Comprendre l’infection par le VIH

08 avril 2019
Le virus de l’immunodéficience humaine, ou VIH, affaiblit le système immunitaire. À un stade avancé, il rend donc l’organisme vulnérable aux infections. Il se transmet par voie sexuelle ou sanguine, ou encore de la femme enceinte à son enfant.

Qu’est-ce que le VIH ?

Le VIH est un rétrovirus (virus dont le génome est constitué d'ARN).  Ce virus posséde une enzyme qui permet de transcrire son ARN viral en ADN pro-viral. Cet ADN pro-viral peut ensuite s'intégrer dans le noyau de la cellule hôte infectée.

Le VIH colonise les cellules porteuses à leur surface de la CD4 et en particulier une catégorie de appelée T CD4. Ces cellules ont pour rôle de coordonner la réponse immunitaire en cas d'infection.

Le VIH utilise les cellules humaines hôtes présentant le marqueur CD4 pour se multiplier, s'y accumuler (constituant ainsi des réservoirs de virus persistant à vie) et aussi diffuser dans l'organisme. Il détruit les T CD4 ; il est ainsi responsable d'un affaiblissement chronique du qui rend les personnes atteintes vulnérables aux infections et à certains cancers.

Dans un premier temps, la personne est porteuse du VIH sans être malade : on dit qu'elle est séropositive.

Puis, souvent après plusieurs années et en l'absence de traitement, la quantité de CD4 diminue de façon importante. L'organisme n'est plus en mesure de combattre le VIH, l'ensemble du devient défaillant et la personne présente des pathologies caractéristiques du sida (syndrome d'immunodéficience acquise).

Il existe deux types de virus de l'immunodéficience humaine (VIH) 
  • VIH-1 le plus fréquent en France (98 % des cas) ;
  • VIH-2 présent en Afrique de l'Ouest.

En 2014, 1,5 % des séropositivités VIH diagnostiquées étaient dues à VIH-2 et les personnes étaient en provenance de Côte d'Ivoire, du Sénégal et de Guinée.

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La fréquence du VIH

Selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), en 2016, 6 000 personnes ont découvert leur au VIH.

Ce nombre a diminué de 5 % par rapport à 2013. Cette diminution est même de 9 % chez les hétérosexuels (3 200 nouveaux diagnostics en 2016). En revanche, le nombre de nouveaux diagnostics chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) est stable depuis 2011.

Entre janvier 2017 et septembre 2018, les personnes ayant découvert leur étaient :

  • dans 45 % des cas, des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH),
  • dans 38 % des cas, des personnes nées à l'étranger et ayant eu des rapports hétérosexuels dont ¾ sont nées dans un pays d'Afrique subsaharienne,
  • dans 15 % des cas, des personnes nées en France et ayant eu des rapports hétérosexuels,
  • dans 1 % des cas, des usagers de drogue.

La majorité de ces contaminations est donc due à un contact sexuel.

De façon concomitante, en 2017, le nombre des autres infections sexuellement transmissibles (infections à Chlamydia, gonocoque.. .) a augmenté.

Les diagnostic tardifs de VIH en 2017-2018
  • 28 % des personnes ont été diagnostiquées à un stade avancé de l'infection VIH (soit avec un taux sanguin de CD4 < 200/mm3, soit au stade de sida).
  • Parmi elles, 49 % ignoraient leur infection VIH avant le diagnostic.
  • 22 % étaient des HSH et 62 % des hétérosexuels nés à l'étranger.

La prévention est donc capitale ainsi que le recours au dépistage.

La transmission du VIH

Le VIH se transmet par contact étroit et non protégé avec des liquides corporels d'une personne infectée :

  • le sang ;
  • le sperme et le , chez l'homme ;
  • les sécrétions vaginales et le lait maternel, chez la femme.

Le risque de transmission d'une personne à l'autre existe dès le stade précoce de l’infection VIH et persiste toute la vie du porteur du virus. Ce risque devient cependant très faible si la charge virale, c'est-à-dire le nombre de copies du virus retrouvé dans un millilitre de sang, est bien contrôlée et faible.

Les situations à risque de transmission sont avant tout sexuelles

Les rapports sexuels non protégés (sans utilisation de préservatif)

Quelle que soit la nature du rapport (vaginal, anal ou buccal), un seul contact peut suffire pour être contaminé. Le risque est plus important :

  • au cours du premier rapport sexuel ;
  • lors des règles ;
  • si l'un des partenaires a une autre infection sexuellement transmissible ;
  • si le rapport s'accompagne de violence, ce qui peut provoquer des lésions des muqueuses, même invisibles.

L'échange de seringue chez les usagers de drogues injectables

Le risque est diminué grâce à la mise en vente libre de seringues en pharmacies et la distribution gratuite de matériel d'injection par les associations.

La transmission mère-enfant

La transmission de la mère à l'enfant peut avoir lieu lors de la grossesse, pendant l'accouchement (surtout par voie basse) et lors de l'allaitement.

Actuellement en France, grâce au suivi et au traitement antiviral des femmes enceintes séropositives, le taux de transmission du VIH de la mère à l'enfant est d'environ 0,3 %. Le risque de transmission est proche de zéro lorsqu'un traitement antirétroviral a été débuté avant la grossesse et que la charge virale de la mère est inférieure à 50 copies/ml lors de l’accouchement.

L'allaitement est toutefois déconseillé.

Les transfusions sanguines et dons d'organes

Aujourd'hui, en France, il est tout à fait exceptionnel qu'une transfusion ou une injection de produits sanguins soit à l'origine d'une contamination par le VIH. En effet, depuis août 1985, un entretien médical préalable avec chaque personne qui se présente pour un don de sang permet de ne pas retenir celles qui ont pu se trouver dans des situations à risques. De plus, des tests (recherche des anticorps et du virus) sont systématiquement pratiqués sur les dons de sang.

Des tests sont également réalisés lors de dons d'organes, de sperme et de lait maternel.

De même, les protocoles en vigueur rendent le risque de transmission à des professionnels de santé extrêmement faible.

Ces gestes quotidiens ne transmettent pas le VIH

La contamination du virus par la salive, la sueur, les larmes ou l'urine est impossible. Le virus est présent dans ces liquides mais en quantité trop faible pour qu'il puisse se transmettre par leur intermédiaire. Les gestes suivants sont donc sans risque :

  • poignées de main ;
  • caresses ;
  • baisers ;
  • utilisation d'équipements publics (toilettes, douches, piscine...) ;
  • utilisation d'objets dans la vie courante (verres, couverts, etc.) ;
  • piqûres d'insectes.

  • Maladies infectieuses et tropicales. Infection à VIH. ECN Pilly 2018 Site internet : Infectiologie.com. Paris ; 2018 [consulté le 4 avril 2019]
  • Ministère des Solidarités et de la santé. VIH-Sida. Site internet : Ministère des Solidarités et de la santé. Paris ; 2017 [consulté le 4 avril 2019]
  • Santé publique France - Institut de veille sanitaire. Infection par le VIH et IST bactériennes. Bilan épidémiologique 2017. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2018 [consulté le 4 avtil 2019]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). VIH et sida. Site internet : Inserm. Paris ; 2018 [consulté le 4 avril 2019]