Les vaccins recommandés

09 octobre 2020
Des vaccins existent contre diverses maladies graves telles que la tuberculose, l'hépatite A... S’ils ne sont pas obligatoires, ils restent la meilleure façon d’éviter ces maladies et de protéger les personnes fragiles (nourrissons, femmes enceintes, personnes âgées…).

La vaccination contre la tuberculose

La tuberculose est une maladie infectieuse due à une bactérie appelée bacille de Koch. Elle se transmet de personne à personne, par la toux ou les postillons, à l'occasion de contacts rapprochés et répétés. Il est possible d'avoir une tuberculose et de ne pas se sentir malade. Les symptômes de la maladie sont avant tout la toux, la fièvre, la fatigue et la perte de poids. Pratiquement tous les organes peuvent être touchés par la tuberculose et des complications graves peuvent survenir.

Un traitement associant plusieurs antibiotiques est efficace mais il doit être pris tous les jours, pendant plusieurs mois.

Le risque de développer la maladie est plus important chez les enfants.

Le BCG est un vaccin vivant atténué.

Depuis 2007, la vaccination contre la tuberculose n'est plus exigée lors de l'entrée en collectivité des enfants.

À l'exception de la Guyane et de Mayotte où la vaccination en période néonatale est maintenue, la vaccination par le BCG est recommandée à partir de l'âge de 1 mois pour les enfants qui présentent un risque élevé de tuberculose :

  • antécédent familial de tuberculose chez un parent, un frère, une sœur... ;
  • enfant résidant à Mayotte, en Guyanne (vaccination néonatale) et en Ile de France ;
  • enfant né, ou devant séjourner dans un pays de forte tuberculeuse (Afrique, Asie sauf Japon, de nombreux pays du Moyen et Proche Orient, d'Amérique centrale et du Sud, d'Europe centrale et d'Europe de l’Est) ;
  • enfant dont au moins un des parents est originaire d'un de ces pays ;
  • enfant devant séjourner au moins un mois d’affilée dans l’un de ces pays ;
  • toute autre situation jugée à risque d'exposition au bacille tuberculeux par le médecin.

Le vaccin peut également être proposé jusqu'à 15 ans, chez les enfants à risque élevé et ceux qui n'ont pas encore été vaccinés.

La pratique d'une IDR à la tuberculine prévaccinale n'est requise que pour les enfants âgés de 6 ans ou plus (ainsi que dans des situations particulières).

La revaccination par le BCG, en population générale et chez les professionnels exposés à la tuberculose, n’est plus indiquée depuis 2004. En conséquence, l’IDR à la tuberculine n’est plus pratiquée à titre systématique, notamment après la vaccination par le BCG.

À compter du 1er avril 2019, l'obligation de vaccination contre la tuberculose de certains professionnels de santé à l'embauche ou lors de la formation est levée. Cependant, le médecin du travail pourra proposer la vaccination, au cas par cas, en raison d'un risque élevé d'exposition au bacille tuberculeux (par exemple : contact avec de malades tuberculeux multirésistants, travail dans certains laboratoires bactériologiques...) Pour le personnel exposé, l'applicatio des gestes barrières est indispensable.

La vaccination est faite par injection par voie intradermique du vaccin BCG. Elle repose sur :

  • une injection intradermique unique d'une demi-dose de vaccin (0.05 ml) pour les enfants de moins de 12 mois ;
  • l'injection intradermique d'une dose de vaccin (0.1 ml) à partir d'un an et chez l'adulte.

Elle comporte des contre-indications :

  • sensibilité importante à l'un des composants du vaccin ;
  • maladie de peau étendue ;
  • traitement par des corticoïdes ou immunosuppresseurs (chimiothérapie, traitement antiTNF) ;
  • ou au VIH.

La vaccination contre l’hépatite A

L'hépatite A est une maladie due à un virus qui attaque le foie.

Quel vaccin contre l'hépatite A ?

Le vaccin est produit à partir d’un virus inactivé.

La durée de protection est d'au moins 10 ans.

La vaccination contre l'hépatite A est recommandée  pour :

  • les jeunes accueillis dans les établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapées ;
  • les personnes atteintes de mucoviscidose ou de maladie du foie susceptible de devenir chronique (notamment l' hépatite B,  l’hépatite C ou l'atteinte du foie due à une consommation excessive d’alcool) ;
  • les enfants, à partir de l’âge d’un an, nés de familles dont l’un des membres (au moins) est originaire d’un pays où l'hépatite A est très fréquente et qui sont susceptibles d’y séjourner ;
  • les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH).

