Traumatisme dentaire

30 mars 2017
Un traumatisme dentaire est une lésion d’une ou plusieurs dents, causée par un choc. Si celui-ci est violent ou associé à une perte de connaissance, il s’agit d’une urgence médicale. Certaines précautions permettent de limiter le risque de traumatisme dentaire, chez l’adulte comme chez l’enfant.

Qu’est-ce qu’un traumatisme dentaire ?

Un traumatisme dentaire est une lésion d’une ou plusieurs dents, causée par un choc. Selon le type d’accident, la dent peut être atteinte différemment et la douleur ressentie est plus ou moins intense.

Les traumatismes dentaires touchent le plus souvent les "dents de devant" (incisives et canines, notamment supérieures). Les prémolaires et les molaires sont plus rarement atteintes. En effet, elles sont mieux protégées car elles se situent à l’arrière de la bouche.

Par ailleurs, lors d’un traumatisme dentaire, des lésions peuvent toucher d’autres parties de la bouche :

  • les éléments de soutien de la dent : os et gencives ;
  • les muqueuses buccales : lèvres, langue.

 Dent en coupe

Schéma : dent

Un accident plus courant chez les jeunes

Les traumatismes dentaires touchent plus particulièrement les enfants et adolescents. Près de 50 % des Européens auront subi ce type d’accident avant leur seizième anniversaire. Les jeunes sont particulièrement concernés pendant trois périodes de la vie.

Le manque de coordination des mouvements et de réflexes protecteurs favorise les chocs contre le bord des meubles ou contre des objets durs ou anguleux. Lors de l’apprentissage de la marche, les chutes sont nombreuses.

La pratique du vélo, du roller ou de la trottinette, ou encore les jeux et coups échangés dans la cour de récréation, peuvent être à l’origine de traumatismes dentaires.

Certaines pratiques sportives (sports d’équipe ou de contact), ainsi que les bagarres et les accidents de la circulation, causent parfois des traumatismes dentaires.

Les différents types de traumatismes dentaires

Selon la nature du traumatisme, la dent n’est pas atteinte de la même façon.

Les différents traumatismes dentaires

Schéma : différents traumatismes dentaires

C’est le traumatisme le moins violent. Il provoque un simple ébranlement de la dent, sans fracture ni atteinte de ses éléments de soutien. Il n’y a ni lésion apparente, ni mobilité de la dent. Celle-ci peut cependant être douloureuse à cause d’une inflammation de la pulpe. Cette inflammation de la pulpe guérit le plus souvent en quelques jours. Il faut cependant surveiller la dent car si le choc a lésé le nerf et les vaisseaux de la dent, cette dernière d’abord douloureuse perd ensuite sa vitalité et vire au gris.

On observe une craquelure au niveau de l’émail, sans perte d’un morceau de dent. Elle s’accompagne parfois d’une légère sensibilité au froid.

Elle peut concerner la couronne (partie visible de la dent) ou la racine, voire les deux. Elle entraîne la perte d’un morceau de dent ou la mobilité de celle-ci (fréquente lorsque la racine est fracturée). La fracture peut aussi toucher l’os alvéolaire qui entoure et soutient la dent.

Ce traumatisme peut causer une douleur en cas d’exposition au froid ou au chaud, et / ou pendant la mastication. Plus la fracture est proche de la pulpe, plus la douleur est intense. Lorsque la pulpe elle-même est exposée à l’air, on remarque à l’œil nu un petit point rouge au milieu de la dent.

La dent est déplacée dans sa cavité osseuse (ou "alvéole") mais elle n’en sort pas complètement. Il y a généralement une douleur, surtout au toucher. Le déplacement peut avoir lieu dans plusieurs sens différents :

  • vers l’extérieur de l’alvéole : la dent peut être sortie partiellement de son alvéole. Dans ce cas, elle semble plus longue et est très mobile ;
  • vers l’intérieur de l’alvéole : la dent peut s’être enfoncée dans l’alvéole et paraître plus courte. Parfois, la couronne est totalement enfoncée dans l’os et on ne la voit plus ;
  • vers l’avant, l’arrière ou latéralement : la dent n’occupe pas sa place habituelle. Elle paraît en décalage par rapport aux autres.

