Prévenir l’urticaire

24 novembre 2017
La prévention des crises d’urticaire aiguë passe par l’éviction de la cause. Celle-ci est soit d’origine physique, soit liée à une substance (médicament, aliment, plante, produit chimique...) En cas d'urticaire chronique, des mesures sont nécessaires pour limiter sa gravité.

Prévenir une poussée d'urticaire

Prévenir une poussée d’urticaire consiste à éviter son agent déclencheur. Celui-ci est identifié dans la majorité des formes aiguës.

Il est conseillé d’éviter :

  • le port de vêtements serrés, susceptibles de générer des frottements sur la peau, en cas de dermographisme ;
  • les sorties par temps froid ou humide, les baignades ou sports en eau froide, en cas d’urticaire au froid ;
  • le port de charges lourdes ou les pressions importantes, en cas d’urticaire retardée à la pression ;
  • l’exposition au soleil sans protection, en cas d’urticaire solaire ;
  • les vibrations intenses, en cas d’angio-œdème vibratoire.

Il est déconseillé de reprendre le médicament à l’origine de l’urticaire, sauf cas particulier. Suivez les conseils de votre médecin traitant.

Si vous devez être hospitalisé ou subir des examens radiologiques avec injection de produits de contraste, prévenez que vous avez présenté de l’urticaire.

Les médicaments les plus souvent source d’urticaires sont :

  • les antibiotiques (pénicillines, vancomycine, etc.) ;
  • l’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens ;
  • des produits d’anesthésie, comme les curares ;
  • les produits de contrastes iodés utilisés en radiologie.

Si vous êtes intolérant à un ou plusieurs médicaments, il est conseillé de vous munir d’une carte spécifiant le nom des produits.

De nombreux aliments peuvent provoquer une urticaire. La suppression de l'aliment en cause est seule nécessaire.

Les aliments peuvent être répartis en plusieurs catégories :

  • les aliments qui contiennent de l’histamine : les fromages fermentés, les conserves de poissons, d’œufs ou de harengs fumés, les conserves en général, les charcuteries, la choucroute, les épinards, le foie de porc, la tomate, les sardines, les anchois, les saumons, les viandes, l’arachide, etc. ;
  • les aliments allergisants : les œufs, les fraises, les fruits à coque, les fruits exotiques, etc.
  • les aliments irritants pour les mastocytes : le café, le thé, les boissons alcoolisées et différents additifs alimentaires dont les sulfites.

Les produits déclencheurs, comme le latex, ou certaines plantes, doivent être évités. Il existe par exemple des préservatifs sans latex ; demandez conseil à votre pharmacien.

Dans l’activité professionnelle, l’éviction totale du produit irritant est indispensable. Elle peut nécessiter un changement de travail. Adressez-vous à votre médecin du travail.

L’urticaire peut être une maladie professionnelle

Votre profession peut vous amener à manipuler des produits susceptibles de provoquer une urticaire de contact :

  • personnels de santé (latex des gants, médicaments) ;
  • cuisiniers, personnels de l’alimentation, travailleurs d’abattoirs (aliments, poissons et crustacés, viande) ;
  • boulangers (farine) ;
  • agriculteurs, vétérinaires (poils d’animaux) ;
  • coiffeurs, esthéticiennes (persulfates, cosmétiques), etc.

Urticaire chronique : comment limiter sa sévérité ?

Les causes d’une urticaire chronique ne sont pas toujours identifiées. S’il s’agit d’une origine allergique, il faudra prendre des traitements spécifiques. Une désensibilisation pourra être envisagée.

Afin de ne pas aggraver les crises d’urticaire chronique, il est conseillé :

  • d'éviter les prises d'aspirine ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens. Préférez le paracétamol en cas de fièvre ou de douleurs modérées ;
  • de limiter la température et la puissance de la douche et de bannir les saunas et hammams ;
  • de gérer au mieux les situations de stress ;
  • de consulter un médecin en cas de problème infectieux (respiratoire ou dentaire). En effet, ils peuvent aggraver la situation ;
  • de supprimer les corticoïdes, même en cas d’œdème du visage ;
  • de ne pas interrompre le traitement antihistaminique sans avis médical, même en l'absence de nouvelle poussée d’urticaire.
Sources
  • Société française de dermatologie. L'urticaire. Site internet : Dermato.info. Paris ; 2017 [consulté le 24 novembre 2017]
  • Vigan V. Urticaires. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2017;12(3):1-7 [Article 1-1150]
  • Augey F, Nicolas JF. L’urticaire en 20 questions. Site internet : Université de Lyon - Inserm. Lyon (France) ; 2009 [consulté le 24 novembre 2017]
  • Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé, Société française de dermatologie. Conférence de consensus : prise en charge de l’urticaire chronique. Site internet : Haute Autorité de santé. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2003 [consulté le 24 novembre 2017]
  • Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Urticaires de contact d'origine professionnelle. Site internet : INRS. Paris ; 2007 [consulté le 24 novembre 2017]
  • Collège national des enseignants de dermatologie. Allergies cutanéo-muqueuses chez l’enfant et l’adulte : urticaire. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010-2011 [consulté le 24 novembre 2017]