Colique néphrétique

14 novembre 2018
La colique néphrétique se manifeste par une douleur aiguë, unilatérale et lombaire. Elle est le plus souvent due à la présence d'un calcul dans l'un des 2 uretères. Si la crise s’accompagne de certains symptômes, elle doit amener à consulter en urgence.

Quels sont les symptômes d'une colique néphrétique ?

Qu'est-ce qu'une colique néphrétique ?

La colique néphrétique est une douleur intense de la région lombaire et abdominale, survenant d'un seul côté. Elle est due à l'augmentation de pression dans les voies urinaires et dans le rein.

Cette augmentation de pression résulte de la présence d'un obstacle dans les voies urinaires. Cet obstacle est le plus souvent un calcul rénal ou lithiase rénale. Le calcul est, le plus souvent, situé au niveau des voies urinaires (au niveau d'un uretère), puis il se déplace, traverse la vessie puis l' pour être évacué dans les urines, soit spontanément soit après traitement.

Appareil urinaire : présence d'une lithiase ou calcul dans un uretère

Schéma : appareil urinaire, présence d'une lithiase dans un uretère

Les symptômes de la colique néphrétique

La crise de colique néphrétique survient souvent après :

  • un voyage récent et prolongé,
  • un séjour en pays chaud,
  • un travail en ambiance surchauffée,
  • une immobilisation prolongée (après une maladie par exemple),
  • une activité sportive et une consommation insuffisante d'eau...

Voici les signes qui doivent vous alerter :

  • vous ressentez une douleur intense qui apparait de manière brutale, plutôt le matin et la nuit ;
  • la douleur naît dans le dos, descend et tourne vers l', l'aine et les organes génitaux ;
  • elle se manifeste d'un seul côté car l'obstacle est présent dans les voies urinaires soit à droite, soit à gauche ;
  • la douleur est brève mais répétée, suivie de périodes d'accalmie souvent incomplète. Une douleur sourde persiste souvent entre 2 épisodes de douleurs aiguës ;
  • vous êtes agité(e) car aucune position ne parvient à vous soulager ;
  • la douleur peut s'accompagner de symptômes :
    • digestifs : nausées, vomissements, ballonnement abdominal causé par l'accumulation de gaz intestinaux,
    • urinaires : envie fréquente d'uriner sans y parvenir, besoin urgent d'uriner, parfois présence de sang dans les urines ;
  • en cas de colique néphrétique simple, il n'y a pas de fièvre.

La crise de colique néphrétique dure d'une dizaine de minutes à quelques heures.

Les symptômes de colique néphrétique peuvent cependant être trompeurs et faire penser par exemple à une maladie digestive ou génitale. Donc, si vous avez déjà eu des coliques néphrétiques, n'oubliez pas de le dire au médecin pour faciliter le diagnostic. Les récidives de coliques néphrétiques sont, en effet, fréquentes (15 % de récidives à 1 an et 50 % à 10 ans).

Très rarement, la colique néphrétique est plus grave : c'est le cas lorsqu'elle :

  • est associée à de la fièvre, signe d'une infection du rein (pyélonéphrite),
  • survient chez une femme enceinte,
  • survient chez une personne atteinte de maladie rénale chronique ou ne présentant qu'un seul rein.

Un calcul (ou lithiase) rénal à l'origine des coliques néphrétiques

Dans près de 80 % des cas, l'obstacle sur les voies urinaires est un calcul rénal (lithiase rénale). Une colique néphrétique peut plus rarement survenir en cas de malformation d'une voie urinaire, une compression de celle-ci par une tuméfaction...

Un calcul est une concrétion (pierre) formée par des sels minéraux. Dans 90 % il s'agit d'oxalate de calcium : on parle alors de lithiase calcique.

Avant d'être expulsé avec l'urine, il migre jusqu'à la vessie et l' et la douleur reprend chaque fois que le calcul est coincé au cours de son trajet.

Dans 68  % des cas, les calculs rénaux de moins de 5 mm sont expulsés spontanément dans les urines lors de la ; cette proportion tombe à 47 % pour des calculs de 5 à 10 mm.

© Blausen Medical

Que faire en cas de crise de colique néphrétique ?

Comment soulager la douleur de la colique néphrétique ?

Si vous présentez une crise de colique néphrétique, agissez sans précipitation malgré la douleur :

  • prenez votre température pour vérifier que vous n’avez pas de fièvre ;
  • buvez normalement ;
  • appliquez une source de chaleur sur la zone qui vous fait mal (bain chaud ou douche chaude dirigée sur la région lombaire) ;
  • prenez des antalgiques (soit du paracétamol, soit des anti-inflammatoires non stéroïdien si vous n'avez pas de contre-indication) ;

Puis consultez votre médecin traitant. Si la douleur ne disparaît pas après la prise de ces médicaments, il sera peut-être nécessaire de vous prescrire un autre traitement.

Colique néphrétique : dans quels cas appeler le 15 ?

