« Après l’adhésion à sophia, on note une augmentation de la consommation des traitements de fond »

29 septembre 2017

Depuis mai 2017, sophia, le service d’accompagnement pour les asthmatiques, est proposé dans 46 départements pour un public potentiel de 250 000 patients asthmatiques. Sa mission : aider les malades à mieux contrôler leur asthme et à diminuer les exacerbations, en complément d’un suivi par le médecin traitant et le pneumologue. Le point sur les atouts du service sophia avec le docteur Anne Prudhomme, pneumologue au centre hospitalier de Bigorre à Tarbes.

En quoi le service sophia soutient-il la prise en charge et le suivi des patients asthmatiques ?

Dr Anne Prudhomme. L’asthme est une maladie chronique, véritable enjeu de santé publique, pour laquelle le patient doit être placé au centre d’une prise en charge globale. Dans ce contexte, le service sophia est un outil d’aide aux patients asthmatiques qui a toute sa place. Concrètement, le rôle du conseiller sophia est de passer en revue, avec l’adhérent, les différents facteurs qui compliquent son quotidien. Cela peut être une infection, l’environnement, la non observance du traitement… L’objectif est de trouver, avec l’adhérent, des solutions d’amélioration. Il s’agit d’apporter des réponses personnalisées pour améliorer à la fois la qualité de vie, mais aussi la prise en charge. Cela peut également être l’occasion d’expliquer aux patients l’intérêt de réaliser une exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) au moins une fois par an.

Quels sont les résultats constatés sur l’état de santé et le rapport aux traitements des patients bénéficiant du service sophia ?

Dr Anne Prudhomme. L’Inserm a publié un rapport portant sur l’étude de patients adhérents pendant un an, en 2013. Les résultats sont nuancés, car la période d’évaluation est courte, mais les premières observations sont positives. Après l’adhésion à sophia, on note une baisse des exacerbations et une augmentation de la consommation des traitements de fond, avec une meilleure observance. On constate également un meilleur recours aux pneumologues et aux EFR (+ 4,6 %). Avec l’élargissement géographique du service sophia, on devrait pouvoir recueillir davantage d’adhésions et obtenir une vision plus étayée des effets du dispositif.

Quels sont les profils et les particularités des patients qui adhèrent le plus facilement au service sophia dédié à l’asthme ?

Dr Anne Prudhomme. Les femmes et les patients en situation de précarité sont un peu plus nombreux chez les adhérents que dans l’ensemble de la population éligible. On remarque aussi que la proportion de patients en ALD pour un asthme sévère est plus importante chez les adhérents. Un des objectifs de sophia est d’arriver à recruter des patients jeunes, souvent en activité, pour leur proposer un accompagnement personnalisé.

 

Le contrôle de l’asthme : un enjeu de santé publique

Plus de 4 millions de patients souffrent d’asthme en France. Parmi ceux-ci, 6 sur 10 présentent un asthme partiellement ou non contrôlé* (critères Gina). Selon Santé publique France**, en 2014, l’asthme était responsable de plus de 64 000 hospitalisations dont un tiers concernait des patients adultes de plus de 15 ans. Et environ 900 décès étaient imputables aux formes les plus graves de la maladie. L’absence de prise de traitement de fond (quand il est nécessaire), et le manque d’observance sont les principales causes du non contrôle de l’asthme. Or, ce non contrôle multiplie par 3 le risque d’hospitalisation***.

 

A noter

L’adhésion au service sophia est libre et gratuite. Il est conçu en partenariat avec les sociétés savantes de pneumologie (Société de pneumologie de langue française, Fédération française de pneumologie et l’Association de patients Asthme et Allergies).

 

* L’asthme en France en 2006 : prévalence, contrôle et déterminants, Institut de recherche et documentation en économie de la Santé (Irdes), janvier 2011.

** L’état de santé de la population en France, direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère des Solidarités et de la santé, 2017).

*** Point de repère n°24 : Remboursement de médicaments antiasthmatiques : une approche de la prévalence et du contrôle de l’asthme, Assurance Maladie, (2008).