Pneumothorax

19 juin 2018
Le pneumothorax est dû à la présence anormale d’air dans la cavité pleurale. L’origine est spontanée ou traumatique. Une prise en charge est nécessaire, parfois en urgence. Le traitement dépend de sa gravité et de sa cause. La récidive est fréquente et peut être évitée par la pleurodèse.

Qu’est-ce qu’un pneumothorax ?

Le pneumothorax se caractérise par la présence anormale d’air dans la cavité pleurale.

La enveloppe le poumon, elle est composée de 2 membranes ou « feuillets » :

  • le feuillet pariétal, situé contre la cage thoracique, le diaphragme et le médiastin (espace situé entre les deux poumons et contenant le cœur, les gros vaisseaux, la et l’œsophage) ;
  • le feuillet viscéral, appliqué contre les poumons.

Lorsque de l’air pénètre anormalement entre les 2 feuillets de la (cavité pleurale), un pneumothorax se constitue. Le poumon, de structure élastique, se désolidarise alors de la paroi thoracique et du diaphragme, et diminue de volume.

Le pneumothorax ne concerne le plus souvent qu’un poumon (pneumothorax unilatéral). En fonction de son étendue, le poumon peut être décollé :

  • juste à son sommet ;
  • légèrement sur toute sa surface ;
  • ou totalement (pneumothorax complet).

Le pneumothorax bilatéral (des 2 poumons) est rare, il constitue une urgence médicale. Il importe alors de composer rapidement le numéro d’urgence : 15 ou 112.

Schéma : appareil respiratoire, plèvre (1)

© L’Assurance Maladie 2018

Quelles sont les causes d’un pneumothorax ?

Le pneumothorax peut être traumatique ou spontané.

Le pneumothorax traumatique, survient après un traumatisme du thorax :

  • fracture de côtes, choc thoracique (accident de voiture par exemple) ;
  • lésions pulmonaires lors d’une explosion ;
  • plaie par arme blanche ou par balle, etc.

Le pneumothorax spontané, le plus fréquent, peut-être :

  • primaire, sans cause précise. Il provient de la rupture de petites bulles d’air situées en bordure des poumons dans la cavité pleurale. Les personnes atteintes de cette forme de pneumothorax sont généralement :
    • des hommes (80 %) ;
    • âgés de 15 à 40 ans ;
    • de morphotype longiligne (de grande taille avec un thorax étroit) ;
    • et le plus souvent fumeur.
  • secondaire à une maladie. La rupture d’une bulle d’air (emphysème) ou d’une lésion pulmonaire kystique (lésion creuse en son centre) en est à l’origine. Il survient, le plus souvent, chez des personnes âgées de plus de 40 ans, présentant une maladie des poumons : bronchopneumopathie obstructive chronique (BPCO) (1ère cause de pneumothorax spontané secondaire), asthme, cancer du poumonmucoviscidose, infection pulmonaire telles que la tuberculose, certaines pneumonies,  lésions d’endométriose au niveau de la qui seraient responsables du pneumothorax dit cataménial survenant de manière récurrente au cours des (règles).
Facteurs favorisant la survenue d'un pneumothorax spontané

Hormis certaines maladies génétiques responsables d’anomalies du tissu conjonctif (tissu qui a un rôle de soutien et de lien dans les organes), sont considérés comme facteurs favorisants :

  • les grandes variations de pression atmosphérique (orages, ouragans) ;
  • la plongée subaquatique ;
  • le tabagisme.

En revanche, l’activité physique et notamment celle qui demande des efforts à fermée (en apnée), tels que l’haltérophilie ou certains arts martiaux, n'a pas d'incidence directe dans la survenue d’un pneumothorax.

Il en va de même pour les voyages aériens. Cependant, en cas de pneumothorax, il est contre-indiqué de prendre l’avion car le décollage augmente le volume d’air présent dans la cavité pleurale.

Pneumothorax : reconnaître les symptômes et agir

Selon l’intensité des symptômes de pneumothorax, il est nécessaire d’appeler les urgences ou de consulter rapidement son médecin.

En cas de pneumothorax spontané unilatéral, les symptômes surviennent le plus souvent en dehors de tout contexte d’effort.

Ces signes se caractérisent ainsi :

  • L’apparition d’une douleur brutale située au niveau d’un seul côté du thorax. Cette douleur est présente sur le côté ou à l’arrière des côtes, tel un point de côté parfois intense. Elle augmente à l’inspiration ou lors de toux puis diminue souvent rapidement d’intensité.
  • Une toux sèche irritative qui augmente la douleur.
  • L’essoufflement (dyspnée) n’est pas toujours présent ; il est en général très modéré.

