Prévenir la transmission du VIH

09 août 2019
La prévention, primordiale, passe par des mesures empêchant la transmission du VIH : usage du préservatif, de matériel injectable à usage unique... La prophylaxie pré-expostion est réservée à certaines personnes à risque de contamination. Un traitement post-exposition VIH est indispensable en cas de risque de contamination.

Pourquoi la prévention est-elle incontournable ?

Les traitements actuels du VIH permettent de limiter la multiplication du virus dans l'organisme mais ne permettent pas de l'éradiquer totalement. Il est donc très important de prévenir l'infection. Il n’existe pas de vaccin contre le virus du sida.

Le VIH se transmet par contact étroit et non protégé avec des liquides corporels d'une personne infectée, lorsqu'il est présent en quantité suffisante :

  • le sang ;
  • le sperme et le , chez l'homme ;
  • les sécrétions vaginales et le lait maternel, chez la femme.

Le risque de transmission existe dès le stade précoce de l'infection et persiste durant toute la vie d'une personne porteuse du virus VIH, même si le risque est plus faible lorsque la charge virale est indétectable. La prévention est donc indispensable.

Sida info service

Pour toute information complémentaire sur le VIH :

  • consultez le site Sida Info Service ;
  • appelez Sida Info Service au 0 800 840 800, 24h/24, appel confidentiel, anonyme et gratuit.

Prévenir la survenue du VIH lors des rapports sexuels

Un seul rapport sexuel avec une personne infectée suffit pour transmettre le virus VIH.

Le risque de contamination par voie sexuelle est aggravé :

  • lorsque les muqueuses comportent des lésions ;
  • au cours du premier rapport sexuel ;
  • lors des règles de la femme ;
  • si l’un des partenaires est porteur d’une infection sexuellement transmissible (IST) ;
  • si le rapport sexuel s’accompagne de violence, ce qui peut provoquer des lésions des muqueuses, même si elles sont invisibles.

Seules deux méthodes contraceptives, le préservatif masculin et le préservatif féminin, protègent du VIH, mais également des autres infections sexuellement transmissibles lors de rapports sexuels.

Pilule contraceptive, implant, patch, anneau contraceptif, stérilet, spermicides : aucun de ces modes de contraception n'évite de contracter une IST. C'est pourquoi, tant que vous n'avez pas une relation stable, vous devez associer votre contraception par pilule ou implant ou patch ou stérilet... au préservatif, qu'il soit masculin ou féminin.

Les préservatifs masculins s'achètent dans les supermarchés, certains bars-tabac, certains distributeurs automatiques et dans les pharmacies.
Depuis le 10 décembre 2018, le préservatif masculin peut être pris en charge par l’Assurance maladie. La délivrance s’effectue en officine de pharmacie sur présentation d’une prescription d’un médecin ou d’une sage-femme. Cette mesure de prévention et de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles concerne les femmes comme les hommes.

Les préservatifs féminins s’achètent en pharmacie.

Cette protection par les préservatifs doit être utilisée tant qu'une relation stable et durable n'est pas engagée dans la durée et que les deux partenaires n'ont pas fait chacun un test de dépistage. Une fois que ce test est fait et donne l'assurance à chacun des partenaires qu'il n'est pas porteur du VIH, le couple peut décider, après s'être informé mutuellement du résultat de leurs tests, de ne plus utiliser de préservatif.

Pour une utilisation optimale du préservatif masculin ou féminin :

  • Vérifiez que la date de péremption n'est pas dépassée et que l'étui est en bon état.
  • N'utilisez que les préservatifs portant le marquage CE sur l'emballage. Cette inscription est la preuve de leur conformité aux normes de qualité européennes.
  • Ne réutilisez jamais un préservatif. Pour chaque rapport et chaque partenaire, prenez un nouveau préservatif et répétez l'opération.
  • N'utilisez jamais un préservatif masculin et féminin en même temps.
  • N'utilisez pas de vaseline, beurre, huiles ou d'autres matières grasses : ils risquent d'endommager le préservatif.
  • Si vous n'avez jamais utilisé de préservatif, entraînez-vous avant.

