Le traitement du VIH

09 août 2019
Mené par une équipe médicale spécialisée, le traitement de l'infection par le VIH s’appuie sur une association de plusieurs médicaments antirétroviraux, en général trois (trithérapie). Ces derniers empêchent la multiplication du virus dans l’organisme mais ne permettent pas son élimination, donc la guérison.

La multithérapie par antirétroviraux, au cœur du traitement du VIH

Le traitement du VIH est discuté puis mis en place par l'équipe médicale spécialisée hospitalière et le médecin traitant.

Le but du traitement est de réduire au maximum la multiplication du virus dans l'organisme, c'est-à-dire obtenir un nombre de virus dans le sang ou charge virale "indétectable"  (c'est-à-dire inférieure au seuil de détection du laboratoire) pour permettre au de se reconstruire.

À noter par ailleurs qu’en cas de prise de risque récente de contamination par le VIH, il existe un traitement post-exposition (TPE) à prendre dans les 48 heures.

Les antirétroviraux

Les traitements utilisés s'attaquent directement au virus : il s'agit des antirétroviraux. Ces médicaments empêchent le virus de se multiplier, mais ne permettent pas de le déloger de toutes les cellules de l'organisme. En effet, le VIH persiste dans l'organisme en étant intégré dans l'ADN de certaines cellules. Le virus reste sous forme latente puis peut se mettre à proliférer à nouveau lors d'une interruption du traitement par exemple.

Le traitement associe plusieurs antirétroviraux (habituellement trois) pour bloquer la multiplication du virus et rendre la charge virale VIH "indétectable" ou à moins de 20 ou 40 virus par millilitres de sang. Il s'agit de la multithérapie (en général trithérapie).

Un traitement antirétroviral mis en route dès le diagnostic VIH fait

La mise sous traitement est recommandée pour toutes les personnes porteuses du VIH quel que soit le nombre de CD4. L'infection est d'autant mieux contrôlée que le traitement est commencé le plus tôt possible après la contamination.

La mise en route du traitement à un stade tardif, alors que le est déjà défaillant (taux de CD4 inférieur à 250/mm3), ne permet pas toujours de restaurer les défenses immunitaires. L'objectif de restaurer un taux de T CD4 au dessus de 500 par mm3 de sang est difficile à atteindre et la prise en charge médicale est plus compliquée en raison de l'apparition d'infections opportunistes (infections par des microbes inoffensifs chez des personne non porteuses du VIH) ou d'autres complications.

Ces traitements sont à prendre à vie et nécessitent une surveillance clinique et biologique régulière.

Les vaccinations chez les personnes vivant avec le VIH

Des recommandations vaccinales spécifiques existent :

Les effets indésirables précoces du traitement du VIH

Dans les premières semaines du traitement, des effets secondaires peuvent apparaître. Il s'agit de :

Ils justifient un suivi régulier et rapproché par le médecin traitant ou le médecin spécialiste.

Les complications du traitement du VIH au long cours

Il existe plusieurs types de complications.

Les anomalies de la répartition des graisses

Certaines combinaisons d'antirétroviraux peuvent provoquer, après plusieurs mois ou plusieurs années de traitement, des troubles de la répartition des graisses (ou lipodystrophie). Ces troubles peuvent apparaître sous forme d'une lipoatrophie (joues creuses, veines saillantes), ou d'une lipohypertrophie (surcharge de graisses au niveau du tronc et de l').

Ces effets indésirables peuvent amener les médecins et la personne atteinte à discuter des modifications du traitement antirétroviral et/ou des interventions réparatrices : une chirurgie avec autogreffe de tissu adipeux (lipostructure) ou des techniques médicales avec des produits de comblement.

L'augmentation du risque cardio-vasculaire et les anomalies du métabolisme des graisses et du sucre

Même si tous les mécanismes ne sont pas encore bien compris, il apparaît que l'infection par le VIH, d'une part, et le traitement antirétroviral, d'autre part, augmentent le risque cardiovasculaire de la personne atteinte, en particulier le risque d'infarctus du myocarde.

Il est donc nécessaire de réduire l'exposition aux facteurs de risque en :

Et en suivant quelques conseils pour :

La toxicité hépatique, rénale et osseuse des antirétroviraux

L'atteinte hépatique se manifeste le plus souvent par une augmentation des hépatiques. Elle est plus importante lors d'intoxication par l'alcool.

Une atteinte de la fonction rénale est possible lors de l'utilisation de certains types d'antirétroviraux. Généralement, la fonction rénale redevient normale quand le médecin arrête le médicament incriminé et le remplace par un autre antirétroviral.

La survenue d'une ostéoporose est plus fréquente.

L’infection par le VIH, une ALD

L’infection par le VIH est reconnue « affection de longue durée » (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette pathologie sont alors pris en charge à 100 % (dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie). Parlez-en à votre médecin traitant.

  • Maladies infectieuses et tropicales. Infection à VIH. ECN Pilly 2018 Site internet : Infectiologie.com. Paris ; 2018 [consulté le 4 avril 2019]
  • Ministère des Solidarités et de la santé. VIH-Sida. Site internet : Ministère des Solidarités et de la santé. Paris ; 2017 [consulté le 4 avril 2019]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). VIH et sida. Site internet : Inserm. Paris ; 2018 [consulté le 4 avril 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Liste des actes et prestations affection de longue durée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 4 avril 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). VIH). Consultation de suivi en médecine générale des personnes sous traitement antirétroviral. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 4 avril 2019]