Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2019-2020

14 novembre 2019
Le point sur la campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière 2019-2020 : les nouveautés de la campagne, les vaccins disponibles, le dispositif mis en place et les modalités pratiques.

Comment s’organise la campagne ?

La campagne 2019 de vaccination contre la grippe saisonnière débute le 15 octobre 2019 et se poursuivra jusqu'au 31 janvier 2020 dans l'hémisphère nord, en France métropolitaine, Martinique, Guadeloupe et Guyane (1).

Les vaccins disponibles pour la campagne 2019-2020

Conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, le vaccin grippal 2019 est composé des souches virales suivantes :

  • A/Brisbane/02/2018 (H1N1)pdm09;
  • A/Kansas/14/2017 (H3N2) ;
  • B/Colorado/06/2017 (lignée Victoria/2/87) ;
  • B/Phuket/3073/2013 (lignée Yamagata/16/88).

Les 3 premières souches sont des souches virales recommandées pour entrer dans la composition des vaccins trivalents contre la grippe, et la dernière est une souche virale supplémentaire recommandée pour les vaccins antigrippaux tétravalents.

Cette année, 2 vaccins grippaux tétravalents sont disponibles pour la campagne de vaccination 2019-2020 et pris en charge par l'Assurance Maladie : InfluvacTetra, VaxigripTetra. S’y ajoute le vaccin trivalent Influvac, qui est disponible en quantité limitée.

Consignes d'utilisation des vaccins antigrippaux
Nom du vaccin Type de vaccin Population ciblée
VaxigripTetra (Sanofi pasteur) Tétravalent (2 souches de virus type A et 2 souches de virus type B) Enfants à partir de 6 mois et adultes
InfluvacTetra (Mylan) Tétravalent (2 souches de virus type A et 2 souches de virus type B) Enfants à partir de 3 ans et adultes
Influvac (Mylan) Trivalent (2 souches de virus type A et 1 souche de virus type B) Enfants à partir de 6 mois et adultes

Un parcours de vaccination simplifié pour tous les adultes éligibles à la vaccination

Dans le cadre de l’élargissement de l’offre vaccinale et de la simplification du parcours, la Haute Autorité de santé (HAS) s’est prononcée, dans un avis du 25 juillet 2018, en faveur de l’harmonisation des compétences des différents professionnels de santé impliqués dans la vaccination contre la grippe (pharmaciens, infirmiers, sages-femmes).

Toutes les personnes majeures éligibles à la vaccination, qu’elles aient ou non déjà été vaccinées précédemment, peuvent retirer leur vaccin à la pharmacie sur présentation de leur bon de prise en charge et se faire vacciner par le professionnel de leur choix : médecin, sage-femme (pour les femmes enceintes et l’entourage du nourrisson), infirmier ou pharmacien volontaire. La vaccination des personnes majeures par les pharmaciens volontaires est généralisée sur tout le territoire à partir de cette campagne.

Jusqu'à 18 ans, la prescription médicale du médecin reste nécessaire pour être vacciné.

Les pharmaciens ne peuvent pas vacciner les personnes mineures.

Les personnes présentant des antécédents de réaction allergique sévère à l’ovalbumine ou à une vaccination antérieure ne sont pas éligibles à la vaccination directe par un infirmier ou un pharmacien.

« Cette année encore, la grippe va faire très mal »

L'Assurance Maladie lance une nouvelle campagne de communication sur la vaccination avec la signature « Cette année encore, la grippe va faire très mal », ainsi qu'une campagne de promotion des gestes barrières.

Elle positionne la vaccination comme le premier geste de protection contre la grippe et souligne l’importance des gestes barrières, compléments indispensables à la vaccination.