Recommandations autour d’un cas d’hépatite A

Afin d’éviter une contamination de ses proches, une vaccination rapide peut être également recommandée pour l’entourage familial d’une personne atteinte d’hépatite A (ou pour toute personne vivant sous le même toit). La vaccination est recommandée pour les personnes de l’entourage qui :

  • n’ont pas été vaccinées contre cette maladie dans le passé ;
  • sont nées après 1945 ;
  • n’ont jamais eu de jaunisse ;
  • n’ont pas séjourné dans un pays fortement touché par l’hépatite A.

Pour les autres personnes de l’entourage, une prise de sang sera d’abord réalisée pour vérifier l’absence d’antécédent d’hépatite A (la vaccination est inutile si une personne a déjà eu une hépatite A).

La vaccination est également recommandée au sein d’une communauté en situation d’hygiène précaire, lorsqu’il existe un cas d’hépatite A. Cette mesure permet d’éviter une épidémie au sein de la communauté et une diffusion plus large de la maladie.

Vaccination contre l'hépatite A en milieu professionnel

La vaccination contre l’hépatite A est recommandée pour les personnels exposés professionnellement à un risque de contamination :

  • personnes s’occupant d’enfants n’ayant pas atteint l’âge de la propreté (par exemple personnels des crèches, assistants maternels...) ;
  • personnels des structures collectives d’accueil pour personnes handicapées ;
  • travailleurs chargés du traitement des eaux usées et des égoûts.

Elle est également recommandée pour les professionnels impliqués dans la préparation alimentaire en restauration collective.

Vaccination contre l'hépatite A chez le voyageur 

La vaccination est recommandée pour les voyageurs devant séjourner dans un pays où l'hygiène est précaire, particulièrement pour les personnes souffrant d'une maladie chronique du foie et de mucoviscidose. Elle est recommandée dès l'âge de 1 an.

Une prise de sang est d’abord réalisée pour vérifier l’absence d’antécédent d’hépatite A chez les personnes :

  • ayant déjà eu une jaunisse (ictère) ;
  • ou ayant vécu leur enfance en zone où l'hépatite A est très fréquente ;
  • ou nées avant 1945.

Schéma vaccinal

La vaccination contre l'hépatite A chez l'enfant comme chez l'adulte nécessite une dose de vaccin puis l'administration d'une dose de rappel dans un délai qui varie selon le vaccin utilisé.

Le vaccin contre les papillomavirus humains (HPV)

La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) permet de prévenir les infections par les papillomavirus les plus fréquents, responsables, chez la femme, de 70 à 90 % des cancers du col de l’utérus.

La vaccination renforce les mesures de prévention du cancer du col de l'utérus, mais ne se substitue pas aux mesures de prévention (dépistage des lésions du col par le frottis ou test HPV). En effet, la vaccination ne protège ni contre tous les cancers du col de l’utérus ni contre toutes les lésions précancéreuses. Donc, même vaccinées, les femmes doivent bénéficier du dépistage en réalisant un frottis du col de l'utérus ou d'un test HPV selon les recommandations en vigueur.

Le vaccin contre les infections à papillomavirus humains : pour qui ?

Le vaccin est recommandé pour toutes les jeunes filles mais aussi tous les garçons (à compter du 1er janvier 2021) âgés de 11 à 14 ans révolus. Le vaccin est d'autant plus efficace que les jeunes filles et les jeunes garçons n'ont pas encore été exposés au risque d'infection par le HPV.

En rattrapage, le vaccin est recommandé pour les personnes des deux sexes de 15 à 19 ans révolus non encore vaccinées.

Quels vaccins contre le papillomavirus sont-ils disponibles ?

Trois vaccins sont utilisables :

  • un vaccin bivalent (qui protège contre les virus de types 16,18) : Cervarix®,
  • un vaccin quadrivalent (qui protège contre les virus de types 6,11,16,18) : Gardasil®,
  • un vaccin nonavalent (qui protège en plus contre les virus de type31, 33, 45, 52 et 58) : Gardasil 9®.

Les vaccins ne sont pas interchangeables et toute vaccination initiée avec l'un d'eux doit être achevée avec le même vaccin.

Le Haut Conseil de la santé publique recommande que toute nouvelle vaccination soit initiée avec le vaccin nonavalent Gardasil 9®.

Déroulement de la vaccination HPV par le vaccin nonavalent (Gardasil 9®)

  • La vaccination se déroule en deux injections espacées de 6 à 13 mois pour les jeunes filles et garçons âgés de 11 à 14 ans révolus.
  • Entre 15 à 19 ans révolus, trois injections sont nécessaires selon le schéma suivant : la deuxième injection a lieu 2 mois après la première et la troisième est faite 6 mois après la première.

