Mal de gorge : que faire et quand consulter ?

08 février 2021
En cas de maux de gorge, il est important de savoir comment réagir (faut-il consulter ou non ? dans quels délais ?) et quels bons gestes adopter pour être soulagé.

Comment réagir en cas de mal de gorge ?

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  • J’ai mal à la gorge mais je n’ai pas d’autres symptômes.
  • J'ai mal à la gorge et ma température ne dépasse pas 38 °C.
  • Dans tous les cas, je parviens à poursuivre mes activités quotidiennes.

J’applique les conseils pratiques, je prends si besoin des médicaments en automédication et je surveille mon état.

En cas de doute, je contacte mon médecin traitant.

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  • Mon mal de gorge ne régresse pas après cinq jours d’automédication (deux jours chez mon enfant).
  • Mon mal de gorge revient fréquemment.
  • Une fatigue importante persiste plus d'une semaine.

Je consulte mon médecin traitant dans les jours qui viennent.

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Je consulte mon médecin traitant dans la journée.

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  • Je ressens des difficultés pour respirer ou pour avaler.
  • Mon enfant ne s'alimente plus ou refuse de boire (ce qui peut entraîner une déshydratation) ; il est très pâle ; ses lèvres et ses doigts bleuissent ; sa respiration devient irrégulière ; il est agité, somnolent, confus ou présente une grande fatigue.
  • J'ai moi-même des signes de déshydratation (j’ai une soif intense, la bouche sèche, j’urine peu, j’ai des étourdissements lors des changements de position).

Conseils pratiques en cas de mal de gorge

Vous souffrez d'un mal de gorge ? Ne vous inquiétez pas : la plupart sont sans gravité et guérissent spontanément en quelques jours. C'est le cas des infections virales et des irritations par un produit toxique. Les infections qui peuvent être plus graves et nécessiter un traitement plus intense, sont beaucoup plus rares.

Vous pouvez calmer le mal de gorge par des gestes simples 

  • Sucez des pastilles disponibles en pharmacie ou tout simplement des bonbons : c'est la production de salive qui calme l'inflammation.
  • Évitez la nourriture ou les boissons trop chaudes ou irritantes : préférez les aliments frais.
  • Ne forcez pas votre voix, ne vous raclez pas la gorge, cela augmenterait la douleur.
  • Arrêtez de fumer et n’exposez pas votre enfant à la fumée du tabac ;
  • Buvez beaucoup d'eau, par petites gorgées, pour calmer la douleur et pour vous hydrater et mangez des aliments faciles à avaler.

Attention à votre environnement

  • Ne vous exposez pas au froid.
  • La température de vos pièces doit être comprise entre 18 °C et 20 °C pour éviter les atmosphères trop chaudes et sèches.;
  • Aérez souvent votre chambre ou celle de votre enfant pour l’humidifier et éliminer les agents infectieux ou allergisants ;

Soignez la cause du mal de gorge

  • Si votre enfant a une rhinite, faites-lui des lavages de nez ou s’il est plus grand, incitez-le à se moucher régulièrement dans des mouchoirs à usage unique.
  • Si votre mal de gorge est dû à une allergie, évitez d’être en contact avec l’allergène.
  • Si vous avez un reflux gastro-œsophagien, adoptez les gestes appropriés.

Mal de gorge et fièvre : quels médicaments prendre ?

Quels sont les médicaments qu'on peut prendre en automédication quand on a mal à la gorge ?

Le mal de gorge de l'adulte

Afin de soulager efficacement la douleur, prenez un médicament antalgique.

Privilégiez le paracétamol. Cet antalgique peut être consommé même pendant la grossesse ou l’allaitement. Il est contre-indiqué en cas d'allergie au paracétamol, de phénylcétonurie et d'insuffisance hépatique.

En effet, le paracétamol n’est pas un produit anodin. En cas de surdosage, il peut entraîner des lésions graves du foie, parfois irréversibles.

Le paracétamol doit être consommé à la plus petite dose efficace et le moins longtemps possible.

