Industriels & équipementiers: "Il faut s’extraire d’une relation donneur d’ordr

21 novembre 2017

Novalim-Alimentec, l’Assurance Maladie-Risques professionnels (Carsat Rhône-Alpes) et la Direccte Auvergne-Rhône-Alpes ont lancé l’action ERGO EQUIP-IAA. Objectif : mener avec efficacité les projets de conception d’équipements agroalimentaires… tout en intégrant les questions de santé-sécurité au travail, en amont du projet.

L’explication de Martine Boussier, responsable de l’innovation de Novalim-Alimentec.

 

Quel a été le point de départ de l’action ERGO EQUIP-IAA ?

En 2016, avec l’Assurance Maladie-Risques professionnels (Carsat Rhône-Alpes) et la Direccte, nous avons lancé une étude auprès d’une trentaine d’entreprises composées d’industriels et d’équipementiers de l’agroalimentaire. Nous voulions savoir si la santé des utilisateurs des équipements était prise en compte dès le début du projet, c’est-à-dire dès la rédaction du cahier des charges. Par ailleurs, ce dernier était-il suffisamment étayé ? Les industriels et les équipementiers travaillaient-ils en étroite collaboration ?

Quelles ont été les conclusions de cette enquête ?

Les deux acteurs avaient des visions très différentes. D’un côté, les industriels pensaient produire des cahiers des charges bien ficelés. De l’autre, les équipementiers ne les trouvaient pas assez précis. Il y avait clairement un besoin d’échange et de communication entre les deux partie-prenantes. Face à ce constat, nous avons mis en place l’action ERGO EQUIP-IAA en 2017.

En quoi consiste l’action ERGO EQUIP-IAA ?

L’objectif est notamment de favoriser l’échange entre les industriels et les équipementiers. Le bénéfice, pour l’un comme pour l’autre, est une meilleure rentabilité dans la conception des équipements de production. Pour cela, nous proposons des ateliers à destination de ces publics avec l’intervention d’un ergonome. Nous mettons par ailleurs des outils à leur disposition.

Quels outils proposez-vous aux industriels et aux équipementiers ?

Nous mettons à disposition des modèles de cahier des charges sur notre site Internet. Par ailleurs, nous proposons des outils de "simulation du travail". Il y a des outils classiques comme la maquette volumétrique et des outils numériques. A partir de gros tableurs, un dessin animé simule l’activité d’un salarié ou celle de l’entreprise, en intégrant tous les flux. Ces outils sont une aide précieuse à la décision. Ils permettent de gérer les transformations dans l’entreprise.

Pour vous, quelle est la clé d’un projet de conception d’équipement bien mené ?

Pour que cela fonctionne et pour que la santé de l’utilisateur final soit prise en compte dès le début, il faut s’extraire d’une relation "donneur d’ordre / sous-traitant" entre l’industriel et l’équipementier. Le partenariat entre l’industriel et l’équipementier est la clé de voûte du projet.

Il est aussi essentiel d’intégrer le personnel et la problématique de la santé au travail dès le début et tout au long du projet.

Présentez-vous ces outils de simulation à l’occasion du salon Europack-Euromanut-CFIA de Lyon  (21 novembre 2017) ?

Oui car ils sont un bon moyen pour croiser les différents points de vue : décideurs, concepteurs et utilisateurs. Cela leur permet de se projeter dans le travail et l’environnement futur, de s’approprier le travail avec le nouvel équipement et de le faire évoluer si besoin.

La prochaine étape de l’action ERGO EQUIP-IAA est la mise en ligne d’un annuaire des équipementiers qui ont intégré la santé au travail dans leurs conceptions. Quand ce service sera-t-il disponible ?

L’annuaire sortira en 2018. Dans un premier temps, il s’agira des équipementiers de la région Auvergne-Rhône Alpes mais cela pourra s’étendre par la suite.

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