L’évolution de l’ulcère gastroduodénal

15 juin 2017
Le plus souvent, l’ulcère gastroduodénal guérit avec un traitement médical. Toutefois, si les prescriptions ne sont pas bien suivies, des complications peuvent survenir. L’hémorragie est la plus fréquente, mais une perforation de la muqueuse digestive est aussi possible.

La guérison de l’ulcère gastroduodénal

Dans la majorité des cas, le traitement médical de l’ulcère gastroduodénal permet la guérison. Bien respecté, il permet aussi une suppression rapide des symptômes.

Un mois après son arrêt, une consultation de contrôle est programmée avec votre médecin traitant.

Grâce aux soins actuels, les complications se raréfient. Néanmoins, si le traitement n’est pas rigoureusement observé, diverses affections peuvent survenir.

La complication la plus fréquente de l’ulcère gastroduodénal

L’hémorragie digestive est la complication la plus courante des ulcères, qui sont la cause de 30 à 40 % des saignements de la partie haute du tube digestif. Cette aggravation peut être liée à des facteurs favorisants :

  • prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), d’antiagrégants plaquettaires (médicaments qui préviennent la formation de caillots sanguins) ou d’anticoagulants (empêchant la coagulation du sang) ;
  • âge supérieur à 65 ans.

Deux types d’hémorragies sont possibles :

  • des saignements minimes mais chroniques, entraînant une carence en fer et une anémie ;
  • une hémorragie aiguë (vomissements de sang par la bouche et/ou émission de sang dans les selles) nécessitant des soins urgents.

Si une complication de ce type survient, une digestive haute est pratiquée pour visualiser l’ulcère et, dans certains cas, stopper l’hémorragie.

Des aggravations plus rares

Moins fréquente aujourd’hui, la perforation ulcéreuse est la formation d’un trou dans la paroi gastrique ou duodénale, au niveau de l’ulcère. Elle est également favorisée par la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et peut évoluer vers un abcès.

Cette complication peut se traduire par divers symptômes :

  • une douleur brutale et intense au niveau de l’épigastre (haut et milieu de l’abdomen) ;
  • des nausées et des vomissements ;
  • une pâleur ;
  • un pouls rapide ;
  • un ventre dur.

En cas de symptômes de ce genre, un scanner (examen qui permet de visualiser les organes en coupe grâce à un appareil d’imagerie) doit être réalisé en urgence. Il aide le médecin à confirmer le diagnostic et la cause de la perforation.

Enfin, deux autres complications restent possibles :

  • la ulcéreuse est un rétrécissement du duodénum touché par l’ulcère. Elle est devenue exceptionnelle car les médicaments anti-sécrétoires permettent aujourd’hui de l’éviter ;
  • la transformation cancéreuse d’un ulcère de l’estomac est possible, mais peu fréquente.
Sources
  • Chapelle N, Bardou M. Toxicité gastroduodénale des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens. EMC - Gastro-entérologie 2016:1-10 [Article 9-021-D-10]
  • Collégiale des Universitaires en Hépato-Gastro-Entérologie. Ulcère gastrique et duodénal. Editions Elsevier-Masson 3ème édition - Partie « Connaissances » - Septembre 2015
  • Haute Autorité de santé (HAS). Indication à visée diagnostique de l'endoscopie digestive haute en pathologie œso-gastro-duodénale de l'adulte à l'exclusion de l'échoendoscopie et l'entéroscopie. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2001 [consulté le 15 juin 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer de l'estomac. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 15 juin 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Dépistage de l'infection à helicobacter pylori. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 15 juin 2017]