Prévenir la transmission du VIH par du sang contaminé

Prévenir la transmission du VIH lors de l'usage de seringues et d'aiguilles

Un usager de drogues par voie intraveineuse ne doit utiliser que son matériel personnel. Il ne doit partager ni aiguille, ni seringue, ni cuiller, ni eau, ni produit, ni filtre. Il est essentiel de retenir les points suivants :

  • Une seringue ne doit servir qu'une fois.
  • Les seringues et aiguilles sont en vente libre en pharmacie. Le Stéribox®, trousse de prévention vendue en pharmacie, contient deux seringues jetables, le matériel stérile pour la préparation des injections et un préservatif.
  • Certaines associations distribuent gratuitement aux usagers de drogues des trousses de prévention.

Prévenir la transmission du VIH lors d'une blessure avec un objet souillé de sang frais potentiellement contaminé

Il s'agit le plus souvent d'un personnel de santé victime d'un contact accidentel avec du sang ou un liquide biologique potentiellement contaminant, suite à une effraction cutanée (piqûre, coupure, égratignure...) ou une projection sur une (muqueuses oculaires et nasales, bouche) ou sur une peau lésée (dermatose, plaie...)

Après désinfection immédiate par un agent chloré, la personne bénéficie d'un traitement post-exposition.

VIH et transfusion sanguine

En France, risque de transmission du VIH par transfusion sanguine pratiquement nul. Ce résultat a été obtenu par la sélection des donneurs et la recherche des anticorps et du virus dans les dons de sang (et également d'organe, de sperme ou de lait).

 

Prévention de la transmission d'une mère porteuse du VIH à son enfant lors de la grossesse et de l'accouchement

Actuellement en France, grâce au suivi et au traitement antiviral des femmes enceintes séropositives, le taux de transmission du VIH de la mère à l'enfant est d'environ 0,3 %.

Le risque de transmission est proche de zéro lorsqu'un traitement antirétroviral a été débuté avant la grossesse et que la charge virale de la mère est inférieure à 50 copies/ml lors de l’accouchement.

L'allaitement n'est pas possible en raison de la présence du VIH dans le lait maternel.

Traitement post-exposition en cas de risque de contamination récente par le VIH

Des accidents ou des défaillances peuvent se produire dans les pratiques de prévention du VIH :

  • le préservatif n'a pas pu être utilisé lors d'une relation sexuelle ;
  • le préservatif s'est déchiré ;
  • le matériel d'injection, lors d'un usage de drogues, a été partagé ;
  • un objet souillé de sang contaminé a accidentellement causé une piqûre ou une coupure.

Il faut alors se rendre au plus vite, si possible dans un délai de 4 heures et sans dépasser 48 heures, à une consultation de dépistage du VIH ou aux urgences d'un hôpital. Un médecin examine avec la personne la situation et la conseille.

Selon ce que la personne sait de son partenaire et en fonction de ce qui s'est passé, un traitement post-exposition au VIH par une association de trois antirétroviraux est prescrit pour une durée initiale de deux à trois jours. Puis le médecin réévalue la situation et prescrit le traitement post-exposition pour une durée de 4 semaines si nécessaire.

Prophylaxie pré-exposition au VIH par le Truvada® ou ses génériques

Qu'est-ce que la PrEP ?

La PrEP ou prophylaxie  pré-exposition est une méthode de prévention qui propose un médicament contre l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) à une personne non infectée par le VIH.

Elle s’adresse à des hommes et des femmes exposés par leurs pratiques à un haut risque de contracter le VIH. Cette prévention a pour but de réduire le risque d’être infecté.

La PrEP réduit le risque d’infection par le VIH mais ne l’élimine pas et, à la différence du préservatif, ne prévient pas les autres infections sexuellement transmissibles (IST), telles que : la syphilis, la gonococcie, les infections à chlamydiae, l'herpès génital. Par ailleurs, la PrEP ne prévient pas les autres infections transmissibles par le sang comme l’hépatite C.

La PrEP : pour qui ?

