Les symptômes et le diagnostic de l’ulcère gastroduodénal

15 juin 2017
L’ulcère gastroduodénal peut se manifester par des douleurs abdominales ou être asymptomatique. Une endoscopie digestive haute visualise la muqueuse endommagée et des biopsies sont effectuées en cas d'ulcère gastrique. Des examens complémentaires sont nécessaires pour détecter la bactérie Helicobacter pylori.

Des symptômes spécifiques, mais pas systématiques

Un ulcère gastroduodénal peut causer une douleur au niveau de l’épigastre (haut et milieu de l’abdomen). Localisée dans cette partie du corps, elle ressemble à une crampe ou à une sensation de faim douloureuse, et survient une à trois heures après un repas. Cette douleur peut également survenir la nuit. Elle est calmée par la prise d’aliments ou d’un médicament contre les sécrétions acides.

Les régions de l’abdomen

Schéma : les régions de l'abdomen

Cette douleur se manifeste souvent par poussées de quelques semaines, alternant avec des phases sans symptôme.

Un ulcère gastroduodénal peut aussi engendrer des manifestations plus atypiques, comme une simple gêne sous les côtes. Dans certaines formes de la maladie, les repas et la prise d’aliments n’ont aucune influence sur la douleur.

Enfin, certains ulcères sont asymptomatiques. Leur présence peut être révélée par une pratiquée pour une autre raison, par exemple la surveillance d’une gastrite (inflammation de la de l’estomac).

Attention, douleur gastrique n’est pas toujours synonyme d’ulcère. Toutes les personnes qui ont mal à l’estomac ne souffrent pas d’un ulcère. Bien souvent, c’est un reflux gastro-œsophagien (RGO) qui est à l’origine de leurs douleurs gastriques.

La consultation et les examens en cas d’ulcère

Le médecin traitant s'entretient avec le patient et réalise un examen clinique. Un bilan est ensuite effectué, en collaboration avec des médecins spécialistes (gastro-entérologue, infectiologue, radiologue, etc.) En effet, pour confirmer le diagnostic, plusieurs examens complémentaires doivent être effectués.

Le médecin traitant interroge son patient sur ses symptômes et recherche les facteurs favorisants (ex. : tabagisme, prise d’anti-inflammatoires).

Le médecin palpe l’abdomen pour localiser d’éventuelles douleurs.

Pour confirmer le diagnostic, le médecin prescrit une digestive haute. Réalisé sous anesthésie locale ou générale par un médecin gastro-entérologue, cet examen permet de visualiser l’intérieur de l’estomac et du duodénum à l’aide d’une petite caméra.

Si un ulcère est présent dans l’un de ces organes, il apparaît comme un cratère à bords réguliers, surélevés et rouges. Ce cratère est creusé dans la et atteint en profondeur la couche musculeuse.

Si l’ulcère est gastrique, le médecin fait plusieurs biopsies de ses bords, pour vérifier qu’il n’y a pas de lésion cancéreuse.

Si l’ulcère est duodénal, les biopsies de l’ulcère sont inutiles : ce type d’affection n’évolue jamais vers un cancer.

Au cours de l’endoscopie et quelle que soit la localisation de l’ulcère, des biopsies de diverses parties de l’estomac sont réalisées pour permettre la recherche de Helicobacter pylori.

Le médecin recherche si le patient a été contaminé par la bactérie Helicobacter pylori.

  • Lors de l' , deux méthodes sont principalement utilisées :
  1. l’analyse des biopsies gastriques (au moins 5 biopsies sur diverses parties de l’estomac) avec mise en culture du H pylori ;
  2. le test de détection rapide qui met rapidement en évidence la présence d’uréase (enzyme produite par la bactérie dans l’estomac) dans les tissus prélevés, le cas échéant.
    Une autre technique peut être utilisée dans certains cas, la PCR (polymérase chain reaction) : technique d’amplification génique qui permet d’obtenir rapidement de multiples copies d’un fragment ADN de la bactérie (examen non encore remboursé par l’Assurance Maladie).
  • En dehors de l’endoscopie :
  1. un test respiratoire à l’urée marquée peut être utile pour le diagnostic de l’infection à H Pylori, mais est surtout utilisé pour le contrôle de l’éradication de la bactérie après le traitement ;
  2. lorsque le patient a déjà pris des antisécrétoires (inhibiteurs de la pompe à Protons) ou a pris récemment des antibiotiques qui faussent les résultats des tests respiratoires ou des analyses des biopsies, une recherche dans le sang d’anticorps spécifiques est très utile pour diagnostiquer une infection à Helicobacter Pylori.
Principe du test respiratoire à l'urée marquée au carbone 13

L'Helicobacter pylori transforme l'urée en amonium et gaz carbonique éliminé par la respiration. Le malade absorbe de l'urée marquée au carbone 13. Si l'air qu'il expire est riche en gaz carbonique marqué, cela signifie qu'il est infecté par la bactérie.

Ulcère gastrique et ulcère duodénal

Schéma : ulcère gastrique et ulcère duodénal
Sources
  • Chapelle N, Bardou M. Toxicité gastroduodénale des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens. EMC - Gastro-entérologie 2016:1-10 [Article 9-021-D-10]
  • Collégiale des Universitaires en Hépato-Gastro-Entérologie. Ulcère gastrique et duodénal. Editions Elsevier-Masson 3ème édition - Partie « Connaissances » - Septembre 2015
  • Haute Autorité de santé (HAS). Indication à visée diagnostique de l'endoscopie digestive haute en pathologie œso-gastro-duodénale de l'adulte à l'exclusion de l'échoendoscopie et l'entéroscopie. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2001 [consulté le 15 juin 2017]
  • Lamarque D, Burucoa C, Courillon-Mallet A, De Korwin JD, Dechler JC, Fauchère JL et al. Révision des recommandations françaises sur la prise en charge de l'infection par Helicobacter pylori. Hépato-gastro et oncologie digestive. 2012;19(7):475-502.