La dent est complètement sortie de sa cavité osseuse. Ce traumatisme provoque une douleur. Il s’accompagne éventuellement d’une déchirure de la gencive ou d’une fracture de l’os alvéolaire.

Un traumatisme dentaire peut léser les tissus environnants de la dent. Gencives et muqueuses buccales présentent alors des plaies plus ou moins profondes, ou encore des ecchymoses. Parfois, un traumatisme important peut en plus causer une fracture des mâchoires.

La conduite à tenir devant un traumatisme dentaire

Selon le traumatisme, il peut être nécessaire de contacter les services d’urgence ou de consulter un chirurgien-dentiste au plus vite.

Vous devez appeler les services médicaux d’urgence :

  • si le traumatisme dentaire a été causé par un choc violent à la tête ;
  • si le traumatisme dentaire survient lors d’un accident grave comme un accident de la circulation par exemple ;
  • si la victime a perdu connaissance ;
  • si elle a vomi.

Vous devez consulter en urgence un chirurgien-dentiste ou un médecin stomatologiste (spécialiste des affections de la cavité buccale) :

  • si la dent a été expulsée, fracturée ou déplacée ;
  • en cas de saignement.

En attendant la consultation, gardez votre calme et prenez rapidement les mesures qui s’imposent.

Si une dent a été expulsée, elle peut éventuellement être réimplantée avec succès, ce qui est très importante en cas de perte d’une dent définitive. Cependant, les chances de réussite dépendent du délai entre l’expulsion et la réimplantation, et de la façon dont la dent est manipulée. C’est pourquoi il faut prendre plusieurs précautions :

  • En cas de saignement, demandez à la personne de mordre une compresse de gaze stérile pliée en quatre ou, à défaut, un mouchoir propre.
  • Essayez de retrouver la dent. Attention, elle a pu être inhalée.
  • Si vous la retrouvez, saisissez-la par la couronne (partie visible de la dent recouverte d’émail), jamais par la racine. En effet, les fragments de ligament (sorte d’enduit jaunâtre) qui recouvrent la racine permettront à la dent de se rattacher à l’os alvéolaire. Il ne faut surtout pas les retirer ou les abîmer, car ils sont indispensables à une bonne réimplantation.
  • Si la dent est sale, rincez-la très légèrement sous l’eau courante, sans la frotter, en la tenant toujours par la couronne.
  • Uniquement s’il s’agit d’une dent définitive, vous pouvez tenter de la replacer dans son alvéole. Au préalable, faites faire un bain de bouche à la personne qui a perdu la dent, avec de l’eau, pour rincer la cavité. Ensuite, repositionnez la dent en l’enfonçant doucement, sans forcer. Cela n’est pas douloureux.
  • Ne repositionnez pas la dent dans les cas suivants :
    • il s’agit d’une dent de lait (le germe de la dent définitive pourrait s’infecter si vous la remettiez en place),
    • vous ne savez pas si c’est une dent de lait ou une dent définitive,
    • il est impossible de la repositionner (présence d’une fracture de l’os ou d’un corps étranger dans l’alvéole).

Dans ces situations, conservez la dent dans du lait ou, à défaut, dans du sérum physiologique, en attendant de voir le médecin. Il ne faut pas la conserver dans de la glace ni à sec (le ligament meurt et la réimplantation est alors impossible).

Si la dent a été fracturée et si vous en retrouvez un morceau, conservez-le dans du lait (ou du sérum physiologique) en attendant la consultation.

Si la dent a été déplacée, laissez-la dans la position où elle se trouve, sans y toucher. Consultez immédiatement.

S’il y a un saignement de la gencive ou une plaie de la lèvre, de la langue ou de la bouche, appliquez une compresse de gaze stérile ou un linge propre pour l’arrêter. Exercez une pression modérée pendant environ quatre minutes, puis :

  • si la lèvre est enflée, maintenez des compresses d’eau froide sur la blessure ;
  • si le saignement persiste ou si la plaie est étendue, consultez en urgence.

Après ces premiers gestes, vous pouvez si nécessaire donner un médicament contre la douleur (ex. : paracétamol).

Certains traumatismes dentaires ne nécessitent pas une prise en charge en urgence.

La dent a été fêlée

Assurez-vous qu’aucun morceau de dent n’est perdu, que la dent n’est pas mobile, que la gencive ou la bouche ne sont pas blessées.

