Prévention du surpoids et l'obésité de l’enfant

17 septembre 2018
La prévalence du surpoids et de l’obésité infantile reste encore trop élevée en France. Pour éviter une obésité persistante à l’âge adulte et ses complications, la HAS recommande de dépister tôt et de proposer une prise en charge précoce.

Prévalence du surpoids et de l'obésité

Malgré une stabilisation depuis 2006, la prévalence du surpoids et de l’obésité chez l’enfant et l’adolescent reste trop élevée : 12 % des enfants de grande section de maternelle étaient en surcharge pondérale et 3,5 % étaient obèses en 2013 (cf. source 1).

Ces chiffres augmentent régulièrement avec l’âge pour atteindre près de 18 % d’enfants en surcharge pondérale en CM2 et près de 4 % obèses (cf source 2). De plus, parmi les enfants en surcharge pondérale ou obèses à l’âge de 6 ans, près d’1 sur 2 le reste en classe de troisième (cf source 3).

Entre 30 et 69 ans, 1 adulte sur 2 est en surcharge pondérale (IMC≥25 kg/m²) et près de 16 % sont obèses (IMC≥30 kg/m²) (cf source 4).

Un gradient social important

Les enfants d’ouvriers sont davantage touchés par le surpoids et l’obésité que les enfants de cadres (cf sources 1 et 2). En effet, parmi les enfants d’ouvriers, 16 % en grande section de maternelle et 22 % en CM2 sont en surcharge pondérale, contre 7 % et 13 % parmi les enfants de cadres.

Un déterminant de santé

En Europe, le surpoids et l’obésité seraient responsables de 14 % de la mortalité toutes causes confondues (cf source 5). Ils exposent les personnes concernées à de nombreuses maladies notamment cardiovasculaires, métaboliques, articulaires, respiratoires, et accroissent le risque de survenue de certains cancers.

L’obésité dans l’enfance est un élément prédictif de l’obésité à l’âge adulte : la probabilité qu’un enfant obèse le reste à l’âge adulte varie selon les études de 20 % à 50 % avant la puberté, et de 50 % à 70 % après la puberté (cf source 6).

L’obésité infantile est également un facteur prédictif d’augmentation du risque cardiovasculaire et du risque de décès prématuré à l’âge adulte.

Ainsi, afin d’éviter la constitution d’une obésité persistante à l’âge adulte et la survenue de complications métaboliques, la HAS recommande de dépister tôt et de proposer une prise en charge précoce pour les enfants à risque d’obésité(cf source 6).

Dépister le surpoids et l’obésité de l’enfant

Le rôle du médecin traitant est essentiel : grâce à un suivi régulier de l’indice de masse corporelle (IMC) et à l’analyse de l’évolution de la courbe de corpulence, on peut repérer précocement les enfants et adolescents à risque de développer un surpoids ou une obésité.

 

Il est recommandé de surveiller l’indice de masse corporelle (IMC) systématiquement chez tous les enfants et adolescents :

  • quel que soit leur âge,
  • quelle que soit leur corpulence apparente,
  • quel que soit le motif de la consultation,
  • au minimum 2 ou 3 fois par an.

Il est recommandé d’être particulièrement attentif aux enfants présentant des facteurs de risque précoces de surpoids et d’obésité.

À l’aide des courbes de corpulence (courbes d’IMC) de référence en fonction de l’âge et du sexe :

  • reporter les mesures poids, taille, IMC dans le carnet de santé,
  • et tracer les 3 courbes dans le carnet de santé.

L’IMC se calcule avec un disque ou une calculette selon la formule :

IMC = Poids (kg) / Taille au carré (m2)

Le surpoids ne se constate pas toujours visuellement chez les enfants et adolescents : seul le tracé de la courbe de corpulence permet d’identifier ceux en surpoids (IMC ≥ 97e percentile) ou obèses (IMC ≥ seuil IOTF-30).

Le suivi régulier des courbes d’IMC des enfants jusqu’à 16 ans est l’un des indicateurs de la rémunération sur objectif de santé publique (Rosp) du médecin traitant de l'enfant depuis le 1er janvier 2017.

L’objectif à atteindre est de renseigner au moins une fois par an la corpulence dans le dossier médical, pour au moins 95 % des enfants pour lesquels vous êtes déclaré médecin traitant.

  • Un rebond d’adiposité précoce : défini comme précoce s’il survient avant l’âge 6 ans ; plus le rebond est précoce, plus le risque de devenir obèse est élevé ;
  • une ascension continue de la courbe IMC depuis la naissance ;
  • un changement de « couloir » de percentile vers le haut constitue également un signe d’alerte.

Une consultation à fort enjeu de santé publique : la consultation de suivi de l'obésité

Depuis le 1er novembre 2017, une nouvelle tarification est proposée pour les consultations de suivi et de coordination de la prise en charge des enfants de 3 à 12 ans en risque avéré d’obésité. Cette consultation spécifique, appelée consultation suivi de l’obésité inscrite dans la convention médicale de 2016, permet au médecin déclaré médecin traitant de l’enfant d’être rémunéré à hauteur de 46 €, au maximum 2 fois par an.

DES OUTILS POUR VOTRE PRATIQUE

Consultez et téléchargez les supports mis à votre disposition sur la prévention et la prise en charge du surpoids chez l'enfant et l'adolescent :

  • un document « Bien orienter » sur les principes de repérage et de prise en charge du surpoids et de l’obésité de l’enfant ;
  • un logigramme qui présente les différents niveaux d’orientation et de prise en charge du surpoids et de l’obésité de l’enfant ;

Ces 2 documents, destinés à accompagner les médecins, ont été réalisés par le Collège de la médecine générale, avec le concours de l’Association pour la prise en charge et la prévention de l’obésité en pédiatrie et l’Association française de pédiatrie ambulatoire.

    Mission : retrouve ton cap

    Mission : retrouve ton cap

    Une expérimentation destinée à prévenir l’obésité chez l’enfant a été lancée début 2018 pour une durée de 3 ans dans 4 départements : le Nord, le Pas-de-Calais, la Seine-Saint-Denis et la Réunion.

    Pour en savoir plus, consultez :

    Sources

    1. Chardon O., Guignon N., 2013, « La santé des élèves de CM2 en 2007-2008, une situation contrastée selon l’origine sociale », Études et résultats, DREES, n° 853, septembre.

    2. Guignon N. et al. , 2017, « La santé des élèves de CM2 en 2015 : un bilan contrasté selon l’origine sociale » , Études et Résultats, n°993, Drees, février.

    3. De Peretti C., Castetbon K., 2004, « Surpoids et obésité chez les adolescents scolarisés en classe de troisième », Études et Résultats, n° 283, janvier.

    4. Matta J, Zins M, Feral-Pierssens AL, Carette C, Ozguler A, Goldberg M, et al. Prévalence du surpoids, de l’obésité et des facteurs de risque cardio-métaboliques dans la cohorte Constances. Bull Epidémiol Hebd. 016;(35-36):640-6.

    5. Global BMI Mortality Collaboration. Body-mass index and all-cause mortality: individual-participant-data meta-analysis of 239 prospective studies in four continents. Lancet. 2016 Aug 20;388(10046):776-86. doi: 10.1016/S0140-6736(16)30175-1. Epub 2016 Jul 13.

    6. Recommandation de la HAS. Surpoids et obésité de l’enfant et de l’adolescent – septembre 2011.