Les principaux symptômes de l'infection par le VIH et le diagnostic

08 avril 2019
En l'absence de dépistage précoce et de mise en route du traitement, l'infection par le VIH évolue en plusieurs phases. La première phase n’entraîne aucun symptôme spécifique : c'est la phase de séropositivité VIH asymptomatique. Le diagnostic de la maladie est fait grâce à la sérologie du VIH.

La primo-infection par le VIH

La phase de « primo-infection » correspond au premier contact avec le virus. Lorsqu'une personne est contaminée par le VIH, dans environ la moitié des cas, des signes cliniques peuvent apparaître pendant le mois suivant la contamination, évoquant le plus souvent un syndrome pseudo-grippal :

  • une fièvre de plus de 38 °C ;
  • l'apparition de ganglions lymphatiques ;
  • une pharyngite ;
  • une éruption de plaques rouges sur le corps et le visage ;
  • des maux de tête, de ventre, des douleurs musculaires ;
  • une diarrhée, des vomissements.

Ces symptômes ne sont pas spécifiques de l'infection par le VIH. Peu d'infections par le VIH sont diagnostiquées à ce stade.

La phase chronique du VIH

Après la primo-infection, la personne porteuse du VIH ne ressent aucun symptôme alors que le virus continue de se développer dans son organisme.

Cette phase peut durer plusieurs années. Même si elle ne ressent aucun symptôme, la personne infectée peut transmettre le virus.

Après la phase sans signe apparent, des symptômes témoignant de l'affaiblissement immunitaire apparaissent :

  • une fièvre modérée mais persistante ;
  • des sueurs nocturnes ;
  • une perte de poids ;
  • une augmentation de volume des ganglions ;
  • une diarrhée chronique ;
  • des ulcérations de la bouche ou des organes génitaux ;
  • des infections de la peau (mycose cutanée, dermatite séborrhéique, condylomes, zona...)
Que sont les condylomes ?

Ce sont des verrues qui se forment dans la région anale et génitale et dont la présence est due au . La contamination se fait essentiellement par voie sexuelle. De ce fait, les condylomes sont considérés comme une infection sexuellement transmissible (IST).

Le sida

 En l'absence de traitement du VIH, le sida apparaît environ 10 ans après l'infection, mais ce délai varie fortement d'une personne à l'autre. 

À ce stade, des maladies graves dues à la baisse des défenses immunitaires apparaissent. Ce sont :

  • des infections opportunistes dues à des bactéries (tuberculose par ex.), des champignons (candidoses), des virus (infection à cytomégalovirus par ex.) ou des parasites (toxoplasmose par ex.) le plus souvent inoffensifs chez des personnes qui ont des défenses immunitaires normales ;
  • des cancers :
    • lymphome malin non hodgkinien,
    • sarcome de Kaposi, maladie caractérisée par son atteinte cutanée : présence de nodules (tuméfactions dures et arrondies sous la peau), de plaques violacées s’étendant sur le corps... ;
  • une perte de poids, chez 20 % des personnes environ, pouvant évoluer vers un amaigrissement extrême (cachexie).

Le diagnostic de l’infection par le VIH

Le diagnostic d’infection par le VIH

Il est posé :

  • soit lors d’un dépistage,
  • soit devant l’apparition de symptômes lors qu'il est plus tardif.

La sérologie VIH

Le diagnostic est fait grâce à une analyse de sang qui permet de détecter la présence d'anticorps anti-VIH, dès trois semaines après la contamination. C'est la sérologie du VIH.

  • Le test réalisé en laboratoire est le test Elisa de 4e génération détectant les anticorps anti-VIH1 et anti-VIH2 ainsi qu'un du virus nommé P24.
  • Si le test est positif, un autre test appelé Western-Blot recherchant différents anticorps, est effectué pour confirmer le diagnostic. Si ce dernier est négatif, il faut renouveler les examens un peu plus tard.

La  mise en évidence du virus

En cas de suspicion d'infection très récente de moins de 3 semaines, une recherche directe de l'ARN-VIH est possible dès le 10 ème jour après l'éventuelle contamination.

Évaluation du stade de l’infection par le VIH

Des tests complémentaires permettent d'évaluer la gravité de l'infection VIH.

  • Un examen permet de quantifier l'importance de la multiplication du virus dans l'organisme. On quantifie l'ARN viral : on parle de mesure de la "charge virale plasmatique".
  • De même, il est possible de mesurer le nombre de T CD4 dans le sang :
    • le taux normal de T CD4 est compris entre 600 et 1200/mm3 de sang ;
    • un taux de 500/mm3 permet de conserver une bonne immunité ;
    • lorsque le taux devient inférieur à 200/mm3, le risque de développer des maladies opportunistes est très élevé.

Le bilan complémentaire en cas de sérologie VIH positive

Il inclut la recherche de maladies co-existantes : hépatite A, hépatite B, hépatite C, infections sexuellement transmissibles, infections opportunistes, tuberculose, pneumopathie...

Un bilan du fonctionnement des principaux organes : foie, reins, cœur… est effectué avant la mise en route du traitement.

L’infection par le VIH, une ALD

L’infection par le VIH est reconnue « affection de longue durée » (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette pathologie sont alors pris en charge à 100 % (dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie). Parlez-en à votre médecin traitant.

  • Maladies infectieuses et tropicales. Infection à VIH. ECN Pilly 2018 Site internet : Infectiologie.com. Paris ; 2018 [consulté le 4 avril 2019]
  • Ministère des Solidarités et de la santé. VIH-Sida. Site internet : Ministère des Solidarités et de la santé. Paris ; 2017 [consulté le 4 avril 2019]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). VIH et sida. Site internet : Inserm. Paris ; 2018 [consulté le 4 avril 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Liste des actes et prestations affection de longue durée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 4 avril 2019]