La lombalgie commune chez le sportif

27 septembre 2018

femme de dos avec une femme en train de nager

« Mal de dos ? Le bon traitement, c’est le mouvement ». Cette approche de la prise en charge de la lombalgie commune, récemment réaffirmée par l’Assurance Maladie en concertation avec un groupe de travail pluridisciplinaire (1), recommande le maintien - ou la reprise précoce - de l’activité physique dès la phase aiguë, en prévention du passage à la chronicité. Le Pr Arnaud Dupeyron, médecin physique et réadaptateur au CHU de Nîmes, apporte son éclairage sur une des formes d’activité physique : le sport.

Quel est le niveau des preuves scientifiques ?

Depuis une dizaine d’années, les publications scientifiques n’ont pas apporté la preuve que le sport est nocif chez le lombalgique. Les activités de loisir, le sport et les exercices physiques ne sont pas associés au risque de survenue de lombalgie. « Ce serait même plutôt l’inverse, le sport est un atout qui permet de guérir plus rapidement d’une lombalgie et d’éviter la douleur chronique car le patient est en mouvement. Au final, le dos ne s’use que si l’on ne s’en sert pas », ajoute le Pr Dupeyron.

En cas d’épisode lombalgique, quand reprendre le sport et à quelle fréquence ?

L’activité physique joue un rôle majeur dans le traitement de la lombalgie commune. Comme l’explique le Pr Arnaud Dupeyron, « la pratique régulière d’une activité physique ou sportive est la partie la plus importante du traitement. Dès que le diagnostic d’une lombalgie commune est posé, le but du traitement est de remettre le patient en mouvement. »

Le patient peut reprendre son activité sportive dès que la douleur est supportable. Le Pr Dupeyron conseille de « reprendre progressivement, mais dès que possible, une activité sportive et si besoin en étant supervisé par un kinésithérapeute pour retrouver la souplesse et la dynamique de la colonne vertébrale ».

Selon l’OMS, à partir de 18 ans et au-delà de 65 ans, un adulte devrait pratiquer au minimum, au cours de la semaine, 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée. L’idéal est une fréquence de 3 à 5 fois par semaine.

Quel sport faut-il conseiller ?

Il est important de bien différencier la poursuite des activités du quotidien et la pratique sportive proprement dite. Le Pr Dupeyron explique qu’« il est important de maintenir les tâches du quotidien (notamment ménagères) pendant une lombalgie mais il faut distinguer ces activités, parfois statiques et répétitives, avec une pratique sportive dont l’approche est souvent vécue comme plus ludique ».

Aucun sport n’est interdit tant qu’il n’est pas pratiqué à haut niveau. Comme le Pr Dupeyron le conseille à ses patients, « il faut faire le sport qui fait plaisir ! Tous les sports entraînent des chocs, des torsions et des tensions. Tel ou tel sport n’est pas meilleur qu’un autre mais aucun ne peut être considéré comme strictement prohibé. Le patient sentira de lui-même si son sport convient et adaptera sa pratique à sa tolérance. Le meilleur sport pour un patient lombalgique sera celui qu’il pratiquera toujours dans 10 ans ! »

(1) Collège de la médecine générale, Société française de rhumatologie, Société française de médecine du travail et Collège de la masso-kinésithérapie.