Fausse couche

04 décembre 2017
La fausse couche est une interruption spontanée de grossesse qui survient au cours des 5 premiers mois. Les principaux symptômes sont des saignements vaginaux accompagnés de douleurs. Ces signes doivent conduire à consulter un médecin. Dans certains cas, un traitement est nécessaire.

Qu’est-ce qu’une fausse couche ?

La fausse couche correspond à un arrêt spontané de la grossesse avant la 22ème semaine d’aménorrhée (soit environ 5 mois), date de viabilité du fœtus.

On distingue :

  1. selon la date de début de grossesse :
  • la fausse couche précoce : elle intervient avant la 14ème semaine d’aménorrhée (premier trimestre). C'est le cas le plus fréquent ;
  • la fausse couche tardive : elle intervient entre la 14ème et la 22ème semaine d’aménorrhée.

2. selon le nombre de fausses-couches :

  • la fausse couche isolée : la femme enceinte fait une seule fausse couche puis a des grossesses normales. C’est une situation fréquente, puisqu'elle touche environ 15 % des grossesses. En générale, les grossesses suivantes se déroulent sans difficultés ;
  • les fausses couches à répétition : la femme de moins de 40 ans, enceinte avec le même partenaire, présente au moins 3 fausses couches spontanées consécutives avant 14 semaines d’aménorrhée. Cette situation concerne 1,5 % des femmes.

Les causes des fausses couches

Les causes possibles dépendent du type de fausse couche.

Le risque de fausse-couche spontanée augmente avec l'âge : à 25 ans, il est de 12% par cycle et de 50 % à 42 ans.

La cause d’une fausse couche spontanée et isolée est rarement recherchée. Elle est due le plus souvent à une anomalie de développement du fœtus. Selon l’hypothèse la plus probable, l’embryon présenterait des anomalies chromosomiques qui stopperaient son développement normal et aboutiraient à son expulsion. Le risque de survenu d’une anomalie chromosomique augmente avec l’âge de la mère.

Un bilan est nécessaire pour rechercher la cause de ces interruptions répétées de grossesse.

Les causes les plus fréquentes sont :

  • des malformations de l'utérus : utérus cloisonné, utérus malformé chez les femmes ayant été exposées in utero au Distilbène® ... ;
  • une anomalie de la cavité utérine : polypes, fibrome, synéchies utérines ou adhérences cicatricielles... ;
  • des anomalies génétiques : anomalies chromosomiques du couple, de l'...) ;
  • des perturbations hormonales : insuffisance de sécrétion de après l', syndrome des polykystiques, hypothyroïdie, hyperthyroïdiediabète... ;
  • des anomalies de la coagulation sanguine et en particulier le syndrome des antiphospholipides (, caractérisée par la survenue de caillots de sang dans les vaisseaux, de complications de la grossesse et la présence d'anticorps appelés anticorps antiphospholipides).

Des facteurs favorisants peuvent s'ajouter : l'obésité, le tabagisme, une consommation excessive de café, d'alcool ou de drogues, une exposition à des pesticides, une crence en vitamine B9 ou B12...

La cause des fausses couches répétitives n'est pas toujours trouvée.

Qu’est–ce que le syndrome des polykystiques ?

Il s’agit d’un trouble hormonal touchant plus de 5 % des femmes en âge de procréer, et causant différents symptômes :

  • kystes ovariens multiples (plus de 12 follicules de 2 à 9 mm de diamètre, sur au moins un ovaire), visibles à l'échographie ;
  • et règles rares ou absentes (), voire infertilité (dans 20 à 74 % des cas) ;
  • pilosité excessive liée à un taux élevé de certains androgènes (hormones mâles).

Les symptômes de la fausse couche

Une fausse couche se caractérise par :

  • des saignements vaginaux ou métrorragies : ceux-ci peuvent être légers ou abondants, irréguliers ou ininterrompus, de teinte brunâtre ou rouge vif ;
  • une expulsion par le vagin de tissus brunâtres ou de caillots de sang ;
  • des douleurs dans le bas du dos (sensation diffuse et constante), ou au niveau de l’abdomen, ou des crampes pelviennes ressemblant aux douleurs des règles.

