Embolie pulmonaire

01 février 2018
Une embolie pulmonaire est une obstruction d'une artère des poumons, le plus souvent par un caillot de sang. Une phlébite en est à l’origine. L’embolie pulmonaire nécessite un traitement en urgence.

Qu’est-ce qu’une embolie pulmonaire ?

L’embolie pulmonaire est l'obstruction d’une artère pulmonaire ou de l’une de ses branches, en général par un caillot de sang. Elle provoque des dommages au niveau du poumon atteint et la partie lésée ne peut plus fournir d’oxygène à l’organisme.

Le caillot se forme au cours d’une phlébite ou veineuse (en général au niveau des jambes). Il se détache de la paroi de la veine et remonte avec le sang dans la circulation veineuse vers le cœur. Lors de ses contractions, le ventricule droit du cœur propulse le caillot dans les artères pulmonaires. Le caillot sanguin chemine dans des artères de plus en plus fines, où il finit par rester bloqué.

Le caillot de sang n’est pas le seul responsable d’une embolie pulmonaire

Beaucoup plus rarement, l'embolie pulmonaire peut être due à un embol :

  • athéromateux (fragment de plaque d’athérome),
  • septique ou parasitaire (en cas d’infection grave),
  • graisseux (après une fracture osseuse par exemple),
  • amniotique (lors d’un accouchement),
  • tumoral (migration de cellules cancéreuses).

Formation d'une embolie pulmonaire

Schéma : formation d'une embolie pulmonaire

 

La gravité de l’embolie pulmonaire dépend donc :

  • de l’importance de la partie du poumon lésée par l’artère obstruée. Lorsqu'elle est grave, l'embolie pulmonaire est responsable d'une hypoxémie grave (diminution de la quantité d'oxygène dans le sang) et a un retentissement sur le ventricule droit du cœur (insuffisance cardiaque) ;
  • de l’état cardiaque ou respiratoire de la personne avant la survenue de l'embolie.

Les facteurs de risque de l'embolie pulmonaire

La survenue d’une embolie pulmonaire est favorisée par :

  • les interventions chirurgicales et tout particulièrement les interventions orthopédiques, gynéco-obstétricales et carcinologiques ;
  • les traumatismes : choc, fracture osseuse ;
  • les troubles de la coagulation dus à des maladies héréditaires ;
  • l’alitement ou l’immobilisation prolongés quelle qu’en soit la cause (maladie, traumatisme, long voyage…) ;
  • chez la femme, la contraception orale (pilule contraceptive), le traitement hormonal substitutif de la ménopause, la grossesse ;
  • certaines maladies : les cancers en particulier du poumon et de l’estomac, l'insuffisance cardiaque, l'infarctus du myocarde, les antécédent de phlébite, les lésions de la moelle épinière ;
  • certains traitements médicamenteux comme la chimiothérapie anticancéreuse ;
  • le surpoids et l’obésité...

Les symptômes de l’embolie pulmonaire

L’embolie pulmonaire entraîne l’apparition soudaine :

  • d’une douleur thoracique d’un côté, qui augmente à l’inspiration ;
  • de difficultés à respirer (dyspnée) : respiration rapide et courte ;
  • parfois une toux et des crachats avec du sang.

Les symptômes sont parfois difficilement évocateurs, car peu intenses ou peu spécifiques. La difficulté à respirer peut survenir progressivement et la douleur peut être modérée.

Les symptômes varient d’une personne à l’autre, mais ils doivent toujours alerter lorsqu’ils surviennent dans un contexte de risque de phlébite et d’embolie pulmonaire (suite d'une intervention chirurgicale, immobilisation dans le mois précédent, cancer en cours de traitement...).

D’autres symptômes peuvent être présents, souvent en cas d'embolie pulmonaire grave :

  • un malaise, ou même une perte de connaissance ;
  • une accélération du rythme cardiaque (tachycardie) ;
  • une tension artérielle basse ;
  • des signes périphériques de choc (marbrures des genoux, doigts et lèvres bleus, froideur des mains et pieds).

