L’Essentiel 2020 : les chiffres des accidents du travail et maladies professionnelles

26 octobre 2021

La pandémie de Covid-19 a un impact sur le contexte professionnel. En 2020, alors que les accidents du travail, de trajet et les maladies professionnelles ont baissé, les affections psychiques ont augmenté. Retrouvez les faits marquants et les chiffres de la sinistralité de l’année écoulée, dans « L’Essentiel 2020, Santé et sécurité au travail », de l’Assurance Maladie – Risques professionnels.

 

Baisse des accidents du travail

Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, qui a mis à l’arrêt un nombre important d’activités économiques à partir de mars 2020, le nombre d’accidents du travail a diminué de 17,7 % par rapport à 2019, avec moins de 540 000 accidents. Cette diminution correspond en particulier aux deux périodes de confinement de l’année 2020.

En raison du recours au chômage partiel et au télétravail, les accidents du travail ont très fortement diminué dans les services, en particulier dans les activités de travail temporaire et le secteur tertiaire, qui enregistrent respectivement des baisses de 23,9 % et 23,3 %, mais aussi l’édition et la communication (- 19,4 %), l’alimentation (- 18,9 %) ou le commerce non alimentaire (- 18,4 %).

La situation est plus contrastée dans les activités industrielles et secondaires, avec une diminution de 18,5 % des accidents du travail dans la métallurgie, de 16,5 % dans la chimie-plasturgie ou dans le bois, l’ameublement et le textile, mais de 12,8 % dans le BTP, secteur d’activité qui a été le moins longtemps à l’arrêt.

Très sollicités pendant la crise sanitaire, certains métiers ont vu leur sinistralité augmenter : ambulance (+2,4 %), les centrales d’achats (+ 5 %) et la vente à distance (+14 %).

Les activités d’action sociale et de santé ont néanmoins vu leur sinistralité baisser de 17 % en 2020.

Forte diminution du nombre d’accidents de trajet

Les accidents de trajet ont diminué de 19,7 % par rapport à 2019. Cette forte baisse est constatée à des degrés divers dans la plupart des grandes régions. Là aussi, cette tendance s’explique par les périodes de confinement.

Diminution du nombre de maladies professionnelles

Les maladies professionnelles baissent de 18,8 % entre 2019 et 2020, soit dans la même proportion que les accidents du travail et les accidents de trajet. Le nombre de victimes diminue, lui aussi, de 18,2 %. Les troubles musculosquelettiques demeurent à l’origine de 87 % des maladies professionnelles.

La reconnaissance de la Covid en maladie professionnelle

Le nouveau tableau 100 du Code de la Sécurité sociale a intégré les pathologies liées aux infections au SARS-CoV2 au titre des maladies professionnelles.

Les professionnels salariés et exerçant en libéral dans le secteur de la santé, contaminés dans le cadre de leur travail et ayant subi une affection respiratoire grave, bénéficient d’une reconnaissance automatique s’ils ont eu une aide à la respiration (apport d’oxygène ou assistance ventilatoire). Les personnes des autres secteurs d’activité dans le même cas voient leur demande examinée par un comité d’experts médicaux.

Toutes les conséquences sévères ou prolongées de la Covid-19 peuvent faire l’objet d’une étude médicale pour une éventuelle reconnaissance en maladie professionnelle, à partir du moment où le lien avec la situation professionnelle est établi.

5 018 dossiers complets de demandes de maladie professionnelle ont été déposés auprès des caisses primaires d’assurance maladie et CGSS à fin septembre 2021, dont 82 % concernent des soignants. À ce jour, 1 690 de ces dossiers ont été pris en charge.

Les affections psychiques au travail en hausse

L’évolution des affections psychiques reconnues poursuit sa hausse observée ces dernières années, tant en nombre de maladies déclarées à titre professionnel qu’en nombre de prises en charge accordées. Par son mécanisme spécifique, la branche AT/MP est au rendez-vous de cette problématique croissante de santé au travail.

1 441 maladies professionnelles relevant de troubles psychosociaux, soit environ 37 % de plus qu’en 2019, ont donné lieu à une prise en charge favorable par l’Assurance Maladie - Risques professionnels, sur la base de l’avis des comités d’experts médicaux saisis sur chacune de ces demandes.

Cette augmentation est probablement liée, là aussi, à l’impact de la pandémie sur le contexte professionnel des salariés du régime général.