Le traitement antibiotique de la tuberculose

05 mai 2017
Les personnes atteintes de tuberculose, maladie due à une bactérie, doivent suivre scrupuleusement un traitement antibiotique de plusieurs mois. Plusieurs examens permettent de contrôler le bon déroulement et l’efficacité du traitement.

Le traitement antituberculeux

Avant la mise en route du traitement de la tuberculose, le médecin recherche d’éventuelles contre-indications aux médicaments antituberculeux. Pour cela, il prescrit divers examens, en particulier des analyses de sang et une consultation ophtalmologique. En effet, l’un des antibiotiques prescrits peut perturber la vision des couleurs.

Le traitement antituberculeux consiste à prendre, chaque matin à jeun, 4 antibiotiques pendant 2 mois (isoniazide, rifampicine, pyrazinamide et éthambutol) puis 2 antibiotiques pendant 4 mois (isoniazide et rifampicine).

Pour les enfants, le nombre d’antibiotiques dans la première phase du traitement est réduit de 4 à 3 (isoniazide, rifampicine et pyrazinamide).

Pour guérir, il est important de bien respecter ce traitement. Il faut veiller à prendre régulièrement ses médicaments pendant toute la durée prescrite et à ne jamais arrêter soi-même son traitement.

En cas de non-respect des prescriptions, le bacille de Koch peut devenir résistant aux antibiotiques, ce qui les rend moins efficaces. Il faut alors des traitements plus longs et plus compliqués.

Pour prévenir certains effets indésirables neurologiques d’un des antibiotiques, de la vitamine B6 est prescrite en complément du traitement :

  • aux personnes présentant une insuffisance rénale ou une infection par le VIH (sida) ;
  • en cas d’alcoolisme ;
  • chez les femmes enceintes.

De même, en cas de dénutrition, des compléments alimentaires peuvent être nécessaires.

Les effets secondaires du traitement peuvent être nombreux, puisqu’il associe 4 antibiotiques différents :

  • nausées ;
  • douleurs d’estomac (gastralgies) ;
  • hépatite médicamenteuse (qui guérit à l’arrêt du traitement) ;
  • vertiges ;
  • troubles de la vue et de la perception des couleurs ;
  • fourmillements ( ) ;
  • démangeaisons.

Mais ils ne sont pas plus importants que pour d'autres traitements et des solutions existent pour les atténuer : parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Traitement d'une infection tuberculeuse latente

Une infection tuberculeuse latente (ITL) détectée grâce à une positive est soignée comme une tuberculose maladie. Cela pour éviter que la maladie ne se déclare.

Quand doit-on être hospitalisé lors d'une tuberculose ?

Dans les cas de tuberculose pulmonaire, le patient est contagieux. Un séjour à l’hôpital permet d’éviter de transmettre la maladie à son entourage. C’est ce qu’on appelle l’isolement respiratoire. Il s’impose devant tout cas suspecté ou confirmé de tuberculose pulmonaire.

Cet isolement dure en moyenne 10 à 20 jours, le temps :

  • que la fièvre disparaisse ;
  • que l’examen des crachats du patient ne révèle plus la présence du bacille de Koch.

Pendant l’hospitalisation, les personnes au contact du patient se protègent en portant un masque.

Quelle surveillance du traitement antituberculeux ?

La surveillance du traitement de la tuberculose sert à vérifier que le patient est sur la voie de la guérison. Elle permet aussi de rechercher d’éventuels effets secondaires du traitement.

Cette surveillance repose sur :

  • des examens cliniques réguliers jusqu’à la fin du traitement et 18 mois après son début ;
  • des examens sanguins pour vérifier le bon fonctionnement du foie que les antibiotiques peuvent perturber ;
  • une consultation chez l’ophtalmologiste après le début de traitement (pour écarter tout effet indésirable sur la perception des couleurs) ;
  • un contrôle des crachats pour contrôler la disparition du bacille de Koch, en cours et en fin de traitement ;
  • une radiographie pulmonaire en cours et en fin de traitement, ainsi que 18 mois après le début du traitement.
Conseils sur le suivi médical de la tuberculose

Pour mener à bien le traitement de la tuberculose, plusieurs bonnes pratiques sont à observer :

  • Respecter son traitement : ne pas le modifier ou l’arrêter sans avis médical.
  • Ne pas prendre d'autres médicaments sans en avoir parlé à son médecin.
  • Consulter son médecin traitant en cas de complications ou d’effets indésirables du traitement.
  • Suivre les recommandations du médecin.
  • Demander conseil à son pharmacien.
  • Ne pas oublier ses rendez-vous médicaux et les examens de suivi.

Activité professionnelle et tuberculose

Si vous exercez une activité professionnelle, un arrêt de travail vous sera prescrit tant que vous serez contagieux, pour éviter de contaminer votre entourage professionnel. Sa durée dépendra ensuite de votre état de santé, du traitement et des éventuelles complications de votre affection.

Une adaptation de reprise du travail peut être envisagée : mi-temps thérapeutique sur une courte période, adaptation du poste de travail....

En cas d'arrêt de plus de 30 jours, une visite de pré-reprise auprès du médecin du travail est obligatoire.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide affection de longue durée – Tuberculose active. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 3 mai 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Tuberculose maladie - Actualisation juillet 2012. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 3 mai 2016]
  • Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). La tuberculose. Dépistage et diagnostic précoce. Site internet : Inpes. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 2 mai 2016]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Tuberculose. Site internet : INSERM. Paris ; 2011consulté [consulté le 3 mai 2016]