Que faire devant des signes d’embolie pulmonaire ?

En cas de symptômes évoquant une embolie pulmonaire, et plus particulièrement s’ils surviennent lorsque sont présents des facteurs de risque, téléphonez immédiatement aux services d’urgence : 15 ou 112 (service d'urgence européen) depuis un téléphone fixe ou un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit (appel gratuit).

Lorsque vous êtes en communication :

  • parlez calmement et clairement ;
  • donnez votre numéro de téléphone, votre nom et celui de la personne concernée ;
  • indiquez le lieu et l'adresse exacte, ainsi que l'étage et le code d'accès éventuel ;
  • décrivez le plus précisément possible les signes qui vous ont alerté ;
  • précisez l’état de conscience du malade (conscient, somnolent, perte de connaissance) ;
  • donnez l'heure exacte d'apparition des premiers symptômes ;
  • ne raccrochez pas avant que votre interlocuteur ne vous le demande. Le médecin peut avoir besoin d'autres renseignements. Il peut aussi vous donner des directives, par exemple sur les gestes à pratiquer en attendant l’arrivée de l'équipe médicale mobile.

Le centre 15 organise le transport du patient vers un établissement hospitalier et se charge de prévenir le service d'accueil de l'hôpital.

Après avoir téléphoné, restez auprès du malade :

  • installez-le en position semi-assise ;
  • empêchez-le de bouger pour éviter une migration du caillot ;
  • notez l’heure de l’apparition des premiers signes.
Le 114 : un numéro d’urgence au service des personnes ayant des difficultés à parler ou à entendre (sourds malentendants, aphasiques, dysphasiques)

Toute personne ayant des difficultés à entendre ou à parler, lorsqu’elle se retrouve en situation d’urgence, qu’elle soit victime ou témoin, peut désormais, 24h/24, 7j/7, alerter et communiquer par SMS ou par fax via un numéro national unique et gratuit : le 114.

Le diagnostic d’embolie pulmonaire

À l’hôpital, le médecin pratique un examen clinique complet. Il recherche l'existence de facteurs de risque d'embolie pulmonaire et des signes en faveur d'une embolie pulmonaire grave :

  • pression artérielle systolique (PAS) basse (PAS inférieure à 900 mmHg),
  • fréquence cardiaque accélérée (souvent supérieure à 100 battements par minutes).

Il palpe les mollets à la recherche de signes cliniques de phlébite.

Pour confirmer le diagnostic et évaluer les conséquences de l’embolie pulmonaire, il demande un ou plusieurs examens complémentaires choisis selon la situation clinique de chaque patient.
Les examens sont :

  • un dosage sanguin des D-dimères (traces biologiques de la présence d’un caillot) ;
  • une analyse des gaz du sang artériel ;
  • des examens d’imagerie :
           - un angioscanner des poumons mettant en évidence la artérielle,
           - une cardiaque à la recherche d'un retentissement de l'embolie sur le ventricule cardiaque droit,
           - une pulmonaire visualisant la zone de poumon ne fonctionnant plus,
           - un échodoppler des veines des membres inférieurs à la recherche d'une veineuse profonde (phlébite),
           - parfois une angiographie pulmonaire (opacification des artères pulmonaires montrant l'obstruction d'une branche artérielle).

Le traitement de l’embolie pulmonaire

Le traitement de l’embolie pulmonaire dépend de sa gravité et de l’état du patient.

En cas d’embolie pulmonaire, quelle que soit sa gravité, un traitement anticoagulant est mis en place. Ce traitement suffit en cas d'embolie pulmonaire de faible ou moyenne gravité (sans choc ni artérielle). Il est complété par la ou l'embolectomie en cas d'embolie pulmonaire grave.

Le traitement anticoagulant débute généralement par des injections d’héparine pendant 5 à 10 jours, puis se poursuit par des comprimés : antivitamine K (AVK) ou anticoagulants oraux directs (AOD).
Il a pour but :

  • de limiter l’extension du caillot ;
  • de prévenir le risque de récidive.

