Comprendre la vaccination

05 janvier 2018
Déclenchant la formation d’anticorps, la vaccination permet de lutter contre des maladies infectieuses potentiellement graves. On est vacciné pour se protéger soi–même, mais aussi sa famille et son entourage. La généralisation de la vaccination contre certaines maladies a permis leur éradication.

La réaction de l’organisme face aux microbes

Le est l'ensemble des moyens de défense qui protège l'organisme contre une infection.

Lors de la pénétration d'un microbe (un virus, une bactérie, etc.) dans le corps, ce microbe peut se multiplier et entraîner une maladie. Certains microbes produisent aussi des toxines qui sont des poisons pour l'organisme (comme dans le tétanos, la coqueluche ou la diphtérie).

Dans le même temps, des cellules du corps reconnaissent certaines parties du microbe (les antigènes) comme des éléments étrangers. En réaction, l'organisme active l'ensemble du qui a pour objectif d'éliminer le microbe, en fabriquant des anticorps.

La vaccination : comment ça marche ?

La vaccination est un moyen de protéger un individu contre le développement de certaines maladies infectieuses dues à des microbes (bactéries ou virus), avant que cette personne ne soit atteinte par ces maladies.

Lors d'une vaccination, on injecte dans l'organisme un microbe tué ou atténué, ou une rendue inactive (anatoxine). Le microbe, rendu inoffensif, n'entraîne donc pas la maladie. En revanche, le corps le reconnaît comme s'il était actif et fabrique des anticorps pour l'éliminer.

Le garde la mémoire de ces anticorps. Ainsi, si le microbe actif se présente par la suite, le corps saura fabriquer plus rapidement les anticorps nécessaires, adaptés spécifiquement à la lutte contre ce microbe, et empêcher la survenue de la maladie.

© Blausen Medical

La vaccination est-elle efficace ?

L'efficacité de la vaccination est telle qu'elle a permis de faire disparaître certaines maladies dans le monde () ou en France (, diphtérie).
La durée de la protection acquise varie selon les vaccins (quantité d'antigènes présents dans le vaccin, mode de préparation...) C'est pourquoi il est nécessaire, dans certains cas, de pratiquer des rappels pour réactiver cette protection.

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Pourquoi continuer à se faire vacciner contre des maladies qui ont presque disparu en France ?

Certaines maladies pour lesquelles il existe une vaccination sont rares en France ou ont même disparu de notre pays. Il est, cependant, important de continuer à se faire vacciner. À cela, plusieurs raisons :

  • Certaines maladies sont encore présentes dans d'autres pays. La vaccination reste indispensable, compte tenu de la fréquence des voyages. Des personnes qui voyagent et qui ne sont pas vaccinées peuvent apporter la maladie en France.
  • Les maladies ayant disparu en France (...) pourraient réapparaître si l'on cessait de se faire vacciner.
  • Le nombre de cas de maladies peu fréquentes actuellement en France (par exemple la rougeole, la rubéole congénitale) pourrait augmenter si le taux de vaccination de la population baissait.

La vaccination comporte-t-elle des risques ?

Les vaccins, comme tout médicament, doivent répondre à des exigences de qualité, d'efficacité et de sécurité avant de pouvoir être commercialisés.

Les vaccins sont l'une des mesures de prévention les plus efficaces.

Certains vaccins peuvent avoir des effets indésirables, le plus souvent bénins (fièvre, douleurs au point d'injection), mais ils font courir beaucoup moins de risques que les maladies elles-mêmes.

Si le risque zéro n'existe pas, les effets secondaires graves sont rares.

Si vous ressentez des effets indésirables, votre médecin vous indiquera ce que vous pouvez faire. N'hésitez pas à le contacter pour lui en parler.

Vaccination : pour les enfants et les adultes aussi

La vaccination des nourrissons

Les changements à compter du 1er janvier 2018

Plusieurs vaccins, qui étaient jusqu’alors recommandés, deviennent obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018.

Les vaccinations sont indispensables chez les bébés et les enfants. En faisant vacciner votre enfant, vous le protégez efficacement et durablement contre des maladies infectieuses graves et vous protégez les autres en empêchant les maladies de se propager. Pour permettre une protection satisfaisante de la population, 95% des enfants devraient être vaccinés.