Lors de la prise de paracétamol chez l’adulte, il convient de :

  • commencer par la dose la plus faible possible (500 mg) ;
  • respecter :
    • la dose maximale par prise : 1 g par prise maximum,
    • l’intervalle entre les prises : au moins 4 à 6 h,
    • la dose maximale par jour : ne pas dépasser 3 g /jour, sauf avis contraire du médecin. Chez les adultes de moins de 50 kg, il est impératif de consulter la notice pour connaître la dose maximale recommandée en fonction de son poids,
    • ne pas consommer d’alcool pendant le traitement.

En cas d'allergie au paracétamol, vous pouvez utiliser les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou "AINS" (ibuprofène, kétoprofène) ou l’aspirine. Certains anti-inflammatoires non stéroïdiens ont une indication spécifique dans les inflammmations douloureuses de la gorge : acide niflumique et acide tiaprofénique.

Ces médicaments comportent cependant plus de risques d’utilisation que le paracétamol. Ne dépassez pas 5 jours d'automédication lors de la prise d'AINS pour douleur. Si la douleur n'est pas passée, consultez votre médecin traitant.

S’il y a un risque d’infection ou une infection déclarée (angine, otite, toux, rhinopharyngite, etc.), les AINS doivent être évités (particulièrement l’ibuprofène et le kétoprofène). S’il est nécessaire, le traitement doit êre pris sur avis médical et ne doit pas dépasser 3 jours.

La prise d’AINS est contre-indiquée dans de nombreux cas :

La prise d’AINS est également contre-indiquée à partir du 6ème mois de grossesse.

Des restrictions à la prise d’AINS concernent aussi :

  • les femmes qui allaitent ;
  • les personnes âgées de plus de 65 ans ;
  • et les personnes suivant d’autres traitements.

Si vous êtes dans l’une de ces situations, il est important de demander conseil à votre médecin.

Ces médicaments doivent être utilisés seuls, ne mélangez pas les anti-inflammatoires entre eux ou avec l’aspirine. Le traitement doit être le plus court possible.

Les autres médicaments en cas de mal de gorge

Il existe de nombreux médicaments destinés à soulager les maux de gorge :

  • des traitements locaux composés d’antiseptiques à utiliser en bains de bouche (chlorhexidine, hexétidine…) et/ou d’anesthésiques locaux (lidocaïne, tétracaïne) ;
  • des pastilles et comprimés à sucer ;
  • des collutoires ;
  • des suppositoires à base de bismuth ;
  • des médicaments composés d’enzymes à visée anti-inflammatoire : amylase alpha.

Demandez conseil à votre pharmacien.

Le mal de gorge chez l'enfant

Contre le mal de gorge, le paracétamol en l'absence de contre-indication

Ptivilégiez le paracétamol (c'est aussi le seul médicament utilisable avant l'âge de 3 mois).

Si votre enfant a moins de trois mois, vous ne pouvez lui donner que du paracétamol : un maximum de 60 mg par kilo et par jour, à répartir en quatre ou six prises, soit environ 15 mg/kg toutes les six heures ou 10 mg/kg toutes les quatre heures.
Consultez rapidement votre médecin.

Si votre enfant a plus de trois mois, donnez-lui du paracétamol ou, uniquement en cas de contre-indication au paracétamol (allergie, maladie grave du foie, ) de l'ibuprofène (un anti-inflammatoire non stéroïdien ou AINS). La dose doit être adaptée à son poids :

  • pour le paracétamol, un maximum de 60 mg par kilo et par jour, à répartir en quatre ou six prises, soit environ 15 mg/kg toutes les six heures ou 10 mg/kg toutes les quatre heures ;
  • pour l'ibuprofène, un maximum de 20 à 30 mg par kilo et par jour, à répartir en trois ou quatre prises, soit un maximum de 10 mg/kg toutes les huit heures ou 7,5 mg/kg toutes les six heures.

Si votre enfant a plus de 6 mois et s'il a une contre-indication au paracétamol, vous pouvez utiliser, à la place de l'ibuprofène, un autre anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS): le kétoprofène. Il doit être impérativement utilisé sous forme buvable adaptée et dosée pour les enfants. La dose doit être adaptée au poids de l'enfant : un maximum de 2 mg par kilo et par jour à répartir en quatre prises, soit un maximum de 0,5 mg par kilo toutes les six heures.

