Reconnaître la vaginite

26 octobre 2021
La vaginite (ou inflammation du vagin) est d’origine infectieuse ou irritative. Elle se manifeste le plus souvent par des pertes vaginales, des démangeaisons et des brûlures vulvaires. Les mycoses vaginales sont les vaginites les plus fréquentes.

Qu’est-ce qu’une vaginite ?

La vaginite est une inflammation du vagin résultant :

  • soit d'une infection vaginale due à un champignon (mycose vaginale), une bactérie, un virus ou un parasite,
  • soit d'une irritation non infectieuse du vagin.

Elle est presque toujours associée à une irritation de la vulve (espace anatomique situé entre le clitoris et le vagin, délimité par les grandes lèvres) ; c’est pourquoi on parle généralement de vulvovaginite.

La vaginite est une maladie très répandue qui touche presque toutes les femmes au moins une fois dans leur vie. Elle peut également atteindre les petites filles.

Les causes de la vaginite

La vaginite : un problème le plus souvent infectieux (infection vaginale)

La vaginite est le plus souvent d’origine infectieuse (deux fois sur trois environ).

La mycose vaginale

Dans 50 % des cas d'infection vaginale, la vaginite est une mycose (due à un champignon, presque toujours ). On parle alors de vaginite mycosique ou mycose vulvovaginale et plus particulièrement de candidose vaginale.

Les autres germes en cause dans l'infection vaginale

Les vaginites infectieuses peuvent être causées par d'autres germes :

Certaines vaginites infectieuses sont des infections sexuellement transmissibles

Les germes sont transmissibles par voie sexuelle :

Lire l'article : Maladies et infections sexuellement transmissibles.

La vaginite non infectieuse

Une fois sur trois environ, la vaginite n'est pas due à une infection.

Vaginite par irritation et en cas de maladies de peau

La vaginite est causée par :

  • une irritation de la vaginale par réaction d’intolérance à des produits chimiques (gel douche ou savon utilisé pour la toilette intime, mousse et huile de bain, gel lubrifiant, produits contraceptifs tels que les spermicides ou préservatifs, médicaments antimycosiques à usage local) ;
  • une irritation vulvovaginale mécanique due à des sous-vêtements synthétiques et serrés, des serviettes hygiéniques... ;
  • la présence d’une dermatose étendue à la vulve et au vagin :

Vulvovaginite chez la femme ménopausée

Chez les femmes ménopausées, une vulvovaginite non infectieuse apparaît parfois après l’arrêt des sécrétions d’hormones féminines (en particulier les estrogènes). La ménopause entraîne une et une sécheresse des muqueuses génitales, les rendant plus sensibles aux irritations. Toutefois, les vulvovaginites chez les femmes ménopausées peuvent aussi avoir une cause infectieuse.

Les symptômes de la vaginite

La vaginite se manifeste par différents symptômes.

Des démangeaisons au niveau de la vulve

La vaginite est responsable de démangeaisons (prurit) et/ou sensations de brûlure au niveau de la vulve et du vagin. Les grandes lèvres sont fréquemment enflées, rouges et douloureuses.
Des vésicules peuvent être présentes en cas d'herpès.

Des pertes vaginales fréquentes ou leucorrhées

Un écoulement vaginal abondant et inhabituel ou pertes vaginales (appelées également leucorrhées) apparait, le plus souvent. 

Ces pertes vaginales sont différentes selon la nature du germe en cause :

  • blanchâtres, épaisses et ressemblant à du lait caillé dans les vaginites dues à un champignon (vaginite mycosique ou mycose vulvovaginale),
  • fluides, abondantes, grisâtres ou jaunâtres et malodorantes dans les vaginites bactériennes,
  • mousseuses et aérées dans les vaginites parasitaires.

Cet écoulement est absent dans la vaginite non infectieuse et en cas d'herpès génital.

Des troubles urinaires et sexuels associés

L'inflammation du vagin peut s'accompagner de douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie), de brûlures en urinant ou difficultés à uriner.

Il existe des écoulements vaginaux normaux chez la femme non ménopausée

Il ne faut pas confondre les leucorrhées qui surviennent lors des vaginites avec les sécrétions génitales naturelles des femmes non ménopausées. Celles-ci sont variables selon le moment du cycle menstruel, n'ont pas d'odeur désagréable et n’entraînent pas d’irritation.