Si vous ressentez une douleur violente d’un côté du thorax, consultez immédiatement un médecin.

L’examen du médecin est accompagné d’une radiographie thoracique qui permet de :

  • poser le diagnostic de pneumothorax et d’éliminer une autre cause de douleur thoracique (lien vers douleur thoracique) ;
  • localiser le pneumothorax ;
  • montrer l’importance de l’étendue du pneumothorax et de la rétraction du poumon. La peut être décollée sur une petite partie de sa surface ou sur sa totalité.

Il importe d’appeler rapidement le 15 ou le 112 lorsque le pneumothorax est suffocant et grave (1 à 2 % des cas), et ce parce que :

  • le patient a une insuffisance respiratoire préalable, due à une maladie comme le BPCO, par exemple ;
  • le pneumothorax est bilatéral. Cette situation est exceptionnelle ;
  • il est compressif. Par phénomène de clapet, de l’air pénètre dans la cavité pleurale à l’inspiration et ne peut en sortir à l’expiration. Il s’ensuit une compression de l’autre poumon et du cœur ;
  • il survient dans un contexte de traumatisme du thorax.

Le pneumothorax suffocant se traduit par les symptômes suivants chez la personne concernée :

  • sa respiration est très rapide (au moins 30 respirations par mn) même en position assise ;
  • ses extrémités (doigts) et ses lèvres présentent une coloration bleutée () ;
  • elle présente un malaise ;
  • ses battements de cœur sont très rapides (au moins 120 battements par mn) ou, au contraire, faibles et ralentis ;
  • sa tension artérielle chute (pression systolique égale ou inférieure à 90 mmHg).
    Lors des échanges téléphoniques avec le service des urgences, le médecin régulateur pose des questions pour évaluer l'état médical de la personne.

    Lorsque vous êtes en communication avec le médecin régulateur :

    • parlez calmement et clairement ;
    • donnez votre numéro de téléphone ;
    • donnez votre nom et celui du malade ;
    • indiquez le lieu et l'adresse exacte, ainsi que l'étage et le code d'accès éventuel ;
    • décrivez le plus précisément possible les signes qui vous ont alerté, l'heure de début, le mode d'installation des symptômes et leur évolution (disparition, stabilisation, aggravation) ;
    • ne raccrochez pas avant que votre interlocuteur ne vous le demande. Le médecin régulateur peut avoir besoin d'autres renseignements ou peut vous donner des directives, par exemple sur les gestes à pratiquer dans l'attente de l'équipe médicale mobile. Le centre 15 se chargera également de prévenir le service d'accueil de l'hôpital si une hospitalisation est envisagée.

    En l'absence d'éléments de gravité, le médecin régulateur conseille de consulter le médecin de garde ou le médecin traitant.

Le traitement du pneumothorax

Le traitement du pneumothorax consiste en une évacuation de l’air de la cavité pleurale. Il est adapté en fonction de sa gravité et de sa cause.

Lorsque le pneumothorax spontané est petit, localisé et n’entraine que très peu de symptômes respiratoires, le médecin ne prescrit aucun traitement. Le patient reste au repos à domicile dans l’attente que l’air se résorbe, avec un traitement antalgique.

Une radiographie thoracique de contrôle permet de s’assurer de la disparition du pneumothorax.

Il est nécessaire de consulter à nouveau son médecin en cas de réapparition ou d’aggravation des symptômes.

Le plus souvent, en cas de pneumothorax, une hospitalisation de quelques heures est nécessaire pour évacuer l’air présent dans la cavité pleurale.

L’exsufflation, ou évacuation rapide de l’air, est pratiquée :

  • en urgence si le pneumothorax est responsable de suffocation. Une simple aiguille creuse introduite à travers la peau dans la cavité pleurale (à l’avant du thorax) soulage le patient. Elle est suivie de la mise en place d’un drain (tube creux permettant l’évacuation de l’air).
  • hors urgence. Un petit cathéter (tube fin et creux) est posé dans la cavité pleurale par voie transcutanée, sous anesthésie locale. L’air présent dans la cavité pleurale est aspiré grâce à une seringue ou grâce à un système de raccord au vide. Un contrôle radiologique permet de vérifier que le poumon a repris sa position normale.

Un drainage pleural est proposé d’emblée :

  • lorsque le pneumothorax est secondaire à une maladie pulmonaire ;
  • si le pneumothorax est bilatéral ;
  • s’il est mal supporté par la personne ;
  • en cas de récidive de pneumothorax après exsufflation.

Cette technique consiste à introduire un drain ou un petit cathéter dans la cavité pleurale au niveau du thorax (à l’avant du thorax ou sous l’aisselle), à travers la peau.

