Comprendre l’infection par le VIH

Le virus de l’immunodéficience humaine, ou VIH, affaiblit le système immunitaire. À un stade avancé, il rend donc l’organisme vulnérable aux infections. Il se transmet par voie sexuelle ou sanguine, ou encore de la femme enceinte à son enfant.

Qu’est-ce que le VIH ?

Le VIH est un rétrovirus (virus dont le génome est constitué d'ARN).  Ce virus posséde une enzyme qui permet de transcrire son ARN viral en ADN pro-viral. Cet ADN pro-viral peut ensuite s'intégrer dans le noyau de la cellule hôte infectée.

Le VIH colonise les cellules porteuses à leur surface de la CD4,, nécessaire à l'entrée du virus dans la cellule, et en particulier une catégorie de appelée lymphocytes T CD4. Ces cellules ont pour rôle de coordonner la réponse immunitaire en cas d'infection.

Une fois entré dans les cellules porteuses du récepteur CD4, le virus s'y multiplie, s'y accumule puis diffuse dans l'organisme, formant des réservoirs viraux dans les ganglions, le système nerveux, etc.

Il détruit les lymphocytes T CD4, dont le nombre diminue progressivement ; il est ainsi responsable d'un affaiblissement chronique du qui rend les personnes atteintes vulnérables aux infections et à certains cancers.

Dans un premier temps, la personne est porteuse du VIH sans être malade : on dit qu'elle est séropositive.

Puis, souvent après plusieurs années et en l'absence de traitement, la quantité de lymphocytes CD4 diminue de façon importante. L'organisme n'est plus en mesure de combattre le VIH, l'ensemble du système immunitaire devient défaillant. La personne présente des affections caractéristiques du sida (Syndrome d'Immunodéficience Acquise) qui apparaissent en général lorsque le taux de lymphocytes T CD4 est inférieur à 200/mm3.

Il existe deux types de virus de l'immunodéficience humaine (VIH) 

  • VIH-1 le plus fréquent en France (98 % des cas) ;
  • VIH-2 présent en Afrique de l'Ouest.

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La fréquence du VIH

Le nombre de découvertes de VIH en 2020 est estimé à environ 4 900, en diminution de 22 % par rapport à 2019. Cette diminution peut être expliquée partiellement par la baisse du nombre de tests de dépistage en raison de la crise sanitaire, liée au Covid-19.

En 2020, 25 % des découvertes de séropositivité chez les adultes étaient des diagnostics précoces et 30% étaient des diagnostics à un stade avancé de l’infection (stade sida ou taux de CD4 < 200/mm3 hors primo-infection).

La part des diagnostics précoces est en diminution depuis 2017, où elle était de 30 %. La part des diagnostics à un stade avancé de l’infection, qui était stable jusqu’en 2019 autour de 28 %, a augmenté en 2020 (30 %).

 

Les diagnostics tardifs de VIH

Le nombre de diagnostics de sida en 2020 est estimé à 985. Ce nombre, qui avait diminué jusqu’en 2018 (1034), se stabilise depuis.

Parmi les personnes diagnostiquées avec un sida en 2020 :

  • 61 % d’entre elles ignoraient leur séropositivité, et donc n’avaient pu bénéficier de traitements antirétroviraux avant le sida ;
  • 21 % connaissaient leur séropositivité mais n’avaient pas été traitées par antirétroviraux ;
  • 18 % connaissaient leur séropositivité et avaient reçus des antirétroviraux.

La prévention est donc capitale ainsi que le recours au dépistage.

La transmission du VIH

Le VIH se transmet par contact étroit et non protégé avec des liquides corporels d'une personne infectée :

  • le sang ;
  • le sperme et le , chez l'homme ;
  • les sécrétions vaginales et l'allaitement, chez la femme.

Le risque de transmission d'une personne à l'autre existe dès le stade précoce de l’infection VIH et persiste toute la vie du porteur du virus. Ce risque devient cependant très faible si la charge virale, c'est-à-dire le nombre de copies du virus retrouvé dans un millilitre de sang, est indétectable.

Les situations à risque de transmission sont avant tout sexuelles.

Les rapports sexuels non protégés (sans utilisation de préservatif)

Quelle que soit la nature du rapport (vaginal, anal ou buccal), un seul contact peut suffire pour être contaminé. Le risque est plus important :

  • au cours du premier rapport sexuel ;
  • lors des règles ;
  • si l'un des partenaires a une autre infection sexuellement transmissible ;
  • en cas de lésions génitales ;
  • si le rapport s'accompagne de violence, ce qui peut provoquer des lésions des muqueuses, même invisibles.

L'échange de seringue chez les usagers de drogues injectables

Le risque est diminué grâce à la mise en vente libre de seringues à usage unique en pharmacies et la distribution gratuite de matériel d'injection à usage unique par les associations.

La transmission mère-enfant

La transmission de la mère à l'enfant peut avoir lieu lors de la grossesse, pendant l'accouchement (surtout par voie basse) et lors de l'allaitement.

Actuellement en France, grâce au suivi et au traitement antiviral des femmes enceintes séropositives, le taux de transmission du VIH de la mère à l'enfant est d'environ 0,3 %. Le risque de transmission est proche de zéro lorsqu'un traitement antirétroviral a été débuté avant la grossesse et que la charge virale de la mère est inférieure à 50 copies/ml lors de l’accouchement.

L'allaitement est toutefois déconseillé.

Les transfusions sanguines, dons d'organes et exposition professionnelle au sang

Aujourd'hui, en France, il est tout à fait exceptionnel qu'une transfusion ou une injection de produits sanguins (sang, plaquettes sanguines, etc.) soit à l'origine d'une contamination par le VIH. Des tests (recherche des anticorps et du virus) sont systématiquement pratiqués sur les dons de sang.

Des tests sont également réalisés lors de dons d'organes, de sperme et de lait maternel.

De même, les protocoles en vigueur rendent le risque de transmission à des professionnels de santé exposés au sang extrêmement faible.

Ces gestes quotidiens ne transmettent pas le VIH

La contamination du virus par la salive, la sueur, les larmes ou l'urine est impossible. Le virus est présent dans ces liquides mais en quantité trop faible pour qu'il puisse se transmettre par leur intermédiaire. Les gestes suivants sont donc sans risque :

  • poignées de main ;
  • caresses ;
  • baisers ;
  • utilisation d'équipements publics (toilettes, douches, piscine...) ;
  • utilisation d'objets dans la vie courante (verres, couverts, etc.) ;
  • piqûres d'insectes.
  • Collège des universitaires de Maladies Infectieuses et Tropicales. Infection à VIH. ECN Pilly 2020. Édition Alinéa Plus
  • Santé publique France. VIH. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2021 [consulté le 31 mai 2022]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). VIH et sida. Site internet : Inserm. Paris ; 2018 [consulté le 31 mai 2022]
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