Comprendre la vaccination

03 mai 2021
En déclenchant la fabrication d’anticorps, la vaccination permet de lutter contre des maladies infectieuses potentiellement graves. On est vacciné pour se protéger soi–même, mais aussi sa famille et son entourage. La généralisation de la vaccination contre certaines maladies a permis leur éradication.

La réaction de l’organisme face aux microbes

Le est l'outil de défense qui protège l'organisme contre une infection. Il dispose de plusieurs moyens d’action.

Lors de la pénétration d'un microbe (un virus, une bactérie, etc.) dans le corps, ce microbe peut se multiplier et entraîner une maladie. Certains microbes produisent aussi des toxines qui sont des poisons pour l'organisme (comme dans le tétanos, la coqueluche ou la diphtérie).

Dans le même temps, des cellules du corps reconnaissent certaines parties du microbe (les antigènes) comme des éléments étrangers. En réaction, l'organisme active le de façon plus ou moins spécifique par rapport au microbe, ce qui a pour objectif de l'éliminer, en fabriquant des anticorps.

La vaccination : comment ça marche ?

La vaccination est un moyen de protéger un individu contre le développement de certaines maladies infectieuses dues à des microbes (bactéries ou virus), avant que cette personne ne soit atteinte par ces maladies.

Lors d'une vaccination, on injecte dans l'organisme un microbe tué ou atténué, ou une rendue inactive (anatoxine). Le microbe, rendu inoffensif, n'entraîne donc pas la maladie. En revanche, le corps le reconnaît comme s'il était actif et fabrique des anticorps pour l'éliminer. Ces anticorps, comme chaque fois que le est activé, sont conçus pour agir rapidement, mais aussi pour être gardés plus ou moins longtemps en mémoire.

C’est cette mémoire qui permet à l’organisme de savoir se défendre immédiatement lorsqu’il rencontre à nouveau un microbe. Après la vaccination, si l’organisme est infecté par le microbe actif, il saura se défendre en mobilisant immédiatement les anticorps nécessaires et adaptés spécifiquement à la lutte contre ce microbe, empêchant ainsi la survenue de la maladie.

Y a-t-il des contre-indications à la vaccination ?

La Haute Autorité de santé rappelle que les contre-indications à la vaccination sont rares.

Les principales contre-indications définitives sont :

  • une allergie grave connue à l'un des composants du vaccin,
  • une réaction allergique grave survenue lors d'une précédente injection du vaccin.

Les vaccins vivants atténués (ROR, BCG, varicelle, zona et fièvre jaune) sont contre-indiqués en cas de .

Vidéo : Le mécanisme d'action d'un vaccin

[Cette animation 3D explique la réponse immunitaire à la vaccination. Elle est réalisée par Blausen Medical.]

Certaines maladies sont dues à la présence d'agents pathogènes comme les bactéries et les virus.

Ces envahisseurs peuvent réussir à pénétrer notre organisme de diverses manières, comme par le biais d'une plaie ouverte, par inhalation ou par contact avec les muqueuses des yeux, du nez ou de la bouche. En cas d'infection par un agent pathogène, les globules blancs qui circulent dans notre sang commencent une guerre sans merci où toutes les possibilités sont étudiées pour venir à bout des envahisseurs. Au cours de cette période, le corps est malade et présente des symptômes représentatifs de la maladie concernée.

Les globules blancs ne se contentent pas de déterminer la meilleure stratégie pour venir à bout des agents pathogènes. Ils créent également des cellules mémoires qui sauront réagir en cas de nouvelle attaque par le même envahisseur.

La vaccination est une manière de mettre en route la réponse immunitaire de l'individu avant qu'il ne soit réellement touché par l'agent pathogène. Le vaccin contient en effet des organismes soit tués, soit affaiblis, qui ne pourront normalement pas provoquer de maladie. Le corps se met alors à détruire ses cellules affaiblies et à produire des cellules mémoires. Lorsque l'organisme a réussi à mémoriser une défense contre un agent pathogène spécifique, on parle d'immunisation.

Si le corps rencontre de nouveau le même agent pathogène au cours de la vie, les cellules mémoires pourront l'attaquer directement sans chercher quelle est la meilleure stratégie possible. L'envahisseur est alors détruit sans que l'individu ne tombe malade.

© Blausen Medical

La vaccination est-elle efficace ?

