Prévenir la survenue du VIH

07 août 2017
À ce jour, il n’existe aucun médicament permettant de guérir une infection par le VIH. La prévention est donc primordiale. Elle passe principalement par des mesures empêchant la transmission du VIH : usage du préservatif, de matériel injectable à usage unique...

Pourquoi la prévention est-elle incontournable ?

Les traitements actuels du VIH permettent de limiter la multiplication du virus dans l'organisme mais ne permettent pas de l'éradiquer totalement. Il est donc très important de prévenir l'infection. Il n’existe pas de vaccin contre le virus du sida.

Le VIH se transmet par contact étroit et non protégé avec des liquides corporels d'une personne infectée, lorsqu'il est présent en quantité suffisante :

  • le sang ;
  • le sperme et le , chez l'homme ;
  • les sécrétions vaginales et le lait maternel, chez la femme.

Le risque de transmission existe dès le stade précoce de l'infection et persiste durant toute la vie d'une personne porteuse du virus VIH, même si le risque est plus faible lorsque la charge virale est indétectable.

La prévention est donc indispensable.

Sida info service

Pour toute information complémentaire sur le VIH :

  • consultez le site Sida Info Service ;
  • appelez Sida Info Service au 0 800 840 800, 24h/24, appel confidentiel, anonyme et gratuit.

Prévenir la survenue du VIH lors des rapports sexuels

Un seul rapport sexuel suffit pour transmettre le virus.

Le risque de contamination par voie sexuelle est aggravé :

  • lorsque les muqueuses comportent des lésions ;
  • au cours du premier rapport sexuel ;
  • lors des règles de la femme ;
  • si l’un des partenaires est porteur d’une infection sexuellement transmissible (IST) ;
  • si le rapport sexuel s’accompagne de violence, ce qui peut provoquer des lésions des muqueuses, même si elles sont invisibles.

Seules deux méthodes contraceptives protègent du VIH, mais également des autres infections sexuellement transmissibles lors de rapports sexuels. Il s'agit du préservatif masculin et du préservatif féminin.

Pilule contraceptive, implant, patch, anneau contraceptif, stérilet, spermicides : aucun de ces modes de contraception n'évite de contracter une IST. C'est pourquoi, tant que vous n'avez pas une relation stable et durable, vous devez associer votre contraception par pilule ou implant ou patch ou stérilet... au préservatif, qu'il soit masculin ou féminin.

Les préservatifs masculins s'achètent dans les pharmacies, les supermarchés, certains bars-tabac, certains distributeurs automatiques.

Les préservatifs féminins s’achètent en pharmacie.

Cette protection par les préservatifs doit être utilisée tant qu'une relation stable et durable n'est pas engagée dans la durée et que les deux partenaires n'ont pas fait chacun un test de dépistage.

Une fois que ce test est fait et donne l'assurance à chacun des partenaires qu'il n'est pas porteur du VIH, le couple peut décider, après s'être informé mutuellement du résultat de leurs tests, de ne plus utiliser de préservatif.

Pour une utilisation optimale du préservatif masculin ou féminin :

  • Vérifiez que la date de péremption n'est pas dépassée et que l'étui est en bon état.
  • N'utilisez que les préservatifs portant le marquage CE sur l'emballage. Cette inscription est la preuve de leur conformité aux normes de qualité européennes.
  • Ne réutilisez jamais un préservatif. Pour chaque rapport et chaque partenaire, prenez un nouveau préservatif et répétez l'opération.
  • N'utilisez jamais un préservatif masculin et féminin en même temps.
  • N'utilisez pas de vaseline, beurre, huiles ou d'autres matières grasses : ils risquent d'endommager le préservatif.
  • Si vous n'avez jamais utilisé de préservatif, entraînez-vous avant.

Prévenir la transmission du VIH par du sang contaminé

Plusieurs cas sont possibles.

Un usager de drogues par voie intraveineuse ne doit utiliser que son matériel personnel. Il ne doit partager ni aiguille, ni seringue, ni cuiller, ni eau, ni produit, ni filtre. Il est essentiel de retenir les points suivants :

  • Une seringue ne doit servir qu'une fois.
  • Les seringues et aiguilles sont en vente libre en pharmacie. Le Stéribox®, trousse de prévention vendue en pharmacie, contient deux seringues jetables, le matériel stérile pour la préparation des injections et un préservatif.
  • Certaines associations distribuent gratuitement aux usagers de drogues des trousses de prévention.

Il s'agit le plus souvent d'un personnel de santé victime d'un contact accidentel avec du sang ou un liquide biologique potentiellement contaminant, suite à une effraction cutanée (piqûre, coupure, égratignure...) ou une projection sur une (muqueuses oculaires et nasales, bouche) ou sur une peau lésée (dermatose, plaie...)

