La Haute Autorité de santé appelle à reprendre d’urgence les vaccinations

25 juin 2020

La Haute Autorité de santé (HAS) appelle à reprendre d’urgence les vaccinations, et en priorité celles pour les nourrissons et les adultes fragiles, dans un avis publié le 4 juin relatif à la reprise des activités de vaccination.

En effet, les vaccinations ont considérablement chuté avec l’épidémie de Covid-19 et le confinement, selon les données de l’étude EPI-Phare (voir encadré après). C’est pourquoi, la HAS rappelle l’importance de la vaccination dans la prévention du risque infectieux, notamment pour les enfants et les personnes les plus fragiles. Elle invite les professionnels de santé à saisir toutes les opportunités pour effectuer un rattrapage vaccinal, en priorité chez les nourrissons et les personnes fragiles.

Face à la situation épidémique actuelle, la HAS détaille dans son avis la conduite à tenir pour la réalisation de ce rattrapage vaccinal et notamment pour la vaccination des patients ayant des signes cliniques du Covid-19 ou pour les personnes identifiées comme personnes contacts à risque d’un cas confirmé ou probable du Covid-19. En dehors de ces situations spécifiques, c’est-à-dire pour les personnes asymptomatiques et non contacts, la HAS indique que les vaccinations doivent être reprises sans délai, conformément au calendrier des vaccinations en vigueur.

L’étude EPI-Phare montre une baisse importante du nombre de vaccins délivrés

Le groupement d’intérêt scientifique (GIS) EPI-Phare, constitué par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l’Assurance Maladie, a réalisé une étude de pharmaco-épidémiologie portant sur la dispensation sur ordonnance, pendant le confinement, en pharmacie d’officine, de médicaments remboursés (espace institutionnel).

Les données de l’étude EPI-Phare montrent une baisse conséquente du nombre des délivrances de vaccins remboursés en pharmacie. Selon l’étude, 44 000 nourrissons âgés de 3 à 18 mois n’auraient pas reçu de vaccin contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, les méningites à Haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B depuis le début de la crise sanitaire. Ces vaccins sont pourtant obligatoires chez les nourrissons nés après le 1er janvier 2018 et permettent de lutter contre des maladies potentiellement graves.

Ce serait aussi le cas de 90 000 personnes pour les vaccins anti-HPV, 123 000 pour la rougeole, la rubéole et les oreillons (Ror) et 450 000 pour les rappels de vaccins contre le tétanos destinés aux enfants, adolescents et adultes. S’ils ne sont pas obligatoires, ces vaccins sont recommandés et restent la meilleure façon d’éviter ces maladies et de protéger les personnes fragiles.