Un saignement par voie vaginale en début de grossesse n'annonce pas toujours une fausse couche. Un quart des femmes enceintes présentent un saignement au cours du 1er trimestre et poursuivent leur grossesse normalement. Mais si le saignement est accompagné de douleurs, il s’agit plus probablement d’une fausse couche.

Que faire face à des signes de fausse couche

Si vous présentez des symptômes vous faisant craindre une fausse couche, vous devez consulter un médecin.

Consultez en urgence si :

  • vous observez des saignements vaginaux abondants ;
  • vous présentez des symptômes de choc (faiblesse, étourdissements, vertiges, confusion, variations soudaines de la température corporelle ou du rythme cardiaque, nausées ou vomissements).

Dans ces situations, demandez immédiatement une assistance médicale : il s’agit d’une fausse couche hémorragique qui requiert des soins urgents. Une intervention chirurgicale par aspiration endo-utérine se révèle souvent nécessaire.

Consultez dans la journée votre médecin gynécologue si vous présentez des saignements modérés.

La grossesse extra-utérine, une urgence à différencier de la fausse couche

Parfois, lors d’une grossesse, l’œuf fécondé se fixe en dehors de l’utérus (le plus souvent dans la trompe, voir schéma) : c’est une grossesse extra-utérine.

Des symptômes proches de ceux de la fausse couche peuvent annoncer des risques de rupture de la trompe : vous ressentez des douleurs abdominales sévères et persistantes pouvant irradier dans une épaule, suivies de petits saignements vaginaux et d’un état de faiblesse.

Dans ce cas consultez en urgence : un traitement précoce avant que la trompe utérine ne soit rompue permet de la conserver.

La consultation médicale

Le gynécologue vous examine. Une échographie pelvienne est nécessaire pour analyser le contenu de l'utérus. Elle permet de diagnostiquer une grossesse intra-utérine arrêtée ou même évacuée et d'affirmer que les saignements sont bien les symptômes d'une fausse couche (et non d'une autre origine telle qu'une grossesse extra-utérine).

Parfois, des dosages de l’hormone de la grossesse (appelée HCG) peuvent être utiles : un taux bas signifie que la gestation est arrêtée.

Deux situations se présentent alors :

  • La fausse couche a déjà eu lieu
    Vous avez expulsé les tissus embryonnaires et vos saignements diminuent. L’examen clinique est normal. L’utérus est vide et ne contient aucun visible à l’échographie. Dans ce cas, votre médecin ne vous prescrit pas de traitement particulier. Il programmera éventuellement une consultation de contrôle.
  • La fausse couche n’est pas achevée, mais la grossesse est arrêtée
    Vous saignez et éprouvez éventuellement des douleurs abdominales. L’échographie montre la présence d’un sans activité cardiaque dans la cavité de l’utérus.

Le traitement de la fausse couche

Lorsque l’expulsion du fœtus et du n’est pas complète après la fausse couche, votre médecin peut :

  • vous proposer d'attendre que la fausse couche s'achève naturellement,
  • vous prescrire un traitement si vous ne souhaitez pas attendre l'expulsion spontanée ou si médicalement, ce traitement est nécessaire. Il s'agit d’un traitement le plus souvent médical ou plus rarement chirurgical.

Si l' n'a pas été expulsé, votre médecin vous explique qu'il est possible d’attendre chez vous que les tissus embryonnaires soient expulsés naturellement. Cet événement se produit généralement dans un délai de quelques jours à deux semaines. 

La disparition des douleurs et des saignements signale la fin de la fausse couche. Si tout se déroule normalement, une échographie de contrôle permet de vérifier que l’utérus est vide.

    Cependant, vous devez à nouveau consulter :

    • si les saignements deviennent abondants ;
    • si la douleur augmente fortement ;
    • si vous avez de la fièvre.

