Les différents types de troubles du sommeil chez l’enfant

10 octobre 2017
Les troubles du sommeil sont fréquents chez l’enfant et perturbent la vie quotidienne. Ces problèmes peuvent correspondre à des insomnies (difficultés d’endormissement et réveils nocturnes), à des hypersomnies (sommeil excessif) ou à des parasomnies (somnambulisme, terreurs nocturnes, cauchemars, etc.)

L'insomnie : difficultés à s'endormir et/ou réveils nocturnes

L'insomnie correspond à  des anomalies de l'installation, de la durée et de la qualité du sommeil. Elle touche 25 à 50 % des enfants de moins de 5 ans. C'est donc un problème fréquent responsable de nuits plus courtes et souvent moins reposantes.

L'insomnie se traduit par des difficultés d'endormissement et/ou des éveils au cours de la nuit.

L'enfant ne parvient pas à s'endormir dans un délai de 30 minutes.

Chez l'enfant de moins de 5 ans

Le nourrisson n'a jamais été couché éveillé dans son lit et il ne s'endort que s'il est bercé, allaité, promené ... Il associe l’endormissement au fait d’être porté, bercé... Dès lors, si on ne l’endort plus de cette façon, il aura du mal à trouver le sommeil.

Dès l'âge de 18 mois, l'enfant utilise de nombreuses tactiques d'opposition pour repousser l'heure d'endormissement ou pour être sorti du lit : appels des parents, demande répétée d'histoires... puis il finit par pleurer lorsque ses parents ne répondent pas à sa demande. L’heure du coucher est alors mal vécue par l'enfant et les parents.

Chez l'enfant d'âge scolaire

L'endormissement peut être difficile car :

  • le rythme de l'enfant est décalé : il s'endort tard et se lève tard. Ce décalage horaire est favorisé par des activités souvent tardives dans la journée ;
  • l'enfant est anxieux, a peur du noir, de faire des cauchemars ;
  • l'enfant ne peut pas s'endormir seul ;
  • l'enfant est hyperstimulé : utilisation tardive des écrans de télévision, d'ordinateur, activité sportive tardive...;
  • l'enfant est un "petit dormeur". Une fois endormi, il dort bien et se réveille spontanément et en forme.

 

Ils concernent la majorité des enfants entre 9 mois et 3 ans, y compris les bébés qui avaient appris à "faire leurs nuits" entre 3 et 6 mois. Des études scientifiques ont montré que les enfants de 1 à 3 ans se réveillent en moyenne trois fois par nuit, lors des changements de cycle de sommeil. Le plus souvent, ces réveils surviennent entre minuit et 5 heures, et l’enfant se rendort seul en moins de 10 minutes.

Toutefois, environ un tiers des bébés ne parviennent pas à se rendormir. Ils signalent alors leur réveil par des pleurs ou en appelant leurs parents. En effet, ils ont besoin d’être rassurés en créant une situation d’échange. Ce phénomène est majoré chez les nourrissons qui ne savent pas s'endormir seuls.

 

Devant quels symptômes et troubles du sommeil de l'enfant faut-il penser à l'apnée du sommeil ?

Si votre enfant ronfle bruyamment la nuit et fait des pauses respiratoires, si son sommeil nocturne est perturbé et s'il est fatigué dans la journée ou au contraire plutôt irritable et hyperactif, consultez votre médecin car il souffre peut-être d’apnée du sommeil.

L'apnée du sommeil touche près de 2 % des enfants entre deux et six ans. Dans la plupart des cas, elle est associée à de grosses amygdales et à une des végétations ; parfois elle est due à des malformations des maxillaires et de la face (étroitesse des fosses nasales, maxillaire insuffisamment développé,…). L'apnée du sommeil est également fréquente chez les enfants et les adolescents en surpoids.

Le traitement consiste d'abord à retirer les amygdales et les ou à corriger une éventuelle malformation par orthopédie dento-faciale. Consultez votre médecin ou votre chirurgien-dentiste.

L'hypersomnie

L'hypersomnie est un phénomène rare chez l'enfant et atteint parfois l'adolescent.

L'hypersomnie se manifeste par un sommeil nocturne excessif, perturbé et désorganisé et la présence de phases de somnolence dans la journée.

Si des épisodes d'endormissement surviennent dans la journée de façon brutale, inopinée et irrésistible, on parle de narcolepsie.

Les parasomnies : somnambulisme, terreurs nocturnes, cauchemars…

Une parasomnie est un événement indésirable ou un comportement involontaire, qui peut survenir lors de l’endormissement, pendant le sommeil ou lors de réveils partiels. Elles ne retentissent pas sur la qualité de vie dans la journée et ne doivent inquiéter que si elles deviennent très fréquentes.

Chez certains enfants, une prédisposition génétique favorisent l’apparition de parasomnies. Mais, le plus souvent, de nombreux facteurs extérieurs sont en cause dans leur survenue :

  • la fatigue souvent due à des horaires de sommeil irréguliers ;
  • la fièvre ;
  • une activité physique intense ;
  • un environnement de sommeil bruyant ;
  • une situation « stressante » comme un changement de mode de vie : voyage, entrée en collectivité…

Il existe plusieurs types de parasomnies : somnambulisme, terreurs nocturnes, cauchemars, bruxisme...