En France, la est très satisfaisante pour les vaccins qui sont depuis longtemps obligatoires (contre la diphtérie, le tétanos, la ).

En revanche, elle est très insuffisante pour les vaccins qui n’étaient que recommandés (conte la rougeole, les oreillons, la rubéole par exemple). Cette insuffisance de est à l’origine de la ré-apparition d’épidémies, de décès ou de handicaps évitables.

Pour protéger efficacement les enfants et éviter la réapparition d’épidémies, 8 vaccins supplémentaires deviennent obligatoires.

En plus des 3 vaccins actuellement obligatoires contre :

  • la diphtérie,
  • le tétanos,
  • la ,

s’ajoutent les vaccins contre :

Il ne s’agit pas de nouveaux vaccins, plus de 70% des enfants en France sont déjà vaccinés contre ces 11 maladies.

Quels sont les enfants concernés par l’obligation vaccinale ?

Tous les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 sont concernés par la nouvelle obligation vaccinale.

Pour les enfants de moins de deux ans et nés avant le 1er janvier 2018, ces huit vaccins sont vivement recommandés pour les protéger contre des maladies potentiellement graves. Les parents n’auront toutefois pas à justifier de la réalisation de ces huit vaccins pour l’inscription de leur enfant en collectivité ; seuls les 3 vaccins déjà obligatoires contre la diphtérie, le tétanos et la (DT-polio) restent exigibles.

Si l'enfant est né en 2018, il faudra justifier à partir du 1er juin 2018, de la réalisation des vaccins obligatoire pour toute admission en collectivité sauf lorsqu’un certificat médical atteste que l’une ou plusieurs de ces vaccinations sont contre indiquées.

Se faire vacciner et mettre ses vaccins à jour tout au long de sa vie

Certains vaccins sont faits à l’adolescence (contre le ) et le vaccin de la grippe doit être administré chaque année.

Par ailleurs, il est indispensable de mettre ses vaccins à jour tout au long de sa vie pour être protégé efficacement et durablement. En effet, de nombreux vaccins nécessitent des rappels réguliers pour être efficaces, notamment ceux contre la diphtérie, le tétanos et la .

Pour les adultes, un rappel diphtérie-tétanos- est nécessaire tous les 20 ans : à 25 ans, 45 ans, 65 ans, puis tous les 10 ans à partir de 65 ans. À 25 ans, le rappel concerne également la coqueluche.

Faites le point régulièrement avec votre médecin traitant et n'oubliez pas de faire inscrire vos vaccinations dans votre carnet de vaccination (ou dans le carnet de santé pour les enfants).

Quels vaccins si vous souhaitez être enceinte ?

Avant toute grossesse, faites le point avec votre médecin sur vos vaccinations. Il envisagera avec vous les rappels ou les vaccinations indispensables, en particulier ceux du tétanos, de la diphtérie, de la et de la coqueluche, mais aussi la rubéole si vous n'êtes pas immunisée.

Si vous êtes déjà enceinte et que vos vaccins ne sont pas à jour, parlez-en avec votre médecin traitant.

Sources
  • Guérin N. Vaccinations. In : Encyclopédie médico–chirurgicale. Pédiatrie–Maladies infectieuses. Paris : Elsevier Masson ; 2005. 4–002–B–50
  • Santé publique France. La vaccination. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2017 [consulté le 4 janvier 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Projet de grossesse : informations, messages de prévention, examens à proposer. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 4 janvier 2017]
  • Ministère des Solidarités et de la Santé. Vaccination. Site internet : Ministère des Solidarités et de la Santé. Paris ; 2017 [consulté le 4 janvier 2018]
  • Santé publique France. Vaccination des jeunes enfants : des données pour mieux comprendre l’action publique. BEH Hors-série du 19 octobre 2017. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2017 [consulté le 4 janvier 2018]
  • Loi n° 2017-1836 de financement de la sécurité sociale pour 2018. Journal officiel n° 305 du 31 décembre 2017.