La PrEP est actuellement recommandée chez tous les adultes exposés à un haut risque de contracter le VIH.

Les populations exposées à un haut risque de contamination par le VIH sont, notamment :

  • les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) ou les personnes transgenres, répondant à au moins un des critères suivants :
    • rapports sexuels anaux sans préservatif avec au moins 2 partenaires sexuels différents dans les 6 derniers mois ;
    • épisodes d’IST dans les 12 derniers mois ;
    • au moins un recours à un traitement post-exposition au VIH dans les 12 derniers mois ;
    • usage de drogues lors des rapports sexuels (chemsex).
  • au cas par cas, les personnes dans les situations suivantes :
    • usages de drogues injectables avec échanges de seringues,
    • travailleurs du sexe/prostitués avec rapports sexuels non protégés,
    • vulnérabilité exposant à des rapports sexuels non protégés à haut risque de transmission du VIH.

PrEP : quel médicament ?

Démarrer une PrEP implique une consultation par un médecin expérimenté qui permet d’évaluer le niveau de risque de contracter le VIH et les éventuelles contre-indications à la prescription du médicament.

Le Truvada® ou ses génériques (emtricitabine/tenofovir disoproxil) sont des médicament antirétroviraux utilisés dans la prophylaxie Pré-Exposition au VIH.

La première prescription du Truvada® (emtricitabine/tenofovir disoproxil fumarate) est faite par un médecin expérimenté exerçant dans un hôpital ou dans un Centre gratuit d’information, de dépistage et diagnostic des infections par le VIH, des hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles (CeGIDD). Le traitement peut être renouvelé par le médecin traitant dans la limite d'un an. Le renouvellement annuel est fait à l'hôpital ou en CeGIDD.

Les principaux risques associés à l’utilisation de l’association emtricitabine/tenofovir disoproxil dans la prophylaxie pré-exposition sont :

  • le risque de toxicité rénale lié au tenofovir disoproxil,
  • le risque de séroconversion sous traitement pouvant être associé à l’apparition de mutations de résistance du VIH.

Avant la prescription de ce médicament, le médecin s'assure de l'absence de primo-infection par le VIH.

Tout au cours du traitement, un suivi régulier est nécessaire, incluant notamment un dépistage du VIH au minimum tous les 3 mois pour détecter une séroconversion VIH, une surveillance de la fonction rénale et un dépistage régulier des autres infections sexuellement transmissibles.

La PrEP : un outil complémentaire de la stratégie de prévention de l’infection par le VIH

L'utilisation du Truvada® ou de ses génériques ne doit pas négliger les autres moyens de prévention et de réduction des risques de transmission du VIH par voie sexuelle.

À savoir :

  • une information détaillée sur la transmission du VIH ;
  • une information sur les méthodes de prévention : le préservatif, qui, en plus du VIH, protège des autres infections sexuellement transmissibles ;
  • le recours au dépistage régulier du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles qui peuvent faciliter l’acquisition du VIH ;
  • la connaissance de la sérologie VIH du/des partenaire(s) ;
  • le recours au traitement antiviral chez le partenaire séropositif ;
  • le recours à la prophylaxie post-exposition.

Le Truvada® et ses génériques sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie.

  • Haute Autorité de santé. La prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH par TRUVADA. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine ; 2017 [consulté le 10 avril 2019]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Sida et VIH. Site internet : Inserm. Paris ; 2018 [consulté le 10 avril 2019]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Plus de 10 000 personnes ont initié une prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH par Truvada ou génériques - Point d'Information du 30 novembre 2018. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2018 [consulté le 10 avril 2019]
  • Ministére des solidarités et de la santé. Premier préservatif remboursé par l'Assurance Maladie. Site internet : Ministére des solidarités et de la santé. Paris ; 2018 [consulté le 5 février 2019]
  • Prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH. Prise en charge des accidents d’exposition sexuelle et au sang (AES) chez l’adulte et l’enfant (septembre 2017). Recommandations du groupe d'experts. Conseil national du sida et des hépatites virales. Site internet : cns. Paris ; 2017 [consulté le 4 avril 2019]