Reconnaître la vaginite

24 octobre 2018
La vaginite est une inflammation du vagin qui peut être d’origine infectieuse ou irritative. Elle se manifeste le plus souvent par des pertes vaginales anormales et des douleurs. Les mycoses vaginales sont les plus fréquentes.

Qu’est-ce qu’une vaginite ?

La vaginite est une inflammation du vagin résultant :

  • soit d'une infection due à un champignon (mycose vaginale), une bactérie, un virus ou un parasite (infection vaginale),
  • soit d'une irritation non infectieuse.

Elle est presque toujours associée à une irritation de la vulve (espace anatomique situé entre le clitoris et le vagin, délimité par les grandes lèvres) ; c’est pourquoi on parle généralement de vulvovaginite.

C'est une maladie très répandue qui touche presque toutes les femmes au moins une fois dans leur vie. Elle peut également atteindre les petites filles.

Les causes de la vaginite

La vaginite : un problème le plus souvent infectieux (c'est une infection vaginale)

La vaginite est le plus souvent d’origine infectieuse (deux fois sur trois environ).

Dans 50 % des cas d'infection vaginale, la vaginite est une mycose (due à un champignon, presque toujours ). On parle alors de vaginite mycosique ou mycose vulvo-vaginale et plus particulièrement de candidose vaginale.

Les vaginites infectieuses peuvent être causées par d'autres germes :

  • des parasites (Trichomonas...) ;
  • des bactéries (Mycoplasme, Gardnerella vaginalis, Chlamydia, Gonocoque...) ;
  • des virus (herpès génital ...).

Certaines de ces vaginites infectieuses sont des infections sexuellement transmissibles : herpès génital, vaginite à Trichomonas, à Chlamydia, à Mycoplasme, à Gonocoque...

La vaginite non infectieuse

Une fois sur trois environ, la vaginite n'est pas due à une infection. Elle peut être liée à :

  • une réaction d’intolérance à des produits chimiques (gel douche ou savon, mousse et huile de bain, gel lubrifiant, produits contraceptifs tels que les spermicides ou préservatifs, produits antimycosiques à usage local) ;
  • une irritation mécanique (sous-vêtements synthétiques et serrés, serviettes hygiéniques...) ;
  • la présence d’une dermatose : psoriasis, lichen, eczéma de contact aux produits d'hygiène...

Chez les femmes ménopausées, une vulvo-vaginite non infectieuse apparaît parfois après l’arrêt des sécrétions d’hormones féminines (en particulier les estrogènes). La ménopause entraîne une et une sécheresse des muqueuses génitales, les rendant plus sensibles aux irritations. Toutefois, les vulvo-vaginites chez les femmes ménopausées peuvent aussi avoir une cause infectieuse.

Les symptômes de la vaginite

La vaginite peut se manifester par les symptômes suivants :

  • des démangeaisons (prurit) et/ou sensations de brûlure au niveau de la vulve et du vagin ;
  • un écoulement vaginal abondant et inhabituel ou pertes vaginales appelées leucorrhées. Cet écoulement est absent dans la vaginite non infectieuse et en cas d'herpès génital.
    Ces pertes vaginales sont :
         - blanchâtres, épaisses et ressemblant à du lait caillé dans les vaginites dues à un champignon (vaginite mycosique ou mycose vulvovaginale),
         - fluides, abondantes, grisâtres ou jaunâtres et malodorantes dans les vaginites bactériennes,
         - mousseuses et aérées dans les vaginites parasitaires.
  • des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie) ;
  • des brûlures en urinant ou difficultés à uriner ;
  • des grandes lèvres enflées, rouges et douloureuses avec parfois des vésicules.
Il existe des écoulements vaginaux normaux

Il ne faut pas confondre les leucorrhées qui surviennent lors des vaginites avec les sécrétions génitales naturelles des femmes non ménopausées. Celles-ci sont variables selon le moment du cycle menstruel, n'ont pas d'odeur désagréable et n’entraînent pas d’irritation.
Elles sont de deux sortes :

  • des sécrétions laiteuses et peu abondantes, liées à la de la vaginale. Elles augmentent en deuxième partie du cycle menstruel et dans les jours précédant les règles ;
  • la glaire issue du col de l’utérus, fluide, transparente et très abondante en milieu de cycle, au moment de l’ovulation. Elle est destinée à faciliter le trajet des spermatozoïdes dans les voies génitales jusqu’à l’ovule.

Ces sécrétions vaginales normales produites sous l'influence des hormones sexuelles (œstrogènes et ) disparaissent après la ménopause.

L’appareil génital féminin

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Les facteurs favorisant la vaginite

La vaginite est favorisée par :

  • le port de pantalons trop serrés provoquant quelquefois des irritations locales qui fragilisent la peau, facilitant les infections vaginales ;
  • les sous-vêtements en tissu synthétique augmentant la transpiration et la , propices au développement des germes, favorisant en particulier la survenue des mycoses vaginales ;
  • l’excès d’hygiène (toilettes trop fréquentes et/ou avec des produits irritants, douches vaginales, utilisation de produits intravaginaux) qui peut abîmer les muqueuses et entraîner un déséquilibre de la flore. Cette flore vaginale (composée de bactéries non pathogènes, essentiellement des lactobacilles) est bénéfique car elle offre une protection contre les infections vaginales par des germes pathogènes ;
  • la présence d’un corps étranger dans le vagin (ex. : tampon périodique oublié) ;
  • les rapports sexuels, à la fois cause d’irritation et vecteur de transmission de certaines infections sexuellement transmissibles ;
  • les traitements antibiotiques détruisant parfois des germes bénéfiques de la flore vaginale et contribuant au développement des champignons ()  responsable de mycose vaginale ;
  • certaines maladies qui favorisent les infections (ex. : diabète, ...) ;
  • certains médicaments qui diminuent l' (ex. : ).
Des vaginites chez la petite fille

Chez la fillette, la vulvovaginite infectieuse est courante. Elle est favorisée par la fragilité des muqueuses et par la morphologie de la vulve (petites lèvres très peu développées) qui facilite l'accès au vagin des germes provenant de l’anus.

Par ailleurs, dans cette tranche d’âge, l'infection vaginale peut avoir des causes particulières :

  • une toilette incomplète ou avec des savons irritants ;
  • les infections urinaires;
  • l'oxyurose;
  • la présence d’un corps étranger (papier, coton, bille, crayon, etc.) introduit par la fillette dans son vagin. Dans ce cas, il y a souvent un écoulement malodorant, et il faut consulter en urgence.
Sources
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Infections génitales de la femme : leucorrhées. Site internet : Campus de gynécologie et obstétrique de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010-2011 [consulté le 20 janvier 2017]
  • National instituts of health (NIH). Vaginitis. Site internet : NIH. Bethesda (USA) ; 2013 [consulté le 20 janvier 2017]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Vulvo-vaginite de l'enfant prépubère. Site internet : CNGOF. Paris ; 2007 [consulté le 20 janvier 2017]
  • Yudin MH, Money DM, et al. Screening and management of bacterial vaginosis in pregnancy. 2008;30(8):702-16
  • Van Schalkwyk J, Yudin M H. Vulvovaginite : Dépistage et prise en charge de la trichomonase, de la candidose vulvovaginale et de la vaginose bactérienne. J Obstet Gynaecol Can 2015;37(3 eSuppl A):S1-S11
  • Bohbot J M, Sednaoui P, Verrier F, Achhammer I. Diversité étiologique des vaginites. Gynécologie Obstétrique & Fertilité. 2012;40(10):578-581.