Personnes pouvant bénéficier de la gratuité du vaccin

Chaque année, la grippe est responsable de nombreuses hospitalisations et de décès chez les personnes fragiles. La stratégie vaccinale vise à protéger les populations les plus exposées aux risques de complications graves en cas de grippe. Il s’agit essentiellement :

  • des personnes âgées de 65 ans et plus, ou atteintes de certaines maladies chroniques ;
  • des femmes enceintes ;
  • des personnes obèses ;
  • de l’entourage des nourrissons à risque de grippe grave et des personnes immuno déprimées, dans l’objectif de protéger les personnes fragiles de leur entourage.
Qu’entend-on par entourage du nourrisson à risque de grippe grave ?

Selon le Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2019 (PDF) publié sur le site solidarites-sante.gouv.fr, il s’agit de l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave ainsi définis : prématurés, notamment ceux porteurs de séquelles à type de broncho-dysplasie et enfants atteints de cardiopathie congénitale, de déficit immunitaire congénital, de pathologie pulmonaire, neurologique ou neuromusculaire ou d’une affection de longue durée (liste des affections ciblées pour la vaccination).

La notion d’entourage comprend le milieu familial (personnes résidant sous le même toit), l’assistant maternel et tous les contacts réguliers du nourrisson.

L'Assurance Maladie prend en charge leur vaccin à 100 %.

L'injection du vaccin est prise en charge dans les conditions habituelles, sauf pour les patients pris en charge à 100 % au titre d'une des affections de longue durée pour lesquelles le vaccin est recommandé ou au titre de l'assurance maternité.

Votre patient est-il concerné par la campagne de vaccination anti-grippale ?

Consultez la liste des personnes pour lesquelles la vaccination est recommandée figurant dans le Calendrier vaccinal 2019 (PDF) publié par la ministère des Solidarités et de la santé.

Modalités pratiques de vaccination

Les patients éligibles (à l’exception des femmes enceintes, de l’entourage des nourrissons à risque de grippe grave ou des personnes immuno-déprimées et des personnes obèses) ont reçu leur bon de prise en charge du vaccin.

Toutes les personnes majeures éligibles à la vaccination, déjà vaccinées précédemment ou non, bénéficient désormais d’une procédure simplifiée. Elles peuvent retirer directement leur vaccin chez le pharmacien, sur présentation de leur bon de prise en charge, et se faire vacciner par le professionnel de leur choix : médecin, sage-femme (pour les femmes enceintes et l’entourage du nourrisson), infirmier ou pharmacien volontaire (sans prescription médicale préalable).

Les personnes présentant des antécédents de réaction allergique sévère à l’ovalbumine ou à une vaccination antérieure ne sont pas éligibles à la vaccination directe par un infirmier ou un pharmacien.

Pour être vaccinées par un infirmier, les personnes mineures doivent bénéficier d’ une prescription médicale préalable à la vaccination. Celle-ci est rédigée directement par le médecin sur le bon de prise en charge.

La vaccination des personnes mineures ne peut pas être réalisée par un pharmacien.

Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger le mémo Grippe saisonnière - Mémo médecins - 2019 - Assurance Maladie (PDF).

À noter. Pour les personnes éligibles mais n’ayant pu être identifiées et invitées par l’Assurance Maladie (femmes enceintes, personnes obèses dont l’IMC est supérieur ou égal à 40, entourage familial des nourrissons à risque de grippe grave ou des personnes immuno-déprimées), les médecins et les sages-femmes disposent sur amelipro, l'espace des professionnels de santé de l'Assurance Maladie, d’un bon de prise en charge vierge leur permettant de leur prescrire le vaccin. Les pharmaciens et les infirmiers disposent également d’un bon de prise en charge vierge sur le amelipro qu’ils peuvent éditer uniquement pour les personnes majeures éligibles à la vaccination.

(1) Vous pouvez consulter le Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2019 (PDF) sur le site solidarites-sante.gouv.fr

Objectif : protéger les patients de la grippe

La grippe est une maladie particulièrement grave pour les personnes à risque. Elle touche chaque hiver entre 2 et 6 millions de personnes.