La consiste en l’injection intraveineuse d’un médicament permettant la dissolution du caillot situé dans l’artère pulmonaire. Elle restaure la perfusion pulmonaire plus vite que le traitement anticoagulant seul.

Elle est réservée aux patients qui présentent une embolie pulmonaire grave avec choc ou artérielle. Elle est contre-indiquée dans certains cas : risque d’hémorragie, AVC récent, traumatisme grave ou intervention chirurgicale récente, grossesse, ulcère gastroduodénal non cicatrisé...

L’embolectomie consiste à enlever le caillot de l’artère pulmonaire par voie chirurgicale. Elle est réservée aux patients présentant une embolie pulmonaire grave en cas d’échec ou de contre-indication de la .

Un traitement percutané par cathétérisme permettant une (destruction du caillot) peut être dans certains cas une alternative à l'embolectomie chrurgicale.

Comment éviter la survenue d’une embolie pulmonaire ?

Prévenir la survenue d'une phlébite

L’embolie pulmonaire résultant le plus souvent de la complication d’une phlébite, ou veineuse, vous pouvez prendre des mesures pour limiter sa survenue.

Vous devez éviter :

  • l’alitement prolongé ;
  • la prise de contraceptifs hormonaux combinés (œstrogènes associés à des progestatifs) si vous présentez des facteurs de risque de phlébite ;
  • la prise de traitements hormonaux substitutifs de la ménopause ;
  • la consommation de tabac ;
  • le surpoids ;
  • en avion, buvez abondamment de l’eau, évitez de boire de l’alcool et marchez dans les couloirs.

Votre médecin traitant vous conseille et adapte votre traitement ou votre contraception si nécessaire. En fonction de la situation, il peut également vous prescrire un traitement anticoagulant pour prévenir la formation de caillots veineux.

Vous devez être particulièrement vigilant si :

  • vous avez déjà eu une embolie pulmonaire ou une phlébite ;
  • vous présentez des facteurs de risque de .

Prévenir la migration d'un caillot veineux en cas de phlébite

Il existe 2 dispositifs prévenant la migration d’un caillot.

En cas de phlébite (ou veineuse) des membres inférieurs, le risque d’embolie pulmonaire est important. Le médecin prescrit un traitement anticoagulant par héparine en injections sous-cutanées dès le diagnostic. Au bout de quelques jours, les piqûres sont remplacées par des comprimés (anti-vitamine K ou anticoagulants oraux directs). Le traitement anticoagulant est recommandé pendant plusieurs mois.

Dès que le diagnostic est posé et le traitement anticoagulant instauré, le port de bas de contention est recommandé afin de faciliter la circulation sanguine dans les veines des jambes. Il est également conseillé de se lever le plus tôt possible après l’immobilisation.

Pour empêcher la migration d’un caillot vers l’artère pulmonaire, on pose un filtre sur la veine cave en aval des veines rénales. Ce traitement est réservé aux patients qui présentent une contre-indication au traitement par anticoagulants.

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • Société française de cardiologie. Recommandations 2014 de la Société européenne de Cardiologie sur l'embolie pulmonaire 2014. Site internet : Société française de cardiologie. Paris ; 2017 [consulté le 31 janvier 2018]
  • National Health service (NHS). Pulmonary embolism. Site internet : NHS choices. Londres ; 2017 [consulté le 31 janvier 2018]
  • Collège des enseignants de cardiologie et maladies vasculaires. Thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire. Site internet : Société française de cardiologie. Paris ; 2016 [consulté le 31 janvier 2018]
  • Collège national des enseignants de réanimation médicale. Embolie pulmonaire. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011-2012 [consulté le 31 janvier 2018]
  • Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Recommandations de bonne pratique. Prévention et traitement de la maladie thromboembolique veineuse en médecine. Site internet : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 31 janvier 2018]