cora, à Forbach"

 

 

[Ce reportage de l'Assurance Maladie – Risques professionnels montre l’exemple du supermarché Cora de Forbach pour agir contre le mal de dos au travail. Il fait intervenir : Philippe Bizet (directeur du magasin), Fabien Varoqui (responsable charcuteries et fromages à la coupe) et Antonella Boa (vendeuse fromage à la coupe).]

Philippe Bizet : La société Cora existe depuis 1969. Le magasin Cora de Forbach, existe, lui, depuis juin 1984. Nous avons pris conscience du mal de dos dans l'entreprise, car certaines équipes d'employés commerciaux ont une ancienneté d’environ 17 ou 18 années malgré le turn-over des effectifs. On a eu des pics de maladies professionnelles. On a donc mis en place des groupes de travail santé-sécurité, avec des salariés impliqués au sein de chaque rayon.

[Au rayon fromage à la coupe, une vendeuse coupe un morceau de fromage à pâte dure à la main, exerçant une pression avec le haut de son corps et ses bras, pour servir une cliente.]

Fabien Varoqui : Les contraintes soulevées ont été : le port de charges lourdes, ainsi que la coupe de fromages à pâte dure, nécessitant un effort important sur les épaules et les avant-bras. Pour remédier à cela, il y a eu l'achat d'une comtoise, qui découpe mécaniquement, avec un traçage laser, le fromage. Pour le transport des marchandises, nous avons mis en place des chariots élévateurs qui mettent le produit à hauteur de bras de la personne.

[Antonella Boa, vendeuse fromage à la coupe, tire un chariot et actionne, avec son pied, une pédale qui lui permet d’élever le chariot afin d’éviter d’avoir à se baisser.]

Antonella Boa : J'ai suivi une formation professionnelle, qui nous explique comment se tenir droit et porter des fromages, en évitant de se baisser n'importe comment.

Philippe Bizet : On a réduit, de manière assez importante, les accidents du travail. On est en train de mettre en place, chez Cora France, un groupe de travail par magasin, par rapport à la santé et la sécurité. Je recommande complètement ces démarches de sécurité au travail.

Les solutions pour le secteur de la collecte et du recyclage des déchets

En France, chaque année, le mal de dos est à l’origine de105 000 de journées de travail perdues dans le secteur de la collecte et du tri des déchets soit l’équivalent de 500 emplois à temps plein.

La première cause ? Le port ou transport de charges dans 39 % des cas.

Le coût humain du mal de dos se double d’un coût économique élevé : 10 millions d’euros de cotisations accidents du travail / maladies professionnelles auxquels s’ajoutent des coûts indirects.

Découvrez nos solutions pour Prévenir le mal de dos dans le secteur de la collecte et du tri des déchets (PDF), disponible sur le site inrs.fr

Découvrez deux vidéos témoignage " Agir contre le mal de dos"

  • L'exemple de SCHROLL, entreprise de recyclage de déchets, site de Strasbourg
  • L'exemple de SMICTOM, entreprise de collecte et de traitement des ordures ménagères, Alsace Centrale

 

Les solutions pour le secteur du bâtiment

En France, chaque année, le mal de dos est à l’origine de 1,3 million de journées de travail perdues dans le secteur du bâtiment soit l’équivalent de 6 300 emplois à temps plein.

La première cause ? Le port ou transport de charges dans 42 % des cas.

Le coût humain du mal de dos se double d’un coût économique élevé : 140 millions d’euros de cotisations accidents du travail / maladies professionnelles auxquels s’ajoutent des coûts indirects.

Découvrez nos solutions pour Prévenir le mal de dos dans le secteur du bâtiment (PDF), disponible sur le site inrs.fr,

Découvrez la vidéo témoignage "Agir contre le mal de dos : l'exemple d'Eiffage Construction, Pays de la Loire"

[Ce reportage de l'Assurance Maladie – Risques professionnels montre l’exemple de la société Eiffage Construction Pays de la Loire pour agir contre le mal de dos au travail. Il fait intervenir : Arnaud Labaisse (directeur Eiffage Construction Pays de la Loire), Marie-Laure Coudrais (responsable QSE) et Thierry Houlaman (coffreur bancheur).]

Arnaud Labaisse : La société Eiffage construction Pays de la Loire est une filiale du groupe Eiffage qui intervient dans la construction de bâtiments et d'ouvrages de génie civil. La manutention d'objets lourds et les travaux, parfois dans des postures un peu contraintes, font partie de nos métiers. En revanche, la récurrence des accidents liés aux problématiques de dos et le nombre de maladies professionnelles, nous ont amenés à traiter ce sujet de manière frontale.

[Sur un chantier, un ouvrier se baisse pour actionner une manivelle, à la main, afin de déposer une structure lourde.]

Marie-Laure Coudrais : Dans le cadre de la prévention des TMS et des lombalgies, nous avons mis en place des groupes de travail. Pour le poste branche, on a investi dans un nouveau matériel permettant de réduire la pénibilité au poste. On a également investi dans des matériels plus légers, plus ergonomiques, ainsi que des caisses de rangement roulantes qui permettent d'avoir tout le matériel à disposition au poste de travail. On s'attache évidemment aussi à avoir des circulations propres et dégagées.

[Sur le même chantier, un ouvrier manipule ce qui ressemble à une poutre en acier à l’aide d’un grand outil en forme de pince, pendant qu’un autre cherche ses outils dans une grande caisse de rangement.]

Thierry Houlaman : Les dispositifs mis en place par Eiffage sont très utiles, notamment les quarts d'heure sécurité, qui sont au nombre de deux par mois. Il y a aussi les échauffements musculaires, qu'on fait le matin. Chez Eiffage, l'avantage est qu'on peut suivre des formations liées aux troubles musculo-squelettiques. Cela m'a permis de travailler plus aisément.

[Une douzaine d’ouvriers font des exercices d’échauffement et d’articulation avant de commencer le travail.]

Arnaud Labaisse : Se préoccuper de la santé de ses collaborateurs, c'est non seulement une obligation légale mais c'est surtout et avant tout une obligation morale. Travailler pour la prévention, c'est rendre l'entreprise plus performante.