Il n’y a pas de lésion apparente

La dent ne semble ni fêlée, ni fracturée, ni mobile, et il n’y a pas de blessure des gencives ni de la bouche.

Dans ces situations, il faut néanmoins contacter rapidement votre chirurgien-dentiste ou votre médecin stomatologiste. Lors de la consultation, il s’assure qu’il n’y a pas de lésion et réalise si nécessaire des examens complémentaires (ex. : radiographie). En effet, la pulpe de la dent peut avoir souffert même s’il n’y a aucun signe de lésion.

Prévenir les traumatismes dentaires

Certaines précautions permettent de limiter le risque de traumatisme dentaire.

Ayez les réflexes suivants :

  • Évitez de mordre des objets ou des aliments durs (bonbons) ou de la glace.
  • Méfiez-vous des noyaux de fruits et des coquilles de noix.
  • N’utilisez pas vos dents pour couper fils et rubans.
  • Si vous pratiquez une activité sportive risquée pour vos dents, vos lèvres, vos joues ou votre langue, portez une protection adaptée (ex. : protège-dents).
  • Consultez régulièrement votre chirurgien-dentiste pour prévenir ou soigner les caries, car elles fragilisent les dents.

Prenez ces quelques précautions :

  • En voiture, utilisez des sièges auto adaptés au poids et à la taille de votre enfant. Ajustez bien la ceinture de sécurité.
  • Gardez hors de portée tous les objets durs que les bébés ou enfants en bas âge pourraient avoir envie de mordiller, surtout en période de poussée dentaire.
  • Les enfants tombent souvent lorsqu’ils font leurs premiers pas. Examinez votre bébé pour vérifier si des dents sont manquantes, cassées, fissurées ou branlantes. Consultez votre chirurgien-dentiste si vous observez l’un ou l’autre de ces signes.
  • Si votre enfant pratique un sport, il peut être utile de lui faire porter un protège-dents. Demandez conseil à votre chirurgien-dentiste.
  • Pour lui protéger la tête et le visage en cas de chute, faites-lui porter un casque lorsqu’il fait du vélo ou lorsque vous le transportez sur votre vélo, même pour les petits trajets.
  • Évitez que votre enfant ne suce ses doigts, son biberon ou sa tétine de façon exagérée ; cela peut provoquer une avancée des incisives supérieures, ce qui expose ces dents en cas de traumatisme. Consultez votre chirurgien-dentiste, un traitement orthodontique peut être utile.
  • Une malposition des dents rend les dents les plus saillantes très vulnérables en cas de traumatisme. Si votre enfant a des dents mal rangées ou s'il a des troubles de fermeture de la bouche, consultez votre dentiste qui vous adressera à un orthodontiste.

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • Charland R, Salvail P, Champagne M, Mercier R, Gagnon S, Shoghikian É et al. Traumatismes des dents antérieures primaires et permanentes. Classification. J Dent Que.2005;42:447-53.
  • Charland R, Champagne M, Salvail P, , Mercier R, Gagnon S, Shoghikian É et al. Traumatismes des dents antérieures primaires et permanentes. Mécanismes d'action, épidémiologie, paramètres additionnels et facteurs prédisposants. J Dent Que.2005;42:499-502.
  • Service de chirurgie du visage. Traumatisme et urgence dentaire. Site internet : CHRU de Tours. Tours (France) : 2007 [consulté le 4 août 2014]
  • Hernandez G, Ifi-Naulin C, Machtou P. Traumatismes alvéolodentaires. In : Encyclopédie médico-chirurgical. AKOS (Traité de médecine) 2010:1-4 [Article 7-1122]
  • Association dentaire canadienne (ADC). La prévention et les urgences dentaires. Site internet : ADF. Ottawa ; 2012 [consulté le 4 août 2014]
  • Hôpital de Montréal pour enfants. Alvusions des dents permanentes. Site internet : Hôpital de Montréal pour enfants. Montréal (Canada) ; 2013 [consulté le 4 août 2014]
  • National health service (NHS). Broken or knocked tooth. Site internet : NHS choices. Londres ; 2014 [consulté le 4 août 2014]
  • Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). Le port du casque à vélo : c’est pas obligatoire, c’est juste indispensable. Site internet : Inpes Saint-Denis (France) ; 2002 [consulté le 4 août 2014]