Embolie pulmonaire

30 mars 2017
Une embolie pulmonaire est une obstruction d'une artère des poumons par un caillot de sang. Une phlébite en est généralement à l’origine. L’embolie pulmonaire nécessite un traitement en urgence et très souvent une hospitalisation.

Qu’est-ce qu’une embolie pulmonaire ?

L’embolie pulmonaire apparaît lorsqu’une artère pulmonaire ou l’une de ses branches est bouchée par un caillot de sang.

Le caillot se forme au cours d’une phlébite ou veineuse (en général au niveau des jambes). Il se détache de la paroi de la veine et remonte avec le sang dans la circulation veineuse vers le cœur. Lors de ses contractions, le muscle cardiaque propulse le caillot dans les artères pulmonaires de plus en plus fines, où il finit par rester bloqué.

Le caillot provoque des dommages au niveau du poumon atteint. La partie lésée ne peut plus fournir d’oxygène à l’organisme. La gravité de l’embolie pulmonaire dépend donc :

  • de l’importance de la partie du poumon normalement irriguée par l’artère obstruée ;
  • de l’état cardiaque ou respiratoire de la personne.

Qu’est-ce qu’une embolie pulmonaire massive ?

C’est une embolie pulmonaire dans laquelle plus de 50 % des artères pulmonaires sont obstruées. Elle a des conséquences cardiaques (insuffisance cardiaque) et peut entraîner un arrêt du cœur. Elle est responsable d'une hypoxémie grave (diminution de la quantité d'oxygène dans le sang).

Formation d'une embolie pulmonaire

Schéma : formation d'une embolie pulmonaire

Les facteurs de risque de l'embolie pulmonaire

La survenue d’une embolie pulmonaire est favorisée par :

  • l’alitement ou l’immobilisation prolongés quelle qu’en soit la cause (maladie, traumatisme, long voyage…) ;
  • les interventions chirurgicales et tout particulièrement les interventions orthopédiques, gynéco-obstétricales et carcinologiques ;
  • les traumatismes : choc, fracture osseuse ;
  • les troubles de la coagulation dus à des maladies héréditaires ;
  • chez la femme, la contraception orale (pilule contraceptive), le traitement hormonal substitutif de la ménopause, la grossesse ;
  • certaines maladies : cancers en particulier du poumon et de l’estomac, insuffisance cardiaque, varices, antécédent de phlébite ;
  • des traitements médicamenteux : chimiothérapie anticancéreuse… ;
  • le surpoids et l’obésité.

Les symptômes de l’embolie pulmonaire

L’embolie pulmonaire entraîne l’apparition soudaine :

  • d’une douleur thoracique d’un côté, qui augmente à l’inspiration ;
  • de difficultés à respirer (dyspnée) : respiration rapide et courte ;
  • parfois une toux et des crachats avec du sang.

D’autres signes peuvent être présents, souvent représentatifs de la gravité de l’affection :

  • un malaise, ou même une perte de connaissance ;
  • une accélération du rythme cardiaque (tachycardie) ;
  • des extrémités bleues (doigts, lèvres) ;
  • des signes d’état de choc ;
  • plus rarement, un arrêt du cœur.

Les symptômes sont parfois difficilement évocateurs, car peu intenses ou peu spécifiques. La difficulté à respirer peut survenir progressivement et la douleur peut être modérée. Les symptômes varient d’une personne à l’autre, mais ils doivent toujours alerter lorsqu’ils surviennent dans un contexte de risque de phlébite et d’embolie pulmonaire.

Que faire devant des signes d’embolie pulmonaire ?

En cas de symptômes évoquant une embolie pulmonaire, et plus particulièrement s’ils surviennent lorsque sont présents des facteurs de risque, téléphonez immédiatement aux services d’urgence : 15 ou 112.

Après avoir téléphoné, restez auprès du malade :

  • installez-le en position semi-assise ;
  • empêchez-le de bouger pour éviter une migration du caillot ;
  • notez l’heure de l’apparition des premiers signes.

