Comprendre l’infection par le VIH

04 mai 2017
Le virus de l’immunodéficience humaine, ou VIH, affaiblit le système immunitaire. À un stade avancé, il rend donc l’organisme vulnérable aux infections. Il se transmet par voie sexuelle ou sanguine, ou encore de la femme enceinte à son enfant.

Qu’est-ce que le VIH ?

Il existe deux types de virus de l'immunodéficience humaine (VIH) :

  • VIH-1 le plus fréquent en France (98 % des cas) ;
  • VIH-2 présent en Afrique de l'Ouest. En 2014, 1,5 % des séropositivités VIH diagnostiquées étaient dues à VIH-2 et les personnes étaient en provenance de Côte d'Ivoire, du Sénégal et de Guinée.

Le VIH se distingue des autres virus car il s'attaque au , qui a normalement pour rôle de le combattre.

Le VIH est un rétrovirus : virus possédant une enzyme qui permet de transcrire l'ARN viral en ADN pro-viral. Cet ADN pro-viral peut ensuite s'intégrer dans le noyau de la cellule hôte.

Il colonise les cellules porteuses à leur surface de la molécule CD4 et en particulier une catégorie de appelée T CD4. Ces cellules ont pour rôle de coordonner la réponse immunitaire en cas d'infection.

Le VIH utilise les cellules CD4 pour se multiplier, s'y accumuler (constituant ainsi des réservoirs de virus persistant à vie) et aussi diffuser dans l'organisme.

Il détruit les T CD4 ; il est ainsi responsable d'un affaiblissement chronique du qui rend les personnes atteintes vulnérables aux infections.

Dans un premier temps, la personne est porteuse du VIH sans être malade : on dit qu'elle est séropositive.

Puis, souvent après plusieurs années, l'organisme n'est plus en mesure de combattre le VIH, l'ensemble du devient défaillant et la personne présente des pathologies caractéristiques du sida (Syndrome d'Immunodéficience Acquise).

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La fréquence du VIH

Selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), en 2014, 6 600 personnes ont découvert leur au VIH, ce nombre est stable depuis 2007.

La majorité de ces contaminations est due à un contact sexuel. Ce nombre est stable depuis 2007, sauf chez les homosexuels masculins où ce nombre augmente.

Parmi ces personnes détectées :

  • 42 % sont des homosexuels masculins ;
  • 39 % sont des personnes nées à l'étranger et ayant eu des rapports hétérosexuels dont ¾ sont nés dans un pays d'Afrique subsaharienne ;
  • 17 % sont des personnes nées en France et ayant eu des rapports hétérosexuels ;
  • 1 % sont des usagers de drogue.

De façon concomitante, le nombre des autres infections sexuellement transmissibles (syphilis, infection à gonocoque...) augmente chez les hommes homosexuels.

En 2014, on estime à environ 1 200 le nombre de nouveaux diagnostics de sida (stade de la maladie). Parmi ces nouveaux cas, 54 % ignoraient leur infection VIH avant le diagnostic de sida et 83 % n'avaient pas reçu de traitement antirétroviral.

La prévention est donc capitale ainsi que le recours au dépistage.

La transmission du VIH

Le VIH se transmet par contact étroit et non protégé avec des liquides corporels d'une personne infectée, lorsqu'il est présent en quantité suffisante dans :

  • le sang ;
  • le sperme et le , chez l'homme ;
  • les sécrétions vaginales et le lait maternel, chez la femme.

La contamination du virus par la salive, la sueur, les larmes ou l'urine est impossible. Le virus est présent dans ces liquides mais en quantité trop faible pour qu'il puisse se transmettre par leur intermédiaire.

Les voies de transmission du VIH

Certains gestes sont de réels facteurs de transmission.

Quelle que soit la nature du rapport (vaginal, anal ou buccal), un seul contact peut suffire pour être contaminé. Le risque est plus important :

  • au cours du premier rapport sexuel ;
  • lors des règles ;
  • si l'un des partenaires a une autre infection sexuellement transmissible ;
  • si le rapport s'accompagne de violence, ce qui peut provoquer des lésions des muqueuses, même invisibles.

Le risque est diminué grâce à la mise en vente libre de seringues en pharmacies et la distribution gratuite de matériel d'injection par les associations.

La transmission de la mère à l'enfant peut avoir lieu lors de la grossesse, pendant l'accouchement (surtout par voie basse) et lors de l'allaitement.

Actuellement en France, grâce au suivi et au traitement des femmes enceintes séropositives, le taux de transmission du VIH de la mère à l'enfant est d'environ 1 %. L'allaitement est toutefois déconseillé.

Aujourd'hui, en France, il est tout à fait exceptionnel qu'une transfusion ou une injection de produits sanguins soit à l'origine d'une contamination par le VIH. En effet, depuis août 1985, un entretien médical préalable avec chaque personne qui se présente pour un don de sang permet de ne pas retenir celles qui ont pu se trouver dans des situations à risques. De plus, des tests (recherche des anticorps et du virus) sont systématiquement pratiqués sur les dons de sang.

Des tests sont également réalisés lors de dons d'organes, de sperme et de lait maternel.

Ces gestes quotidiens ne transmettent pas le VIH
  • poignées de main ;
  • caresses ;
  • baisers ;
  • utilisation d'équipements publics (toilettes, douches, piscine...) ;
  • utilisation d'objets dans la vie courante (verres, couverts, etc.) ;
  • piqûres d'insectes.
Sources
  • Collège des universitaires des maladies infectieuses et tropicales (CMIT). Infection à VIH. Site internet : Infectiologie.com. Paris ; 2016 [consulté le 22 juin 2016]
  • Lot F, Velter A, Bello PY. Comportements à risque et prévention dans des populations particulièrement exposées au VIH, aux IST et aux hépatites. Bull Epidemiol Hebd. 2013;39-40:493-523.
  • Ministère des Affaires sociales et de la Santé. VIH-Sida. Site internet : Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Paris ; 2016 [consulté le 22 juin 2016]
  • Institut de veille sanitaire (InVS). Découvertes de séropositivité VIH et de sida. Point épidémiologique au 1er avril 2016. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2016 [consulté le 22 juin 2016]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). VIH et sida. Site internet : Inserm. Paris ; 2014 [consulté le 22 juin 2016]