Variole du singe : quel traitement ?

En cas de variole du singe, l'isolement de la personne malade, l'application des gestes barrières et le traitement pour soulager les symptômes sont indispensables. Les médicaments antiviraux et les immunoglobulines sont prescrits pour les personnes les plus fragiles.

Variole du singe : les gestes barrières et l'isolement

Les gestes barrières

Toute personne qui est atteinte de la du singe doit porter jusqu'à guérison un masque chirurgical dès qu'elle est en présence d'une autre personne.

Elle doit porter des gants lorsqu'elle touche des objets partagés avec d'autres personnes.

Les personnes qui prennent en charge les malades portent un masque FFP-2, une blouse, des gants et des lunettes.

Les gestes barrières s'appliquant aux virus son indispensables et en particulier le lavage des mains qui doit être très fréquent.

L’isolement des personnes présentant une infection à Monkeypox

Les personnes atteintes de formes graves de Monkeypox sont hospitalisées.

La personne malade doit s’isoler :

  • à son domicile pour une durée minimale de 3 semaines à partir de la date de début des symptômes jusqu'à guérison totale des lésions de la peau. Elle est invitée à occuper, seule, une pièce dédiée ;
  • des autres personnes au sein de son domicile. Elle doit porter un masque chirurgical et ne pas avoir de contact physique avec d’autres personnes (ne pas se serrer les mains, ne pas s'embrasser, etc.). Il lui est demandé de s’abstenir de rapports sexuels, même avec préservatif, jusqu’à 21 jours après le début des symptômes. La personne malade et les personnes vivant sous son toit ne doivent pas partager leurs vêtements, leur linge de maison et literie ou leur vaisselle ;
  • de ses animaux de compagnie pendant toute la durée de l’isolement (un cas de transmission de l'homme vers un chien a été décrit à Paris en août 2022). En cas d’impossibilité, la personne doit limiter ses contacts avec l’animal, porter un masque et des gants lorsqu'elle s'en occupe et se laver les mains après chaque contact avec l'animal.

Si la personne malade doit impérativement sortir dans l'espace public:

  • rester en plein air, sans contact physique, ni partage d'équipement ;
  • porter des vêtements couvrant les lésions, des gants et un masque chirurgical.

Les déchets tels que les croûtes des vésicules doivent être conservés dans des sacs-poubelles dédiés.

Un nettoyage soigneux du domicile comportant les surfaces, la literie, les vêtements et la vaisselle doit être réalisé en fin d’isolement.

Les personnes les plus à risque de forme clinique grave (personnes immunodéprimées, femmes enceintes, jeunes enfants) doivent particulièrement prêter attention à l’apparition de toute aggravation et ne pas hésiter à prendre contact sans délai avec le Centre 15.

Monkeypox : se faire aider

Douleurs, isolement, stresse, angoisse... : n'hésitez pas à demander un soutien sur la ligne d'écoute « Monkeypox info-service » au

0 801 90 80 69

 

Variole du singe : quels médicaments ?

Traitement symptomatique

La fièvre et des douleurs

C’est le traitement de la fièvre. Il est conseillé d'utiliser le paracétamol, en dehors de toute contre-indication (allergie, maladie grave du foie, ). Un antalgique plus puissant (tramadol ou codéine associée au paracétamol) peut être nécessaire.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les corticoïdes et l'aspirine sont contre-indiqués en raison de la possibilité de survenue de complications infectieuses graves cutanée, pulmonaires, ORL neurologiques...

Des produits locaux (crème, gel) anesthésiques sont prescrits en cas de douleurs localisées au niveau de l'anus ou de la bouche.

Des bains de bouche ou de siège (par exemple avec du bicarbonate de sodium) soulagent les douleurs.

Les lésions de la peau

Les lésions de la peau sont nettoyées par un lavage à l'eau et au savon. Pour éviter le grattage de la peau, la surinfection des lésions et la transmission du virus, des peuvent être prescrits et il est conseillé de couvrir les lésions cutanées en cas de suintement ou s'il y a un risque de contact.

Une désinfection par chlorhexidine est nécessaire en cas de surinfection bactérienne.Des antibiotiques sont prescrits en cas d'impétigo secondaire.

Lorsque les lésions sont au stade de croûtes, il est conseillé d'appliquer une pommade grasse.
Après chaque soin ou contact avec les lésions cutanées, le lavage des mains ou la friction des mains avec un gel hydro-alcoolique permet d'éviter la transmission du virus Monkeypox.

Traitement antiviral ou par des immunoglobulines

Ce traitement est envisagé par une équipe pluridisciplinaire comportant un médecin infectiologue au sein d'un hôpital. Il n’est pas systématique et il est destiné aux personnes atteintes de formes graves et aux personnes les plus fragiles (personnes immunodéprimées dont celles vivant avec le VIH, femmes enceintes, sujets jeunes).

S’il est nécessaire, le traitement utilise les les antiviraux.

  • Le tecovirimat est prescrit en première intention, du fait de sa disponibilité par voie orale et sa toléranceLe tecovirimat a obtenu une autorisation de mise sur le marché européenne sous circonstances exceptionnelles le 6 janvier 2022 dans le traitement des infections à virus Monkeypox chez les adultes et les enfants pesant au moins 13 kg.
  • D'autres antiviraux sont envisageables : le brincidofovir par voie orale en deuxième intention ou le cidofovir en troisième intention (médicament administré par voie injectable, ayant une toxicité rénale et hématologique ainsi qu’un potentiel effet carcinogène, tératogène et nocif pour la reproduction).

Les personnes pour lesquelles les antiviraux ne peuvent pas être prescrits (femmes enceintes, jeunes enfants avec poids de moins de 13 kg) peuvent recevoir des humaines anti-vaccine.

Suivi des personnes atteintes par la variole du singe

La surveillance peut être réalisée par le médecin en téléconsultation si nécessaire.

  • Coordination opérationnelle Risque épidémique et biologique. Monkeypox. Site internet : COREB. Paris ; 2022 [consulté le 3 juin 2022]
  • Haut Conseil de la santé publique. Conduite à tenir autour d'un cas suspect, probable ou confirmé d'infection à Monkeypox virus. Site internet : HCSP. Paris ; 2022 [consulté le 3 juin 2022]
  • Haute Autorité de santé. Monkeypox : vacciner les adultes et professionnels de santé après une exposition à la maladie. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine. France ; 2022 [consulté le 3 juin 2022]
  • Santé publique France. Cas de Monkeypox en Europe, définitions et conduite à tenir. Site internet : Santé Publique France. Saint Maurice. France ; 2022 [consulté le 3 juin 2022]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Monkeypox -  informations sur les vaccins. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine. France ; 2022 [consulté le 3 juin 2022]
  • Organisation mondiale de la santé. du singe ‎‎(Orthopoxvirose ‎simienne)‎. Site internet : OMS. Genève. Confédération helvétique ; 2022 [consulté le 3 juin 2022] 
  • Haute Autorité de santé. Réponse rapide du 1er septembre 2022 : infection par le virus Monkeypox - Prise en charge en médecine de premier recours. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine. France ; 2022 [consulté le 6 septembre 2022]
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