Épistaxis

24 avril 2017
Un saignement de nez, ou "épistaxis", est une hémorragie en provenance des fosses nasales. S’il est sans gravité, on peut le soigner soi-même grâce à quelques bons gestes. Dans certains cas, il doit donner lieu à une consultation médicale.

Qu’est-ce qu’un saignement de nez ou "épistaxis" ?

La qui tapisse l’intérieur du nez est fragile et saigne facilement mais brièvement, lors d’un rhume ou d’un choc sur le nez, par exemple. L’écoulement du sang est soit antérieur (par les narines), soit postérieur (vers la gorge), ou encore les 2 à la fois.

L’épistaxis, couramment appelée "saignement de nez", est, sauf exception, une affection bénigne.

60 % de la population générale présente au moins 1 fois dans sa vie un saignement de nez. La fréquence est comparable chez l’enfant et chez l’adulte.

Des saignements provenant le plus souvent de l’avant du nez

La partie antérieure du nez est plus sujette aux saignements que sa partie postérieure. Cela est dû à la présence de ce que l’on appelle la "tache vasculaire dense", une région très riche en vaisseaux sanguins. Cette zone est facilement repérable et accessible, à l’examen comme au traitement.

Pourquoi saigne-t-on du nez ?

La nasale (membrane tapissant les cavités du nez) est irriguée par un réseau très développé de vaisseaux sanguins qui servent à réchauffer et humidifier l’air inspiré. L'épistaxis est due à une lésion de ces vaisseaux.

Les causes les plus courantes sont :

  • une inflammation de la du nez (lors d’une rhinite infectieuse ou en cas d’allergie par exemple) ;
  • une sécheresse de l’air (par exemple, dans les pièces très chauffées en hiver ou sous un climat extrêmement sec) ;
  • un grattage de la nasale (courant chez les enfants en cas de sécheresse de l’air rendant le nasal sec et croûteux) ;
  • des traumatismes du nez (par exemple après introduction d’un petit objet dans une narine, plus fréquent chez les enfants) ;
  • l’utilisation d’un médicament à usage nasal (ex. : décongestionnant, en vaporisation).

On peut aussi saigner du nez pour d’autres raisons, moins courantes :

  • usage de médicaments anticoagulants (anti-vitamine K, héparine) ;
  • usage de médicaments plaquettaires (acide acétylsalicylique, clopidogrel...) ;
  • anomalies de la coagulation dues à une maladie (ex. : hémophilie) ;
  • tumeurs le plus souvent bénignes ;
  • anomalies des vaisseaux ;
  • hypertension artérielle;
  • prise de drogue par voie nasale ;
  • consommation régulière de quantités importantes d’alcool (éthylisme chronique).

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Que faire en cas de saignement de nez ?

Vous pouvez traiter vous-même le saignement de nez à la maison s’il est sans gravité. Une épistaxis bénigne se reconnaît aux signes suivants :

  • l'hémorragie (saignement) survient sans cause apparente, le plus souvent au niveau d’une seule narine ;
  • l'écoulement de sang est peu abondant et se fait goutte à goutte ;
  • votre état général est bon : vous ne remarquez aucun signe alarmant.

Dans ce cas, vous pouvez réaliser une compression pour arrêter le saignement :

  • Mouchez-vous très doucement (et une seule fois) pour faire sortir les plus gros caillots de sang. Ils pourraient en effet vous empêcher d’appliquer correctement une pression sur votre nez.
  • Asseyez-vous et penchez légèrement la tête vers l’avant, en regardant vers le sol et en respirant par la bouche. Si vous incliniez votre tête vers l’arrière, du sang pourrait entrer dans votre gorge et si vous l’avaliez, vous pourriez avoir des nausées.
  • Placez votre pouce et votre index juste sous la partie osseuse de votre nez, puis pincez vos narines. Maintenez ainsi la pression pendant 10 minutes (utilisez une montre pour bien respecter cette durée). Sachez que le temps normal de coagulation est d’au moins 7 minutes. C’est pourquoi il est important de ne pas interrompre la compression, même pour vérifier si le saignement a cessé.
  • La plupart des saignements de nez s’arrêtent avec cette méthode. Toutefois, si vous saignez encore, répétez ce geste pendant 10 minutes.
  • Vous pouvez aussi appliquer de la glace sur le milieu de votre visage, au-dessus du nez. Cela réduit le saignement en provoquant la constriction des vaisseaux sanguins (ils se resserrent sous l’effet du froid).

Une fois que vous avez cessé de saigner :

  • essayez de ne pas vous moucher pendant au moins 12 heures, puis faites-le délicatement. Par ailleurs, toussez ou éternuez la bouche ouverte pour éviter un nouvel épisode de saignement nasal ;
  • ne vous frottez pas le nez, ne tentez pas de nettoyer vos narines ou d’y insérer quoi que ce soit ;
  • humidifiez l’air de votre maison pour empêcher la formation de croûtes nasales, et ne grattez pas celles qui peuvent se former ;
  • si le saignement de nez a duré longtemps ou a été difficile à arrêter, surélevez votre tête pour dormir pendant les quelques jours suivants ;
  • si vous prenez de l’acide acétylsalicylique ou tout autre anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), demandez conseil à votre médecin traitant : lui seul pourra vous dire si vous pouvez arrêter le traitement.