Elle peut être grave, voire mortelle, en particulier chez les personnes fragiles, comme :

  • les personnes âgées ou atteintes de certaines maladies chroniques ;
  • les femmes enceintes ;
  • les personnes obèses ;
  • les nourrissons.

Des complications peuvent alors apparaître, telles que :

Chaque année, la grippe est responsable de nombreuses hospitalisations et de nombreux décès chez les personnes fragiles.

En 2018, la saison grippale a été caractérisée par :

  • 8 semaines d’épidémie,
  • 1,8 million de consultations pour syndrome grippal durant l’épidémie,
  • 65 % de virus A (H3N2) et 34 % de virus A (H1N1)pdm09 détectés en médecine ambulatoire durant la période de surveillance,
  • environ 65 600 passages aux urgences pour grippe, dont près de 11 000 hospitalisations (16 %) durant l’épidémie,
  • 1 877 cas graves admis en réanimation signalés, dont 289 décès durant la période de surveillance,
  • 13 100 décès toutes causes et tous âges confondus en excès, dont 9 900 attribuables à la grippe durant la période de surveillance
  • une couverture vaccinale de 47,2% chez les personnes à risque.

Source : bulletin hebdomadaire du 17/04/2019 - Santé publique France.

La surveillance épidémiologique de la grippe

L’épidémie de grippe fait l’objet d’une surveillance par Santé publique France. L’évolution de la situation est publiée chaque semaine sur son site santepubliquefrance.fr.

Un bouclier sanitaire pour se protéger de la grippe

La vaccination antigrippale représente le moyen le plus efficace de prévention de la grippe saisonnière. Elle réduit incontestablement le risque de complications graves et de transmission du virus. Le rapport bénéfice/risque est très en faveur de l'acte vaccinal : en effet, les effets indésirables sont le plus souvent bénins (réactions locales légères et transitoires). Les effets systémiques bénins tels que de la fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires, des céphalées, ou encore des malaises, sont rares, alors que la diminution du nombre de décès grâce à la vaccination est notable : ce sont environ 2 000 décès qui sont évités en moyenne chaque année chez les personnes âgées grâce à la vaccination.

Contrairement à certaines idées reçues, aucun des composants contenus dans le vaccin ne peut provoquer la grippe.

Expliquer l'importance des gestes barrières

Il est important de rappeler aux patients que pour se protéger et protéger son entourage, il est essentiel que chacun adopte, dès que les virus grippaux circulent, une série de gestes simples destinés à limiter la transmission des virus.

4 gestes sont à encourager :

  • se laver les mains régulièrement,
  • utiliser un mouchoir à usage unique,
  • tousser ou éternuer dans son coude,
  • porter un masque quand on est malade.

L’efficacité de chacune de ces mesures (vaccination et gestes barrières) est optimisée en les combinant. Ceci permet de constituer un bouclier sanitaire.

Et quand la grippe est là : le point sur les Trod, les antiviraux et les antibiotiques

Les tests rapides d’orientation diagnostique de la grippe (Trod)

Les Trod sont des tests rapides réalisés à l’aide d’un écouvillonnage profond naso-pharyngé.

Ils sont intéressants en collectivité de personnes âgées. Ils sont très spécifiques mais leur sensibilité est de l’ordre de 60 %.

S'ils sont positifs chez plusieurs résidents symptomatiques, ils mettent en évidence une circulation active du virus de la grippe dans l’établissement. Des traitements antiviraux curatifs et/ou prophylactiques peuvent alors être mis en œuvre et ainsi réduire le risque de survenue de formes compliquées de grippe et interrompre la transmission au sein de l’établissement. Cependant, du fait de sa moindre sensibilité, un Trod négatif ne signifie pas absence de grippe. Ainsi, la répétition de ces tests chez plusieurs résidents améliore cette sensibilité. Ils sont disponibles directement en contactant le fabricant.

