Syndrome du bébé secoué

24 avril 2017
Le syndrome du bébé secoué désigne un traumatisme crânien qui survient lorsque l'on secoue violemment un jeune enfant. Cette forme de maltraitance est une urgence médicale. Quelques règles basiques permettent de garder ou de retrouver son calme face à un enfant qui pleure.

Qu’est-ce que le syndrome du bébé secoué ?

Le syndrome du bébé secoué désigne un traumatisme crânien non accidentel, entraînant des lésions du cerveau. Il survient lorsque l'on secoue violemment un bébé ou un jeune enfant. Le plus souvent, ce drame arrive lorsque la personne qui s'occupe de l'enfant est exaspérée par ses pleurs. Les enfants de moins d’1 an sont les plus touchés par le syndrome du bébé secoué.

Sur le plan pénal, la jurisprudence considère le secouement d’un bébé comme un acte de violence volontaire. À ce titre, l’auteur d’un tel geste peut être puni d’une peine de prison allant de 3 ans à 30 ans, selon la gravité des faits et sa relation avec l’enfant. Les ascendants du bébé et les personnes ayant autorité sur lui sont plus sévèrement punies.

Les lésions provoquées et leurs effets

Lorsqu’un bébé est secoué, des lésions cérébrales peuvent survenir même si son crâne ne reçoit aucun choc. En effet, les nourrissons et les jeunes enfants ont une tête relativement grosse et lourde par rapport à leur corps. La musculature de leur cou est faible et leur cerveau est encore en développement. Il est donc plus sensible et plus susceptible d’être blessé par une secousse.

Sous l’effet des secousses, la tête du bébé se balance rapidement d’avant en arrière et son cerveau heurte les parois de son crâne. Des vaisseaux sanguins cérébraux peuvent se rompre. D’autres blessures sont aussi possibles, à savoir :

  • un écrasement du tissu cérébral contre la boite crânienne à chaque secousse, entraînant des contusions et un œdème cérébral avec hémorragie ;
  • un phénomène de cisaillement du tissu cérébral, causant des déchirements.

Les conséquences de ces traumatismes peuvent être très graves pour l’enfant et inclure des séquelles neurologiques permanentes, ou même la mort.

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Des blessures dues à des gestes très violents

Aucun enfant ne doit être secoué, quels que soient son âge et la situation.

Chaque année, 180 à 200 enfants seraient victimes, en France, de cette forme de maltraitance. Ce chiffre est certainement sous-évalué en raison :

  • d’une absence de dépistage ;
  • d’une sous-déclaration du syndrome du bébé secoué.

La méconnaissance du diagnostic de syndrome du bébé secoué expose le bébé et son entourage au risque de récidive.

Si les moins d’1 an sont les plus concernés, des enfants plus âgés peuvent aussi subir des blessures graves s'ils sont secoués violemment.

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Syndrome du bébé secoué : symptômes, diagnostic et séquelles

Soyez vigilant si vous remarquez chez votre bébé :

  • une somnolence inhabituelle, des troubles de la conscience ou une extrême irritabilité ;
  • un refus de manger, une alimentation minime ou des vomissements sans raison apparente ;
  • une perte des sourires ou du babillage habituels ;
  • une tendance à ne pas fixer le regard, des pupilles de dimensions inégales ou une incapacité à suivre un mouvement des yeux ;
  • une rigidité du corps, des mouvements anormaux ou des convulsions (les bras et les jambes se raidissent ou se mettent à bouger de manière incontrôlable) ;
  • une difficulté à respirer ou des pauses respiratoires.

Face à ces signes, contactez les secours médicaux d’urgence. Un diagnostic et des soins précoces sont indispensables pour diminuer les séquelles neurologiques si elles existent.

En attendant l’arrivée des secours, si votre bébé présente des convulsions ou s’il vomit, placez-le sur le côté, en position latérale de sécurité : cela permet à sa salive ou à ses vomissements de s'écouler par la bouche, pour limiter le risque d’étouffement.

Pour connaître la technique de mise en position latérale de sécurité, consulter le site de La Croix rouge française

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Appels d’urgence : mode d’emploi

Composez le 15 ou le 112 depuis un téléphone fixe ou mobile.

Lorsque vous parlez au Samu (service d'aide médicale urgente) :

  • soyez calme et clair ;
  • donnez votre numéro de téléphone, votre nom et celui de la personne malade ;
  • indiquez le lieu et l'adresse exacte, l'étage et le code d'accès éventuel ;
  • décrivez le plus précisément possible les signes qui vous ont alerté ne raccrochez pas avant que votre interlocuteur ne vous le demande.

Le diagnostic du syndrome du bébé secoué

Après son admission à l’hôpital, votre bébé bénéficiera d’un examen clinique approfondi. Un ensemble d’examens complémentaires peuvent être réalisés pour rechercher d’éventuelles lésions :

  • un scanner cérébral ;
  • un examen ophtalmologique ;
  • une IRM (imagerie par résonnance magnétique) ;
  • des radiographies du squelette ;
  • un bilan biologique.

Les séquelles et les soins pour les enfants victimes du syndrome du bébé secoué

Les lésions cérébrales subies par les bébés secoués peuvent avoir des conséquences diverses. Elles peuvent entraîner plusieurs formes d’invalidité, souvent permanentes :

  • retard du développement psychomoteur ;
  • troubles du comportement ;
  • convulsions ;
  • paralysie ;
  • cécité.

À noter que ces manifestations peuvent se déclarer bien après le secouement, et tout au long de la vie de l’enfant.

