Le dépistage de la tuberculose

03 octobre 2018
La tuberculose latente se détecte par intradermoréaction à la tuberculine ou un test de libération de l'interféron gamma. Ce dépistage est systématique en cas de contact avec un patient atteint de « tuberculose maladie ». La tuberculose-maladie est dépistée grâce à une radiographie des poumons, proposée à plusieurs populations à risque.

Le dépistage de l’infection tuberculeuse latente

L’infection tuberculeuse latente ne produit pas de symptômes. Elle recouvre deux situations :

  • une infection récente (primo-infection tuberculeuse sans symptômes) suite à la contamination par une personne atteinte de tuberculose-maladie,
  • une infection ancienne latente sans symptôme, mais qui peut être réactivée en cas d' (due par exemple à un traitement).

Le dépistage de la tuberculose latente repose sur deux types de tests :

  • L’intradermoréaction à la tuberculine (IDR)

C’est un test qui consiste à injecter une goutte de liquide contenant l’antigène mycobactérien (tuberculine) dans le (face antérieure de l’avant-bras). La réaction inflammatoire obtenue (lue 72 heures après) détermine si le sujet a été antérieurement en contact avec le bacille (ou le vaccin), selon le diamètre d’induration observé. Une deuxième IDR peut être nécessaire deux mois après pour rechercher une augmentation de la réaction appelée virage tuberculinique.

  • Le test de libération d’interferon gamma (test IGRA pour interferon gamma release assay)

Ce test est effectué sur un prélèvement de sang. Le sang du sujet est mis en contact avec des antigènes spécifiques du bacille de Koch, puis on évalue la réponse sous forme de production d’interféron gamma par certains globules blancs ( T).

Le dépistage est réalisé  :

  • chez les personnes ayant eu un contact récent avec un cas de « tuberculose maladie ». En effet, lorsqu’un patient est atteint, une enquête est menée pour rechercher toutes les personnes avec lesquelles il a été en contact, à savoir :
    • celles qui ont partagé la même pièce ;
    • celles qui ont séjourné avec lui dans un espace à l’air libre délimité par la distance de conversation (2 à 3 m).
      Ces personnes font partie, par exemple, du milieu familial ou professionnel, ou encore du voisinage. Quelle que soit la durée de leur contact avec le patient, elles ont pu être contaminées. Elles doivent donc participer au dépistage réalisé par les centres de lutte antituberculeuse (CLAT).
  • chez les jeunes de moins de 15 ans issus de zone de forte incidence (zone où la tuberculose est plus fréquente que dans d’autres régions) ;
  • chez les personnes immunodéprimées (porteuses du VIH ; devant suivre un traitement par anti TNF alpha, une corticothérapie, une radiothérapie ou une chimiothérapie ; ayant subi une greffe, etc.) car une tuberculeuse latente ancienne peut se réactiver en raison de l'.

Si les tests de dépistage sont positifs, un traitement est indiqué pour éviter une évolution vers la « tuberculose maladie ».

Trois questions pour définir le risque de transmission de la tuberculose-maladie

Le médecin qui pratique le dépistage de la tuberculose questionne la personne pour mieux diriger ses recherches.

  • Avec qui avez-vous été en contact récemment ?
    On recherche les personnes ayant eu un contact avec la personne atteinte au cours des 3 mois précédant le diagnostic.
  • Quelle a été la durée de ce contact ?
    Pour justifier un dépistage, il faut une durée de contact cumulée de 8 heures au cours des 3 mois précédant la consultation.
  • Quelle a été votre proximité avec ces personnes ?
    La distance de conversation est prise en compte.

Le dépistage actif de la « tuberculose maladie »

Le dépistage actif de la « tuberculose maladie » (TM) est basé sur la radiographie pulmonaire.

Il est proposé dans deux cas :

  • À certaines catégories de population à risque : migrants arrivés sur le territoire depuis moins de 2 ans, professionnels exposés, personnes détenues, personnes sans domicile fixe, etc.
    Ce dépistage est généralement effectué par :
    • des structures spécialisées (ex. : centres médico-sociaux),
    • les médecins des centres de lutte antituberculeuse (CLAT),
    • les médecins du travail.
  • Dans le cadre d’une enquête autour d’un cas de tuberculose. Ce dépistage est généralement effectué par des professionnels de santé en coordination avec les centres de lutte anti-tuberculose (CLAT).

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Sources
  • Santé publique France. Tuberculose. Dépistage et diagnostic précoce. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2009 [consulté le 2 octobre 2018]
  • Société française d'infectiologie. Maladies infectieuses et tropicales. Tuberculose. ECN. Pilly 2018. Site internet : Infectiologie.com. Paris ; 2018 [consulté le 2 octobre 2018]
  • Ministère des solidarités et de la santé. Tuberculose. Site internet : Ministère des solidarités et de la santé. Pris ; 2017 [consulté le 2 octobre 2018]