Les sécrétions génitales naturelles sont de nature différente selon le moment du cycle :

  • des sécrétions fluides, transparentes et très abondantes (c'est la glaire issue du col de l’utérus) en milieu de cycle : elles apparaissent au moment de l’ovulation. Elles sont destinées à faciliter le trajet des spermatozoïdes dans les voies génitales jusqu’à l’ovule pour permettre la fécondation ;
  • des sécrétions laiteuses et peu abondantes, liées à la de la vaginale : elles augmentent en deuxième partie du cycle menstruel et dans les jours précédant les règles.

Ces sécrétions vaginales normales produites sous l'influence des hormones sexuelles (estrogènes et ) disparaissent après la ménopause.

L’appareil génital féminin

Schéma anatomique de l’appareil génital féminin composé du vagin, du col de l’utérus, de l’utérus, des trompes de Fallope et des ovaires (cf. description détaillée ci-après)

L’appareil génital féminin est composé de cinq organes.

Le vagin, canal musculaire de quelques centimètres qui s’ouvre au niveau du pubis. Le col de l’utérus, couloir étroit qui relie le vagin et l’utérus. L’utérus, en forme de poche triangulaire à laquelle sont attachés des conduits appelés trompes de Fallope. Et les ovaires, deux glandes en forme d’amandes, qui sont situées à l’extrémité des trompes de Fallope.

Les facteurs favorisant la mycose vaginale et les autres vaginites

La mycose vaginale et les autres vaginites sont favorisées par différentes situations.

Vêtements et toilette intime : quelle implication dans les vulvovaginites ?

Le port de pantalons trop serrés provoque quelquefois des irritations locales qui fragilisent la peau, facilitant les infections vaginales. De même, les sous-vêtements en tissu synthétique augmentent la transpiration et la , propices au développement des germes, favorisant en particulier la survenue des mycoses vaginales.

L’excès d'hygiène intime (toilettes trop fréquentes et/ou avec des produits irritants, douches vaginales, utilisation de produits intravaginaux) peut être responsable d'une irritation vulvovaginale et peut abîmer les muqueuses, entraînant un déséquilibre de la flore. Cette flore vaginale (composée de bactéries non pathogènes, essentiellement des lactobacilles) est bénéfique car elle offre une protection contre les infections vaginales par des germes pathogènes.

La présence d’un corps étranger oublié dans le vagin (ex. : tampon périodique oublié) favorise le développement de germes (bactéries, champignons) dans le vagin..

Vie sexuelle et infections vaginales

Les rapports sexuels sont  à la fois cause d’irritation et vecteur de transmission de certaines infections sexuellement transmissibles.

Vaginites associées à des maladies

Les traitements antibiotiques pris pour soigner une infection bactérienne détruisent parfois des germes bénéfiques de la flore vaginale et contribuent au développement des champignons ( )  responsables de mycose vaginale.

Les médicaments qui diminuent l' (ex. : ) favorisent la survenue d'infections vaginales.

Certaines maladies favorisent la survenue d'infections vaginales (ex. : diabète, ...).

Des vaginites chez la petite fille

Chez la fillette, la vulvovaginite infectieuse est courante. Elle est favorisée par la fragilité des muqueuses et par la morphologie de la vulve (petites lèvres très peu développées) qui facilite l'accès au vagin des germes provenant de l’anus.

Par ailleurs, dans cette tranche d’âge, l'infection vaginale peut avoir des causes particulières :

  • une toilette incomplète ou avec des savons irritants ;
  • les infections urinaires ;
  • l'oxyurose ;
  • la présence d’un corps étranger (papier, coton, bille, crayon, etc.) introduit par la fillette dans son vagin. Dans ce cas, il y a souvent un écoulement malodorant, et il faut consulter en urgence.

  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Infections génitales de la femme : leucorrhées. ECN 2018. 3ème édition Elsevier Masson
  • National Health service (NHS). Vaginitis. Site internet : NHS. Londres ; 2020 [consulté le 25 octobre 2021]
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  • Van Schalkwyk J, Yudin M H. Vulvovaginite : Dépistage et prise en charge de la trichomonase, de la candidose vulvovaginale et de la vaginose bactérienne. J Obstet Gynaecol Can 2015;37(3 eSuppl A):S1-S11
  • Bohbot J M, Sednaoui P, Verrier F, Achhammer I. Diversité étiologique des vaginites. Gynécologie Obstétrique & Fertilité. 2012;40(10):578-581.