L'efficacité de la vaccination et son utilisation importante ont permis de faire disparaître certaines maladies dans le monde ( ) ou en France ( , diphtérie).
La durée de la protection acquise varie selon les vaccins (quantité d'antigènes présents dans le vaccin, mode de préparation...) C'est pourquoi il est nécessaire, dans certains cas, de pratiquer des rappels pour prolonger cette protection.

Infographie expliquant les risques à ne pas se faire vacciner, et les bienfaits de la vaccination sur la santé publique (cf. description détaillée ci-après)

Vaccination : des bénéfices majeurs pour la santé

Certaines maladies peuvent avoir des conséquences dramatiques sur la santé.

La poliomyélite peut entraîner des paralysies ou le décès. La coqueluche peut entraîner de la détresse respiratoire ou le décès. La diphtérie peut entraîner de l’asphyxie ou le décès. Le tétanos peut entraîner des paralysies ou le décès. Les oreillons peuvent entraîner des méningites ou des atteintes testiculaires. La rougeole peut entraîner de l’encéphalite, des pneumonies ou le décès. La rubéole peut entraîner des malformations fœtales. Le pneumocoque peut entraîner des méningites, des handicaps ou le décès. Le méningocoqueC peut entraîner des méningites, des amputations ou le décès. L’hépatiteB peut entraîner une cirrhose ou un cancer. L’Haemophilus influenzaede type B peut entraîner des méningites ou le décès.

Plusieurs de ces maladies, principalement celles dont la vaccination est obligatoire, ont disparu ou presque disparu, grâce à la vaccination. Par exemple :

  • avant 1938 et l’introduction du vaccin contre la diphtérie dans le calendrier vaccinal, le nombre de cas de diphtérie par an était supérieur à 45 000. Aujourd’hui, la maladie a disparu de France ;
  • avant 1940 et l’introduction du vaccin contre le tétanos dans le calendrier vaccinal, le nombre de cas de tétanos par an était supérieur à 1 000. Aujourd’hui, le nombre de cas par an est inférieur à 10 ;
  • avant 1958 et l’introduction du vaccin contre la polio dans le calendrier vaccinal, le nombre de cas de polio par an était supérieur à 2 000. Aujourd’hui, la maladie a disparu de France ;
  • avant 1983 et l’introduction du vaccin contre la rougeole dans le calendrier vaccinal, le nombre de cas de rougeole par an était supérieur à 45 000. Aujourd’hui, le nombre de cas par an, entre 2007 et 2016, est en moyenne de 2 500 ;
  • avant 1983 et l’introduction du vaccin contre la rubéole dans le calendrier vaccinal, le nombre de cas de rubéole par an était supérieur à 250, chez les femmes enceintes. Aujourd’hui, le nombre de cas par an est inférieur à 10, chez les femmes enceintes ;
  • avant 1993 et l’introduction du vaccin contre la l’Haemophilus influenzae type b dans le calendrier vaccinal, le nombre de cas de méningites, dues à cette bactérie, chez les enfants par an était compris entre 100 et 600. Aujourd’hui, le nombre de cas par an est inférieur à 5 ;
  • avant 2003 et l’introduction du vaccin contre le pneumocoque dans le calendrier vaccinal, le nombre de cas de méningites, dues à cette bactérie, chez les enfants par an était de 190. Aujourd’hui, le nombre de cas par an est de 110.

Cette infographie est proposée par le Ministère des Solidarités et de la Santé, de la République française. Pour plus d’informations sur ce sujet, consultez le site vaccinationinfoservice.fr.

Pourquoi continuer à se faire vacciner contre des maladies qui ont presque disparu en France ?

Certaines maladies pour lesquelles il existe une vaccination sont rares en France ou ont même disparu de notre pays. Il est, cependant, important de continuer à se faire vacciner. À cela, plusieurs raisons :

  • Certaines maladies sont encore présentes dans d'autres pays. La vaccination reste indispensable, compte tenu de la fréquence des voyages. Des personnes qui voyagent et qui ne sont pas vaccinées peuvent apporter la maladie en France.
  • Les maladies ayant disparu en France ( ...) pourraient réapparaître si l'on cessait de se faire vacciner.
  • Le nombre de cas de maladies peu fréquentes actuellement en France (par exemple la rougeole, la rubéole congénitale) pourrait augmenter si le taux de vaccination de la population baissait.

La vaccination comporte-t-elle des risques ?

Les vaccins, comme tout médicament, doivent répondre à des exigences de qualité, d'efficacité et de sécurité avant de pouvoir être commercialisés.

