Épistaxis

06 septembre 2017
Un saignement de nez, ou "épistaxis", est une hémorragie en provenance des fosses nasales. Si le saignement de nez est sans gravité, quelques bons gestes suffisent à l'arrêter. Dans certains cas, il doit donner lieu à une consultation médicale.

Qu’est-ce qu’un saignement de nez ou "épistaxis" ?

Un épistaxis ou saignement de nez est une hémorragie survenant au niveau des muqueuses qui tapissent les cavités nasales. L’écoulement du sang est :

  • soit antérieur et il se fait par l'une des narines ou les deux,
  • soit postérieur (vers la gorge),
  • soit encore les 2 à la fois.

L’épistaxis est, sauf exception, une affection bénigne.

60 % de la population générale présente au moins 1 fois dans sa vie un saignement de nez. La fréquence est comparable chez l’enfant et chez l’adulte.

Des saignements provenant le plus souvent de l’avant du nez

La partie antérieure du nez est plus sujette aux saignements que sa partie postérieure. Cela est dû à la présence de ce que l’on appelle la "tache vasculaire dense", une région très riche en vaisseaux sanguins. Cette zone est facilement repérable et accessible, à l’examen comme au traitement.

Pourquoi saigne-t-on du nez ?

La nasale tapissant les cavités du nez est très fragile. Elle est irriguée par un réseau très développé de vaisseaux sanguins qui servent à réchauffer et humidifier l’air inspiré. L'épistaxis est due à une lésion de ces vaisseaux.

Les causes les plus courantes sont :

  • une inflammation de la du nez (lors d’une rhinite infectieuse ou en cas d’allergie par exemple) ;
  • une sécheresse de l’air (par exemple, dans les pièces très chauffées en hiver ou sous un climat extrêmement sec) ;
  • un grattage de la nasale (courant chez les enfants en cas de sécheresse de l’air rendant le nasal sec et croûteux) ;
  • des traumatismes du nez (par exemple après introduction d’un petit objet dans une narine, plus fréquent chez les enfants ou à la suite d'un choc sur le nez) ;
  • l’utilisation d’un médicament à usage nasal (ex. : décongestionnant, en vaporisation).

On peut aussi saigner du nez dans d'autres situations moins courantes :

  • lors de la prise de médicaments anticoagulants (anti-vitamine K, héparine) ou de médicaments plaquettaires (acide acétylsalicylique, clopidogrel...) ;
  • en présence d'anomalies de la coagulation dues à une maladie (ex. : hémophilie) ;
  • en présence d'une tumeur le plus souvent bénigne ;
  • en cas d'anomalies des vaisseaux des muqueuses nasales ;
  • en cas d'hypertension artérielle ;
  • lors de la prise répétée de drogue par voie nasale ou de la consommation régulière de quantités importantes d’alcool (éthylisme chronique) ;
  • lorsque la personne souffre d'une maladie héréditaire responsable d'épistaxis abondantes et récidivantes (maladie de Rendu-Osler) et de télangiectasies (petits vaisseaux dilatés visibles sous la peau ou sur les muqueuses).
La maladie de Rendu-Osler est une

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Que faire en cas de saignement de nez ?

Vous pouvez traiter vous-même le saignement de nez à la maison s’il est sans gravité.

Une épistaxis bénigne se reconnaît aux signes suivants :

  • l'hémorragie (saignement) survient sans cause apparente, le plus souvent au niveau d’une seule narine ;
  • l'écoulement de sang est peu abondant et se fait goutte à goutte ;
  • votre état général est bon : vous ne remarquez aucun signe alarmant.

Dans ce cas, vous pouvez réaliser une compression pour arrêter le saignement de nez :

  • Mouchez-vous très doucement (et une seule fois) pour faire sortir les plus gros caillots de sang. Ils pourraient en effet vous empêcher d’appliquer correctement une pression sur votre nez.
  • Asseyez-vous et penchez légèrement la tête vers l’avant, en regardant vers le sol et en respirant par la bouche. Si vous incliniez votre tête vers l’arrière, du sang pourrait entrer dans votre gorge et si vous l’avaliez, vous pourriez avoir des nausées.
  • Placez votre pouce et votre index juste sous la partie osseuse de votre nez, puis pincez vos narines. Maintenez ainsi la pression pendant 10 minutes (utilisez une montre pour bien respecter cette durée). Sachez que le temps normal de coagulation est d’au moins 7 minutes. C’est pourquoi il est important de ne pas interrompre la compression, même pour vérifier si le saignement a cessé.
  • La plupart des saignements de nez s’arrêtent avec cette méthode. Toutefois, si vous saignez encore, répétez ce geste pendant 10 minutes.
  • Vous pouvez aussi appliquer de la glace sur le milieu de votre visage, au-dessus du nez. Cela réduit le saignement en provoquant la constriction des vaisseaux sanguins (ils se resserrent sous l’effet du froid).

Une fois que vous avez cessé de saigner :

  • Essayez de ne pas vous moucher pendant au moins 12 heures, puis faites-le délicatement.
  • Toussez ou éternuez la bouche ouverte pour éviter un nouvel épisode de saignement nasal.
  • Ne vous frottez pas le nez, ne tentez pas de nettoyer vos narines ou d’y insérer quoi que ce soit.
  • Humidifiez l’air de votre maison pour empêcher la formation de croûtes nasales, et ne grattez pas celles qui peuvent se former.
  • Si le saignement de nez a duré longtemps ou a été difficile à arrêter, surélevez votre tête pour dormir pendant les quelques jours suivants.
  • Si vous prenez de l’acide acétylsalicylique ou tout autre anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), demandez conseil à votre médecin traitant : lui seul pourra vous dire si vous pouvez arrêter le traitement.
  • Ne faites pas d'effort physique, ni soulevez pas de charges lourdes, ne penchez pas la tête vers le bas pendant les deux semaines suivantes.