Une évaluation de ces tests a été récemment réalisée par le centre national de référence des virus des infections respiratoires : Tests Rapides d’Orientation Diagnostique (TROD (PDF) sur le site pasteur.fr.

Les antiviraux

Les antiviraux (inhibiteurs de la neuraminidase-INA) sont utilisés pour la prévention et le traitement précoce de la grippe.

  • Le traitement prophylactique en post-exposition par les INA doit être débuté au plus tard dans les 48 heures après contact étroit (1) avec une personne ayant la grippe cliniquement typique ou confirmée biologiquement. Il réduit le risque de contracter l’infection.

    Il est recommandé :
    • chez les personnes jugées à risque de complications (celles ciblées par la vaccination) âgées de 1 an et plus, y compris les femmes enceintes après un contact étroit (1) datant de moins de 48 heures avec un cas confirmé ou présentant une symptomatologie typique de grippe ;
    • en collectivité de personnes à risque (par exemple les collectivités de personnes âgées), après la survenue des premiers cas de grippe (les modalités de prescription sont précisées dans les instructions et circulaires récentes, sur le site circulaire.legifrance.gouv.fr).
  •  Le traitement curatif atténue les symptômes, réduit la durée de la maladie et les risques de complications.

    Il doit être prescrit le plus tôt possible sans attendre les résultats des examens virologiques du cas :
    • chez les personnes symptomatiques jugées à risque de complications, quel que soit leur âge, y compris les femmes enceintes ;
    • chez les personnes présentant une grippe grave d’emblée ou dont l’état clinique s’aggrave même au-delà de 48 heures après le début des symptômes ;
    • chez les personnes dont l’état justifie une hospitalisation pour grippe.

(1) Contact étroit : personnes partageant le même lieu de vie que le cas index ; contact direct face à face à moins d’un mètre lors d’une toux, d’un éternuement ou d’une discussion.

Pour en savoir plus

Consultez :

Les antibiotiques

La prise d’antibiotiques n’est habituellement pas nécessaire dans le cadre d’une grippe puisqu’il s’agit d’une maladie virale. Les antibiotiques n'ont leur place qu'en cas de surinfection bactérienne.

Téléchargez la fiche pratique Information remise par les médecins lorsque des antibiotiques ne sont pas prescrits (PDF).

Votre rôle est essentiel

Vous jouez un rôle essentiel pour informer vos patients, les rassurer et leur redonner confiance en la vaccination.

Sur amelipro, l'espace des professionnels de santé de l'Assurance Maladie, vous disposez d’un bon de prise en charge vierge. Il vous permet de prescrire la vaccination des patients éligibles qui n’ont pu être identifiés et invités par l’Assurance Maladie (femmes enceintes, entourage familial du nourrisson à risque de grippe grave ou des personnes immuno-déprimées et patients obèses ayant un IMC supérieur ou égal à 40, notamment).

La vaccination contre la grippe saisonnière est retenue comme l'un des indicateurs de la rémunération sur objectif de santé publique (Rosp). Le calcul de l'indicateur est réalisé à partir des vaccins remboursés sans tenir compte de l’effecteur de l’injection.

La vaccination des professionnels de santé

La vaccination est recommandée pour les professionnels de santé en contact régulier avec des sujets à risque de grippe grave, dont les médecins. Elle permet de les protéger mais également de limiter les risques de transmission de la grippe à leurs patients. Se vacciner en tant que professionnel de santé, c'est d'abord protéger les sujets les plus vulnérables.

Le vaccin des médecins libéraux (généraliste, pédiatre, gynécologue) est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. La vaccination des professionnels de santé salariés est organisée par leur employeur.

La Charte d'engagement pour la promotion de la vaccination (sur le site conseil-national.medecin.fr) à été signée en 2018 par la Ministre des Solidarités et de la Santé et 7 ordres professionnels afin, notamment, de promouvoir la vaccination des professionnels de santé.