Les vaccins sont l'une des mesures de prévention les plus efficaces et ils ne causent généralement pas d’effets secondaires graves.

Certains vaccins peuvent avoir des effets indésirables, le plus souvent bénins (fièvre, douleurs au point d'injection), mais ils font courir beaucoup moins de risques que les maladies elles-mêmes.

Si vous ressentez des effets indésirables, votre médecin vous indiquera ce que vous pouvez faire. N'hésitez pas à le contacter pour lui en parler.

Vaccination : pour les enfants et les adultes aussi

La vaccination des nourrissons

Les changements depuis le 1er janvier 2018

Plusieurs vaccins sont devenus obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018.

Les vaccinations sont indispensables chez les bébés et les enfants. En faisant vacciner votre enfant, vous le protégez efficacement et durablement contre des maladies infectieuses graves et vous protégez les autres en empêchant les maladies de se propager. Pour permettre une protection efficace de la population, 95% des enfants devraient être vaccinés.

En France, la est très satisfaisante pour les vaccins qui sont depuis longtemps obligatoires (contre la diphtérie, le tétanos, la ).

En revanche, elle est insuffisante pour les vaccins contre la rougeole, les oreillons, la rubéole par exemple. Cette insuffisance de est à l’origine de la ré-apparition d’épidémies, de décès ou de handicaps qui pourraient être évités.

Pour protéger efficacement les enfants et éviter la réapparition d’épidémies, 8 vaccins supplémentaires sont devenus obligatoires.

En plus des 3 vaccins anciennement obligatoires contre :

  • la diphtérie,
  • le tétanos,
  • la ,

ont été ajoutés les vaccins contre :

Cependant, il ne s’agit pas de nouveaux vaccins. Plus de 70% des enfants en France étaient déjà vaccinés contre ces 11 maladies avant le 1er janvier 2018.

Vidéo : Les 11 vaccins obligatoires

Quels sont les enfants concernés par l’obligation vaccinale ?

Tous les enfants nés depuis le 1er janvier 2018 sont concernés par cette obligation vaccinale.

La réalisation des vaccins obligatoires est indispensable pour toute admission en collectivité sauf lorsqu’un certificat médical atteste que l’une ou plusieurs de ces vaccinations sont contre indiquées.

Se faire vacciner et mettre ses vaccins à jour tout au long de sa vie

Il n'y a pas que les enfants qui doivent être vaccinés. Certains vaccins sont faits à l’adolescence (contre le papillomavirus).

Par ailleurs, il est indispensable de tenir ses vaccins à jour tout au long de sa vie pour être protégé efficacement et durablement. En effet, de nombreux vaccins nécessitent des rappels réguliers pour être efficaces, notamment ceux contre la diphtérie, le tétanos et la .

Pour les adultes, un rappel diphtérie-tétanos- est nécessaire tous les 20 ans : à 25 ans, 45 ans, 65 ans, puis tous les 10 ans à partir de 65 ans. À 25 ans, le rappel concerne également la coqueluche.

Attention, le vaccin contre la grippe doit être administré chaque année !

Faites le point régulièrement avec votre médecin traitant et n'oubliez pas de faire inscrire vos vaccinations dans votre carnet de vaccination (ou dans le carnet de santé pour les enfants).

Quels vaccins si vous souhaitez être enceinte ?

Avant toute grossesse, faites le point avec votre médecin sur vos vaccinations. Il envisagera avec vous les rappels ou les vaccinations indispensables, en particulier ceux du tétanos, de la diphtérie, de la et de la coqueluche, mais aussi la rubéole si vous n'êtes pas immunisée.

Si vous êtes déjà enceinte et que vos vaccins ne sont pas à jour, parlez-en avec votre médecin traitant.

  • Santé publique France. La vaccination. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2020 [consulté le 2 octobre 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Projet de grossesse : informations, messages de prévention, examens à proposer. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 2 octobre 2020]
  • Ministère des Solidarités et de la santé. Vaccination. Site internet : Ministère des Solidarités et de la santé. Paris ; 2020 [consulté le 2 octobre 2020]
  • Santé publique France. Vaccination des jeunes enfants : des données pour mieux comprendre l’action publique. BEH Hors-série du 19 octobre 2017. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2017 [consulté le 2 octobre 2020]
  • Loi n° 2017-1836 de financement de la sécurité sociale pour 2018. Journal officiel n° 305 du 31 décembre 2017.