Après désinfection immédiate par un agent chloré, la personne bénéficie d'un traitement post-exposition.

Ce résultat a été obtenu par la sélection des donneurs et la recherche des anticorps et du virus dans les dons de sang (et également d'organe, de sperme ou de lait).

Prévention de la transmission d'une mère porteuse du VIH à son enfant lors de la grossesse et de l'accouchement

Les traitements antirétroviraux donnés à la mère, la pratique éventuelle d'une césarienne ont considérablement réduit le risque de transmission du VIH qui est aujourd'hui de 1 % en France.

L'allaitement n'est pas possible en raison de la présence du VIH dans le lait maternel.

Prophylaxie post-exposition en cas de risque de contamination récente par le VIH

Des accidents ou des défaillances peuvent se produire dans les pratiques de prévention :

  • le préservatif n'a pas pu être utilisé lors d'une relation sexuelle ;
  • le préservatif s'est déchiré ;
  • le matériel d'injection, lors d'un usage de drogues, a été partagé ;
  • un objet souillé de sang contaminé a accidentellement causé une piqûre ou une coupure.

Il faut alors se rendre le plus tôt possible et sans dépasser un délai de 48 heures, à une consultation de dépistage ou aux urgences d'un hôpital. Un médecin examine avec la personne la situation et la conseille.

Selon ce que la personne sait de son partenaire et en fonction de ce qui s'est passé, un traitement préventif (prophylaxie post-exposition) par une association d'antirétroviraux d'une durée de 4 semaines peut être prescrit.

Prophylaxie pré-exposition au VIH par le Truvada® ou ses génériques

Le Truvada® ou ses génériques (emtricitabine/tenofovir disoproxil) sont des médicament antirétroviraux utilisés dans la prophylaxie Pré-Exposition au VIH.

Les populations concernées sont celles âgées d'au moins 18 ans, à haut risque d'acquisition d'une infection par le VIH par voie sexuelle :

  • les hommes ayant des rapport sexuels avec les hommes ou les personnes transgenres avec un risque élevé d'acquisition du VIH par voie sexuelle ;
  • les personnes chez lesquelles une prophylaxie pré-exposition peut être envisagée au cas par cas, dès lors que ces personnes sont jugées à haut risque d'acquisition du VIH par voie sexuelle.

La délivrance du Truvada® (emtricitabine/tenofovir disoproxil fumarate) d'abord réservée aux hôpitaux, a été étendue en juin 2016 aux Centres gratuits d’information, de dépistage et diagnostic des infections par le VIH, des hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles (CeGIDD). Le traitement peut être renouvelé par le médecin traitant dans la limite d'un an.

Les principaux risques associés à l’utilisation de l’association emtricitabine/tenofovir disoproxil dans la prophylaxie pré-exposition sont :

  • le risque de toxicité rénale lié au tenofovir disoproxil,
  • le risque de séroconversion sous traitement pouvant être associé à l’apparition de mutations de résistance du VIH.

Avant la prescription de ce médicament, le médecin s'assure de l'absence de primo-infection par le VIH.

Tout au cours du traitement, un suivi régulier est nécessaire, incluant notamment un dépistage du VIH au minimum tous les 3 mois pour détecter une séroconversion VIH, une surveillance de la fonction rénale et un dépistage régulier des autres infections sexuellement transmissibles.

L'utilisation du Truvada® ou de ses génériques ne doit pas négliger les autres moyens de prévention et de réduction des risques de transmission du VIH par voie sexuelle.

À savoir :

  • une information détaillée sur la transmission du VIH ;
  • une information sur les méthodes de prévention : le préservatif, qui, en plus du VIH, protège des autres infections sexuellement transmissibles ;
  • le recours au dépistage régulier du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles qui peuvent faciliter l’acquisition du VIH ;
  • la connaissance de la sérologie VIH du/des partenaire(s) ;
  • le recours au traitement antiviral chez le partenaire séropositif ;
  • le recours à la prophylaxie post-exposition.

Le Truvada® et ses génériques sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie.

Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). VIH et sida. Site internet : Inserm. Paris ; 2014 [consulté le 22 juin 2016]
  • Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Modes de transmission et mesures préventives contre le VIH. Site internet : Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Paris ; 2015 [consulté le 23 juin 2016]
  • Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH – Recommandations du groupe d’experts - Rapport 2013. Site internet : Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Paris ; 2013 [consulté le 22 juin 2016]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Prophylaxie pré-exposition au VIH : l’ANSM rappelle les mesures additionnelles de réduction des risques - Point d'Information du 28 juillet 2017. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2017 [consulté le 31 juillet 2017]