Urgence : appel au Samu

Appelez le 15 (service d'aide médicale urgente : Samu) ou le 112 (service d'urgence européen) depuis un téléphone fixe ou un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit (appel gratuit).

Lorsque vous êtes en communication :

  • parlez calmement et clairement ;
  • donnez votre numéro de téléphone, votre nom et celui de la personne concernée ;
  • indiquez le lieu et l'adresse exacte, ainsi que l'étage et le code d'accès éventuel ;
  • décrivez le plus précisément possible les signes qui vous ont alerté ;
  • précisez l’état de conscience du malade (conscient, somnolent, perte de connaissance) ;
  • donnez l'heure exacte d'apparition des premiers symptômes ;
  • ne raccrochez pas avant que votre interlocuteur ne vous le demande. Le médecin peut avoir besoin d'autres renseignements. Il peut aussi vous donner des directives, par exemple sur les gestes à pratiquer en attendant l’arrivée de l'équipe médicale mobile.

Le diagnostic d’embolie pulmonaire

À l’hôpital, face à des signes d’embolie pulmonaire, le médecin pratique un examen clinique complet. En particulier, il recherche des signes de phlébite.

Pour confirmer le diagnostic et évaluer les conséquences de l’embolie pulmonaire, il peut demander des examens complémentaires :

  • une radiographie du thorax ;
  • un électrocardiogramme ;
  • une analyse des gaz du sang artériel ;
  • un dosage sanguin des D-dimères (traces biologiques d’un caillot) ;
  • des examens d’imagerie : cardiaque, scanner thoracique ou pulmonaire.
Le caillot de sang n’est pas le seul responsable d’une embolie pulmonaire

Une embolie pulmonaire peut être due à un embole athéromateux (fragment de plaque d’athérome), un embole septique ou parasitaire (en cas d’infection grave), graisseux (après une fracture osseuse par exemple), amniotique (lors d’un accouchement) ou tumoral (migration de cellules cancéreuses).

Le traitement de l’embolie pulmonaire

Le traitement de l’embolie pulmonaire dépend de sa gravité et de l’état du patient.

En cas d’embolie pulmonaire, quelle que soit sa gravité, un traitement anticoagulant est mis en place. Ce traitement débute généralement par des injections d’héparine, puis se poursuit par des comprimés (anti vitamine K). Il a pour but :

  • de limiter l’extension du caillot ;
  • de prévenir le risque de récidive.

Elle consiste en l’injection intraveineuse d’un médicament permettant la dissolution du caillot situé dans l’artère pulmonaire. Elle est réservée aux patients qui présentent une embolie pulmonaire grave avec risque de choc ou d’hypotension artérielle sévère. Elle est contre-indiquée dans certains cas : risque d’hémorragie, AVC récent.

Toute personne présentant une embolie pulmonaire grave est hospitalisée en service de réanimation. Elle bénéficie d’une surveillance rapprochée ou continue.

Pour pallier le manque d’oxygène ou la défaillance cardiaque, d’autres traitements sont prescrits : mise sous oxygène, médicaments stimulant la contraction du cœur…

L’embolectomie consiste à enlever le caillot de l’artère pulmonaire par voie chirurgicale. Elle est réservée aux patients présentant une embolie pulmonaire grave en cas d’échec ou de contre-indication de la .

Comment éviter la survenue d’une embolie pulmonaire ?

L’embolie pulmonaire résultant le plus souvent de la complication d’une phlébite, ou veineuse, vous pouvez prendre des mesures pour limiter sa survenue.

Vous devez éviter :

  • l’alitement prolongé ;
  • la prise de contraceptifs hormonaux combinés (œstrogènes associés à des progestatifs) si vous présentez des facteurs de risque de phlébite ;
  • la prise de traitements hormonaux substitutifs de la ménopause ;
  • la consommation de tabac ;
  • le surpoids ;
  • en avion, buvez abondamment de l’eau, évitez de boire de l’alcool et marchez dans les couloirs.

