Vaccination contre la Covid-19 : le point sur la stratégie et les vaccins

24 décembre 2020

La campagne de vaccination contre la Covid-19 va débuter le 27 décembre 2020. Elle va se poursuivre suivant les différentes phases prévues dans l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS) tout au long de l’année 2021.

Les professionnels de santé seront au cœur de cette campagne : ils sont en première ligne pour répondre aux questions que se posent leurs patients, leur apporter toutes les informations utiles et leur délivrer une information complète et loyale sur le vaccin, ses bénéfices attendus et ses risques d’effets secondaires.

Trois principes : liberté, gratuité et sécurité

La vaccination sera gratuite pour tous car aucun patient ne doit renoncer à se faire vacciner pour des raisons financières.

Elle n'est pas obligatoire et repose sur une décision partagée. Le consentement devra être recueilli au préalable et tracé dans le dossier médical du patient.

La vaccination se fera dans le strict respect de toutes les règles qui encadrent l’utilisation des produits de santé en France. Dans le cadre de la campagne nationale de vaccination contre la Covid-19, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) met en place un dispositif spécifique de surveillance renforcée des effets indésirables des vaccins anti-Covid-19 sur le territoire français. Sur signalement-sante.gouv.fr, les professionnels de santé et les usagers pourront signaler tout effet indésirable à la suite d’une vaccination.

La campagne de vaccination va être lancée par un décret (fondement de l’article L 3131-15 du code de la santé publique) afin d'offrir aux personnes vaccinées comme aux professionnels de santé la même sécurité que celle qui est prévue pour les vaccinations obligatoires.

Voir les phases de la stratégie vaccinale recommandée par la HAS dans son avis du 30 novembre.

Pourquoi recommander la vaccination contre la Covid-19 à ses patients ?

Le premier objectif de la vaccination est de diminuer le nombre des formes graves de Covid-19. Les résultats des études cliniques des candidats vaccins montrent que la vaccination permet de réduire significativement la survenue des formes graves et par conséquent la mortalité due au virus.

Couplé avec les mesures barrières, le vaccin contre la Covid-19 contribuera à maîtriser l’impact de l’épidémie de la Covid-19 sur le long terme.

Qui sera vacciné et quand ?

Dans son avis du 30 novembre, la HAS a émis des recommandations sur la stratégie de priorisation des populations à vacciner. Ces recommandations prennent en compte les facteurs de risque de forme sévères ou de décès et le risque d’exposition, et la mise à disposition prévisible des vaccins.

Priorité aux publics les plus vulnérables

Le déploiement de la vaccination se fera progressivement suivant une logique simple : priorité est donnée aux publics les plus vulnérables au virus et les plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie.

La HAS recommande de vacciner d’abord les personnes âgées en établissements, notamment les Ehpad et les unités de soins de longue durée (USLD), ainsi que les personnels y travaillant lorsque ces derniers sont à risque de développer une forme grave de la Covid-19. Cela représente environ 1 million de personnes qui se verront proposer la vaccination dès la fin décembre.

À partir de février, les personnes présentant un facteur de risque

Le périmètre de la vaccination sera élargi ensuite, à partir de février 2021, avec les personnes présentant un facteur de risque lié à l’âge ou une pathologie chronique (14 millions de personnes) : personnes âgées de plus de 75 ans vivant à domicile, puis personnes âgées de 65 à 74 ans, puis professionnels des secteurs de la santé et du médico-social âgés de 50 ans et plus et/ou présentant une ou des comorbidités.

Au printemps, ouverture à l'ensemble de la population

La vaccination sera ouverte à partir du printemps 2021 à l’ensemble de la population, en commençant par les personnes âgées de 50 à 64 ans, les professionnels des secteurs essentiels au fonctionnement du pays en période épidémique (sécurité, éducation, alimentaire), les personnes vulnérables et précaires et des professionnels qui les prennent en charge, les personnes vivant dans des hébergements confinés ou des lieux clos, et enfin le reste de la population majeure.

Et si un patient a déjà eu la Covid ?

S’agissant des personnes ayant déjà développé une forme symptomatique de la Covid-19, la HAS souligne qu'il n'y a pas lieu, à ce stade, de vacciner systématiquement ces personnes. Celles-ci doivent toutefois pouvoir être vaccinées si elles le souhaitent à l'issue d'une décision partagée avec le médecin. Dans ce cas, la HAS recommande de respecter un délai minimal de 3 mois après le début des symptômes avant de procéder à la vaccination et de ne pas vacciner en présence de symptômes persistants.

Zoom sur les vaccins

Les étapes d’élaboration d’un vaccin (vidéo) 

 

L'Agence européenne des médicaments puis la Commission européenne ont donné leur feu vert lundi 21 décembre au vaccin de Pfizer et BioNTech contre la Covid-19.

Le vaccin Comirnaty (BNT162b2) à ARNm Covid-19 est le premier vaccin à avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) conditionnelle en Europe : il peut y être utilisé pour vacciner les personnes de plus de 16 ans pour prévenir la Covid‑19 due au virus SARS‑CoV‑2.

La fabrication d’un nouveau vaccin est complexe et prend généralement plusieurs années. Dans le cas du vaccin contre la Covid-19, le travail des laboratoires de recherche a été facilité car ils avaient déjà travaillé sur la mise au point de vaccins contre d’autres coronavirus, le SRAS-CoV et le MERS-CoV et par l’introduction de nouvelles techniques de fabrication.

Plus d’informations sur le vaccin contre la Covid-19, les tests, sa surveillance, son approvisionnement etc. sur le site du Ministère des Solidarité et de la santé.

Continuer à appliquer les gestes barrières et à respecter l’isolement

En l’état actuel des connaissances, les vaccins aujourd’hui disponibles ou en cours de développement réduisent la sévérité des symptômes, mais pas la contagiosité. Il faudra donc continuer à s’isoler en cas de test positif à la Covid-19, en cas de contact avec une personne positive, ou en cas de symptômes. Les gestes barrières seront toujours à appliquer scrupuleusement. Le port du masque reste recommandé, y compris pour les personnes vaccinées.