Le suivi médical et la vie quotidienne avec l'infection par le VIH

14 novembre 2019
L’infection par le VIH nécessite une surveillance médicale régulière. Au quotidien, des mesures d’hygiène de vie préviennent le risque cardiovasculaire et les troubles métaboliques liés au traitement.

Le suivi médical de l'infection par le VIH

Le suivi médical de l'infection par le VIH est indispensable et ne doit pas être négligé ou interrompu.

Les consultations systématiques de suivi à vie par le médecin traitant et l’équipe médicale spécialisée ont pour objectifs de s’assurer :

  • du maintien de la charge virale VIH plasmatique à un niveau indétectable (inférieure au seuil de détection du laboratoire) ;
  • du bon suivi du traitement et de sa tolérance ;
  • de l’absence de pathologies associées.

Si vous êtes porteurs du VIH, suivez quelques conseils en veillant à :

  • prendre votre traitement régulièrement pour garder une charge virale indétectable et éviter la survenue de résistance du virus ;
  • faire les analyses de sang régulièrement prescrites pour contrôler l'efficacité et la tolérance au traitement ;
  • respecter les examens de dépistage tels que le frottis du col de l'utérus, l'ostéodensitométrie si une ostéoporose est suspectée ;
  • ne pas oublier les vaccinations possibles et conseillées ;
  • consulter en cas d’apparition de symptômes inhabituels et signaler la survenue d’effets indésirables à votre médecin ;
  • soigner vos autres problèmes de santé (hypertension artérielle, diabète, surpoids...) et veiller à vous préserver du risque cardiovasculaire ;
  • ne pas prendre de traitement autre que celui prescrit, sans avis médical, car de nombreux médicaments interagissent avec les antirétroviraux ;
  • signaler votre traitement en cours lors de toute consultation auprès d'un autre professionnel de santé.

La vie au quotidien avec le VIH

Le VIH nécessite d’adapter son mode de vie et ses habitudes au quotidien.

Changer son mode de vie

Une alimentation variée et équilibrée permet d'éviter ou de lutter contre le surpoids, l'obésité ou au contraire contre l'amaigrissement ou la dénutrtion. Si vous avez des perturbations métaboliques (taux sanguin de cholestérol et/ou glycémie élevés, adaptez votre alimentation selon les conseils de votre médecin.

L'activité physique et la lutte contre la sédentarité permettent de conserver une meilleure santé physique et psychique.

En général, il est nécessaire d'arrêter la consommation de tabac, de drogues, d'alcool et de tout médicament non prescrit. La substitution ou le sont possibles si vous êtes dépendant(e). Demandez conseil à votre médecin traitant.

Prévenir la transmission du VIH quand on est porteur

Si vous êtes usager de drogue, évitez l'échange de matériel d'injection (seringue et aiguilles) ;

Utilisez un préservatif lors de tout rapport sexuel. Le maintien d'une charge virale indétectable permet de réduire le risque de transmission du VIH à un partenaire. L'usage du préservatif évite la contamination par les autres infections sexuellement transmissibles. Un dépistage régulier des IST est indispensable.

Contraception pour les femmes porteuses du HIV

Le préservatif (masulin et féminin) est un moyen de contraception très efficace lorsqu'il est bien utilisé. Il prévient la survenue des IST.

La contraception estroprogestative (pilule, patch, anneau vaginal) est utilisable, mais il faut tenir compte :

  • des interactions avec certains médicaments antirétroviraux qui diminuent leur activité ;
  • de l’augmentation du risque artériel thromboembolique des traitements antirétroviraux surtout chez les femmes à risque (tabac, surpoids, hypertension), en particulier après 35 ans.

La contraception progestative (pilule, implant) doit tenir compte :

  • des interactions avec certains médicaments antirétroviraux qui diminuent leur activité ;
  • de l'augmentation de la charge virale dans les secrétions génitales avec certains progestatifs ;
  • de la durée et des saignements répétés qui augmentent le risque de transmission du VIH.

Les dispositifs intra-utérins (DIU au cuivre ou au levonorgestrel) : cette méthode contraceptive est utilisable sans problèmes. Ils n’y a pas plus de complications ou de difficultés de pose que pour les femmes séronégatives.

La contraception définitive : elle peut convenir aux femmes comme aux hommes (vasectomie ou stérilisation par voie hystéroscopique). Elle doit être proposée et doit faire l'objet d'une réflexion.

La contraception d’urgence hormonale peut être utilisée mais les dosages peuvent être différents en fonction de l’antirétroviral utilisé. La contraception d'urgence par pose d'un stérilet est possible.

Grossesse et VIH

Si vous souhaitez avoir un enfant alors que vous êtes porteuse du VIH, il est conseillé d'anticiper votre projet. Cela permet à l'équipe médicale qui vous suit de choisir les antirétroviraux compatibles avec une grossesse. Un traitement antirétroviral bien suivi permettant de garder une charge virale sanguine indétectable permet de diminuer le risque de transmission à l'enfant.

Vous êtes suivie, ainsi que votre partenaire, tout au cours de votre grossesse par une . Votre enfant bénéfiera d'un suivi pédiatrique pendant quelques mois.

Tout au long de votre grossesse, suivez bien votre traitement antirétroviral, respectez les consignes qui vous sont données et signalez tout symptôme anormal.

VIH et travail

Si vous êtes contraint d’interrompre temporairement votre activité, parlez de votre profession (type d’activité, usage éventuel des transports, etc.) à votre médecin traitant. Celui-ci estimera peut-être que le retour progressif en entreprise est nécessaire. Il vous prescrira alors une reprise à temps partiel pour motif thérapeutique (sur une période limitée).

Si vous retournez en entreprise après plus de 30 jours d’absence, une visite de reprise auprès du médecin du travail est obligatoire dans un délai de huit jours. Ce rendez-vous permet d'évaluer votre aptitude au poste que vous occupez et de proposer, si besoin, des mesures adaptées.

Les structures d’accompagnement

Des structures vous accompagnent et vous informent.

Pour obtenir de l’aide dans votre vie quotidienne, renseignez-vous auprès :

  • des assistants sociaux (mairie, hôpital, Assurance Maladie) ;
  • les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) qui ont pour mission d’informer et aider les personnes handicapées ;
  • des associations de patients. Elles peuvent vous écouter et vous informer, notamment à travers l’échange d’expérience avec d’autres personnes. Afin de ne pas vous sentir seul face à une situation difficile, vous pouvez appeler Sida Info Service (site externe) en composant le 0.800.840.800 (appel confidentiel, anonyme et gratuit).

Reyrouvez la liste les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) sur le site annuaire.action-sociale.org.

© Pulsations Multimedia « Allô Docteurs »

  • Maladies infectieuses et tropicales. Infection à VIH. ECN Pilly 2018 Site internet : Infectiologie.com. Paris ; 2018 [consulté le 4 avril 2019]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). VIH et sida. Site internet : Inserm. Paris ; 2018 [consulté le 4 avril 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Liste des actes et prestations affection de longue durée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 4 avril 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). VIH). Consultation de suivi en médecine générale des personnes sous traitement antirétroviral. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 4 avril 2019]
  • Prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH. Désir d’enfant et grossesse (mai 2018). Recommandations du groupe d'experts. Conseil national du sida et des hépatites virales. Site internet : cns. Paris ; 2018 [consulté le 4 avril 2019]
  • Nanda K, Stuart G-S, Robinson, Gray A-L, Tepper N-K, Gaffieldf M-E. Drug interactions between hormonal contraceptives and antiretrovirals. AIDS. 2017 Apr 24; 31(7): 917–952.