Il s’agit de comportements que l’enfant développe pendant son sommeil profond, en étant partiellement réveillé mais non conscient de ses actes. Par exemple, il déambule les yeux ouverts, mais donne l'impression de ne pas voir, il peut ouvrir les placards, marcher dans la maison où il habite, et même en sortir. L'enfant ne garde, au réveil, aucun souvenir de l'épisode de somnambulisme.

Le somnambulisme, peu fréquent dans la petite enfance, devient plus courant avec l’âge. Il concernerait ainsi 15 % des 4-12 ans.

Les terreurs nocturnes surviennent en phase de sommeil profond avec un éveil partiel, plutôt en début de nuit. Lors de l'épisode de terreur nocturne, l’enfant est agité avec des signes visibles de frayeur (accélération des fréquences cardiaque et respiratoire, sueurs). Il peut se mettre à crier, et semble alors inconsolable. Cet épisode prend fin brusquement : l’enfant se rendort et à son réveil, il n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé.

Les terreurs nocturnes apparaissent en général avant 4 ans, et concernent environ 40 % des moins de 6 ans.

Les cauchemars sont des rêves qui provoquent la peur. Ils surviennent plutôt lors du sommeil paradoxal et réveillent complètement l’enfant, qui s’en souvient le lendemain. Les cauchemars peuvent notamment être déclenchés par un stress ponctuel.

C’est entre 3 et 6 ans qu’ils sont les plus fréquents.

On observe parfois des troubles moins spectaculaires, tels que :

  • le fait de parler en dormant (somniloquie) : l’enfant prononce quelques mots ou fragments de phrase souvent en lien avec une émotion et un évènement vécu le jour précédent ;
  • des mouvements répétitifs lors de l’endormissement appelés rythmies du sommeil : il peut s'agir d'un balancement de la tête ou du corps à l'endormissement ou, la nuit, entre deux phases de sommeil. Lors de ces mouvements, l'enfant peut se taper la tête contre les barreaux du lit ou le mur, d'où la nécessité de protéger le tour du lit. Ces rythmies aident l'enfant à trouver le sommeil et sont sans gravité. Ces mouvements apparaissent après l'âge de 6 mois et disparaissent aux alentours de 4 ans ;
  • des grincements ou des serrements de dents (bruxisme) : l’enfant frotte ses dents du bas sur celles d’en haut en contractant les muscles des mâchoires. Le bruit impressionnant et désagréable ne le réveille pas. Ce phénomène s’atténue lorsque l’enfant grandit, mais s’il est trop important, il provoque une usure des dents. Consultez votre chirurgien-dentiste, des solutions existent ;
  • une involontaire (pipi au lit) ou énurésie : on emploie ce terme si l’enfant mouille encore son lit au moins deux fois par semaine après l’âge de 5 ans.

Dans la majorité des cas, les parasomnies sont sans gravité et tendent à disparaître avec le temps. Vous pouvez adopter un certain nombre de bons réflexes pour aider à les faire disparaître.

Toutefois, les parasomnies peuvent perturber durablement le sommeil de l’enfant et de sa famille. Parfois, elles entraînent aussi un inconfort pour l’enfant, voire des blessures (ex. : contusions liées à une chute lors d’une crise de somnambulisme). Dans ce cas, une prise en charge médicale est nécessaire.

Quel peut être le retentissement des troubles du sommeil ?

À court ou moyen terme, un mauvais sommeil chez l’enfant peut provoquer :

  • des troubles du caractère (ex. : hyperactivité, irritabilité) ;
  • une somnolence durant la journée ;
  • des difficultés d’apprentissage scolaire (problèmes d’attention et de concentration, diminution des capacités verbales et motrices) ;
  • un risque plus important de développer un surpoids.
Les enfants qui ne font pas leurs nuits manquent de sommeil en permanence

Par exemple, les bébés de 2 ans et demi qui n’ont jamais fait de nuits complètes dorment moins que les autres. Ainsi, chaque nuit, ils dorment en moyenne 1 heure et 22 minutes de moins par rapport aux "bons dormeurs" du même âge. Cette perte n’est pas compensée par un temps de sieste plus long. De ce fait, ces enfants présentent un manque de sommeil chronique, qui peut notamment les rendre plus irritables.

Sources
  • Collège National des Pédiatres Universitaires. Troubles du sommeil chez l'enfant. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 6 octobre 2017]
  • Challamel M.-J., Franco P. Insomnies et troubles de l'installation du rythme jour/nuit du jeune enfant. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2011:1-6 [Article 8-0830]
  • Petit D., Montplaisir J. Conséquence d’un court ou mauvais sommeil chez le jeune enfant. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Site internet : enfant-encyclopedie.com. Montréal ; 2012 [consulté le 9 octobre 2017]
  • AboutKidsHealth. Troubles du sommeil. Site internet : aboutkidshealth.ca. Toronto (Canada) ; 2010 [consulté le 6 octobre 2017]
  • Vella S., Hasselmann O. Troubles du sommeil chez l’enfant. Forum Med Suisse. 2010;10(12):222–229
  • Cohen-Levy J, Contencin P, Couloigner V. Morphologie cranio-faciale et apnées obstructives du sommeil : rôle de l’orthopédie dento-faciale. Rev Orthop Dento Faciale 2009;43:301-316.