Pour prendre en charge ces affections, des soins spécifiques sont généralement nécessaires (éducation spécialisée, réadaptation, orthophonie, etc.)

Que faire si votre bébé pleure beaucoup ?

Voici quelques pistes pour mieux décrypter les besoins de votre nourrisson, et quelques conseils s’il reste inconsolable sans raison apparente.

Gardez toujours votre calme et n'hésitez pas à vous faire aider. Sachez qu'un bébé en bonne santé peut pleurer 2 à 3 heures par jour pour diverses raisons : faim, couche humide, position inconfortable, besoin d'un câlin, ennui, fatigue, etc.

Comment calmer votre enfant ?

Assurez-vous d'abord que votre bébé n'a pas de fièvre. S'il en a prenez-la en charge.

Vérifiez s'il n'a pas besoin de boire ou de manger, d'être changé, couvert davantage ou au contraire, moins couvert.

Si votre bébé n'a apparemment besoin de rien, voici quelques conseils pour vous aider à le calmer :

  • prenez-le dans vos bras ;
  • frottez-lui doucement le ventre ;
  • éteignez les lumières et maintenez le calme dans l’environnement de votre bébé. Trop de stimulations peuvent déclencher ou faire empirer ses pleurs ;
  • de la musique ou des chants doux, des sons apaisants, consolent certains bébés ;
  • de nombreux nourrissons sont aussi calmés par le mouvement. Installez votre bébé dans un porte-bébé ou une poussette et promenez-le. Vous pouvez aussi le bercer dans vos bras avec des mouvements lents et rythmés ;
  • téter aide parfois les bébés à se détendre. Vous pouvez donc donner à votre enfant une tétine ;
  • enfin, vous pouvez faire prendre à votre bébé un bain à 37 ºC.

Comment garder votre calme ?

Vous vous êtes assuré que votre bébé n’a aucun problème particulier. Pourtant, il pleure encore.

Gardez votre calme et prenez conscience de vos sentiments : êtes-vous contrarié, frustré, en colère, énervé ? Êtes-vous au bout de vos forces ? Si c’est le cas, prenez quelques instants pour vous calmer et vous reposer.

Si vous n’en pouvez plus, arrêtez-vous ! Couchez votre enfant bien en sécurité sur le dos, dans son lit. Quittez la chambre pour quelques minutes et fermez la porte de la pièce.

Vous pouvez aussi essayer de trouver un moyen de vous détendre :

  • prenez des respirations longues et profondes ;
  • serrez un objet mou ;
  • écoutez de la musique douce ;
  • pleurez ;
  • prenez une douche.

Si besoin, parlez de vive voix ou par téléphone à un ami, à un membre de votre famille, à un voisin ou à une autre personne en qui vous avez confiance, pour obtenir un soutien.

Si toutefois vous avez l’impression que vous pourriez blesser votre bébé dans les instants qui viennent, appelez à l’aide le 119 (Allo enfance en danger).

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Demander de l'aide et du soutien

Il n'est pas toujours facile d'être parent ou éducateur. Les pleurs constants de votre bébé peuvent vous inquiéter et vous épuiser. Vous ne dormez probablement pas beaucoup tandis que vous vous efforcez de répondre à ses besoins, à toute heure du jour et de la nuit. Vous avez peut-être d’autres charges qui vous fatiguent : travail, enfants plus grands, soucis divers…

Quelle que soit votre situation, ne restez pas seul(e) face aux pleurs de votre enfant :

  • Demandez à un ami, à un membre de votre famille ou à une autre personne de confiance de s’occuper de votre bébé pendant de courtes périodes. Vous pourrez ainsi avoir un peu de répit.
  • Si des personnes fiables vous proposent de vous aider, acceptez. Cependant, ne laissez jamais votre enfant à quelqu’un en qui vous n’avez pas confiance ou qui a des réactions violentes.
  • Si vous êtes préoccupé par votre relation avec votre bébé ou que vous vous posez des questions, parlez-en à votre pédiatre ou à votre médecin traitant. Vous pouvez aussi faire appel à des associations d’aide à la parentalité.

Quoi qu’il arrive, il ne faut pas secouer un bébé. Même si vous êtes très irrité, NE SECOUEZ JAMAIS VOTRE ENFANT.

Informez également les personnes amenées à le garder, des problèmes que peut entraîner toute secousse violente.

Enfin, si vous sentez que vous allez secouer votre nourrisson, appelez le 119 : des professionnels sont là pour vous écouter et vous aider.

En cas de malaise chez un bébé, il ne faut pas le secouer

Si votre bébé ne respire plus, le secouement ne l’aidera pas et peut être responsable de graves lésions du cerveau. Composez le 15 ou le 112 depuis un téléphone fixe ou mobile.

Respectez les consignes du Samu en attendant leur arrivée.

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • Société canadienne de pédiatrie (SCP). Déclaration conjointe sur le syndrome du bébé secoué. Site internet : CSP. Ottawa ; 2005 [consulté le 15 mai 2014]
  • Haute Autorité de santé. Syndrome du bébé secoué - Recommandations de la commission d'audition. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 15 mai 2014]
  • Rebuffat E. Le syndrome du bébé secoué. Re Med Bruxelles. 2009;30(4);234-38.
  • Haute Autorité de santé (HAS). Bébé secoué : une forme mal connue de maltraitance aux conséquences irréparables. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 15 mai 2014]
  • Département de traumatologie et protection de l'enfance. Pour l’amour ! Ne secouez pas votre bébé. Site internet : Hôpital de Montréal pour enfants. Montréal (Canada) ; 2013 [consulté le 15 mai 2014]