Coliques néphrétiques

24 avril 2017
La colique néphrétique se manifeste par une douleur aiguë, unilatérale et lombaire. Elle est le plus souvent due à la présence d'un calcul dans l'un des 2 uretères. Si la crise s’accompagne de certains symptômes, elle doit amener à consulter en urgence.

Comment reconnaître rapidement les coliques néphrétiques ?

La colique néphrétique est une douleur intense de la région lombaire et abdominale, survenant d'un seul côté. Elle est due à l'augmentation de pression dans les voies urinaires et dans le rein. Cette augmentation de pression résulte de la présence d'un obstacle qui est le plus souvent un calcul ou lithiase.

Le calcul est, le plus souvent, situé au niveau d'un uretère, puis il se déplace, traverse la vessie puis l' pour être évacué dans les urines, soit spontanément soit après traitement.

Appareil urinaire : présence d'une lithiase dans un uretère

Schéma : appareil urinaire, présence d'une lithiase dans un uretère

Les symptômes des coliques néphrétiques

Voici les signes qui doivent vous alerter :

  • la douleur est intense et apparait de manière brutale, plutôt le matin et la nuit ;
  • elle est brève mais répétée, suivie de périodes d'accalmie souvent incomplète. Une douleur sourde persiste souvent entre 2 épisodes de douleurs aiguës ;
  • elle se manifeste d'un seul côté car l'obstacle est présent dans les voies urinaires soit à droite, soit à gauche ; elle naît dans le dos, descend et tourne vers l' , l'aine et les organes génitaux ; la personne est agitée car aucune position ne parvient à la soulager ;
  • elle peut s'accompagner de symptômes digestifs : nausées, vomissements, ballonnement abdominal causé par l'accumulation de gaz intestinaux et de symptômes urinaires : envie fréquente d'uriner sans y parvenir, besoin urgent d'uriner, parfois présence de sang dans les urines ;
  • en cas de colique néphrétique simple, il n'y a pas de fièvre.

La crise de colique néphrétique dure d'une dizaine de minutes à quelques heures.

Les symptômes de colique néphrétique peuvent cependant être trompeurs et faire penser par exemple à une affection digestive ou génitale. Donc, si vous avez déjà eu des coliques néphrétiques, n'oubliez pas de le dire au médecin pour faciliter le diagnostic. Les récidives de coliques néphrétiques sont, en effet, fréquentes (15 % de récidives à 1 an et 50 % à 10 ans).

Très rarement, la colique néphrétique est plus grave : c'est le cas lorsqu'elle est associée à de la fièvre, signe d'une infection du rein (pyélonéphrite), lorsqu'elle survient chez une femme enceinte, chez une personne atteinte de maladie rénale chronique ou ne présentant qu'un seul rein.

Un calcul (ou lithiase) à l'origine des coliques néphrétiques

Dans près de 80 % des cas, l'obstacle sur les voies urinaires est un calcul. Un calcul est une concrétion (pierre) formée par des sels minéraux. Dans 90 % il s'agit d'oxalate de calcium : on parle alors de lithiase calcique. Avant d'être expulsé avec l'urine, il migre jusqu'à la vessie et l' .

La douleur reprend chaque fois que le calcul est coincé au cours de son trajet. Dans 68  % des cas, les calculs de moins de 5 mm sont expulsés spontanément dans les urines ; cette proportion tombe à 47 % pour des calculs de 5 à 10 mm.

© Blausen Medical

Que faire en cas de crise de coliques néphrétiques ?

Avant tout, ne paniquez pas :

  • prenez votre température pour vérifier que vous n’avez pas de fièvre ;
  • buvez normalement ;
  • appliquez une source de chaleur sur la zone qui vous fait mal (bain chaud ou douche chaude dirigée sur la région lombaire) ;
  • prenez des antalgiques (soit du paracétamol, soit des anti-inflammatoires non stéroïdien si vous n'avez pas de contre-indication) ;
  • consultez votre médecin traitant. Si la douleur ne disparaît pas après la prise de ces médicaments, il sera peut-être nécessaire de vous prescrire un autre traitement.

Dans quels cas appeler le 15 ?