Les situations d’urgence

Vous devez appeler les services médicaux d’urgence si la personne présente un ou plusieurs de ces symptômes :

  • un écoulement de sang important qui se fait par les deux narines et dans l’arrière-gorge ;
  • un saignement de nez associé à d'autres symptômes : pâleur, malaise, sueurs, pouls rapide, anxiété, agitation, battements rapides du cœur faisant craindre un , etc. Cela peut être le cas chez une personne âgée à la santé fragile, souffrant par exemple d’une anémie chronique ou d’une maladie cardiovasculaire (ex. : angine de poitrine) ;
  • l'épistaxis est abondante du fait de troubles de la coagulation (hémophilie) ou de la prise d'un traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire ;
  • l'épistaxis fait suite à un traumatisme grave (ex. : accident de la voie publique).

En attendant les secours, faites une compression pour diminuer le saignement de nez, sauf en cas de traumatisme important de la face.

Quand consulter et quels traitements en cas de saignement de nez ?

Une consultation médicale est nécessaire :

  • si l’épistaxis (ou saignement de nez) persiste ou s’aggrave malgré les gestes de compression réalisés,
  • si les saignements de nez se répètent.

En fonction du type de saignement nasal, différents traitements peuvent être envisagés.

Le médecin traitant juge alors de l’opportunité d’envoyer son patient chez un oto-rhino-laryngologiste (ORL).

L’ORL interroge la personne sur ses antécédents médicaux (hypertension artérielle, troubles de la coagulation) et son traitement (prise d’anticoagulant, d'antiagrégant plaquettaire, d’acide acétylsalicylique). Il lui demande les circonstances de survenue du saignement (spontané, après grattage, après mouchage…) et ses caractéristiques (abondance, durée).

Il fait une des fosses nasales (rhinoscopie) et un examen pharyngé. Il peut préciser ainsi l’endroit du nez qui saigne et les causes du saignement.

Selon le type de saignement nasal et son évolution, le médecin traitant ou l'ORL disposent de plusieurs traitements pour arrêter l'écoulement.

La cautérisation des vaisseaux

Ce geste est pratiqué en cas de saignement de la tache vasculaire et il consiste à éliminer une partie des vaisseaux sanguins à l’origine du saignement. Il est réservé aux épistaxis peu abondantes, dont l’origine est facile à repérer. La cautérisation se déroule sous anesthésie locale.
Elle peut être réalisée :

  • avec un produit chimique (nitrate d’argent, acide chromique) ;
  • avec des pincettes électriques ( ).

Le tamponnement antérieur ou mèchage

Le tamponnement est réalisé en cas d’échec du traitement de première intention (lorsque la pression avec les doigts n’a pas permis de stopper un saignement dans l’avant du nez) ou en cas d’impossibilité à localiser l’origine précise du saignement par l’endoscopie nasale.

Il s’agit d’introduire une mèche dans la partie avant des fosses nasales. Elle est réalisée sous anesthésie locale. Pour une compression plus efficace, on effectue parfois un méchage dans les deux narines.
On utilise fréquemment des produits résorbables : mèches hémostatiques, mais aussi éponges ou colles hémosatiques.
Des mèches non résorbables sont parfois utilisées et doivent être retirées. Le démèchage peut entraîner une récidive du saignement.

Le tamponnement postérieur et la sonde à double ballonnets

Lorsque l’écoulement de sang provient de la partie arrière du nez, deux méthodes sont possibles sous anesthésie locale :

  • Le tamponnement postérieur est un méchage de la zone située à l’arrière des fosses nasales.
  • La sonde à double ballonnets est un ballon gonflable en deux parties. On en introduit une dans chaque narine puis on gonfle le ballon avec un liquide. Ce dispositif provoque une compression qui favorise la coagulation.

En cas de récidive importante de l’épistaxis, on envisage une intervention chirurgicale (embolisation ou ligature de certains vaisseaux sanguins).

Conseils de prévention des saignements de nez

Si vous saignez facilement :

  • Mouchez-vous délicatement, d'un côté à la fois.
  • Ouvrez la bouche lorsque vous éternuez.
  • Ne vous mettez pas les doigts dans le nez.
  • Limitez l’utilisation des gouttes et sprays contenant un décongestionnant nasal.
  • Évitez les longues expositions à un air trop froid et/ou trop sec.
  • Humidifiez l’air des chambres à coucher.
  • Faites vérifier votre tension régulièrement.
  • Ne prenez pas d’aspirine ni d’anti-inflammatoires sauf si ces médicaments sont prescrits par votre médecin.
  • Si vous prenez des anticoagulants ou des plaquettaires, respectez les bilans préconisés par votre médecin.

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • Collège français d'ORL. Épistaxis (avec le traitement). Site internet : Campus d'ORL de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 5 septembre 2017]
  • Deschênes C. L'épistaxis : les étapes "goutte à goutte". Med du Québec. 2013;48(5):31-38.
  • National institut of health. Nosebleed. Site internet : MedlinePlus. Bethesda (USA) ; 2015 [consulté le 5 septembre 2017]
  • Recommandations pour la pratique clinique. Prise en charge des épistaxis de l'adulte. Société Française d’Oto-Rhino-Laryngologie et de Chirurgie de la Face et du Cou. Site internet : ORL France. Paris ; 2016 [consulté le 5 septembre 2017]