Témoignage : "nous avons conçu un restaurant sécurisé"

20 octobre 2017

Le restaurant "Crêpes du Monde" à La Valette du Var (83) a été pensé, dès sa conception, pour permettre au personnel de travailler en sécurité. Rencontre avec Mme Garbit, gérante et employeuse de 17 salariés.

 

 

 

Comment a débuté la construction de votre "restaurant sécurisé" ?

Il y a près de deux ans, nous avons eu l’occasion de construire notre restaurant dans une zone commerciale. Il n’y avait que de la terre battue, on partait de zéro ! C’était une page blanche fantastique et une grande chance :  nous avons pu nous préoccuper de la sécurité, dès le départ. Nous avons ainsi conçu un restaurant sécurisé pour le personnel.

 

Pourquoi avoir pensé, dès la conception, à prendre en compte ce confort de travail ?

Parce que nous avions eu l’expérience, auparavant, de deux établissements relativement anciens. C’était très difficile de les mettre aux normes et d’améliorer le confort de travail. Notre activité n’est pas saisonnière, c’était donc compliqué de fermer le restaurant pour faire des travaux. On perd en chiffre d’affaire, du coup on le fait par petits bouts et ce n’est jamais assez... Nous avons donc voulu faire un restaurant adapté dès le début.

 

Les coupures au moment du séchage manuel des verres font partie des accidents les plus fréquents en restauration. Comment avez-vous mis fin à ce risque ?

Nous avons investi dans un lave-verre osmoseur qui permet d’obtenir des verres secs et sans trace. Cela a permis de supprimer la manipulation du torchon et donc de supprimer complètement le risque de coupures. C’est propre, c’est un gain de temps. Dans le même esprit, nous avons installé un lave-vaisselle qui permet à la fois de laver et sécher la batterie de cuisine et les assiettes. Les serveurs se chargent juste de les mettre dans la machine.

 

Vous n’avez donc plus de personnel affecté à la plonge. Comment s’est réorganisé le travail ?

 

En effet, nous ne fonctionnons plus comme dans un restaurant traditionnel. La personne qui s’occupait de la plonge jusque-là est désormais en cuisine, en tant qu’aide cuisine. Il en est enchanté. On est très satisfait : le risque de coupures dont les plongeurs sont très souvent victimes a été supprimé ! Même constat pour les troubles musculo squelettiques liés aux différentes manipulations répétées des verres, batteries et ustensiles…

 

Qu’avez-vous mis en place contre le risque de glissade, très courant en cuisine ?

 

Au moment du coup de feu, on va très vite, si le sol est glissant, l’accident devient très vite catastrophique, très rapidement. Nous avons donc mis en place un sol antidérapant (mais restant nettoyable) et un caniveau linéaire central. Quand quelque chose tombe au sol, on envoie un jet d’eau et le sol redevient sec très rapidement.

 

Avez-vous trouvé une solution pour limiter la manutention des fûts ?

 

Nous tirons le cidre et la bière à la pression. Avant, on avait des fûts en métal ou en acier, très lourds même vides. On devait les consigner et les stocker, ce qui augmentait la manutention au quotidien. Nous avons recherché une solution et nous l’avons trouvé auprès d’une société qui développe des fûts en plastique. Ils sont légers, recyclés et recyclables (et donc non consignés).

 

Votre caisse régionale d’Assurance Maladie – Risques professionnels (Carsat Sud-Est) a financé près de 40% des installations. Comment avez-vous vécu cette collaboration ?

 

Auparavant, nous ne connaissions les professionnels de la caisse que pour les contrôles. Nous avions plutôt tendance à les craindre ! Mais au final, cela a été très constructif. Notre conseiller a été très disponible, il nous a aidé sur la conception des plans, nous avons beaucoup échangé sur le matériel à choisir. Nous avons grandi et beaucoup appris grâce à cette collaboration ! Aujourd’hui encore, nous échangeons étroitement sur la prévention.