L’évacuation de l’air s’effectue :

  • soit spontanément par le drain muni d’une valve anti-retour, ou par un drain relié à un bocal ;
  • soit activement par un système d’aspiration. Celle-ci doit être très douce pour éviter une expansion rapide du poumon pouvant être responsable d’un œdème pulmonaire (présence de liquide dans le poumon) et d’une détresse respiratoire.

Le drain est enlevé lorsque le poumon est accolé à la paroi thoracique.

Une fois le pneumothorax guéri, un bilan médical peut être fait pour en rechercher la cause : scanner thoracique, bronchique, etc.

et pneumothorax cataménial

L’endométriose peut être responsable d’un pneumothorax cataménial (lors des règles). Cette maladie gynécologique fréquente chez les femmes, est prise en charge médicalement, et éventuellement chirurgicalement afin de prévenir la récidive d’un pneumothorax.

Pneumothorax : prévenir les récidives par la pleurodèse

Après un pneumothorax spontané, le taux de récidive est élevé. Il est de :

  • 30 % à la suite d’un pneumothorax spontané primaire, et ce sur le côté identique à celui du premier épisode ;
  • 62 % après un deuxième épisode de pneumothorax ;
  • 40 à 80 % en cas de pneumothorax spontané secondaire.

La pleurodèse est un acte chirurgical permettant de prévenir les récidives de pneumothorax. Même si elle n’est pas systématique, elle est proposée dans les cas suivants :

  • après une récidive de pneumothorax du même côté ;
  • suite à un deuxième pneumothorax affectant le côté opposé au premier ;
  • lors d’un pneumothorax grave (suffocant ou bilatéral) ;
  • en cas de persistance d’un pneumothorax après un traitement par drainage.

La pleurodèse consiste à accoler définitivement les 2 feuillets de la . Elle est effectuée sous anesthésie générale, par thoracoscopie. Cette technique endoscopique consiste à introduire une caméra et des instruments chirurgicaux dans la cavité pleurale, à travers la paroi du thorax.

Cet accolement peut être obtenu de diverses façons :

  • par abrasion de la . Cet acte peut être mécanique, à l’aide d’un tampon rugueux, ou chimique : du talc de nitrate d’argent, ou de la tétracycline sont introduits entre les feuillets de la . L’irritation ainsi obtenue, permet aux 2 feuillets de s’accoler.
  • par ablation partielle de la pariétale. Une partie du feuillet pariétal de est alors enlevée.

La pleurodèse peut être associée à l’ablation des bulles d’air présentes dans le poumon, de façon à éviter les récidives de pneumothorax.

Les recommandations après le traitement d’un pneumothorax

Suite au traitement d’un pneumothorax, la reprise d’une activité physique est possible à l’exception de la plongée sous-marine avec bouteilles, même si la personne a bénéficié d’une pleurodèse préventive après le premier épisode.

Concernant les voyages aériens, la personne guérie d’un pneumothorax peut prendre un avion pressurisé dans un délai de 2 à 3 semaines. Pour le personnel naviguant, une pleurodèse préventive est nécessaire dès le premier épisode de pneumothorax.

La grossesse augmente le risque de récidive de pneumothorax ; les femmes ayant eu un pneumothorax et qui souhaite avoir un enfant doivent consulter leur médecin pour prendre conseils.

Arrêter de fumer pour limiter les risques de pneumothorax

Le tabagisme est un facteur de risque de survenue d’un pneumothorax spontané. Si vous êtes fumeur, il existe plusieurs façons d’arrêter le tabac.

Le service Tabac Info Service peut vous accompagner dans cette démarche :

  • sur le site, vous trouverez des astuces pour vous aider lors de votre sevrage tabagique ;
  • en posant des questions à un tabacologue par téléphone, au 3989, de 8 h à 20 h du lundi au samedi (appel non surtaxé).

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.

  • Contou D, Maitre B. Pneumothorax spontanés. EMC - Pneumologie 2014;11(2):1-10 [Article 6-045-A-10]
  • Société de pneumologie de langue française - Collège des enseignants de pneumologie. Orientation diagnostique et conduite à tenir devant un pneumothorax. Site internet : SPLF. Paris ; 2017 [consulté le 24 avril 2018]
  • Cazaux M, Rabinel P, Solovei L, Renaud C, & al. Traitement chirurgical du pneumothorax spontané. EMC - Techniques chirurgicales - Thorax 2017;12(1):1-12 [Article 42-455]
  • Guimard T, Verger E, Morel H, Bernier C & al. Pneumothorax cataméniaux révélant une endométriose thoracique. Revue des Maladies Respiratoires. 2009;26(5):566