Chutes : un risque sous-estimé

09 mars 2020
En France, les chutes de hauteur sont la deuxième cause de mortalité au travail (après la circulation) et la troisième cause d’incapacité permanente et d’arrêts de travail. Mais la hauteur n’est pas le seul facteur de risque, ni de gravité. En effet, les chutes de plain-pied constituent la deuxième cause d’accidents dans l’environnement professionnel.

Un risque fréquent et coûteux

Les chutes de hauteur et de plain-pied constituent le deuxième risque à l’origine des accidents du travail (28 %) après les manutentions manuelles qui sont à l’origine de 50 % des sinistres. Selon les données de l’Assurance Maladie – Risques professionnels, les chutes sur le lieu de travail ont provoqué, en 2018, 46 décès et près de 7 000 nouvelles incapacités permanentes. Ces 7 000 personnes garderont des séquelles à vie, nécessitant une indemnisation.

Toujours en 2018, les chutes ont également été la cause de près de 99 000 arrêts de travail de plus de 4 jours, un chiffre en constante augmentation (+4 % de 2016 à 2018). Une évolution d’autant plus regrettable que l’ensemble de ces arrêts de travail dus aux chutes représentent plus de 9 millions de journées pendant lesquelles les victimes n’ont pas pu travailler.

Globalement, en 2018, sur 1 000 salariés, 34 se sont vu prescrire un arrêt de travail dont 6 (soit 16 %) en raison d’une chute.

Chutes de hauteur

Travailler en haut d’un escalier, d’un immeuble, d’un toit ou d’un pylône, évoluer sur un échafaudage, au bord d’une fosse ou d’un précipice sont des activités à risques.

Loin des idées reçues, ce type d’accident peut survenir dans tous les secteurs d’activité. Certes, celui du bâtiment et des travaux publics (BTP) connaît la plus forte proportion de chutes de hauteur. En 2018, elles représentaient 17 % des accidents du travail dans ce secteur.

Ce sont toutefois les secteurs de l’aide et soins à la personne, de nettoyage et le travail intérimaire qui détiennent le record absolu des arrêts de travail dus aux chutes en général (plus de 27 000) et aux chutes de hauteur en particulier (près de 1 800).

La loi impose à l’employeur de mettre en place des actions de protection contre le risque de chute. Celui-ci peut s’appuyer sur les recommandations formulées par l’Assurance Maladie – Risques professionnels adoptées par le Comité national des industries du bâtiment et des travaux publics, et notamment :

Pour en savoir plus sur la mise en œuvre de ces actions de prévention des chutes au travail, consultez notre page dédiée aux solutions de prévention des chutes de hauteur et de plain-pied.

Chutes de plain-pied

Les glissades, trébuchements, faux-pas ou encore pertes d’équilibre sur un sol plat sont souvent imputés à une forme de maladresse. Ces chutes sont plus fréquentes que les chutes de hauteur et peuvent avoir des conséquences graves. En 2018, elles sont à l’origine de près de 10 % des arrêts de travail de plus de 4 jours (contre un peu moins de 7 % pour les chutes en hauteur).

Tous les secteurs d’activité et tous les métiers sont concernés. Certains sont particulièrement touchés comme l’industrie agroalimentaire ou encore les ateliers de fabrication mécanique.

Les chutes de plain-pied sont principalement liées à l’utilisation de machines ainsi qu’à la manutention manuelle ou mécanique. Mais c’est souvent la combinaison de plusieurs facteurs qui génère les situations dangereuses. Parmi ceux-ci, on pourrait citer les sols glissants, accidentés ou encombrés mais aussi des facteurs liés à l’organisation du travail qui peuvent engendrer de la fatigue, de la surprise, de l’émotion ou de l’inattention.

Trop souvent perçues comme étant inévitables et de caractère bénin, les chutes de plain-pied peuvent être évitées si l’employeur met en place les actions adaptées. Pour en savoir plus, consultez notre page sur la prévention des chutes.

Chutes de plain-pied : une définition qui couvre de nombreuses situations

Loin d’être anodines, les chutes de plain-pied sont fréquentes et peuvent avoir des conséquences graves, voire fatales, quel que soit le secteur d’activité.

La chute de plain-pied peut survenir suite à des glissades, trébuchements, faux-pas et autres pertes d’équilibre sur une surface “plane”. Des chutes survenues sur des surfaces de niveau réduit, comme un trottoir, une marche ou un plan incliné sont également considérées de plain-pied.