Votre médecin traitant vous conseille et adapte votre traitement ou votre contraception si nécessaire.

En fonction de la situation, il peut également vous prescrire un traitement anticoagulant pour prévenir la formation de caillots veineux.

Vous devez être particulièrement vigilant si :

  • vous avez déjà eu une embolie pulmonaire ou une phlébite ;
  • vous présentez des facteurs de risque de .

Prévenir la migration d'un caillot veineux en cas de phlébite

Il existe 2 dispositifs prévenant la migration d’un caillot.

En cas de phlébite (ou veineuse) des membres inférieurs, le risque d’embolie pulmonaire est important. Le médecin prescrit un traitement anticoagulant par héparine en injections sous-cutanées dès le diagnostic. Au bout de quelques jours, les piqûres sont remplacées par des comprimés (anti-vitamine K), plus faciles à prendre. Le traitement anticoagulant est recommandé pendant plusieurs mois.

Dès que le diagnostic est posé et le traitement anticoagulant instauré, le port de bas de contention est recommandé afin de faciliter la circulation sanguine dans les veines des jambes. Il est également conseillé de se lever le plus tôt possible après l’immobilisation.

Les sept règles d’or à respecter en cas de traitement anticoagulant par anti-vitamine K

  1. Je respecte la dose prescrite et les heures de prise.
  2. Je réalise tous les contrôles biologiques (analyse de sang) prescrits par le médecin aux dates indiquées.
  3. Je signale la prise d'un traitement par anti-vitamine K à tout professionnel de santé que je consulte (médecin, pharmacien, biologiste, infirmière, dentiste, kinésithérapeute, pédicure...).
  4. Je contacte rapidement mon médecin ou les urgences les plus proches en cas de saignement.
  5. Je remplis le carnet de traitement à chaque analyse de sang : résultat de l’INR, dose journalière, incidents.
  6. J’adopte une alimentation équilibrée et je modère ma consommation d’alcool. En particulier, je veille à ne pas trop manger certains aliments (brocolis, laitue, épinards, choux, choux fleurs, choux de Bruxelles) qui contiennent beaucoup de vitamine K.
  7. Je demande l’avis de mon médecin avant de prendre un autre médicament, de recevoir une injection, de subir une extraction dentaire ou autre petite opération, des soins de pédicure, ou avant tout projet de voyage.

Pour empêcher la migration d’un caillot vers l’artère pulmonaire, on pose un filtre sur la veine cave en aval des veines rénales. Ce traitement est réservé aux patients qui présentent une contre-indication au traitement par anticoagulants.

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • Meyer G, Perrier A, Diehl JL. Embolie pulmonaire. 2eéd. Paris : Elsevier ; 2005.
  • Bosson JL. Maladie thrombo-embolique veineuse. Site internet : Université Joseph Fourier. Grenoble (France) ; 2005 [consulté le 26 février 2015]
  • National Health Service (NHS). Pulmonary embolism. Site internet : NHS choices. Londres ; 2013 [consulté le 26 février 2015]
  • Collège des enseignants de cardiologie et maladies vasculaires. Thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire. Site internet : Campus de cardiologie et maladies vasculaires de l’Université numérique francophone des sciences de la santé et du sport. Lille (France) ; 2011-2012 [consulté le 26 février 2015]
  • Egger B, Aubert JD. Embolie pulmonaire : prise en charge initiale. Rev Med Suisse. 2007;3(134):2640-2.
  • Collège national des enseignants de réanimation médicale. Embolie pulmonaire. Site internet : Campus de réanimation médicale de l’Université numérique francophone des sciences de la santé et du sport. Lille (France) ; 2011-2012 [consulté le 26 février 2015]
  • Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Recommandations de bonne pratique. Prévention et traitement de la maladie thromboembolique veineuse en médecine. Site internet : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Saint-Denis (France) ; 2009 [consulté le 26 février 2015]