Chutes de hauteur et de plain-pied : comment les prévenir ?

29 décembre 2020
Les chutes concernent tous les secteurs d’activité. Une prévention adaptée de ces risques repose sur une approche à la fois technique et organisationnelle. La réduction du risque implique ainsi des actions sur l’environnement de travail et sur les conditions de réalisation des tâches.

Prévention des chutes : une démarche de prévention adaptée et rapidement opérationnelle

La démarche de prévention sera d’autant plus efficace que les situations à risque auront été correctement identifiées en amont. Elle se décompose schématiquement en trois temps :

  1. essayer d’éliminer les risques de chutes ;
  2. évaluer ces risques ;
  3. prévenir leur apparition.

La prévention des risques de chute : une approche à la fois technique et organisationnelle

La démarche de prévention des chutes de hauteur doit être conduite :

  • dès la conception d’un lieu ou d’un équipement de travail ;
  • dans l’analyse du poste de travail ;
  • dans l’analyse du mode opératoire pour les travaux d’installation et de maintenance.

La réflexion doit porter sur tous les postes de travail concernés par un risque de chute et s’attacher à toutes les situations notamment celle de l’entretien du lieu ou du poste. Il convient également d’analyser les conditions d’accès aux postes de travail pour évaluer tous les risques.

La démarche de prévention doit s’appuyer sur la collaboration de différents acteurs (concepteurs, maîtres d’ouvrage, salariés…) ; c’est un facteur clé de succès pour aboutir à une prise en compte efficace de la démarche de prévention.

S’agissant de la gestion des risques, les réponses opérationnelles sont à envisager à deux niveaux :

  • technique, à travers la prise en compte des risques dès la conception ou lors de l’entretien des équipements ;
  • organisationnel, à travers une réflexion sur les locaux et l’organisation du travail.

Après avoir évalué les résultats de ces actions, il est encore possible d’ajuster les mesures initialement mises en place. Pour une démarche efficace durablement, l’amélioration continue est importante. Elle s’appuie sur les besoins et l’expression des salariés.

Le point de départ : évaluer les risques

La formalisation d’un document unique d’évaluation des risques (DUER) constitue le point de départ de la démarche de prévention qui incombe à tout employeur dans le cadre de son obligation générale de sécurité à l’égard de ses salariés.

Cette phase d’évaluation des risques professionnels sera menée de manière collaborative avec des acteurs internes ou externes à l’entreprise, parmi lesquels :

  • tous les salariés de l’entreprise confrontés aux situations à risque ;
  • le médecin du travail ;
  • le comité social et économique (CSE) pour les entreprises concernées.

La phase d’évaluation des risques aboutit à la formalisation du DUER, décrite sur le site de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles). Ce document unique est un outil central pour déterminer un plan d’actions de prévention des risques et le suivre. S’agissant des chutes, il permet de recenser et d’analyser les pratiques de chaque poste de travail et de prévoir les actions nécessaires pour réduire ou supprimer les risques associés.

Prévenir les chutes de hauteur

Le simple fait d’anticiper les causes potentielles de chutes peut diminuer grandement leur survenue. L’entreprise doit en effet connaître précisément les risques liés à son activité, avant de définir des réponses techniques, organisationnelles et managériales.

L’employeur souhaitant évaluer et prévenir les risques de chutes de hauteur doit se poser tour à tour quatre questions, dans l’ordre suivant.

Le salarié peut-il travailler depuis le sol plutôt qu’en hauteur ?

Dans la mesure où il écarte le danger lié à la hauteur, le travail au sol doit constituer un objectif lors de la définition des méthodes de travail. C’est le cas par exemple lorsqu’une perche est utilisée pour permettre d’augmenter le champ d’action d’un outil.

En l’absence d’équipement de ce type, il faut alors envisager de privilégier la mise en place d’équipements permanents pour l’accès et le travail en hauteur, comme indiqué sur le site de l’INRS.

Puis-je mettre en place une protection collective permanente ?

Quand l’environnement ne permet pas de travailler depuis le sol, certains équipements concernent plutôt :

  • les accès en hauteur tels que les ascenseurs, monte-charges, échelles à crinolines, escaliers avec rambarde… ;
  • les zones de travail, à travers l’installation de garde-corps, de plateformes de travail…

Puis-je utiliser du matériel mobile ?