D'autres anti-inflammatoires non stéroïdiens ont une indication spécifique dans les inflammations douloureuses de la gorge : l'acide niflumique (forme suppositoire à 400 mg réservée à l'enfant de plus de 6 mois et forme gélule à 250 mg réservée à l'enfant de plus de 12 ans) et l'acide tiaprofénique en comprimés de 100 mg réservé à l'enfant de plus de 15 kilogrammes.

N'utilisez qu'un seul type de médicament et privilégiez toujours l'utilisation du paracétamol.

Si votre enfant a la varicelle (ou si celle-ci est suspectée), ne lui donnez pas d'ibuprofène ou de kétoprofène car les anti-inflammatoires non stéroïdiens augmentent le risque de complications cutanées bactériennes de la varicelle. De la même façon, si votre enfant est déshydraté (diarrhées et vomissements importants).

Des complications infectieuses graves cutanée, pulmonaires, ORL neurologiques... ont été constatées après de courtes durées de traitement par l'ibuprofène et le kétoprofène. C'est pourquoi, l'utilisation des AINS, lorsqu'elle est nécessaire, doit être la plus courte possible (moins de 3 jours en cas de fièvre) et à dose minimale.

L'aspirine ne doit pas être administrée chez l'enfant sans avis médical, en raison du risque de survenue d'une mais grave, le .

Les autres médicaments pouvant soulager les maux de gorge chez l'enfant

Peuvent être utilisés en appoint :

  • les traitements locaux : pastilles et collutoires. Il faut être vigilant lors de leur utilisation selon leur composition et âge de l'enfant. La plupart d'entre eux sont réservés à l'enfant de plus de 6 ans ;
  • l'alpha-amylase (enzyme à visée anti-inflammatoire) en sirop réservée à l'enfant de plus de 6 mois ;
  • les suppositoires à base de bismuth forme enfant à partir de l'âge de 6 ans.

Les médicaments pour enfants : quelle présentation ?

Les présentations pédiatriques (sachets, cuillères mesures, pipettes graduées...) simplifient l'adaptation de la dose du médicament au poids de votre enfant. Consultez la notice du médicament et respectez les contre-indications. Au moindre doute, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin.

Des règles à respecter en cas d’automédication

Si vous entreprenez un traitement médicamenteux sans prescription médicale, appliquez les conseils suivants :

  • ne dépassez pas la dose maximale quotidienne autorisée ;
  • suivez bien la posologie (quantité et fréquence de prise recommandées par la notice) et l’intervalle minimum à respecter entre deux prises. Un surdosage pourrait avoir des effets néfastes sur votre santé (toxicité) et entraîner une accoutumance au produit ;
  • pour les mêmes raisons, sauf avis médical contraire, évitez d'associer ou d'alterner des antalgiques de compositions différentes ;
  • n’utilisez pas un médicament si vous présentez l’une des contre-indications précisées dans la notice.

  • The Hospital for Sick Children. Mal de gorge et amygdalite. Site internet : AboutKidsHealth. Toronto (Canada) ; 2019 [consulté le 8 février 2021]
  • Haute Autorité de santé. Prise en charge de la fièvre chez l'enfant. Fiche mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) : 2016 [consulté le 8 février 2021]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de sanré. Liste des indications/pathologies/situations cliniques reconnues comme adaptées à un usage en médication officinale. Site internet : Ansm. Saint-Denis La Plaine (France) : 2015 [consulté le 8 février 2021]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de sanré. Liste par spécialité des médicaments de médication officinale. Site internet : Ansm. Saint-Denis La Plaine (France) : 2021 [consulté le 8 février 2021]
  • National Health service (NHS). Sore throat. Site internet : NHS. Londres ; 2021 [consulté le 5 février 2021]
  • Collège français d'ORL et de chirurgie maxillo-faciale. Angines de l'adulte et de l'enfant et rhinopharyngites de l'enfant. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 5 février 2021]
  • National Institutes of Health. Sore throat. Site internet : MedlinePlus Medical Encyclopedia. Bethesda (États-Unis) ; 2020 [consulté le 5 février 2021]