Les principaux symptômes de l'infection par le VIH et le diagnostic

04 mai 2017
En l'absence de dépistage précoce et de mise en route du traitement, l'infection par le VIH évolue en plusieurs phases. La première phase n’entraîne aucun symptôme spécifique : c'est la phase de séropositivité VIH asymptomatique.

La primo-infection par le VIH

La phase de « primo-infection » correspond au premier contact avec le virus. Lorsqu'une personne est contaminée par le VIH, dans environ la moitié des cas, des signes cliniques peuvent apparaître pendant le mois suivant la contamination, évoquant le plus souvent un syndrome pseudo-grippal :

  • une fièvre de plus de 38 °C ;
  • l'apparition de ganglions lymphatiques ;
  • une pharyngite ;
  • une éruption de plaques rouges sur le corps et le visage ;
  • des maux de tête, de ventre, des douleurs musculaires ;
  • une diarrhée, des vomissements.

Ces symptômes ne sont pas spécifiques de l'infection par le VIH. Peu d'infections par le VIH sont diagnostiquées à ce stade.

La phase chronique du VIH

Après la primo-infection, la personne porteuse du VIH ne ressent aucun symptôme alors que le virus continue de se développer dans son organisme.

Cette phase peut durer plusieurs années et depuis l'apparition de nouveaux traitements, elle est plus longue. Même si elle ne ressent aucun symptôme, la personne infectée peut transmettre le virus.

Après la phase sans signe apparent, des symptômes témoignant de l'affaiblissement immunitaire apparaissent :

  • une fièvre modérée mais persistante ;
  • des sueurs nocturnes ;
  • une perte de poids ;
  • une augmentation de volume des ganglions ;
  • une diarrhée ;
  • des infections de la peau.

Le sida

Pendant plusieurs années, l'infection par le VIH ne se manifeste pas. Puis, la maladie apparaît. À son stade avancé, elle peut entraîner des complications graves dues à la baisse des défenses immunitaires. Ce sont :

  • des infections opportunistes dues à des bactéries, des champignons, des virus ou des parasites le plus souvent inoffensifs chez des personnes qui ont des défenses immunitaires normales ;
  • des cancers en particulier du (les lymphomes). Un cancer fréquent est le sarcome de Kaposi, affection caractérisée par son atteinte cutanée : présence de nodules (tuméfactions dures et arrondies sous la peau), de plaques violacées s’étendant sur le corps... ;
  • une perte de poids, chez 20 % des personnes environ, pouvant évoluer vers un amaigrissement extrême (une cachexie) ;
  • dans certains cas (plus rares depuis l'apparition des traitements), une atteinte du cerveau, avec une démence progressive.

Le diagnostic médical de l’infection par le VIH

Le diagnostic d’infection par le VIH est posé :

  • soit lors d’un dépistage,
  • soit devant l’apparition de symptômes lors qu'il est plus tardif.

Il est fait grâce à une analyse de sang qui permet de détecter la présence d'anticorps anti-VIH, dès six semaines après la contamination.

Le test réalisé en laboratoire est le test Elisa de 4e génération détectant les anticorps anti-VIH1 et anti-VIH2 ainsi qu'un du virus nommé P24.

Si le test est positif, un autre test appelé Western-Blot recherchant différents anticorps, est effectué pour confirmer le diagnostic. Si ce dernier est négatif, il faut renouveler les examens un peu plus tard.

En cas de suspicion d'infection très récente de moins de 3 semaines, une recherche directe du virus est possible.

Des tests complémentaires permettent de définir quel type de VIH est en cause et d'évaluer le stade de l'infection VIH.

Un examen permet de quantifier l'importance de la multiplication du virus dans l'organisme. On parle de la "charge virale".

De même, il est possible de mesurer le nombre de T CD4 dans le sang :

  • le taux normal de T CD4 est compris entre 600 et 1200/mm3 de sang ;
  • un taux de 500/mm3 permet de conserver une bonne immunité ;
  • lorsque le taux devient inférieur à 200/mm3, le risque de développer des maladies opportunistes est très élevé.

Le bilan est complété par la recherche de pathologies co-existantes : hépatite A, hépatite B, hépatite C, infections sexuellement transmissibles, infections opportunistes...

Un bilan du fonctionnement des principaux organes : foie, reins… est effectué avant la mise en route du traitement.

L’infection par le VIH, une ALD

L’infection par le VIH est reconnue « affection de longue durée » (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette pathologie sont alors pris en charge à 100 % (dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie). Parlez-en à votre médecin traitant.

Sources
  • Collège des universitaires des maladies infectieuses et tropicales (CMIT). Infection à VIH. Site internet : Infectiologie.com. Paris ; 2016 [consulté le 22 juin 2016]
  • Ministère des Affaires sociales et de la Santé. VIH-Sida. Site internet : Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Paris ; 2016 [consulté le 22 juin 2016]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). VIH et sida. Site internet : Inserm. Paris ; 2014 [consulté le 22 juin 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Liste des actes et prestations affection de longue durée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 22 juin 2016]