Si cette pose d’équipement fixe est impossible, l’utilisation d’un équipement de protection collective temporaire peut être envisagée, avec l’utilisation de nacelles et plateformes élévatrices. Il peut s’agir :

  • de plateformes individuelles roulantes (PIR) ;
  • de plateformes mobiles de personnes (PEMP).

Si non, puis-je utiliser une protection individuelle temporaire ?

À défaut de pouvoir utiliser une protection collective, les travailleurs exposés au risque de chute de hauteur doivent être munis d’équipements de protection individuelle (EPI). Ces systèmes de protection individuelle sont utilisés pour arrêter la chute ou pour interdire l’accès à une zone où la chute est possible. Il en existe trois types : systèmes d’arrêt de chute, systèmes de retenue et systèmes de maintien au poste de travail. C’est le cas par exemple des harnais anti-chute, pouvant être ajustés au mieux sur le corps d’une personne afin de maintenir et sécuriser celle-ci en cas de chute.

Prévenir les risques de chutes de plain-pied

Les chutes de plain-pied se caractérisent par une perte d’adhérence entre le pied et le sol, susceptible d’entraîner une perte de l’équilibre.

Tous les secteurs d’activité et tous les métiers sont concernés. Certains sont particulièrement touchés : l’industrie agroalimentaire ou encore les ateliers de fabrication mécanique. Les personnes y sont amenées à se déplacer régulièrement sur des sols gras et parfois lisses.

Les facteurs à l’origine des chutes de plain-pied

Les facteurs de chutes de plain-pied sont nombreux et d’origines multiples (matérielle, biomécanique ou environnementale).

Sur le plan matériel, trois éléments peuvent expliquer leur survenue :

  • la nature du sol (relief, dénivelé, rugosité, dureté, température…) ;
  • le type de chaussures (la composition des semelles, leur sculpture…) ;
  • les produits recouvrant le sol ou la semelle de la chaussure.

Des facteurs biomécaniques et comportementaux peuvent également contribuer à la chute : la vitesse de la marche, la pression exercée par le pied sur le sol, une fragilité physique, mais aussi la perception du risque de chute.

Enfin, les facteurs environnementaux (éclairage, encombrement…) et organisationnels (contrainte de temps, nombre de tâches à effectuer, non-séparation des flux, transition entre des sols de différentes natures…) peuvent aussi être évoqués.

Identifier les facteurs de risques de chutes de plain-pied

Les éléments suivants peuvent représenter des situations à risques et doivent être identifiés :

  • dimensions et caractéristiques des locaux (trop exigus, empêchant les déplacements ou favorisant le risque de glissades) ;
  • difficultés ou contraintes liées à l’ambiance physique (conditions climatiques difficiles, éclairage insuffisant, défaut de rangement, présence de déchets au sol…) ;
  • difficultés particulières liées au matériel (matériel mal entretenu générant des fuites ou des déchets, matériel difficile à déplacer…) ;
  • difficultés liées à la tâche (actions simultanées ou faites dans l’urgence, par exemple) ;
  • aspects en lien avec l’organisation (défaut de maintenance ou d’approvisionnement, ordonnancement de tâches et cadence de travail inadaptés, manque de formation des salariés inadapté…) ;
  • facteurs humains (inexpérience, fatigue…).

Prévenir les chutes de plain-pied : l’importance de la démarche en amont

Si la suppression du risque n’est pas possible, la démarche de prévention des chutes de plain-pied visera à prévoir des actions :

  • sur l’espace de travail : voies de circulation, implantation des équipements, encombrement des sols… ;
  • sur les sols : nettoyage régulier, revêtements antidérapants au niveau des sols, escaliers en tôle lamée… ;
  • sur l’environnement de travail : éclairage, bruit et température adaptés… ;
  • sur l’organisation du travail : anticipation, préparation, planification, analyse des tâches ;
  • sur la sensibilisation et l’information des salariés ;
  • et sur le choix des protections individuelles (sur-chaussures, chaussures à crampons…).