Diabète et vie professionnelle

12 mars 2017
Dans le cadre professionnel, parlez de votre diabète au médecin du travail. Il vérifie que votre poste est adapté à votre situation et peut aider à prévenir d’éventuelles difficultés. Si nécessaire, l’accession à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé est possible.

Le rôle du médecin du travail

Il est recommandé de parler de votre diabète à votre médecin du travail. Toutefois, il n’y a pas d’obligation légale à le lui déclarer.

Le rôle du médecin du travail est de protéger votre santé dans le cadre de votre activité professionnelle et de prévenir les difficultés qui pourraient survenir. Il donne son avis sur votre aptitude à occuper un poste donné.

Pour estimer si le poste vous convient, il prend notamment en compte le risque lié à la survenue d’un épisode d’hypoglycémie sévère ou répétée, et l’existence d’autres complications pouvant gêner votre activité.

Si nécessaire, avec votre accord, le médecin du travail peut intervenir auprès de votre employeur pour réaliser des aménagements permettant la poursuite de l’activité professionnelle dans les meilleures conditions.

Toujours avec votre accord, il peut prendre contact avec votre médecin traitant pour vous aider à gérer votre diabète dans le cadre de votre activité professionnelle.

Le rôle de la médecine du travail

La médecine du travail vérifie l’adéquation entre l’état de santé des salariés et leur poste de travail. Un examen médical a lieu à l’embauche, puis de façon périodique, à la demande de l’employeur ou du salarié, ou selon l'évolution de la santé des salariés.

Le médecin du travail est soumis, comme tout médecin, au secret médical.

La Fédération française des diabétiques vous renseigne sur le sujet :

Le rôle de l’entourage sur votre lieu de travail

Il n’y a aucune obligation à informer votre employeur ou vos collègues que vous avez un diabète. En revanche, il est conseillé d’en parler avec une personne qui travaille avec vous et en qui vous avez confiance. Expliquez-lui quelle aide elle pourrait vous apporter si nécessaire :

  • vous rassurer ;
  • vous aider à vous « resucrer » ;
  • joindre un professionnel de santé si nécessaire ; lui indiquer alors où trouver facilement le numéro de téléphone de votre médecin traitant et les numéros d’appel d’urgence.

En cas d’hypoglycémie sévère sur le lieu de travail, par exemple, cette personne pourra agir selon les explications que vous lui aurez fournies.

Il est également conseillé de garder toujours sur vous la liste des traitements que vous prenez.

Les risques d’hypoglycémie

L’hypoglycémie peut se produire dans certaines situations lorsque l’on est sous traitement antidiabétique hypoglycémiant (traitement qui diminue le taux de sucre dans le sang) du fait :

  • d’un repas non pris ou plus léger que d’habitude ;
  • d’une activité physique plus intense ;
  • d’un stress ;
  • ou d’une fatigue importante.

Elle peut être généralement corrigée dès les premiers symptômes en se « resucrant ».

En revanche, une sévère peut entraîner des symptômes plus graves comme une baisse de vigilance. C’est pour cette raison que certains postes sont contre-indiqués dans certains diabètes. C’est le cas pour :

  • les métiers du bâtiment ;
  • un travail sur des machines dangereuses ou en hauteur ;
  • un poste isolé.

Parlez-en avec le médecin du travail qui pourra vous conseiller.

Équilibrer son diabète et son rythme de travail

« Mon diabète a été découvert brutalement il y a 3 ans » raconte Max, 57 ans. « J’ai tout de suite été hospitalisé et mis sous . » Après le diagnostic et l’hospitalisation, Max a rapidement repris son travail. « Le diabète n’a pas changé énormément de choses » constate-t-il.

Responsable technique dans une entreprise de conception et de fabrication d’imprimantes industrielles qu’il a fondée, Max a une cinquantaine de personnes sous sa responsabilité.

Les collègues de Max, « une équipe soudée », sont tous au courant de son diabète. Tout comme la médecine du travail, « dès le début à mon écoute et à mes côtés », précise-t-il.

« En prenant en considération le diabète », Max s’est rendu compte de l’influence de son rythme de vie sur sa santé.

« Avant, il n’y avait que le travail qui comptait. Je pouvais décaler voire sauter des repas, passer des nuits blanches sur des projets… » raconte-t-il. « Pour ma santé, j’ai pris un peu de recul : je prends un vrai repas chaque midi, je répartis mieux ma charge de travail en fonction de ma fatigue, j’essaie de moins subir le stress… »

En dehors du travail, Max a également adopté ce nouveau rythme. « Je fais attention à mon alimentation, même si je reste un bon vivant… » reconnaît-il. « J’avais aussi complètement arrêté l’activité physique, moi qui ai longtemps joué au football, à cause de problèmes articulaires aux genoux. Avec le diabète, je m’y suis remis grâce au vélo d’appartement. Une heure chaque soir ! »

De l’activité, Max en a aussi dans sa petite ferme : chevaux, chèvres, poules… « mon épouse s’en occupe en semaine et je prends le relais le week-end ! » L’effet sur sa santé ? « Mon traitement pour le diabète a été adapté et ne comprend aujourd’hui plus d’insuline. Mon HbA1c a bien diminué. »

Preuve qu’un rythme de vie équilibré participe à l’équilibre du diabète et à la santé en général.

La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé

Les personnes ayant un diabète ont la possibilité de demander la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. Ce statut ne concerne pas que le handicap visible, mais aussi toutes les maladies chroniques à l’origine de fatigue, d’effets indésirables liés au traitement ou d’arrêts de travail répétés... Ces situations peuvent gêner la vie professionnelle ou la recherche d’un emploi.

La demande de dossier se fait auprès de votre mairie (centre social), de la caisse d’allocations familiales (CAF), de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ou sur internet.

Le dossier est déposé auprès de la MDPH. La demande est étudiée par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDPAH).

Il n’est pas obligatoire d’informer son employeur que l’on a obtenu la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.

Cette reconnaissance peut être nécessaire :

  • pour protéger un emploi, par exemple en favorisant l’adaptation d’un poste de travail ou l’accès à des formations ;
  • ou afin de bénéficier d’un accompagnement personnalisé pour une recherche d’emploi.