Définition, mécanisme et causes des vertiges

27 juillet 2017
Le vertige est une illusion de mouvement de ce qui entoure (murs, plafond, objets...) ou une sensation de déplacement de soi-même dans l'espace. Il se manifeste par crises isolées ou répétées, parfois accompagnées d’autres symptômes. Il est dû le plus souvent à un dysfonctionnement de la fonction de l'équilibre assurée par l'oreille interne.

Qu’est-ce qu’un vertige ?

Les vertiges donnent l’illusion que l’environnement (murs, sols, plafonds, objets) se met à bouger. Ils peuvent également être ressentis comme un déplacement de soi-même dans l'espace. Le mouvement ressenti est le plus souvent circulaire (comme si la personne était sur un manège),  mais aussi vertical (comme si la personne était dans un ascenseur), mais peut aussi s’apparenter à un balancement ou à une sensation de chute dans un trou. Ces manifestations sont liées à un trouble de l’équilibre.

Les sensations vertigineuses sont proches du vertige et peuvent également être liées à un trouble de l’équilibre comme les vertiges caractérisés. Elles ne causent pas d’impression de mouvement de l’environnement, mais plutôt une sensation de déséquilibre, d’instabilité (tangage comme dans un bateau), d'ébriété ou de chute imminente. Elles apparaissent lorsque la personne se tient debout ou pendant la marche. Elles disparaissent dès que elle prend appui quelque part, ainsi qu’en position assise ou couchée. Elles nécessitent également un bilan médical.

La durée et la fréquence des vertiges sont très variables :

  • une crise peut durer de quelques secondes à plusieurs heures ;
  • elle peut être unique ou se répéter à intervalles irréguliers.

Les vertiges peuvent être accompagnés de divers symptômes : nausées ou vomissements, sueurs, perte d’audition, acouphènes , maux de tête. Mais la personne reste consciente pendant la crise vertigineuse.

Ils peuvent être déclenchés par certains mouvements : se lever, se coucher, tourner la tête rapidement, etc.

 

Ne pas confondre vertige et malaise

Les malaises, qui ne sont pas liés à un trouble de l’équilibre, ne doivent pas être confondus avec des vertiges. Les symptômes sont différents :

  • faiblesse momentanée avec sensation de "tête vide", de flottement, due par exemple à une ou à une crise d’angoisse isolée ou incluse dans un trouble panique avec ou sans agoraphobie ;
  • faux vertige des hauteurs dû à la du vide ;
  • perte de connaissance partielle (lipothymie) ou totale qui peut être due à une baisse de tension artérielle, un , un problème cardiaque ou un accident vasculaire cérébral,
  • sensation de déséquilibre, de flottement lors d'une crise de migraine .

Le mécanisme des vertiges

Les vertiges sont dus à un trouble de l’équilibre. Cette fonction est normalement assurée par le système vestibulaire, partie de l’oreille interne composée de plusieurs organes sensoriels :

  • Les canaux semi-circulaires : ils sont remplis d’un liquide dans lequel flottent des sortes de cailloux microscopiques, les otolithes. Sous l’effet des mouvements de la tête, ces otolithes se déplacent comme de petites billes flottant dans un verre d’eau. Quelle que soit l’inclinaison du verre, la surface de l’eau et les billes restent à l’horizontale. Lorsque la tête bouge plus ou moins rapidement, le liquide et les otolithes se déplacent dans le même sens, selon le mouvement.
  • Le nerf vestibulaire : il transmet l’information de mouvement depuis les canaux semi-circulaires jusque dans les centres nerveux cérébraux correspondants. Le cerveau commande alors au corps les actions nécessaires pour maintenir l’équilibre (ex. : mouvements musculaires réflexes). Le nerf vestibulaire forme avec le nerf cochléaire les deux parties du nerf auditif.
  • La vision et la perception de la position des différentes parties du corps (proprioception) jouent également un rôle dans la fonction d'équilibre.

Anatomie de l’oreille

Schéma : anatomie de l'oreille, conduit auditif (3)

Les différentes affections à l’origine de vertiges

Les causes du dysfonctionnement de la fonction de l’équilibre peuvent être variées. Toutefois, trois affections sont à l’origine de plus de la moitié des cas de vertiges diagnostiqués.

  • Les vertiges positionnels paroxystiques bénins (VPPB)

Ils sont liés à un dépôt d’otolithes dans l’un des canaux semi-circulaires, phénomène qui empêche la bonne perception du mouvement. Les VPPB sont souvent violents, brefs (moins de trente secondes), et donnent l’impression d’un mouvement de rotation. Ces vertiges sont déclenchés par les changements de position, le coucher, le lever ou le fait de tourner la tête rapidement. Il n’y a aucun autre symptôme associé.

  • La névrite vestibulaire

C’est une atteinte inflammatoire du nerf vestibulaire, en général d’origine virale. Elle provoque une seule grande crise de vertige obligeant souvent la personne à se coucher. Cette crise vertigineuse dure plusieurs jours et régresse progressivement. La personne ne présente ni surdité, ni acouphènes, ni troubles neurologiques ; en revanche, des nausées et vomissements sont souvent présents.

  • La maladie de Ménière

Elle est due à une augmentation de la pression dans le labyrinthe, d’origine inconnue. Elle est à l’origine de crises de vertiges intenses et rotatoires, qui durent d’une vingtaine de minutes à quelques heures. Ces crises s’accompagnent de nausées et de vomissements importants, d’acouphènes et d’une perte d’acuité auditive. La maladie évolue vers des lésions chroniques du labyrinthe responsable de vertiges chroniques, de troubles de l'équilibre permanents et d'une surdité progressive.

D’autres causes de vertiges sont plus rares :

  • un traumatisme crânien touchant la zone située à l’arrière de l’oreille telle une fracture du rocher ;
  • une infection ORL ;
  • un cholestéatome de l'oreille moyenne (pseudokyste contenant des inclusions de peau situé en arrière du ) secondaire à une otite chronique ;
  • la prise de certains médicaments toxiques pour l’oreille ;
  • plus rarement, une intoxication au plomb, au mercure ;
  • une tumeur : par exemple, neurinome du nerf acoustique se traduisant par des vertiges, des acouphènes et une surdité unilatérale… ;
  • un accident vasculaire cérébral (AVC) touchant le tronc cérébral ou le cervelet ;
  • une maladie neurologique comme une sclérose en plaques.
Sources
  • Collège des Enseignants de Neurologie.Vertiges. Site internet : CEN. Paris ; 2017 [consulté le 27 juillet 2017]
  • Toupet M, Bozorg Grayeli A. Diagnostic d'un vertige en pratique. EMC - Neurologie 2013;10(3):1-13 [Article 17-018-A-20].
  • Tarnutzera A A, Holyb J, Straumanna D, Bükic B. Les derniers développements du diagnostic des vertiges. Forum médical Suisse 2016;16(16):369–374