Appelez le 15 (service d'aide médicale urgente : Samu) ou le 112 (numéro d'urgence européen) depuis un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile (même bloqué ou sans crédit) si :

  • la crise de colique néphrétique s'accompagne de fièvre, de frissons et d'un mauvais état général ;
  • vous n'urinez pas depuis 24 heures : la distension du rein peut évoluer rapidement vers une insuffisance rénale aiguë ;
  • vous avez du sang dans les urines, des vomissements ;
  • vous présentez un malaise ;
  • la douleur se modifie : elle augmente ou diffuse ;
  • la crise ne passe pas ou reprend après le premier traitement ;
  • vous êtes enceinte ;
  • vous avez une insuffisance rénale ou des antécédents de maladies touchant l'appareil urinaire ;
  • vous n'avez qu'un seul rein ou vous avez subi une transplantation rénale.
Urgence : appel au Samu

Appelez le 15 ou le 112 depuis un téléphone fixe ou mobile :

  • parlez calmement ;
  • donnez votre numéro de téléphone, votre nom et celui du malade ;
  • indiquez l'adresse exacte (étage, code d'accès...) ;
  • décrivez les signes qui vous ont alerté ;
  • ne raccrochez pas avant que l'interlocuteur ne vous le demande.

La consultation et les examens en cas de colique néphrétique

En cas de symptômes de colique néphrétique, le médecin traitant examine son patient et confirme le diagnostic en demandant des examens d’imagerie médicale.

Examen des urines

Le médecin traitant pratique un test urinaire grâce à une bandelette urinaire : il permet de détecter la présence de sang (fréquente car la lithiase rénale ou calcul rénale irrite les voies urinaires en se déplaçant) et de s'assurer de l'absence de et leucocytes pouvant témoigner d'une infection urinaire associée.

En cas de suspicion d'infection urinaire, un examen cytobactériologique des urines (ou ECBU) est réalisé.

Examens radiologiques pour mettre en évidence le calcul dans les voies urinaires et le retentissement sur les reins

  • Une échographie abdomino-pelvienne est systématiquement effectuée. Elle permet de visualiser les reins et l’appareil urinaire. Il met en évidence la présence d’un calcul (ou lithiase) urinaire et la dilatation anormale des voies urinaires au-dessus de cet obstacle.
  • Un scanner de l' et de la région pelvienne réalisé sans injection de produit de contraste peut être utile pour détecter de façon plus sensible les obstacles présents au niveau des voies urinaires.
  • Un examen radiologique simple de l' permet de visualiser un calcul rénal (lithiase rénale) radio-opaque. Cet examen est préconisé dans le suivi d'une colique néphrétique.

Bilan sanguin

Une analyse sanguine  permet de vérifier le fonctionnement des reins.

Le traitement de la colique néphrétique

Le traitement de la douleur de colique néphrétique

Le traitement de la douleur de colique néphrétique est entrepris d'emblée ; il est adapté à chaque cas (traitement par anti inflammatoires non stéroïdiens et par antalgiques) et peut être associé à un traitement antispasmodique.

Une hospitalisation est nécessaire, en urgence, dans les formes graves de coliques néphrétiques (grossesse en cours, pyélonéphrite aiguë associée, rein unique...)

Comment les calculs rénaux ou urinaires sont-ils éliminés ?

Les calculs rénaux ou urinaires peuvent s'évacuer spontanément surtout s'ils sont petits. Afin de pouvoir analyser le calcul, il est demandé au patient de récupérer le ou les calculs en urinant dans un récipient jusqu'à évacuation.

Si le calcul n'est pas évacué, un traitement urologique est nécessaire :

  • mise en place d'une sonde urétérale ;
  • des voies urinaires avec fragmentation des calculs par ,
  • fragmentation extracorporelle par ondes de choc (lithotritie extracorporelle)...

Comment prévenir la formation de calculs rénaux ?

Une élimination urinaire importante (2 litres d'urines par jour) et la dilution des urines empêchent la formation de calculs dans les reins et voies urinaires.

Pour cela :

  • buvez 2 litres d'eau par jour, voire plus s'il fait chaud ou si vous faites du sport, sauf en cas de contre-indication médicale ;
  • buvez régulièrement, y compris au coucher et la nuit si vous vous réveillez ;
  • adaptez votre alimentation et la nature de vos boissons au type de calculs que vous avez. Demandez conseil à votre médecin traitant.
Sources
  • Collège français des Urologues. Lithiase urinaire. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France); 2014 [consulté le 14 novembre 2018]
  • Balssa L, Kleinclauss F. Prise en charge des coliques néphrétiques aiguës. Prog Urol. 2010;20:802-805
  • El Khebir M, Fougeras O, Le Gall C, Santin A, Perrier C, Sureau C et al. Prise en charge des coliques néphrétiques de l'adulte dans les services d'accueil et d'urgences. Prog Urol. 2009;19:462-73.
  • Haute Autorité de santé. Radiologie conventionnelle. Site internet : HAS. Saint Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 7 mars 2016]
  • Faïs P-O, Albert T, Gaillet S. Utérorénoscopie souple laser pour calcul du haut appareil urinaire. Prog Urol. 2011;21(11): 811-815.