Appelez le 15 (service d'aide médicale urgente : Samu) ou le 112 (numéro d'urgence européen) depuis un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile (même bloqué ou sans crédit) si :

  • la crise s'accompagne de fièvre, de frissons et d'un mauvais état général ;
  • vous n'urinez pas depuis 24 heures : la distension du rein peut évoluer rapidement vers une insuffisance rénale aiguë ;
  • vous avez du sang dans les urines, des vomissements, un malaise, une modification de la douleur ;
  • la crise ne passe pas ou reprend après le premier traitement ;
  • vous êtes enceinte ;
  • vous avez une insuffisance rénale ou des antécédents de maladies touchant l'appareil urinaire ;
  • vous n'avez qu'un seul rein ou vous avez subi une transplantation rénale.
Urgence : appel au Samu

Appelez le 15 ou le 112 depuis un téléphone fixe ou mobile :

  • parlez calmement ;
  • donnez votre numéro de téléphone, votre nom et celui du malade ;
  • indiquez l'adresse exacte (étage, code d'accès...) ;
  • décrivez les signes qui vous ont alerté ;
  • ne raccrochez pas avant que l'interlocuteur ne vous le demande.

La consultation et les examens en cas de colique néphrétique

En cas de symptômes de colique néphrétique, le médecin traitant examine son patient et confirme le diagnostic en demandant des examens d’imagerie médicale.

Le médecin traitant pratique un test urinaire grâce à une bandelette urinaire : il permet de détecter la présence de sang (fréquente en cas de lithiase urinaire) et de s'assurer de l'absence de et leucocytes pouvant témoigner d'une infection urinaire associée.

En cas de suspicion d'infection urinaire, un examen cytobactériologique des urines (ou ECBU) est réalisé.

Elle n'est pas systématique. Le dosage de la permet de vérifier le fonctionnement des reins.

L’échographie du rein et de la vessie permet de visualiser les reins et l’appareil urinaire. Il met en évidence la présence d’un calcul (ou lithiase) et la dilatation anormale des voies urinaires au-dessus de cet obstacle.

Un scanner de l' et de la région pelvienne réalisé sans injection de produit de contraste détecte de façon plus sensible les obstacles présents au niveau des voies urinaires.

Un examen radiologique simple de l' permet de visualiser un calcul (lithiase) radio-opaque. Cet examen est préconisé dans le suivi d'une colique néphrétique.

Le traitement de la colique néphrétique

Le traitement de la douleur est entrepris d'emblée ; il est adapté à chaque cas (traitement par anti inflammatoires non stéroïdiens et par antalgiques) et peut être associé à un traitement antispasmodique.

Les calculs peuvent s'évacuer spontanément surtout s'ils sont petits. Afin de pouvoir analyser le calcul, il est demandé au patient de récupérer le ou les calculs en urinant dans un récipient jusqu'à évacuation.

Si le calcul n'est pas évacué, un traitement urologique est nécessaire :

  • mise en place d'une sonde urétérale ;
  • des voies urinaires avec fragmentation des calculs par ,
  • fragmentation extracorporelle par ondes de choc (lithotritie extracorporelle)...

Une hospitalisation est nécessaire, en urgence, dans les formes graves de coliques néphrétiques (grossesse en cours, pyélonéphrite aiguë associée, rein unique...)

Comment prévenir la formation de calcul urinaire ?

Une élimination urinaire importante (2 litres par jour) et la dilution des urines empêchent la formation de calculs urinaires. Pour cela :

  • buvez 2 litres d'eau par jour, voire plus s'il fait chaud ou si vous faites du sport ;
  • buvez régulièrement, y compris au coucher et la nuit si vous vous réveillez ;
  • adaptez votre alimentation et la nature de vos boissons au type de calculs que vous avez. Demandez conseil à votre médecin traitant.
Sources
  • Collège français des Urologues. Université médicale virtuelle francophone. Lithiase urinaire. Site internet : Campus cerimes. Paris ; 2014 [consulté le 7 mars 2016]
  • Balssa L, Kleinclauss F. Prise en charge des coliques néphrétiques aiguës. Prog Urol. 2010;20:802-805
  • El Khebir M, Fougeras O, Le Gall C, Santin A, Perrier C, Sureau C et al. Prise en charge des coliques néphrétiques de l'adulte dans les services d'accueil et d'urgences. Prog Urol. 2009;19:462-73.
  • Haute Autorité de santé. Radiologie conventionnelle. Site internet : HAS. Saint Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 7 mars 2016]
  • Faïs P-O, Albert T, Gaillet S. Utérorénoscopie souple laser pour calcul du haut appareil urinaire. Prog Urol. 2011;21(11): 811-815.