Les situations d’urgence

Si malgré les mesures de compression décrites ci-dessus le saignement persiste, consultez rapidement votre médecin traitant.

Vous devez appeler les services médicaux d’urgence si la personne présente l’un ou plusieurs de ces facteurs :

  • un écoulement de sang important qui se fait par les deux narines et dans l’arrière-gorge ;
  • un écoulement de sang associé à d'autres symptômes : pâleur, malaise, sueurs, pouls rapide, anxiété, agitation, battements rapides du cœur faisant craindre un , etc. Cela peut être le cas chez une personne âgée à la santé fragile, souffrant par exemple d’une anémie chronique ou d’une maladie cardiovasculaire (ex. : angine de poitrine) ;
  • un risque hémorragique du fait de troubles de la coagulation (hémophilie) ou de la prise d'un traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire ;
  • un traumatisme grave (ex. : accident de la voie publique).

En attendant les secours, faites une compression pour diminuer le saignement, sauf en cas de traumatisme important de la face.

Quand consulter et quels traitements en cas de saignement de nez ?

Si l’épistaxis persiste ou s’aggrave malgré les gestes de compression réalisés, une consultation médicale est nécessaire. En fonction du type de saignement nasal, différents traitements peuvent alors être envisagés.

Elle est indispensable si le saignement est très abondant mais également si les saignements de nez se répètent.

Le médecin traitant juge alors de l’opportunité d’envoyer son patient chez un oto-rhino-laryngologiste (ORL).

L’ORL interroge la personne sur ses antécédents médicaux (hypertension artérielle, troubles de la coagulation) et son traitement (prise d’anticoagulant, d'antiagrégant plaquettaire, d’acide acétylsalicylique). Il lui demande les circonstances de survenue du saignement (spontané, après grattage, après mouchage…) et ses caractéristiques (abondance, durée).

Il fait un examen des fosses nasales (rhinoscopie) et un examen pharyngé. Il peut préciser ainsi l’endroit du nez qui saigne et les causes du saignement.

Selon le type de saignement nasal et son évolution, le médecin traitant ou l'ORL disposent de plusieurs traitements pour arrêter l'écoulement.

Le méchage

Il s’agit d’introduire une mèche (tampon d’ouate vaseliné) dans la partie avant des fosses nasales. Elle est réalisée sous anesthésie locale, lorsque la pression avec les doigts n’a pas permis de stopper un saignement dans l’avant du nez. Pour une compression plus efficace, on effectue parfois un méchage dans les deux narines.

La cautérisation

Ce geste consiste à éliminer une partie des vaisseaux sanguins lésés à l’origine du saignement. Il est réservé aux épistaxis peu abondantes, dont l’origine est facile à repérer. La cautérisation se déroule sous anesthésie locale. Elle peut être réalisée :

  • avec un produit chimique (nitrate d’argent, acide chromique) ;
  • avec des pincettes électriques ( ) ;
  • au .

Le tamponnement postérieur et la sonde à double ballonnets

Lorsque l’écoulement de sang provient de la partie arrière du nez, deux méthodes sont possibles sous anesthésie locale :

  • Le tamponnement postérieur est un méchage de la zone située à l’arrière des fosses nasales.
  • La sonde à double ballonnets est un ballon gonflable en deux parties. On en introduit une dans chaque narine puis on gonfle le ballon avec un liquide. Ce dispositif provoque une compression qui favorise la coagulation.

En cas de récidive importante de l’épistaxis, on envisage une intervention chirurgicale (embolisation ou ligature de certains vaisseaux sanguins).

Conseils de prévention des saignements de nez

Ayez les bons réflexes :

  • Enseignez à votre enfant de ne pas mettre ses doigts dans le nez.
  • Ne vous grattez pas le nez et mouchez-vous doucement.
  • Humidifiez l’air des chambres à coucher.
  • Faites vérifier votre tension régulièrement.
  • Si vous prenez des anticoagulants ou des plaquettaires, respectez les bilans préconisés par votre médecin.

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • Feldman M. Saignement de nez. Site internet : aboutkidshealth.ca. Toronto (Canada) : 2010 [consulté le 23 mai 2014]
  • Collège français d'ORL. Épistaxis (avec le traitement). Site internet : Campus d'ORL de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010 - 2011 [consulté le 22 mai 2014]
  • Cuisinier O. Épistaxis. Site internet : Université Joseph Fourier. Grenoble (France) ; 2002 [consulté le 23 mai 2014]
  • Pagliarulo G. "Docteur, je saigne du nez". Med du Québec. 2007;42(5):41-8.
  • National institut of health. Nosebleed. Site internet : MedlinePlus. Bethesda (USA) ; 2012 [consulté le 23 mai 2014]