    Il arrive qu’une fausse couche spontanée tarde à s’achever naturellement. Si l’échographie après 2 semaines de saignement montre que des tissus embryonnaires persistent toujours dans l’utérus, le gynécologue vous propose un traitement médical ou chirurgical suivant votre cas.

    Le médicament (le misoprostol) est administré par voie vaginale (ou parfois orale).

    Il provoque des contractions du muscle de l’utérus et une ouverture du col de l'utérus. Les effets surviennent en quelques heures. Dans un premier temps, le médicament augmente les symptômes (crampes abdominales, saignements). Puis il provoque l’expulsion des tissus intra-utérins. Les saignements peuvent durer plusieurs jours.

    Un traitement antalgique peut être nécessaire pour calmer les douleurs.

    Contactez à nouveau votre médecin si les effets du traitement n’ont pas commencé dans les 24 heures suivant la prise du traitement.

     

     

    Ce traitement est proposé en cas de :

    • saignements abondants ;
    • troubles de la coagulation ;
    • refus de traitement médical ;
    • échec du traitement médical.

    L’intervention consiste à introduire un petit tube dans la cavité de l’utérus, via le vagin et le col utérin. Ce tube permet d’aspirer les tissus embryonnaires. Ce traitement nécessite une anesthésie générale ou (anesthésie péri-durale), parfois locale. Il se déroule au cours d’une hospitalisation de jour.

    Le traitement chirurgical de la fausse couche est semblable à celui proposé pour une interruption volontaire de grossesse.

    Qu'est-ce que l’allo-immunisation rhésus ?

    Les femmes porteuses d’un groupe sanguin avec rhésus négatif doivent recevoir un traitement contre l'allo-immunisation. Durant la fausse couche, des globules rouges du fœtus passent dans la circulation sanguine maternelle. Les globules blancs de la mère de rhésus négatif identifient les globules rouges du bébé, lorsqu'il est de rhésus positif, comme des cellules étrangères et fabriquent des anticorps dits "" contre ce facteur rhésus. Lors d’une grossesse suivante, si le fœtus est de rhésus positif, il y a incompatibilité rhésus : les anticorps de la mère traversent le , passent dans la circulation sanguine du fœtus et détruisent ses globules rouges entraînant une anémie hémolytique. Les conséquences sont graves pour le fœtus. Toutes les femmes de rhésus négatif faisant une fausse couche doivent donc recevoir un traitement pour prévenir cette réaction immunitaire. Le traitement consiste en une injection intramusculaire ou intraveineuse de sérum anti-rhésus administré juste après la fausse couche.

    Quelles précautions prendre après une fausse couche ?

    Pendant les 2 semaines qui suivent, il est conseillé de ne pas utiliser de tampons hygiéniques et d’éviter les relations sexuelles, afin de limiter le risque infectieux.

    Consultez à nouveau votre médecin si vous ressentez de la fièvre, des frissons, des saignements abondants ou des douleurs.

    Par ailleurs, vous aurez peut-être besoin d’un soutien psychologique après une fausse couche : votre entourage et votre médecin peuvent vous aider.

    N° d’Urgence Médicale

    Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
    Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
    Sources
    • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Les pertes de grossesse. Site internet : CNGOF. Paris ; 2014 [consulté le 4 décembre 2017]
    • Ploteau S, Philippe H-J, Winer N. Métrorragies du premier trimestre de la grossesse. EMC - Obstétrique 2012;7(3):1-9 [Article 5-049-D-16]
    • Lepage J, Luton D, Azria E. Fausses couches spontanées à répétition. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2015;10(2):1-8 [Article 3-1320]
    • National Health service (NHS). Miscarriage. Site internet : NHS. Londres ; 2015 [consulté le 4 décembre 2017]
    • American College of obstetricians and gynecologists (ACOG). Frequently asked questions: early pregnancy loss. Site internet : ACOG. Washington (USA) ; 2015 [consulté le 4 décembre 2017]
    • Better Health channel. Miscarriage. Site internet : BHC. Melbourne (Australie) ; 2015 [consulté le 4 décembre 2017]