Qui vaccine ?

La vaccination HPV peut être réalisée :

  • par un médecin ou une sage-femme,
  • par un infirmier sur prescription d'un médecin ou d'une sage-femme,
  • dans un centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), un centre de planification familiale et certains centres de vaccination publics.

Quelle prise en charge pour le vaccin contre les papillomavirus humains?

Le vaccin contre l'infection à papillomavirus humain (HPV) fait partie des vaccins pris en charge par l'Assurance Maladie. Il est, à ce titre, remboursé, sur prescription médicale, à 65 %. Les organismes complémentaires interviennent habituellement pour compléter le remboursement. La vaccination peut être gratuite dans certains centres de vaccination.

 

Vaccination contre le papillomavirus : recommandations particulières

  • Pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), la vaccination HPV par Gardasil® ou Gardasyl 9® est recommandée jusqu’à l’âge de 26 ans révolus en prévention des lésions précancéreuses anales, des cancers anaux et des condylomes. Le vaccin peut être proposé dans les CeGIDD ainsi que dans les centres publics de vaccination afin de permettre un accès gratuit à la vaccination.
  • Pour les personnes immunodéprimées, la vaccination est recommandée chez les garçons comme chez les filles aux mêmes âges que dans la population générale avec rattrapage jusqu'à l'âge de 19 ans révolus. Si un enfant est candidat à une transplantation d'organe solide, la vaccination peut être faite dès l'âge de 9 ans.

Le Haut Conseil de la santé publique recommande que la vaccination des hommes ayant des relations avec les hommes et des personnes immunodéprimées soit initiée par le vaccin nonavalent Gardasil 9®.

Le vaccin contre la grippe

La grippe est une infection respiratoire contagieuse qui peut être due à plusieurs type de virus grippaux (A, B ou C). Ces virus évoluent, et chaque automne, la composition du vaccin est adaptée aux virus circulants. La vaccination comporte une seule injection mais doit être renouvelée chaque année en raison de ces modifications de composition.

La vaccination contre la grippe est recommandée chaque année pour les personnes âgées de 65 ans et plus.

Elle est également recommandée chez :

  • les femmes enceintes, quel que soit le trimestre de la grossesse ;
  • les personnes à risque atteintes de certaines affections, y compris les enfants à partir de l'âge de 6 mois ;
  • les personnes atteintes d’obésité ;
  • l’entourage familial de nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave ;
  • les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite ainsi que dans un établissement médico-social d’hébergement quel que soit l’âge ;
  • certains professionnels de santé : la vaccination des soignants et des personnes s’occupant de jeunes enfants ou de personnes âgées est vivement conseillée.

Pour connaître les personnes ciblées par les recommandations vaccinales, demandez conseil à votre médecin traitant.

Faut-il se faire vacciner contre la grippe en période de Covid-19 ?

Dans un contexte de Covid-19, il est important que les personnes fragiles face à ces deux virus soient protégées de la grippe. Comment cela se passe-t-il ? 

Vous avez eu la Covid-19

Que vous ayez eu une forme modérée ou une forme grave de cette maladie, il n'y a pas de contre-indication à la vaccination antigrippale, dans la mesure où vous n'avez pas de fièvre et autres symptômes d'infection au moment de la vaccination.

Vous êtes sujet contact Covid-19

Si vous venez d'être identifié.e comme sujet contact d'une personne malade du Covid-19, votre vaccination antigrippale est :

  • reportée à la fin de la période d'isolement en l'absence d'apparition de symptôme,
  • annulée si vous présentez la Covid.

  • Santé publique France. La vaccination. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2020 [consulté le 2 octobre 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Projet de grossesse : informations, messages de prévention, examens à proposer. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 2 octobre 2020]
  • Ministère des Solidarités et de la santé. Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2020. Site internet : Ministère des Solidarités et de la santé. Paris (France) ; 2019 [consulté le 2 octobre 2020]
  • Recommandations sanitaires pour les voyageurs 2020. BEH Hors série du 1ç mai 2020. Site internet : Santé publique France. Saint–Maurice (France) ; 2020 [consulté le 2 octobre 2020]
  • Loi n° 2017-1836 de financement de la sécurité sociale pour 2018. Journal officiel n° 305 du 31 décembre 2017.
  • Avis n°2020.0034/AC/SEESP du 20 mai 2020 du collège de la Haute Autorité de santé relatif au maintien de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2020/2021 dans le contexte de l'épidémie de Covid-19 en France. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2020 [consulté le 30 septembre 2020]